‹ Histoire de BelgiqueChapitre 74 sur 203 · INTRODUCTION I · texte numérisé non relu

INTRODUCTION I

les populations n'ont cherché à lui résister. Bien plus ! S'il arrive que les ducs n'aient à faire valoir que des droits fort contestables, ou se trouvent en présence de compétiteurs, c'est néanmoins pour eux qu'elles se prononcent. L'acquisition du Brabant par Philippe le Bon, d'où a dépendu l'unification du reste des Pays-Bas et qui a eu en même temps pour résultat la rupture des derniers liens qui les rattachaient à l'Empire, s'est faite avec l'assentiment formel des États du duché. Ainsi la maison de Bourgogne, si elle a hâté et facilité l'unification territoriale, réuni en un même État fédératif les fiefs français et les fiefs d'Empire que séparait l'Escaut et mis le sceau à l'indépendance vers laquelle les uns comme les autres s'acheminaient de longue date, n'a pas seulement travaillé pour elle. Son intérêt s'est confondu avec l'intérêt national, et c'est avec raison que Juste, Lipse a décerné à Philippe le Bon le titre de conditor BelgUr^diX une singulière ironie de l'histoire, il a été donné à cette maison française d'arracher pour toujours les Pays-Bas à la France. Et dans ce sens, on peut voir très justement dans les ducs les continuateurs des combattants de Courtrai. Pour la première fois, grâce à eux, l'Escaut cesse de former une frontière politique, les dernières traces du traité de Verdun disparaissent, et le territoire qui s'étend de la Meuse à la mer ne présente plus sur la carte qu'une teinte identique.

Page 1