LES ETATS GENERAUX
devant le duc. Là, il accusa devant eux les Croy, dévoila leurs intrigues et finit par demander aux députés de s'employer à le réconcilier avec son père. Si celui-ci leur témoigna le vif mécontentement qu'il avait ressenti de cette démarche et déclara se refuser à toute entente, le désir unanime des Etats de voir Charles rentré en faveur produisit sur lui néanmoins une impression profonde. Quelques semaines plus tard il rappelait son fils à la cour, et, au mois d'avril 1465, il le faisait reconnaître solennellement comme son successeur et son lieutenant général, devant les États assemblés à Bruxelles. Cette assemblée de Bruxelles, dans laquelle on a vu à tort la première assemblée des États généraux des Pays-Bas, fut du moins la première à qui le prince adressa directement une demande de subsides. C'est exclusivement pour le vote de l'aide que Charles réunit dans la suite les assemblées d'Arras (juillet 147 1), de Bruges (janvier-février 1473) et de Gand (mai 1476) (i). Loin de disparaître après sa mort comme le Parlement de Malines, les États généraux reçurent au contraire des attributions politiques qui leur assignèrent dans l'État un rôle constitutionnel. Le grand privilège imposé en 1477 à Marie de Bourgogne leur reconnut le droit de s'assembler quand ils le voudraient, et de s'opposer à toute guerre entreprise sans leur consentement.
(1) Sur cette assemblée, qui rejeta les demandes du duc, voy. Gachard, Les Etats de Gand en I4']6, dans Etudes et notices historiques concernant l'histoire des Pays-Bas, t. I, p. 1-19 (Bruxelles, i8go).