‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 19 sur 69 · SÛTES · texte numérisé non relu

SÛTES

N° 17. — Note de la page 230.

Lettre de Beriuulaiêô au eomte de Lowenhjelm , à Pétershourg.

« Stockholm, 19 mars 18 H.

» Mensieur le cooMe de Loweohifeliii , j*ti ta avec le fkis itf intérôt les ri^ifierts q«e vens tves frits à Si lla|esté «t les lettKs que KMM n'avez écriuss. Vos succès li la onar de Pétensbeiiiis sont dos à Tesposé de la skaaikm liUgeMiie et â'SHiope, «pie vm» ay^ mise soos les yeni de Sa Hajerté Impérâle^ aia» quelqpM viM q«e sok le talriea« que imis Juî ea aves bà , je cms qae VBire feattche-et noUe éJoqveiioea ooooouni à iser ce aoMrqaey dans la résolutHNi de déCendve ks frands HMécteite «mie : c'est lasmlequeiiM c«miiBiideBila<ûrea6 4esa|ienoDiie, safirepre gleîre et i*iDtégrité ée «es États.

• S*îl «st beau pour la Suède^d'aivar la ceilktide qoe^ i mais, les armées de Tempire russe ne tcpont plus dirigées i la presqu'île scaiMUDave, jl ist ^leoent coasalant poar l'A nité de voir le souverain de cet Empire déployer toute sa puis* sance, p«ur rétaMir ia (^Ik de l'Europe. Vous aurez la gloire. Monsieur le comte, d'avoir contribué à faire réussir ce grand projet , et votre patrie classera ce service au premier rang de ceux que vous êtes destiné à lui rendre.

» Le roi a vu avec satisfaction les résultats avantageux que l'oa doit espérer de votre mission. Sa Majesté vous charge, Monsieur le comte, de conclure le traité sur les bases que vous avez déjà

arrêtées iree rEmperenr. M. le baron d^Engestrom vous a déjk envoyé les pouvoirs et les instructions nécessaires pour terminer au plus tôt celte négociation.

» Les paitisans français sèment ici des soupçons sur la bonne M du cabinet de Pétersbonrg ; îb prétendent qu*ll est de la poétique et de l'intérêt de ce calnoét, d'exposer la Suède au reasentimeiit d*Qn ennemi contre lequel elle ne pourra pas soutenir de Intte. Pdur que ces détractions fussent vraiseaiUables, H hvh drait commencer par admettre qu'il ne reste à Temperenr de Bmsieque Taltematife d'une sonmisnon areos^ aux ordres du cabinet des Tuileries , mais quand on pense aux immenses res- Bsorces de cesonverain, et aux moyens qu'il a d'opposer une r^ listamce Mes calculée, fm est rassuré sur l'avenir. Ainsi on ne me persuadera jamais que, pour se soumettre à la politique française. Il sacrifierait deux princes et une nation qui se sont si loyalement vBiiDe8 a rai«

» Par contre les propositions les plus séduisantes nous sont finies. On présente h conquête de la Finlande comme très-&id1e, par rattachement que ces peuples conservent à la Suède ; la destruction totale de Saint-Pétersbonrg, la rétrocession de la Livonie et beaucoup d'autres ditmères sont insinuées avec art, comme pouvant être le prix de l'attitude qu'on prendrait dans les circonstances actuelles. Tous ces projets ont échoué devant la sagesse du roi ; ses réflexions font confirmé dans Pidée de ne point dépasser le golfe Bothnique , et de tourner toute sa pensée vers cette partie de l'Ouest qui touche à ses États, et que la nature

semble avoir placée là pour ne fidre qu'un royaume avec la ^— *^-

B Mais, pour parvenir li cette réouton, fi faut de suite se montrer en Séelande, avec des moyens assez puissants pour y obtenir dans quinze jours par un traité, ce qu'on aurait peut-être beaucoup de peine à arracher dans une campagne.

» 9i cette acqui«tion s'effectue , il en résultera que k théâtre

des opérations pourra être perlé iinmédialemeDt sur les rifes de roder Cl de l'Elbe.

» Les lettres de Paris m'aononcent que M. de Czernicheff a eu, avaut son départ, une audience de l'empereur Napoléon , et qu'il l'a chargé d'une lettre pour l'empereur Alexandre. L'on croit même à une entrevue prochaine de ces deux souverains : si l'empereur Alexandre s'y rend, il sera battu ; mais s'il veut négocier à la tête de son armée, je crois que les chances lui seront favorables.

• J/ Allemagne est en fermentation ; il y a eu des troubles en Souabe ; la disette est grande en France^ et le peuple murmure; Jes nouvelles que j'ai d'Espagne assurent que les Espagnols font de nouveaux efforts et que le roi Joseph est mécontent de sa position.

» L'Empereur n'a pas encore fixé son choix pour le trône de Pologne. On est incertain s'il en gratifiera son frère Jérôme on son beau-fi*ôre Joachim. Les relations que j'ai dans ce pays me confirment que , si l'empereur Alexandre avait fait connaître aux chefs polonais , et principalement au prince Poniatowsky , sa résolution de reconnaître un souverain élu par eux et de les aider à maintenir leur indépendance , ils auraient déjà tourné leurs armes contre la France: cequi a été différé jusqu'à présent, pourrait, je crois, ne pas être perdu.

» Les nouvelles de Vienne disent que l'empereur François veut être neutre. Je pense bien que la Russie ne néglige pas ce souverain. Ne vous entretenez qu'avec respect du prince Charles. Les malheurs qu'il éprouva en 1809 furent dus à la jalousie et à l'insubordination de quelques-uns de ses généraux; il est présumable que, si l'issue de la guerre est heureuse, ce prince occupera un trône en Italie.

» Le roi a le projet d'envoyer le général Favart à Gonstantinople, pour presser le grand seigneur de conclure la paix. Si l'envoi de ce. général est agréable à l'Empereur , il partira de

soite et passera par Pétersbourg. Cette paix faite, ce monarque devient Tarbitre des destinées de l'Earope, il peut donner la paix an continent et assurer à jamais Tintégrité de son empire.

» Écrifez à H. PaUn, et dites loi d'éveiHer l'attention du divan sur rÉgypte ; l'empereur Napoléon n*a pas renoncé au projet de s'en emparer. La possession de la Morée et de l'Ile de Candie qn'il convoite, lai assureront cette nouvelle acquisition, qu'il envisage toujours comme le dédommagement de ses pertes en Amérîqoel La réunion de Raguse aux provinces Illyriennesdomie la mesure de l'intention positive qu'il a d'exécuter ce plan, lorsqu'il jugera que la guerre aura assez épuisé les ressources de la Turquie pour qu'elle ne puisse plus loi opposer qu'one faible résistance.

» Les corsaires sous pavillon français, accueillis dans les lies de l'Ârchîpel, sont commandés par des officiers de marine et ont, à leur bord , des officiers de génie chargés de lever le plan des ties et principalement de celle de Candie.

» Stnr ce 9 M. le comte de Lowenbjelm , je prie, etc.

» Charles-Jean. »

N** i8. — Note de la page 243.

Lettre de Bemadotte à Sa Majesté l'empereur de Rvsne , à son quartier-générai.

« Oerébro, 26 mai 1812.

■•Je reçois à l'instant, de Paris, la copie d'une note adressée de Pétersboarg an ministre des relations extérieures de France. Je crois devoir la communiquer à Y. M. I. , parce que son eonteaa iatéresse de trop près la cause du Nord. Cette note porte que « deux jours avant le départ de Y. M. pour l'armée , M. de

BkMM, ministre de fiaiieBiark, fat appelé à ooirftrer cheih comte de loaiMwff. Le chanoeMer loi dil ^e ¥. M, a?ak éà viveoMiit affeolée, en apprenaol qœ le roi de DiWBHi sV ■iasait avec les eoMmade la lUnsie ; que le Paaemaià n'aurait jamaÎB dft oakUer que « ixmsuiimciit appuyé et protigf par eOe, il loi devait aan existence ; qne ?. M. f. wnk d^ entendo parler de cette neowlle , «ms vwloîr y oroire; nab q«e waaimienant leor iinkia n'était plos éooteoae ; qn lis tn»- ^es danoises «e oeocentraient 4ans le Hobiein , et qo^els devaient loraier les gamisoiis de Hambenvg et de LnbecL M. kf cfaanoeiifar «jniita : Je sois charmé de vons déclarer k^ mellement qoe l'exécnlien de ce prafot sera regardé par Si Majesté comme un comoMBcemettt d'hostilités. Fendant que ▼DOS f oos livriez à cette défection, noos avions 4 nonsfftiGiter de retrouve^ dans la Soèdeone passaoceamîe, assetécUril pour unir ses intérêts aux nôtres contre les entrapriss et l'aoK bition de la France ; Jiinâ vous devei penser qoe ai , 4aM les circonstances présentes , la Suède trouve quelque avantage ) vous attaquer , et , pour ne pas vous le cacher, à conquérir II Norvège, nous ne ferons rien pour l'en détourner ; la nature de nos liaisons avec cette puissance nous portera ao contraire à loi conseiller cette entreprise. Vous avez été séduit» comme plasieurs autres cabinets, par les menées de l'empereur Napoléon, pour entraîner dans sa querelle des souverains qoe nous devions regarder comme amis , et dont il a médité la ruine ; raveoir vous prouvera que leur conduite, comme la vôtre, est aussi mal calculée qu'elle est injuste.» — Après cette conversation, M. de

Blom ajoute qu'il avait eu occasion , plusieurs fois pendant Ten-

tretien, de se oonvamcre qu'il y avait déjl des points Aies oon-

voKis avec la Soède et desstipotatiofls signées. » Il est fâcheux , Sire , qne le comte de Romannof ait éi

obligé de livrer aossitlk ooe confidenœ qui oiei h déooovort wm

nos projets.

• On m'écrit de Paris, ea date do 6 , que M. le comte de Narbonne reçoit Tordre de quitter Berlia poar se rendre près de V. M. I. , chargé de propositions conciliantes de la part de Pempereur Napoléon. H n*est pas douteux que ce monarque yeat gagner du temps, pour se prémunir contre les dangers dont il est menacé dans son intérieur, et pour mieux consolider ses desseins sur rorient. Il ajourne ainsi la destruction de la Russie , que sa politique mtdile, jusqu'à eequ'M puisse Tattaquer avec des forces assez considérables pour la réunir à sa monarchie universelle, qui est le cadre de son ambition* Si remperenr Na^éoM offre Ja paix à Y. M. I. elle sera de confie durée ,-s*il ne la propose sur des hases propres à donner sûreté pour le présent et garantie poar Favenir. Dans ce cas, mob sommes, le roi et moi, pleins de confiance en y. M. 1. , et nous osons croire qu'elle stipulera la cession de la Norvège li la Suède. Ce n*est que par cet agrandissement de terrif «re que la Suède peut véritablement être utile à V. M. En restant dans son état actuel, son intérêt la liera nécessairement à la France, parce que celle-ci lui présentera toujours, comme objet d'hidennitté , ou la Norv^e ou la reprise de la Finlande. . • •

» la Soède sera faîentftl prête ^ seconder V. M. I. pour le maintien de l'indépendance du Nord. Mais , Sire , il est uti point important sur leqad je crois devoir m'ôovrirà ¥. M. L ; c'est la paix avec l'Aagielerre; softaUiaiice ne doit pas nous être indifl^* reale ; ca outre des seoonrs qa'eUe fournira , sa marine peut opérer des dîversioas utiles à iws opérations. Si V. M. tronvait à pnpos de /aire «otaoMr cette négedatioii , j'ese croire qn'eHe seiaît prompteseiit terminée. J'en soismtae convainoi par les TMiOMiGMints de l'envoyé qoe je trouve id. Il «'a dit qm S. A. A. le prince régent verrait avec grand plaimr que cet objet fit traité ie sûte ; maik je dois ansri « qnoiqne amr peine, dire

à y. M. que, sans ce préalable, il est possible que nos opérations

soient contrariées.

9 Je sais , etc.

» Charles-Jean. •

N* 19. — Note de la page 274.

Lettre de Bernadotte au comte de Lotvenhjeim , à Péterséourg.

« 13 octobre 1812.

» Les causes qui ont arrêté jusqu'à ce moment Texpédition projetée contre la Séelande, consistent uniquement dans la nonaccession de l'Angleterre au traité de Pétersbourg , et le ministère russe n'a encore fait aucune démarche pour l'obtenir. Cependant, cette accession était d'autant plus nécessaire que ce n'est que parla coopération de la Grande-Bretagne que la Suède peut espérer d'acquérir la Norvège , et qu'avant de rompre entièrement avec le roi de Danemark , il fallait être d^accord sur les résultats de la rupture.

» Si la Suède n'avait consulté qu'une prudence timorée elle aarait proclamé hautement sa neutralité. Ce moyen aurait servi l'empereur Napoléon ; car, certain alors qu'elle n'agirait point ofensivement, il aurait pu employer contre la Rnssie les troupes françaises et confédérées que les armements suédois ont retenoes en Allemagne. Les copies ci-jointes de deux dépêches , l'une de Bloin et l'autre d'AIquier, prouvent encore que les armements suédois ont aiTêté en Allemagne, une forte masse de troupes dont l'empereur Napoléon eût disposé contre là Russie, » Télat hostile

de Jà Soèéle ne Feût forcé de mettre en état de défense tous les points de la eôte« depuis Oantzig jusqu'à TËlbe. Il lui eût même été facile de forcer le Danemark et la Prusse à lui livrer la tota* liié de leurs troupes; mais le Danemark Ta déjà refusé , fondé sur la nécessité de défendre ses propres foyers, et la Prusse vient récemment d'émettre le même motît S'il était permis , après toutes ces vérités, de nourrir le moindre doute sur la feyauté et les véritables intentions du gouvernement suédois , la marche de ses troupes et les préparatifs immenses qull a faits devraient satàre pour en écarter jusqu'à la moindre trace. Ainsi la Suède a annoncé à l'Europe qu'elle avait l'intention d'agir, et ce n'est qu'elle seule qui perd, par le retard de l'eipédition projetée sur la Séelande.

» Lorsque j'étais à Abo j'y appris la reddition de Smolensk.

I Cette perte me fit prévoir les funestes résultats qui pourraient en arriver, au cas que l'empereur Napoléon se portât sur Moscou. Ne consultant que mon affection pour l'empereur Alexandre , je loi fis de suite le sacrifice momentané des troupes qu'il m'avait destinées pour l'expédition convenue , afin qu'il pût les employer

I à dégager Riga et à renforcer le corps du comte de Wittgenstein ; j'étais k>in de penser qu'une action aussi désintéressée et un sa-

I orifice aussi noble seraient méconnus.

> La Grande-Bretagne avait promis 500,000 livres sterling à la Suède. A peine y en a-t-il 150,000 de payées, et, lorsque la Suède aura reçu le restant, elle sera encore, par suite des efforts qu'elle a faits pour réaliser les plans convenus , à découvert de plus de 3 millions de rixdallers.

U.Thornton ayant promis, par une note officielle, que son gou^

I vernement était prêt à céder une colonie à la Suède , il doit paraître étrange, en ce moment , que le ministère britannique hé-

I site à remplir cet engagement; mais, laissant à part les réflexions

i que la conduite de l'Angleterre autorise, il reste au moins prouvé que la Suède., eu acceptant de la Grande-Bretagne une colonie

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