‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 41 sur 69 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Majorité du doc de Sudermanle (fils de Bemadotte). — Gonaeilâ en roi. —Mort de Charles XIII. — Avëneineot de Bemadotte a« frdne de Suède, fious le nom de CliarleS'Jean XIV. — Mécomptes des partisans d'une restauration. — Abaissement de Gustave lY. — Sacre de Charles- Jean. — Voyage en Norvège. — Couronnement comme roi de ffor- Tége. — Les diamants. — Insurrection complaisante. — Dot de mademoiselle Moreau. — Congrès d'Aix-la-Chapelle. — Atteinte portée, par les alliés, à l'indépendance de la Suède. — Attitude énergique de Charles- JeaA. — Il revendique les droits des nations.

Vraies ou fausses, les conspirations essayées contre Bernadolle n'avaient abouti qu'à affermir son autorité. A chaque accusation dirigée, du dehors ou du dedans, contre le prince de son choix, la Suède répondait par un nouveau témoignage de confiance et d'affection. La majorité du duc de Sudermanic vint resserrer encore les liens qui unissaient la nation à la famille de ce prince. Cet événement, arrivé le A juillet 1817, jour où le fils de Charles- Jean entrait dans sa dix-neuvième année, fulaccueilli avec transport par la population de Stockholm, et célébré avec une grande magnificence. Lel4,leducdeSudermanie fut admis pour la première fois à siéger au conseil du roi. Charles-Jean saisit cette circonstance pour adresser au jeune récipiendaire une longue adnio-

CHARLES XIT, 191)

ni lion mr tes devoirs des rois U les droils des peupitSi Ot faire roU3niir au loin rëxposé de sosprindpes polUiques et sociaux. La niorak) de cet inlerminable discours, est qu'un prince doit racbeiel* la faveur de sou rang par de grandes vertus dt des qualités supérieures, et que, si de belles actions exciteal radmiration des peuples, ii feut en faire do bonnes povr mériter leur amour, i Songez ^ mon 9 fils 4 que ('auguste couronne que donne un peut pie libre, se^ toujours mal aflfermte sur une tète > fpn&ée d'orgueil et de caprieesi Matheor au prince » qui se persuade, qn'en efTaçanl les traoeedes droits t de la nation , il rcbauase l'éctât et le pouvoir du 9 Irûnel Souvenez- vous 4 mon fils, que lé prince 9 le plus sage est eeliii qui suit de ¥0^ les éléments k qui menacent de détruire les empires, qui les » suait avant que rexpiosion arrive^ et qui sait prc 9 venir leur retour par son propre respect pour les * lots.'»

Comme on le voit, ces conseils étaient moins une ieçon adressée à l'inexpérieiioie dtt éme de Sudermanie, qu'une critique rélt-ospectîte des actes du mal beoreiix prince dont les fautes avaltent frayé à Ber nadkète ie lefcejnin du trône de Suède. Aussi Charles-Jean eut-il (pand soin de faire retoiitir^ i\nm le monde «nticr, cetio oraison paternelle qui, crtinmo tootcss ses hal'angiies^ finissait en rappelant ce que l'auguste orateur avait iWit lûi-mènfie pour la Suède

et pour l'Europe, c J'ai mis mes premiers soins à'ëiu- » dier les lois fondamenlales de l'État, à rechercher » les éléments de son existence, à connaître ses pes- » sources, à observer les mœurs et les vertus de mes » nouveaux concitoyens. Enlevé tout à coup à ces » occupations par l'invasion de notre territoire, » il me fallut tirer l'épée et voler, avec nos braves, » à la défense de nos droits outrageusement atta- » qués. Les circonstances où se trouvait l'Europe » ne nous permirent point de nous borner à* venger » notre propre injure. La Suède devait faire cause j» commune avec les opprimés. Cette cause était » juste, la Providence seconda nos efforts et le ré- » sultat de cette grande lutte fut de rétablir, dans » le Nord, un nouvel ordre de. choses qui ramena, » dans l'antique famille Scandinave, un peuple » que lui donna la nature elle-même et que les I» seules passions humaines avaient pu en séparer. > A ces paroles ambitieuses et pesamment doctorales du prince royal de Suède, l'histoire préférera, sans doute, celte simple et franche exhortation du vieux Charles XIII à son petit-fils :

« Mon âge et mes infirmités ne me permettent » pas d'exprimer, dans ce moment solennel, tout ce » que ma longue expérience et ma tendresse pour » toi m'inspirent. Je me borne à te rappeler que tu » gouverneras un jour deux peuples libres. Prouve- » leur^ en respeclanl leurs droits y comment lu veux

» qu'Us respectent les tiens. N'oublie pas, mon cher » petit-fils, que je t'enjoins aujourd'hui un devoir » cher et sacré; celui d'acquitter, quand je ne serai

> plus, ma dette envers ton père pour les soins pré- » venants et la tendresse infatigable qu'il m'a pro- 9 digues, depuis le premier moment où il unit son » sort à celui de ce pays. Sois toujours pour lui ce » qu'il est pour moi ; sois son appui comme tl est » le mien ; rends à ses vieux jours toute la joie,

> toutes les consolations que lui doit ma vieillesse. » La patrie, ton père et toi^ voilà, mon petit-fils, » ce que tu liras dans mes regards. Que le Tout- 9 Puissant te protège, et le conduise selon sa vo-

> lonté! »

Deux mois après* l'inauguration du duc de Sudermanie, Charles XUl tomba dangereusement malade, et tout annonça que ce roi honnéte-homme touchait à la fin de son existence. Aux termes de la constitution, le prince royal prit- la direction des affaires pendant la maladie de Charles XlII, et il exerça de droit la souveraineté qu'il exerçait de fait depuis i814. Enfin, le 5 février 1818, à dix heures du soir, le vieux roi s'éteignit, calme et résigné, dans les bras de sa famille, c Je meurs tranquille, dit-il » quelques instants avs^nt d'expirer; je sais à qui je » laisse mes royaumes et mes sujets qui furent tou- » jours mes enfants. » Charles XIII emporta dans la tombe les regrets de toute la Suède qu'il avait

90S uisToiae de dbunadottë,

deux fois retirée de 1 âbiine et gouTeraée avec justice et loyauté.

c Ce i^rincedont des fortunes si diverses se partagèrent la vie, a été, dit ÀUersparre, l'objel des jugements les plus contradictoires 9 suivant la couleur des partis. Toutefois l'histoire lui réserve une place honorable. Gomme régent il commit » ii est vrai, de grandes faules; mais son système d'admînislraiîoo ne mérite pas moins de grands éloges. Ses torts ne Ivî sont pas personnels) c'est sur le faTori (ie baron Reiiterholm) qui abusa de sa contiance^ qu'on doit faire retomber tous les reproches. Dans le cours de son règne ^ il ik'eut jamais en vue que le bonheur de son peuple; il était doué d'une justesse de conp d'dsii qui ne le servait pas moins <kins les petites choses que dans les plus importantes. Sofi oaraelére était un composé de clémence, d'expansion et de passion pour tout ce qui était bon et juste. Dans b force de son à^e, il avait le port d'un guerrier; on retrouvait en lui de TéloSe de scm grand-^^Ude Frédéric de Prusse. 6i Gustaye était porté au lux€ et à l'oslenta^ion , Ghajles Xlil, au contraire, était un Modèle de simplicité dans la yie privée, et sa cour reBsemblàîi moins à celle d'un prince qu'à la maison d'un riche bourgeois (1). »

(1) Randlnigar ttff Sweriges Mtt, nyàrt oeh Avaste ifibfoila.

CttÂRLES XIV. 208

Le jour même do la mcirt de Charles XIU, le cbhseil d'État proclama riivcnetncnt de Bertiadolte, comme roi de Suède, de Norvège, des Vandales et des Goihâ, souà le nom de Charles XIV Jean. Le 7, le nouveau monahiue prêta serment de Hdéltlé, devant les quatre ordres d<4 la diète extraordinaire^ ment convoquée à cet effet. Le sacre rtinsî que le couronnèrent forent fixés ali 11 itiai suivant.

Cepertdàht, là riialadîé de Charles XIII avait ré»veillé les espérances des partisans du droit divin * rihtHgue s'était agitée de nouveau poul* fûîré ron- Irc* ià Suède dans le gîron de la ïégifimllé^ et, dès que rélat . de Charles Xlfl eut pris un caràfcb're grave, les Journaux de la sainte- aîllàncfé avaient répandu le bruit qtie TopinioA générale A'était plus iavùrabté au prince royal. Sattii doute, dîisaîentîls, la natfori reebhnaît d'énrffienles qualités à Bftrhadolte, Wars il ert difficile qu'elle se délerihîne i^ Vràti^ûïeiirè la tourortne à une dyiîaAtie étt^ngère. Enflf) , ^n Soutenait que, d*après toutes les pr<>bal)i* lités , f înfltience de Cliafles-Jeaii ne serdft pas de longue duvéè^ et qu'une révolution était inévitable, mrilgré tout Tatt avec lequel lé prince myal dirigeait la pressie afu gré de ses déisirs. Ces prévisîon^ étaient surtout devenues le thème favori des journaux ministériels anglais. Néanmoins, ces spéculations et ctis espérances fure^ bieat^ déçues par la facilité avec laquelle s'effectua l'intronisation de la nouvelle

dynastie, et par le peu d'hésitation que les cabinets étrangers mirent à la reconnaître..

Ce fut encore Tempei eur de Russie qui détermina cette reconnaissance, en prenant l'initiative des condoléances et des félicitations : < Mojisieur mon frère, » écrivait Alexandre à Charles XIV, le général comte » de Lowenhjelm m'ayant apporté la nouvelle du » décès du roi votre père, mon premier mouve- 9 ment est de devancer par cette lettre toute noUH" T^ cation formelle, et d'exprimer a Votre Majesté la » part sincère que je prends à sa douleur. Il me

> tient également à cœur de lui offrir mes félicita* » tions amicales , à l'occasion de son avènement au » trône de Suède. Le succès avec lequel Votre Ma- » jesté a su en maintenir la dignité^et l'éclat dans

> les circonstances les plus difficiles, est un garant » certain des principes de justice et de sagesse qui » signaleront le cours de son nouveau règne (i). » Il n'y eut pas jusqu'à Gustave IV, qui ne s'empressât de congratuler l'usurpateur qui venait.de s'asseoir sur son trône. Le dernier héritier des Wasa et des Gustave- Adolphe, qu'une frégate suédoise avait, par une froide journée de décembre, emporté sur la terre d'exil, écrivit, lui aussi, ^ Bernadette, pour le féli-

(I) Lettre de Tempereur Alexandre à Charles XIV» Moscou, 26 lévrier

citer sur son heureux avènement : < Gomme par suite i»de cet événement, disait Gustave IV, Votre Ma-

> jesté se trouve appelée au trône de Suède, je la » félicite sur son avènement. Puisse-t-elle gouverner »la Suède pour le bonheur des Suédois! tel .est » le vœu que je forme : je ne serai jamais étran-

> ger à tout ce qui pourra contribuer au bonheur et 1 à la prospérité du pays qui m*a vu naître (1). > Étrange humilité de la puissance déchue, qui, soit dit en passant, rappelle les compliments non moins sincères que Ferdinand VII, captif à Valençay, adressait à Napoléon, chaque fois que TEmpereur dos Fonçais remportait une victoire sur les Espagnols.

Le sacre de Gharles XIV eut lieu à Stockholm le il mai 4848, en présence des États-généraux de Suède et d'une députation de la diète norvégienne. Gette cérémonie, environnée de beaucoup de pompe et d'éclat, devint l'occasion d'un nouvel échange de protestations et de serments. G'était , du reste , un grand spectacle que celui d'un peuple libre posant la couronne des Gustave sur la tête d'un soldat de la Convention, et saluant, dans un républicain français, le restaurateur dé la liberté Scandinave! Quand l'archevêque d'Upsnl eut placé le diadème sur le front de Bernadolto, le nouveau roi adressa aux États un

(1) Lettre «le Oii<tnvc.lV h C! arles XIV, Bàle, f^^^ner 1818.

â06 HISTOIRE DE BRBNADOTtE)

discours dans lequel on remarque la irace des craiotes que lui inspiraient encore ie^ intentions équivoques de l'Europe monarchique : (1)

« Séparée du reste de TEurôpe, notre politique I» comme notre intérêt nous portera toujours à ne M nous immiscer dans aucune discussion étrangère » aux deux nations Scandinaves; mais nptre devoir » et notre dignité seront toujours 1^ règle que je » suivrai, et Tun et l'auti^e nous prescrivent île ne

• point permettre qu'on intervienne dans nos qf- » faires intérieures. »

Aux députés de la diète norvégienne le roi disait : « Les oriflammes de la Scandinavie , enlace dos » liens constitutionnels , protégée^ par les monta-

• gqes et l'Océan et mieux encore par le ooqrag^ flp » leurs défenseurs» ne pourront pas plus être él^ran- » lées par la force que par les maixoeuvre^ de l'eaT » vie et de^ préjugés. ^

Trois mois après son s^cre, comme roi de Suède, Charles-Jean, accompagné du prince royal et d'une suite nombreuse, se mit en route pour Christiania, d'où il se rendit à Drontheim , à Teflet de s'y iaire couronner roi de Norvège. Cette cérémonie eut lieu le 7 septembre, et surpassa en éclat et en magnificence la solennité des fêtes de Stockholm. Le oou-

(1) Voir pièces jMHlicaHTeg, n* SO.

citAiiLes Xiv. âOT

veau roi de Suéde pouvait négliger impunément les traditions du fétichisme monarchique, parce que son investiture portait la haute signification d'un choix national. Mais le roi de Norvège qui ne tenait oette couronne que de la violence et de la eonquéte, crut devoir exhumer le culte des vieilles idoles, et emprunter sa grandeur à un ridicule étalage de pratiques surannées. < Il semblait , dit un intrépide Gibelin , que Sa Majesté eût voulu , par l'éclat et l'appareil imposant do son sacre « compenser tout ce que trois siècles avaient fait su-* birà cetégard depriMtùms^m peuple norvégien (1). > Alors, en eflet, on vit l'ex-sergent de Royok-la^ Marine , le Jacobin qui avait jjuré haine éternelle à la royauté, le républicain qi|i T avait combattue dix ans; on vil Bernadotte entouré d'un nombreux oorlége de grands-oOiciers de la couronne, de magistrats, de juges couverts d'heimine, de rois d'armes revêtus d'uue longue cotto de mailles, de généraux chamarres d'or, de députations d^ deux royaumes, BevnAiJoU^revèlu du manteau royal dont 1^ queue était soutenue par trois cha,mbellans , la eouronne sur la tête et le sceptre à la main, marcher flolenneUement sous un dais porté par huit grands*

(1) Voir, pièoet JastHkatWes , ii* 21, la relation do Goofoimeaient de Cbark» XIV comipie roi de Norvège.

208 HISTOIRE DR RERNADOTTE ,

dignitaires de l'État, et précédé d'un héraut qui criait d'une voix de Stentor : c Maintenant Ghari les XIV -Jean est roi couronné du royaume de » Norvège et des provinces y adjacentes, lui et point > d'autres. » On dit que Bernadette se laissa majestueusement oindre la tète et les mains, et que, dans cette adoration impie de l'homme, il déconcerta le sarcasme à' force de le braver.

Quoi qu'il en soit, cette double intronisation résolut, une fois pour toutes, la question long-temps controversée de la légitimité royale de Bernadotte. L'ère.de son existence monarchique date du il mai et du 7 septembre 1818. Ces deux grandes journées (Virent la consécration solennelle de l'élection d'Oerebro et de l'adoption de Charles XIII. Dès ce moment le trône de la Scandinavie fut définitivement acquis à la dynastie de Charles-Jean, autant que les choses humaines peuvent être définitives : au dedans comme au dehors, on cessa de combattre les droits qu'elle tenait de la volonté du peuple suédois.

Cependant, tandis que Bernadotte parcourait triomphalement la Norvège, un mouvement insurrectionnel, dont ses adversaires firent honneur à sa politique, éclata en Norvège. C'étaient des paysans ' du baillinge de Christiania qui, épris tout à coup d'un fol amour pour le despotisme, marchaient sur la capitale, pour dissoudre la représentation nationale et proclamer Bcrnadoilo roî absolu. On conçoit

déjà que la dispersion des rebelles fut facile, et leur punition légère. Toutefois, une députalion des mécontents, présentée a Cfaarles-Jean, fournit au nouveau roi l'occasion de se livrer à un pompeux éloge du gouvernement représentatif; et c'était là une bonne fortune que BernadoUe n'eut garde de laisser échap)[>er.

Après avoir ceint la couronne d'Harald, Charles- Jean retourna en Suède, par le même chemin qu'il avait parcouru pour se rendre en Norvège. Mais, avant de quitter Drontheini, il voulut marquer l'époque de son couronnement par une libéralité princière, en faveur de l'homme qui était mort, à Dresde, dans les rangs des ennemis de la France. Le 8 septembre il dota d'une somme de cent mille francs la fille du général Moreau; action sublime qu'un oflicieux biographe dit avoir dérobée au secret dont son auteur l'environnait, tout en reproduisant, néanmoins, le texte très-fidèle de la lettre par laquelle Bernadotte demandait respectueusement à madame Moreau la pismUssùm d'offrir une somme de cent mUle francs à la fille de son défunt ami.

Voici la péroraison de cette épitre :

« Le plus grand trésor d'un roi de Suède et de

• Norvège consiste dans l'amour et la fidélité de ses > sujets. J'ose dire que je jouis de ce bel apanage;^ 9 mais, tout en m'en glorifiant, je ne puis étouffer les

* regrets que j'éprouve de ne |>as avoir des revenus

T. I Vi

240 HisToine bt Mhiîaoottg,

• assez considérables pour honorer dignement la

* mémoire d'un ancien frère d'armes, en assurant » à l'objet de ses plus chères aifeclions, à une fille » chérie, un sort conforme aux espérances brillantes » qu'elle était en droit de concevoir. »

Vers la même époque , les souverains et lés principaux minisires de la sainte alliance se réunirent k Aix-la*Chapelie. Ce congrès n'ayant d'autre objet avoué, que l'évacuaiion du territoire français par les troupes alliées^ la cour de Stockholm n'y était point rq>ré8entée. Cependant les grandes puissances y prirent une détermination qui intéressait la Snédé^^ et qui blessa vivement les susceptibilités royales de Ciiarles-Jean. Les quatre souverains réunis efl congrès lui adressèrent séparément une lettre rédigée en commun ) pour l'inviter à terminer atasi promplemeut que possible^ el à Vexelusion de hule mesure dUaloire, les diffiérends qui existaient en-* core entre les cabinets de Stockholm et de Copenhague. Cette inviiatîon amicale avait pour but , ajoU'^ taitK)n, de suspendre des démarehes d'une autre nature et arrêtées d un commun accord pornos ptétd^ poleniiaires respectifs. Or ce différend dn Danemark avec la Suède se réduisait à un simple r^lement financier, relatif aux dettes contractées par la Norvégie d^ns le temps où ce royaume appartenait au Danemark; question qui n'engageait aucun intérêt etlropéen , et qoo k- s deux pays résolurent plus tard sans

GMRtlES KXVi fill

interventifin étrsagèt^ej Mais les ^rafaëes piii8$thees B^étakHil pas fâchées de saisir celle oeeasjdii , pour eotiDSltre le degré de résistance et d'énergie que des prétentioAs plus sérieuses pourraient rëneimtrel* d* la part un nouveau roi de Suède<

Charles-Jean comprit la portée de eette tenlattve d'intimidalton. Il pesa l'influence qu'un moment de faiblesse pouvait exercer sur son avenir, el il répondit à l'empereur Alexandre^ qu'il voyait avec élonnehient que le congrès eût agité une question étrangère aux puissances qui s'y trau^ai^it rep^é* sentéeSy et accueilli la réclamaticm du Danemark à l'iosil de la Suède. Gharles-Jean cencevtit moins encore que les plaintes de la cour de Gopenhagub eussent pu donner* lien à des démarolies arrêlées, d'imo&mmiÊnaecbrd, par les minisiros respecii&des puissances réunies à Aix-la-Chapelle oà là Suède n'était représentée par personne. « Il m'est IrÈs- > agréable^ ajouiaitHl, que les sentimenis d'àmttiè » que me témeignenl les souverains les aient por^i » lés à l'acquiesoement d'une suspension dea do^ 9 marches arrêtées d'un commun accot*d |jar leurd » plénipotentiaires ] ma4s je me persuade, Sire, que • les règles de la justice et du droit des gens en » auraient eiigé la suppression (i). • Dans cette lettre, document historique le plus remanpiabln

(f) Lettre Oe Charles Jean à iVmpercur d»* Russie.

de répoque, Charles-Jean établirait encore que la saiole alliance ne devait point avoir pour but de fonder la suprématie des grandes puissances sur les Étals secondaires, et il donnait clairement à enten* dre que, s'il en était ainsi , la Suède du moins ré* sisterait à cet essai d'usurpation, c Je ne pense B pas, disait^il en terminant, qu'il soit au pouvoir »d'un prince, qui gouverne des peuples constitua » lionnellement unis, de se soumettre volontaire- » ment à une situation de dépendance que les lois » de son pays réprouvent. »

La précision et la fermeté de ce langage refroidirent un iustant l'intimité qui existait entre Alexandre et Charles-Jean. Mais ces nuages ne tardèrent point à se dissiper, el, jusqu'au dernier jourde sa vie, le czar se montra fidèle à son attachement pour son utile allié de 1842.

Cependant, si la Russie avait peu à s'alarmer des allures constitutionnelles de la Suède, il n'en n'était pas de même ])our les autres puissances continentales. Religieusement maintenues par Charité-Jean, les institutions politiques de la Scandinavie étaient un épouvaniail pour les gouvernements absolus qui , partout , s'efforçaient d'étoufer le mouvement régénérateur des populations allemandes.

Ce fut donc pour consommer l'asservissement de l'Europe que, sous prétexte de régulariser les pou-

CHAREiEft XIV. ^ 213

voirs de la dièle germanique, un nouveau congru s'assembla à Garisbad. Alors furent dissous les étatsgénéraux du Wurtemberg, et une nouvelle tentative fut essayée auprès de Charles-Jean. On demanda à ceprinoe, sinon d'abandonner les principes constitutionnels qui réagissaient la Suède, du moins d'adhérer aux mesures adoptées par la diète germanique, pour réprimer les symptômes de révolution qui se manifestaient en Allemagne. Mais la proposition de Garis* bad ne rencontra pas, à Stockholm, plus de faveur que n'en avait obtenu l'injonction d'Aix-la-Ghapelle. Gharles-Jean répondit qu'isolée par les mers, forte do ses habitudes constitutionnelles. et de la moralité de ses habitants, la Suède devait s'interdire toute autre intervention que celle à laquelle elle pourrait se trouver appelée par la teneur de ses traités. « Ainsi, ajoutait la déclaration du cabinet » suédois, dans un moment où le gouvernement

> prussien lui-même annonce l'intention d'intro-

> duire dans ses États de nouvelles formes, il serait

> du devoir de l'ancien souverain de la Poméranie » ci-devant suédoise, d'intercéder particulièrement » en faveur de cette province, pour la conservation » des lois constitutionnelles, privilèges et immu- » nités que lui assure l'article 8 de la convention » conclue à Vienne le 7 juin 1815, à moins toute- » fois que la nation ne voulût y renoncer. Mais Sa » Majesté suédoise se repose, pour Pexécution de cet

914 ^ MISTOIBE D« BBMiVOOTTE,

/afiicle, sur la loyaulé de Sa MajealéppQS8ÎeQne(i). » Cmè poUti(|ue reconveniioûoélte, eu faveur des droila de& peuples outrageHsemeet foulés aux pieds par le defapoiisroe, prouva, uite foia de plus, aux guuvei**flemfuU absolus^ qu'ils devaient peu couipiw sur h iiompliciié de Gbarles74ftaa.

C^ile page de r histoire de ce priooe, en est iur i;oa|^sMlb|oinent la plus bonqrablet

(1) Note du comlti d'Engeslroiu adressée à M. de Tarrach, ministre pm^ sien à laeoor de Sitfikliolm, le 13 octobre i§i9.

OifARLDS KIV. S|if$

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