‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 49 sur 69 · HM HISTOIRE BC BCRNADOTTK · texte numérisé non relu

HM HISTOIRE BC BCRNADOTTK

France; fui touché de sa gloire et de ses hnalheurs, et la Franco, ses malheurs et sa gloire s'évanouirehl devant les exigences de son ambition. A cette fatale époque do sa vie , Bernadotte rapporta tout â lui , et, cependant, il sut si bien expliquer les actes de sa politique au profil de Thumanité et se donner des accents de grand citoyen , que de bons esprits ont pu dire qu'il ne renonça à ses affections françaises que par reffort d'une raison supérieure et d'un patriotisme cosmopolite.

Quant à nous, qui croyons que le sentiment qui fait aimer son pays et le principe qui défend de l'attaquer, sont supérieurs à tous les droits et plus vrais que tous les systèmes, nous pensons que, de quelque nom qu'on la décore, la conduite de Berhadotlo en 1813, si elle était jamais érigée en exemple, serait une corruption véritable de la biorale des nations. Remuez cette poussière tant que vous voudrez; vous ajouterez un sophisme à la Ibgique des traîtres, mais vous h'en tirerez jamais un argument en faveur du i}atriolisme de Bernadotte. La France poun*a s'etlorguetlli^ du courage, des talents militaires et même de la haute fortune do Fun de ses enfants, mais elle condam* nera éternellement son ingratitude, et placera toujours les demi-vertus et les demi-vices qui rendirent Bernadotte propre à toutes les situations, après ces mâles et simples caractères qui ne posèrent les pieds

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dans aucun bourbier, ne perlèrent ^lu'un cultb dans leur cœui*, celui de la patrie; et moururent lidèleiB à leur drapeau , oubliant tout excepté la France.

Gomme général des armées françaises, Charles- Jean fut voï de nos plus illustres capitaines. Excepté ce'ui auquel nul ne peut être comparé, personne n'élait plus capable de résoudre tous les problèmes qu'un champ de bataille peut offrir, et ne comprejiait lîiieux le mécanisme d'une armée et la science du commandement. Mais, dans les camps comme })artout, Bernadotte altéra de belles qualités par la )>résomption la plus insensée. Chaque succès grandissait son ambition , chaque revers Tirritait ; iin éloge incomplet, une préséance oubliée faisaient déborder son orgueil, et alois il Uiéconn^issait jusx(u'au soin dosa gloire; il boudait quand il fallait combattre, s'élançait sur l'ennemi quahd il Aillait s'abstenir et revenait, tout sanglant, crier à l'injustice et à la jalousie. Dans dés bulletins et d«6 proclamations aussi contraires à la discipline qu'i la vérité, il se faisait l'historien de ses propres exploits, rai'cusateur de ses rivaux; chaque jour il fallait choisir entre ses prétentions et sa démission; il se posait en victime, demandait sa retraite régulii''renient tous les six mois, gardait ses commandements, aeceplail tous les titres, tous les bienfaits, et se plaignait encore. Enlln, on peut dire

de lui que sa fortune grandit au milieu des excentricités de son orgueil et des faveurs sans cesse renouvelées dont Taccablait Tinépuisable indulgence de Napoléon.

Bernadette participa à presque tous les prodiges de nos grandes guerres, mais il eut rarement à se mesurer avec des événements de premier ordre. La fortune ne se prononça presque jamais contre lui , et nul, cependant, ne sut mieux tirer parti des circonstances pour se faire une grande réputation. Dévoré par un insatiable besoin de renommée, quand sa vanité était satisfaite, il était capable de grandes choses; mais sa vanité froissée Tinclinail vers les plus coupables pensées. Rendu à lui-même, il revenait ù de nobles inspirations; livré de nouveau à de mauvaises influences, il s'égarait encore, et celte lutte entre sa tête et son cœur donne la solution de toute son histoire. Pour apprécier la gloire militaire de Bernadette dans les rangs de l'armée française, il faut la décomposer et dire : Ce fut un soldat intrépide, quelquefois un grand capitaine, souvent un administrateur habile, mais chez lui l'homme ctoufla toujours le héros.

Devenu prince héréditaire de Suède et, puis, roi de la presqu'île Scandinave, Charles Jean dépouilla le vieil homme et déposa sur les marches du trône les erreurs dont son esprit était chargé. Ce caracturc anguleux qui n'avait convenu jusque-là ni à la

république ni à la monarchie, se plia sans efforts aux nécessités d'un système représentatif ombrageux et encore tout empreint de Tanarchie gothique des Suédois; il subordonna son caractère à celui de ses nouveaux compatriotes ; il réprima, toujours à temps, ses tendances à faire de la force, comprit que la représentation nationale est aussi une majesté, et sut, pendant trente-quatre ans, concilier son autorité avec la liberté du peuple. Plus métaphysicien politique qu'homme d*État, il ne créa rien de fondamental, mais il améliora tout ce qui a^ait été fondé avant lui et sans lui. Par un travers ordinaire de son esprit, il se crut un des plus grands financiers de l'Europe, appliqua toute son intelligence au mécanisme de la richesse nationale, et compromit souvent la fortune publique. Mais, en toute occasion, il donna des preuves du plus admirable désintéressement et répara, de ses deniers, ses' témérités économiques. Sans goût pour les arts et les sciences, il les encouragea avec un sentiment passionné du devoir. Sans vocation re^ ligieuse, il se plut à dogmatiser et maintint constamment le peuple dans le respect de la religion. Avec une instruction superficielle, il voulut ne paraître étranger à aucune théorie et fit les plus constants efforts pour propager toutes les connaissances utiles. Presque toujours n.aitre des imaginations, il employa son ascendant à les diriger vers de nobles idées.

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