HISTOIRE HK BC^NADOTTE
iiépéreux jusqu'à Iq prodigallio, il clonna sur le trône l'exemple (V^iie grande simplicité et de quelqqç$ vertus don)^Uqu6S. Les portes de son palais firent lovyours ouvertes à tous les citoyens ; foutes le^ plajf^fes purent arriver jusqu^à lui ; il secourut les mi^ère^ les plus iofuues comme les plus grandes Infortunés, et se montra accessible à toqs les sent^inents qni honorent l'humanité. Enfm, après avoir fait peu (}e grandes choses , mais beaucoup de bonnes choses, Gharles-Jean mourut, laissant l'empreinte d'un^ vive intelligence et d'un cœur élevé, sinon ^ns (es Ipis organiques de la Suède^ du moins dans la jurisprudence gouvernementale de ce pays. Beaucoup des idées de ce prince sont devenues des institutions utiles à la Scandinavie, qui conservera sa mémoire comme celle d'un des meilleurs rois qui aient régné sur elle.
]Vfai$, parce que le prince royal de Suède balança, dU-pn, la fortune de l'Empereur des Français, on Si voulu comparer Bernadotte à Napoléon. Cette prétention est parfaitement ridicule. D'abord, le prince royal ne balança point la fortune de Napoléon : il la ruina; mais comment la ruina-l-il? D'un côté étaient un grand homme sans amis, une armée sans auxiliaires, sans autre appui que son courage; de l'autre, toute l'Europe en armes, tous les genres de fanatisme, tous les genres de passion, Tamour de la patrie et de la religion, la haine du joug élran-
gpf , la spif de la veng^pcç, \^ dléjfeciion et la tra*hison. Bernsidotte jeta $oq épée et trente mille bfaves ^Idats sur un des plateaux de la balance, |'équilit)re fut rompu et l'empire s'affaissa sous le poids du monde. Bernadotte fil l'appoint de l'Eu- Vope : yo.ilà sa gloire dans sa lutte contre JMapoléon, et cette gloirti e^ eqcore a$sez grande pour que ^histoire doive lui en tenir compte.
Mais , placer sqr la même ligne le prince royaf 4e $Méde et le héros de Sainte-Hélène, c'est rèvec upe créatioii de fantaisie dont l'opinion des homqies sensés pe peut que sourire. SufDiposes;, en eiïet, Napoléon et Beroadotte jouant, l'un contre l'autre, d^ns des cqnditiofis égales, le sort de leur couronne sur up cliamp de bataille; ou ^puisant, sur un vaste échiquier et dans unç longue suite de comliats, toutes les ressources de la guerre et de la politique. Auquel des deux acjjversaires penset-on que fi(kt restée la victoire? On n'insiste pas sur une qi^estien semblable.
A Diieu ne plaise que je veuille déprécier lef talents iniljtaires du prince royal de Suède : ces laients appartiennent à la France. Mais n'es(-ce po^pt faire une part assez magnifique à cette gloire çQMpable et malheureuse, que de la placer à côté de la gloire saps tache de tant de guerriers fameux qui ne combattirent que poiir la France, et ne versèrent d'autre sang que le sang do ses ennemis ? Qui
oserait, par exemple, assigner au vainqueur de Zurich un^rang au-dessous de Bernadotte ? Et, cependant, on n'a rêvé la gloire de Napoléon, ni pour Masséna, ni pour Jourdan, ni pour Ney, ni pour tant d'autres grands citoyens dont la vie entière fut marquée par des prodiges de courage et de dévouement : Proximus huic, longosedproamntis inlervallo.
Napoléon et Bernadotte ont, l'un et l'autre, leur place marquée dans l'histoire; mais il y aura toujours entre ces deux hommes* l'immense distance qui doit séparer le fondateur d'empire qui^ par son génie , ses vertus ou ses fautes , souffle les révolutions et change les intérêts du monde, du prince cauteleux qui ne sait que se placer dans les conditions créées par les événements et la disposition des esprits ; — le génie qui creuse toutes les profondeurs, de l'esprit superficiel qui parcourt toutes les surfaces ; — le grand capitaine qui improvise la guerre, du général habile qui l'étudié et la fait bien; — le conquérant dont la main puissante contient ou secoue le monde pendant vingt ans, du soldat délié qui sait profiter des méprises de la fortune; — l'orateur militaire aux grandes images, à la parole brève, hardie et puis- . sânte, du guerrier rhéteur qui vise à la phrase et court après le cliquetis des mots; — le législateur profond qui survit dans toutes les lois de son pays, du réformateur timoré qui corrige les abus
administratifs; — enfin, le grand homme que le génie crée, de Thomme heureux que le hasard élève.
Napoiçon mourut sur un rocher et Bernadotle sur un trône ! !
C'est qu'il y a^ dans les affaires humaines, quelque chose de fatal et de secret qui ne saurait s'expliquer.
iC^
ET
t*lÈ'cks iiJStit'iicÀtivES
DU
Ttttab sfcc'oND.
N* 1. — Note de la page 5 du texte.
Extrait des Mémtrires de M. de Las Cûzes. (Menées et Espérances de rÉmigratioiï. )
« J'étais II Londres à cette époque, et je disais à TËmpereur que nous y avions conçu de grandes espérances , et beaucoup) compté sur te là brumaire et sur son consulat. Plusieurs de nous, qui avaient connu jadis madame de Reâubarnais, pâriireût aussitôt pour Paris, dans Tespoir de parvenir, par elle, à exercer qûelqu'influence, ou à imprimer quelque direclion aux affaires qui se présentaient sous une face nouyellé.
V Nous pensâmes généralement, dans le temps, que le premier consul avait attendu des propositions de nos princes; nous nous appuyions sur ce qu'il avait été assez long-temps sans se pronon- ' cer à leur égard , ce qu*il avait fait plus tara , clans une proclamation d'une sévérité accablante. Nous attribuions ce résultat à la gaucherie et i la brutalité de l'évêque d'Arras, le conseiller, le directeur suprême de nos affaires, et qui, du reste, de son propre aveu , opérait tes yeux fermés , se vantant de n'avoir pas lu
UDC seule gazelle depuis nombre d'années, et depuis qu'elles ne contenaient que tes succès ou (es mensonges de ces misé" raiies.
» An moment du consulat, quelqu'un ayant touIu lui donner l'idée de (enter quelques négociations auprès du consul, par l'intermédiaire de madame Bonaparte , il repoussa la chose avec indignation et dans les termes les plus sales et les plus orduriers, ce qui força l'auteur de la proposition de lui dire que de telles expressions n'étaient guère épiscopales, et qu'il ne les avait certainement pas lues dans son bréviaire.
» Dans le même temps, il apostropha grossièrement le duc de Choiseui , à la table même du prince, et en fut tancé tout aussi vertement; le tout parce que le duc de Ghoiseul, sortant des prisons de Calais, et échappant à la mort par les bienûits du consul , terminait les renseignements que lui demandait le prince sur Bonaparte , en protestant que, quant à lui , désormais il ne pourrait plus désavouer une reconnaissance personnelle.
D L'Empereur disait à tout cela qu'il n'avait jamais songé aux princes ; que les phrases auxquelles je faisais allusion étaient d'un des autres consuls, et sans motif particulier. Que nous semblions, au de hors, ne nous être jamais douté de l'opinion du dedans; que, s*jl eût eu pour les princes des dispositions favorables, il n'eût pas été en son pouvoir de les accomplir. Toutefois il avait reçu, vers ce temps-là, des ouvertures de Mittau et de Londres. » Le roi lui écrivait, disait-il, une lettre qui lui fut remise par Lebrun , lequel la tenait de l'abbé-de Montesquiou, agent secret de ce prince à Paris. Celte lettre, extrêmement soignée, disait : « Vous tardez beaucoup à me rendre mon trône. Il est à craindre » que vous ne laissiez écouler des moments bien favorables. » Vous ne pouvez pas faire le bonheur de la France sans moi, et » je ne puis rien pour la France sans vous. Hâtez-vous donc, et » désignez vous-ni^me toutes les places qui vous plairont pfiur >• vos amis. »
» Le premier consul répondit : « J'ai reça la lettre de Votre » Altesse Royale ; j'ai toujours pris un vif intérêt à ses malheurs t et à ceux de sa famille. Elle ne doit pas songer à se présenter • en France; elle n*y parviendrait que sur cent mille cadavres. » Du reste, je m'empresserai toujours à faire tout ce qui pourt niit adoucir ses destinées, à lui faire oublier ses malheurs. »
» L'ouverture de M, le comte d'Artois eut plus d'élégance et de recherche encore. Il dépêcha la duchesse de Guiche, femme charmante, très-propre, par les grâces de sa figure, à mêler beaucoup d'attraits à l'importance de sa négociation. Elle pénétra facilement auprès de madame Bonaparte , avec laquelle toutes les personnes de l'ancienne cour avaient des contacts naturels : elle en reçut un déjeuner à la Malmaisoo , et , durant le repas, parlant de Londres , de l'émigration et de nos princes, madame de Guiche raconta qu'il y avait peu de jours, étant chez M. le comte d'Artois, quelqu'un, parlant des affaires, avait demandé au prince ce qu'on ferait pour le premier consul, s'il rétablissait les Bourbons. Le prince avait répondu : v D'abord connétable et tout ce qui s'ensuit, si cela lui plaisait. Mais nous ne croirions pas que cela fût encore assez ; nous élèverions sur le Carrousel une haute et magnifique colonne sur laquelle serait la statue de Bonaparte couronnant les Bourbons. »
Le premier consul arrivant quelque temps après le déjeuner, - Joséphine n'eut rien de plus pressé que de lui rendre cette conversation. « Et as-tu répondu, lui dit son mari, que cette co- » k>nne aurait pour piédestal le cadavre du premier consul?... »
» La jolie duchesse était encore là. Les charmes de sa figure, ses yeux, ses paroles étaient dirigés au succès de sa mission. Elle était heureuse, disait-eHe, et elle ne saurait jamais assez reconnaître la faveur, que lui procurait en ce moment madame Bonaparte, de voir et entendre un grand homme, un héros. Mais tout fut en vain ; la duchesse de Guiche reçut dans la nuit l'ordre de quitter Paris , et les charmes de l'émissaire étaient trop propres
3i6 NOTES
à alanncT Jos<^>btne , p6hv qu'elle iusislâl aiidcinmeiu en sa faveur : \û leudeniain la duchesse de Goîche était en route i>ôur la fh>nliëre.
» Du reste , le bruit courut plus tard , disait Napoléon , que » }*atrais fait^ à mon tour, aux princes français, des propositions » touchant h cession de leurs droits on leur renonciation à la » couronne , ainsi (}u*on s*est complu à le consacrer dans des B déchratîons pompeuses, répandues en Europe avec profusion, t II tt*en était rien. Et comtnent cela aurait-il pu être? moi qui
• ne pouvais régner précisément que par le princfpe qui les h\-
• sait exclure, celui de la souveraineté du peuple ? Comment ano raiâ-je cherché à obtenir d*eux^ des droits que Ton proscrivait
• dans leurs personnes?... C'eût été me proscrire moi-même i » le contre-sens eût été trop lourd, Tabsurdité trop criante; elM » ni'eût noyé pour toujours dans l'opinion. Aussi, «Hrectenient ni Il indirectement , de près ni de loin , je A'ai rien fait qui pût se » rapporter è cela : c'est ce qu'&uront pensé sans doute , dans » le temps, les gens réfléchis qui m'accordaient de n'être ni fou
• ni nnbéclle.
• Toutefois, la rumeur causée par cette circonstance me porta
• à foire rechercher ce qui pouvait y avoir donné lieu ; et ViÂà de
• que je pus recueillir.
» Au temps de noitxs intelligence avec la Prusse, et lorsqu'elle » B'o<jcu{»it de nous être agréable, elle fit demander si, de soof-
• frh* des princes français sur son territoire , nous causerait ût » l'ombrage , et on répondit (pie non. Eiibardîe, elle demiilda » si on aurait une trop grande répugnance à la mettre i même » de leur procurer des secours annuels ; on lui ré)30ndit encore
• que non, pourvu qu'elle garantit quMls demeureraient tran- » quilles et s'abstiendraient de toute intrigue.
» (.ette affoire se traitant entre eux, et la négociation une fois » en train, Dieu sait ce que le xèle de quelques ag*ents, on même D les ducirîn^ du cabinet de Berlin, qui n'étaient pas les nôtres.
ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 34t
9 purent proposer! Voilà saiis doule le oioiif où le prétexte qiii » donnèrent lîc'u à cette i>etie lettre de to'iiis XVllt, qui tut 0 fort admirée, et à laquelle adhérèrent avec éclat tous les mem- » bres de sa famille. Ces princes saisirent avidement cette oc- 9 casion de réveiller en leur faveur rihtérêt et Vâttentioii de » r£urope(|ui, distraite par les grands événements du temps, » ne s*en occupait plus. »
N* 2. —Note de la page H.
Lettre du duc de Pienne ( depuis duo d'Junwnt ) au prince rayai de Suède.
À Monsefgheur ,
« Les nobles sentlinents de totk Altesse lî'oyale, sa grandebï' d'âme 'et cette loyauté 'cheValet-es^ùe qtli dirige) tontes ses actîôns; lue donnent la côni^aiice de croire (!)u'elle recevra àVec bonté et bienVeSHance h lettre d'nb ancien mililairèâgé de cinquante atas; qui, sans avoir l'honneur d'être cbhnu d'Elfe, ose soumettre à sa sagesse et â ses lunifères, des t-éAexions quêtes grands éVéhehients qui viennent de se passer eïi Russie Ont fait naître. Pour mettre Votre Altesse Royale plus ^ portée de juger les motifs '(|u1 ihe font agir et la confiance qu'elle peut avoir en mol ; je la âupi^lie dé luc pcimetïrc de Jui faire un récit succinct de ma Vie.
» J'étais fort jeune, Monseigneur, lorsque, à la cour du feu roi Loaïs XVî, j'obtins là survivance de la place de premier gentilbomiùe île la cBàtnbre, doiii jouissait mon père. "C'est entre les
mains de cet infortuné monarque que j*ai prêté mes premiers serments. J*al tOHJoars saîvi la carrière militaire pour laquelle j'avais un goût décidé. J*ai fait les campagnes de 1792, 93, 9(i et 95, les trois dernières en Espagne. Des circonstances politiques ayant forcé ce gouvernement à renvoyer les émigrés qui étaient k son service, je me suis rendu auprès du roi Louis XVIII, devenu ^mon maître par la mort de son auguste frère et celle de son neveu. Je portai à ses pieds les serments qui, depuis long-temps, étaient gravés dans mon cœur d'une manière ineffaçable, et que ses malheurs me rendent encore plus chers. Quelques années après, je vins en Suède, où, deux fois, j*eus l'honneur de suivre Gustave IV en Poméranie. Des dettes, contractées en Angleterre à une époque où l'on ne pouvait pas prévoir les suites de notre révolution, m'empêchèrent d'y rejoindre mon maître» À la demande de Gustave IV, je fus tacitement reconnu, par ce prince, comme ministre de Louis XVIIL Les rapports que cette place me donnaient étaient si insignifiants que j'acceptai sans crainte » car j'aurai l'honneur d'avouer à Votre Altesse Royale que les voies artificieuses et détournées, souvent employées parla politique actuelle, sont^trop opposées à mon caractère pour que j'euss* accepté un poste où l'on aurait pu croire que je les employais. Ge secret ne fut connu alors que du baron d'Ehmheim , président de la chancellerie. La mort de mon ami, le comte de Fersen, m'a engagé à me retirer du service, pour remplir auprès de sa sœur désolée , les devoirs de l'amitié qui sont sacrés pour moi. Dégoûté du grand monde , la vie retirée était la seule qui pût me convenir. Depuis, Monseigneur, je n'ai regretté qu'une seule fois d'avoir pris ce parti ; c'est à l'époque où je pouvais présumer que Votre Altesse Royale se préparait à remporter de nouvelles victoires. Je regrettai de ne pouvoir solliciter la grâce de la suivre, pour revenir ensuite dans l'asile que m'accorde l'amitié. Sans ambition, sans prétentions ni désirs, il n'est qu'un seul motif qui puisse me faire renoncer momentanément à ma trao-
qaillilé , pour m-'occnper de grands intérêts dont , jo l'avoac , je ne suis point chargé. Votre Altesse Royate ine jugerait bien sévèrement, si elle pouvait me supposer un esprit d'intrigue que j'eus de tout temps en horreur. Ma conduite passée peut, mieux que les protestations, me mettre à l'abri d'un soupçon aiis4 injurieux. L'attachement, le dévouement le plus entier pour mon maître , la reconnaissance pour ses bontés, l'amour de ma patrie dont les intérêts me paraissent intimement lii^s aux siens, sont les seuls mobiles de ma démarche actuelle. Si, d'après cette notice , Votre Altesse Royale daigne m*accorder un peu d'estime, ce sera pour mon cœur une récompense bien précieuse. » Espérant que Votre Altesse Royale daignera croire à ma véracité, je lui fais le serment que mon maître ignore ma démarche , et que ; suivant mon propre mouvement , je n'y ai été engagé par aucune voie indirecte. Une personne , qui est aiiprès de lui , m'écrivit, il y a quelque temps , pour me demander si je connaissais les opinions de Votre Altesse Royale sur le compte de la famille des Bourbons , et ma réponse fut qu'ayant des preuves de sa grandeur d'âme , de sa justice et de la sensibilité de son cœur, je ne doutais nullement de ses sentiments particuliers ; . mais que , si l'on avait le projet de l'engager à se déclarer pour la cause de Louis XVIII, je pensais qu'elle était trop nouvellement arrivée en Suède pour pouvoir se prononcer publiquement 9 avant qu'il y eût un accord et une volonté énoncée de la part des autres cabinets. Je serais bien malheureux si cet aveu donnait à Votre Altesse Royale une occasion de suspecter ' ma discrétion. Cette qualité si essentielle pour les grandes entreprises m'était naturelle ; l'éducation et la réflexion n'ont fait que l'augmenter. J'ai cru nécessaire de trahir mon secret, pour bien prouver que j'étais seul à agir et pour faciliter une réponse où les obstacles qui peiivent se présenter seraient pénibles à dire ou à entendre, et que l'on peut confier à une tierce personne lorsqu'on est assuré du secret. Je ne communiquerai que ce que
Votre 4ltcsse Royale vo^((ra qai soit conov , k iDoii^s quVIle ne m'ordonne c|c garder sur cet objet iesileuce le plus profond, ce que je ferai , je lui eu donne ma parole d*bonneur. Je ue puis rien dire de plus pour la cou vaincre.
» Si je n'avais pas craint les propos d'un public toujours porté i
[>réjuger, et même à supposer dcsinlculions à ceux dont il o)>serYe es actions, q^^oiqqe peu marquantes, j'aurais été à Stoçj^holm avec la double intention de faire ma cour à Votre A)tesse Royale. Mais j'ai cru plus prudent d'éviter ce voyage, et de prendrç )a liborié de faire parvenir ma lettre à la reine sons le coavert de la comtesse do Piper. D'après ce que j*ai dit à cette dai|ne , Sa Msyesié doit croire que ma lettre ne renferrpe que des excuses à Votre Altesse Royale, de ne m'étre pas fait présenter à die; et pour en justifier le volume , j'ai ajouté que j'avais eii rhooneur de lui envoyer un récit circonstancié de nia vie, afin de lai faire connaître mes principes et ma façon de penser.
» Los victoires aussi rapides qu'étonnantes qui viennent d'être remporté: s par les Russes, laissent entrevoir deux chances égale* ment funestes pour le repos de la France : celle où le cbef de se^ ennenns succomberait à son sort et trouverait sa fin au milieu dos comL'ats, et celle où il tomberait au pouvoir de son vainqueur. Dans le premier cas, on ne peut se dissimuler , d'après l'esprit d'opiK)sition qui existe en France , que la succession an trône est trop nouvellement établie po^r pouvoir la croire assnf ée. En lisant l'histoire , on voit qu^ le temps des régences (u\ pres({ue toujours celui des factions. La seconde chance ne serait pas plus favorable pour ce royaume, puisqu'il faudrait un goovernemonl provisoire qui, par sa nature, ne pourrait avoir ancunc durée. Qui sait même si le vainqueur, à l'instigation do9 autres puissances, ne garderait pas un prisonnier aussi important pour lui , un prisonnier qu'il doit redouter et dans lequel il ne doit avoir aucune confiance? On peut prévoir an moins que sa détention serait fort prolongée. Dans une situation aussi voi-
siiie de l-aDarehie, Voire Altesse Royale ne pense-t elle pas qa*il serait un moyen de rendre le bonheur à la France et d'assurer la paix de FEnrope, eo rappelant sur le trdne une famille qni y a régné depuis tant de siècles ? Ses droits irréfragables à la coaronue ne peuvent être contestés; ils font cesser dès lors tonte ambition ou prétention étrangères. Un gouvernement patecnel succéderait à un gouvernement tyrannique et consoliderait la tranquillité , on peut le dire, du monde entier. î^ France ne sera jamais assez accablée pour ne 'devoir pas craindre encore d*être déchirée par dc$ partis diUérentSw Or, qui pourrait assurer son bonheur d'une manière plus certaine , que le règne d*un prince éprouvé et instruit par le malheur ; d*iui prince qui, au milieu de ses souffrances, n'a jamais cessé d'êire Français, d'aimer et de chérir sa nation, et dont l'unique vœu est d'entourer son sceptre de branches d'olivier I II me paraît impossible que les cabinets puissent, de nos jours, avancer ce paradoxe faux et égoïste qui les a aveuglés long-temps : que tant que la France serait en révolution, la paix demeurerait assurée pour le reste du conti- Dent. Les événements ont prouvé le contraire. Qui sait si ce pays, dominé une seconde fois par un chef ambitieux et qui, jaloux des triomphes de son prédécesseur, voudrait , comme lui , se rendre célèbre , ne serait point entraîné de nouveau dans des guerres désastreuses 7 Le devoir d'un roi légitime ne doit plus consister qu'à faire cesser les maux d'un royaume jadis si florissant, à lui rendre son ancienne splendeur et à faire aimer et respecter le nom français qui , peut-être , est détesté, sans que la nation en soit la cause. Il me semble que l'Europe entière devrait s*intéresser à ce nouvel ordre de choses, qui lui assurerait une paix solide. Je sais biou , Monseigneur, que, pour parvenir à un but d'un aussi grand intérêt, il faut la réunion des volontés des puissances belligérantes. II faut' que celles qui jouent un si grand rôle dans la lutte g/^nérale , et qui , par leur constance et leur fermeté, oiit montré ce que peut l'énergie et la valeur, soient
352 NOTKS
les premières à proposer, dans un congrès, le moyen d'assurer la paix sur une base fixe et de rassembler une force armée suffisante pour en imposer et dicter la loi Mais , Monse^nenr , la chose est-elle donc impossible 7 Ah I que mon maître serait heureux dans le cas d'une détermination pareille ! Et combien il pourrait d'avance cq/mpter sur le succès , s'il voyait ce grand plan conduit et dirigé par un prince déjà connu par ses victoires, sa magnanimité et ses grands talents; un prince, qui aurait tous les titres pour mériter et justifier la confiance que les souverains ont en lui, et qui, enfin, n'aurait pas d'autre gloire à désirer que celle d'assurer la tranquillité du globe entier, de rendre le bonheur à une nation entière, et d'avoir replacé sur le trône ua roi ai digne d'y monter par ses vertus , sa constance dans le malheur et son amour pour son pays ! Il est inutile que je le nomme. Si ce beau rêve, enfanté dans une âme toute dévouée à son maître et remplie de l'amour de sa patrie, venait à se réaliser, les cœurs et les esprits se réuniraient pour le faire connaître.
» Ennemi de la flatterie. Monseigneur, je n'employai jamais ce ^hingage auprès des princes. Que Votre Altesse Royale scHt bien persuadée que, lorsque je lui rends le. tribut d'hommages qui lui est dû, je n'obéis qu'à mes convictions, sans être même entraîné par l'unanimité des suffrages ni par la voix de la renommée qui précéda son arrivée en Suède. Qu'elle daigne excuser, avec indulgence , la longueur d'une lettre écrite par un homme incapable de fausseté , mais qui n'est et ne vent être politique ni homme de cabinet.
» Je suis, etc.
n Duc DE PlENNE.
«Lœrsta, le 13 décembre 1812. »
N» 3. — Note de la^ page H.
L étire du duo de Pienne au prince royal de Suède.
« Monseigneur,
» J*ose espérer que Votre Altesse Royale me pardonnera si je prends encore la liberté de la détoaruer un instant de ses grandes occupations, pour la remercier de la réponse qu'elle a daigué me faire ; réponse qui a rempli mon âme d'admiration , de joie et d'espérance , et de sa bonté de l'avoir envoyée par le comte de Hlootrichard , que, depuis longtemps, je désirais de revoir. L'amitié et l'intérêt mérité que je lui porte me font un devoir d'exprimer à Votre Altesse Royale ma profonde reconnaissance pour toutes les boutés qu'elle daigne avoir pour lui. Il était inutile, pour moi, que son cœur me fît connaître son dévouement et son attachement pour un prince à qui il doil tant, qui a su le juger et qui a tant de droits à la respectuense affection de ceux qui ont l'honneur de l'approcher. Je me trouverai bien heureux lorsque je serai à portée de faire de vive voix à Votre Altesse Royale, cette profession de foi; j'en rechercherai avec le pins grand empressement Poccasion. J'ose me flatter que, me connaissant davantage, elle y aura confiance et qu'elle daignera 9 par là suite des temps , m'accorder un peu d'estime. Serait-il trop présomptueux à moi d'espérer encore un autre flentiment qui serait bien précieux pour moi , et dont je chercherai toujours à me rendre digne? M'en référant b tout ce que le comte de iVlontrichard aura l'honneur de communiquer T. IL 23
â&4 »eiïs
à Votre Altesse et qui loi fera jager de la coodaite franche et loyale qae je Teax suivre, parce que c'est la seule qui paisse lui convenir et qui soit analogue à mon caractère , je n'abuserai pas davantage djs ses boï\\és en çontinfKiqlj une lettre déjà trop longue.
» Je suis, etc,
» Duc DE PlENNE.
» Lcefsta, le 16 janvier 1813.»
JN** 4. — 1>(0TP DP LA PAME <5.
Lettre (lu duc de Pienne au prince royal de Suède,
» |$«c^ra9t nkkfi Votri» i^ltm^ Royafe , ne ivout ant aueini mcqf\¥é^\p^i ^ Holf |e cpi))t« (le [^ FefroaaaySt daignera M pcr-» n^ptire de ^ prf^nm' ^ d$i reQipMr anprte d*«lb Ift msskm doot U c^ charge, il e«t \fl^{ïïfi que j*eni»i' dups les détaiif qu'il aoia liàOf^n^ur d^ h»! c6iii<iuuQiqi>iir de vive vn» ; J4| me koraerai dpac à don«friyotr«»A)Utt«&orid»,iur b çoiDi«d<LataFf^^ raïKçeigipeiiieBts qui (feouivotit I9 «Hlce à perlée dé le connkiy ei de juger de la confi^iicib qv-ellt pe«t âv«ir as lui.
« De tout temps, le co.iite de La F^rnHMiajrs, attaché et défoné à SC9 maîtres, u'a cessé de chercher à » donner des preuves, et de sacrifier sc'S pins ehers intérêts pour leur cause. Ses moyens,
ET PIÈCES ijllS'VIFICATIVES. 355
^D^ctjyjt^ |ç rendaient digne d'être eci^plojé, ai(i4 qjf^ IÇofr^ 4I- \e^ Ro)'9|e> avec c^tt^ justes^ d^ (act qai la dis|iiigi:^ , pourra s'en convaincre paf* elle-inêine, lorsqq*U aura eu Thoi^neur 4e (pi parler. It étai( inutile » lorsqu'il ipe demanda u>^ f;oDâeik sur b manier^ dont il devait se çoi^dc|irç auprès du prince chargé 46 (i^er leç devinées fie TEiirope eatière , que je Ipi fiss^ part dq U parche que^avais suivip,et dpnt jq ne yeux ni ne ppis ix^e départir §^ jn3tructiops lui prescriv^efit posit|yen)ent d'agir ^yec françfaise, loyauté et la plus grande confiance, peureux ^ yok qp'i) pour raît suiyre à la lettre des ordres sj conformes ^ ^ ^anjère d'être, il a repris plfis de confiance dans une mission aussi iipportapie e| il q'^ plus qfl'c|n ?}j5sir, celui d'^lre, ^upr^^ de Votre Altesse ^oysfle, l'organe de son maftre, eq vous faisant connaître les sq) tjm^nts dpnt soi} âme est pénétrée» sentii(icqts sj justifiés (^i^i ufié rit^ par la noble manière de penser de Votre Alt&ssc Royalf;, ctc
» Duc DE piENNE. •
IS?* 5,— NpTfe; PF 1^4 RACÇ 15. , Lettre du duc de Pienne au prince royal de Suède,
« IVfpnseigneur,
» Au fpoiïfpnj ojù Vplpe Alleàse, guivie ^e tous les r??r^t?, ^'éJQ^gpe d'un pays dpnt elle fait le bon|ieuf , ppuf se rendjre ^\^ yiQMfX deç nations qui attendei^t d'ellç leur délivrance , je pep^ ppmbjen il i^t indiscret \ moi d'oser la distraire i^n instant j^e ses grap4^ fi, nobles occppations. J'ose pie flatter qu'elle da^ ' ' 23.
gnera pardonner cette hardiesse à ^empressement d*un homme qo loi est tout à fait dévoué, et qui brûle du désir de la suivre dans les champs de la gloire que la victoire lui prépare. Soumis aveuglément aux ordres que Votre Altesse m*a fait donner, respectant les motifs de prudence qui la font agir, j'attendrai avec confiance qo*il lai plaise de décider sur mon sort , et avec une impatience ^ale anx sentiments d'attachement et d*admiration dont mon cœur est pénétré pour sa personne. Daignez croire, Monseigneur, que cette profession de foi , que je me plais à publier, part d'une âme aussi incapable de dire ce qu'elle ne pense pas que d'adulations , lorsqu'un intérêt quelconque semblerait même devoir l'y engager. Si j'avais l'honneur d'être connu plus particulièrement de Votre Altesse, elle aurait la certitude que l'ambition ne peut me faire agir, et qu'indépendamment du grand et constant intérêt si cher à mon cœur, celui qui a été le sujet de ma première lettre ; il en existe un aussi fort qui m'est personnel et qui se fonde sur le bonheur de suivre un héros si digne d'être respecté et chéri. Dans ces moments où rimagination embrasse, au même instant, le passée le présent et l'avenir, et nous distrait de. nos peines actuelles, la mienne se reporte vers l'époque où l'un de mes pères, lé paréchal d'Âumont, eut l'honneur de suivre à la guerre un prince né au midi de la France et si remarquable par sa valeur, ses grands talents, sa bonté , sa grâce et sa galanterie. Mon afeul fut assez heureux pour être témoin de se» exploits et il mérita, par ses loyaux services, d'en être traité comme un ami. Quoique ce prince fût alors obligé de conquérir son royaume et qu'il n'eût point été appelé par le vœu d'une nation, il est, malgré cela , des rapprochements sur lesquels mon esprit se plaît à s'arrêter; qui me rendent ces souvenirs plus intéressants, et me donnent quelquefois une confiance que je ne devrais pas avoir, puisque les rapprochements que je peux trouver ne sont point justifiés quant à ce qui me regarde. Mon imagination m'ayant ainsi égaré quelque temps. Monseigneur, tonte illusion cesse alors pour mol.
et je me retrouve arrêté sur les côtes de Suède , jusqu'au moment où il plaira à Votre Altesse de réaliser un rêve qui fait pour le moment ma seule consolation.
• Duc DE PlENNE. »
N" 6. — Note de la page 34.
Extrait de C Histoire de ta Restauration, par M. Luiis.
• « M. de Vltroiles se préparait à aller joindre. Monsieur, comte d^Artois , dont il avait appris Parrivée sur le continent par les lettres de Fabbé de Pradt et par les journaux anglais que ce dernier adressait, de loin en loin, à ses amis de Paris. M. Dalberg et M. de Vitrolles virent bien que, dans Tintérêt de leurs opinions, tous les efforts devaient se réunir pour entraver la conclusion d'un traité à Ghâtillon, et qu'il fallait éclairer les ministres dirigeants sur les avantages de leur position à l'égard de l'Empereur, s'ils savaient en profiter. Ils s'accordaient sur la nécessité de leur montrer qu'il dépendait d'eux de relever ou d'abattre l'homme qui avait opprimé l'Europe. M. Dalberg ajoutait que M. de Tallêyrand prêterait l'appui de son nom à celui qui voudrait porter de telles paroles. Ce parti , bien examiné , fut adopté , et M. de Vitrolles accepta les dangers d'une entreprise aussi hardie. Mais le moment arrivé, M. Dalberg fut seul à donner à M. de Vitrolles les signes de rcconnaissance qui pouvaient le faire écouler. Ils étaient adressés au comte de Stadion, ministre plénipotentiaire pour l'Autriche 9Ç1 congrès de Ghâtillon, et aii comte do Nes^lrode qui accom-
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paghâîl rchipereui' Alexandre au qnarlier-gêuéral des souverains alliés.
•> Après bien des obstacles, rintrépide envoyé réussit à atteindre Châtillon le 9 mars. Le comte de Stadion , dont les opinions liersonneMeB étalent favorables à la maison royale de Franc-e, reçut M. de VilroUes avec plus d'empressement , d'ouverture et de confiance que ne pouvait lui faire espérer la recommandation même du duc'de Dalberg ; mais le tableau qu*il lui fit des positioos respectives, et ce qu*il lui dit des intentions si vagues, des votoutés si variables et si débiles des cabinets , de l'éloignement que tous éprouvaient à embrasser un parti décisif, aurait pu décourager uu homme moins déterminé que M. de YitroUes. M. de Sfadion aanonça, par un courrier, Tarrivée de ce négociateor qui fut immédiatement invité à se rendre au quartier-général , à Troyes, où il fut reçu, au moment même de son arrivée, ^Nir le prince de Mellernich et , le lendemain , par M. de Nesseirode. Dans les conférences journalières auxquelles M. de Vitrolles fut appelé , il lui fut facile de se convaincre que rien de ce qui lui avait été annoncé par M. de Stadion n'était exagéré. Les liens de la coalition étaient fortement serrés ; le plan pour l'organisation de l'Europe éiait assez bien arrêté , mais on s'inquiétait peu de l'avenir de la France. On voulait renfermer Napoléon dans les frontières lés plus étroites , et rien au delà.
» Néanmoins, dans ces conférences qui duraient plusieurs heures et se répétaient souvent deux fois par jour, M. de Vitrolles montrait aux ministres des souverains coalisés, tout ce qu'ils pourraient obtenir de garanties, s'ils avaient à s'associer aux vrais intérêts delà France qui ne demandait que repos et liberté; que de tels biens ne seraient jamais obtenus en traitant avec Napoléon , et (|iie la restauration de la famille royale de France pouvait seule les assurer. Il appuyait son langage de raisons et de preuves qui dissipaient peu à peu les doutes et produisaient une sorte d'entraînement; il profita de ces bonnes dis-
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ET PIÈCbS JUSTIFICATIVES. 359
ptskiQQt i^pw ffèmttce une note, le U mors, dans lM|qelle M côneëUliit 4a hipHice 4« cwsl^ôséeOhllîlloii , la Mciaration que MKe néjgoGîalioA anrec la perÉoime «te NapoSébn ferait t jaMàié refusée^ qlie te ra loi^ XVIil eék-ak rècoMiu eowaae 9oménm MoUme^ ei les ppatnHoaë ODéopées i>ar les améea alliées réu^ ntes ^ gonmaenieiit ée JÊOÊmeat ^ ftère da «in «t iteotonMt gteénri dn rayteme ; eiifift^ «foe trèîs princes* Monstew* à Nmc^^ M. teënc tf Aaydfldie A fceitteawc et M. te ■étoè >dte mmhott i LgroB , «reoèvraieÉt on tStaMiBBenreM mililiArê;, jçmmc appeler attt. arfloes el à ta Ménse Je teur caiMe tes fîrati^ls f ni leur étaibnit «MTôùés.
» Mélait4'eiBpape4Pliiie vdtenlé etë'tmecokivIodoB^ au iMim detfanx qui n'avaient tl^onlre pensée que de finir là ipierre .p# un traîlé tl-, danisloas les «eas , ^'assurer tenr rdrake , que ces propositions hardies deviorànt i^jet snir lequel diseuiôreiH M oiioistres des quatre puissances. Mais il était évident que Ton craignait de traiter nettement ces questions , et qu'on perdait en débats inutiles un temps qui pouvait être irréparable.
n Pressé par la grandeur des circonstances, M. de Yitrolles demanda et obtint^ piur M. de Nqçselpode , une audience de l'empereur Alexandre, qui jusque-là avait refusé de voir les Français venps & lui de la part de Monsieur, tels que le comte François d'Escars et le comte Jules dé Polighac. Cette conférence mémorable eut lieii le 17 niars. Tous les sujets importants y forent traités. M. de Yitrolles rencontra d'abord des préventions contne la possibiHlé d'oée restauration delà maison royale ; il reçut la singallèfre confidence des diflirentes Idées qni avalent été suceesfflveinrem admises sur le seirt réservé 1i la ftalkce , si , coiAme où Tavalt espéré, elle sceonarii èlle^inême le joug 'niHttaftre de Napoléon. Les souverains it'afvaient pas même admis la snpposftioé -qu'il pourrait naître, âes évéiiemeivis, qriie)qlte.s cil-cènflttncesfavor&Ues k l'ancienne dynastie. . ikppès aiVoir montré quêta fVaiiee detnaailait 4a paix et 'teac-
pos, qa*elle ne souffrirait pas la conquête» qu'elle ne pourrait se rallier qu*à l'adoption d*uae cause honorable» AL de Vitrolles fit habilement valoir les embarras et les dangers de la porilion des armées étrangères, au milieu d'un pays désolé et prêta se soulever. U indiqua que cette expression de l'opinion publique, que Ton réclamait pour prendre nn parti , ne se Urou?ait qu'à Paris ; qu'ainsi, an lieu de promener les armées et, ayec elles, h défastation sur le sol français, il fallait marcher directement vers h ca- .pîtale, en annonçant des intentions favorables à l'avenir du pays; qu'il n'y avait pas d'autre moyen de salut Au bout de qudques faevrcs et^ après des réponses plus ou moins satisfaisantes , M. de Vitrolles ne pot douter que ses idées n'eussent été comprises : l'empereur lui déclara que son parti était arrêté, qu'Use rendrait sous quelques heures au quartier-général du prince Schwartiei^ berg, et que Ton marcherait sur ParisL
N' 7. — Note de la page 52.
Lettre du prince rayât au maréchal prince de ta Maskawa, datée de Juteréock, te 9 septembre 1813.
« Le 6, au soir, après la bataille de Dennewilz, j'appris qu'un de vos aides-de-camp avait été blessé et fait prisonnier. Je m'empressai d*envoyer de suite un des miens à sa rencontre, à Trencnbritzeu où il eut le déplaisir d'apprendre qu'il avait été déjà dirigé sur Berlin ; mais, avant son départ, il m'avait adressé une lettre que le magistrat de la ville remit à mon aide-de-camp et que vous trouverez ci-jointe. J'ai donné des ordres pour que le colonel Clouet soit traité avec tous les soins que son état exige,
ET 1>1ÈCES JUSTIFICATIVES. 361
et avec les égards qui sont das à son rang et à la personne à la* quelle il était attaché.
» Quoique les intérêts que nous servons soient différents, j*ai du (ilaîslr à penser que nos sentiments sont toujours restés les mêmes, et je saisirai, avec le plus vif empressement , toutes les occasions dé vous assurer que je suis constant dans ceux que voQS m*avez connus pour voua.
» Depuis long-temps nous ravageons la terre , et nous n'avons encore rien fait pour Thumanlté. La confiance dont vous jouissez^ à si juste titre auprès de Tempereur Napoléon pourrait , ce me semble, être de quelque poids pour déterminer ce souverain à accepter enfin la paix honorable et générale qu'on lui a offerte et qu'il a repoussée .tlette gloire, prince, est digne d'un guerrier te) que vous, et le peuple français rangerait cet éminent service au nombre de ceux que nous lui rendions, il y a vingt ans, sous les murs de Saint-Quentin, en combattant pour sa liberté et pour son indépendance. »
N^ 8. — Note de la page 98.
Extrait du rapport de tord Catheart à tord Castiereagh, en date de Leipsig, (e 19 octobre 1815.
« Il paraît que Bonaparte avait compté sur la présence de la Camille électorale de Saxe et sur les sollicitations des habitants , pour la conservation de la ville, afin de gagner du temps et pour • voir k sa propre sûreté ; mais il a été trompé dans son attente. L'empereur Alexandre reçut un parlementaire envoyé an nom da roi de Saxe, pour offrir de capituler afin de sauver la ville.
:i«2 NOTES
L'Ëmpercor fr'é|kiiidA à hJîQfé toiix, en ^(l^bteite fHttaféurd cea-^ tailles d'officiers et dit, on substance, aveé une énergie et âtaë dignité r^h^arqâabtes : Qu'ilué armée tx^rséiirattt on eimeaii eo fuite kie pouvait pas être arrêlée un settl fykstartt^arcduàAftraitiôii pour là ville; qu'en cofisêqûénèe, il fàHaît qbe les portée fualfÊlkt ouvertés^u)*-le-champ, et qu'alors la plus stricte discîplh)^ serait observée; que, si les soldats allefflands qu! éttilébt dtn's h |4éoê voûtaient se réunir ^ leurs compatilotes dans sob armée , \h seraiefit reçàs tV^Uâ en frètes ; mais qu'il r^ardMt toute pro|MMAtîoh envoyée pendant que Bonaparte était U, comme eîtrêmeâiebt suspecté parce qu*i) cônniaissait tten renneitti auqud 11 avait aïbire. liguant au roi dé Saxe pensonndlement , qui ^vail tenu u^ie condoite décidéhieiU hostîle , Vl^perenr né t^poiAM pas él rèftisa de lui rlén foîre diire. La grosse artitlerfe et les colonnes ifÉtiiiqu^ Reçurent l'ordre d'avancer, etc. »
N° 9. — Note de la page 127.
Extrait de l'ouvrage de Le Bas (Suède et Norvège), «ur (a n^ijiimi» du4<icteurFranienherg, ffrès du prince r^ed de Stetdcj .à ^Jége,
« Ëiiire 4è 1 5 t't le ^0 macs, le prince roylrl regat, àfiêge, -un émissaii^ françaiis qtii lu! étaK envoyé |>ar -sotf beau-frère Josepli el quelques antres membres de sa famille. Cet éniîasflairc , aiora attacbé à la maison en roi Joseph, Tavait été pendant long-temps à oeMe du princo^, ii étah par conséifueitt bien ooàau ées-^éséram qiki ivammi servi -soiis sra ordiVts, et c'«9t è la faveor èe ces
ET PIÈCEd Jt5StlFICATIVES. 3ft3
tCÊsaàsàèweeB qo*il iftiaic purreiMi jMqii'à M» €el éfaàBmn étak porieurA'mi bîttét q»i ne cootenifcque ces SMtts^. u ||. FraokeiiT
* bens V0tts reiHeCUH oe tilta ; croyes toàt ice qa^il vous dil^.-*- » UiMeii^ M AttefdMceroyill, qo'aT^-toasft m'appreiiërùf ^ h JoMpika voulu tÉfonuer V«ire Altetife Roynleqbe TAutriciK evt i décMée à «e tétaclier. Je sèis chargé d'ajouter que œftte dékTi toâofmkk êe l'Autriche ne peêd muiquer de produifre im grand » €8et MU* l'esprit pbUîc en FklDlce; qpe celte ocopératton , jointe » aok grande» tevèee qui te font défà^, tHpïera phtxshâinnnent 1«^ » moyedft dis IlSmj^erear qui sont ^oot^ cohadéraUes, et fu*4l fc compte placer bfenfèt lA^e Âetii JéiA tt nngeime ^itk des » «Ëléft. L'Ebipet^orr dewanie qoël pat*tl prendra lepmioe ru\iit
• deSoèdo/dlDÀ la^l«tt?«iresireiàlton dë8<:hb2ff$.-^M-oetà tout? » — le n'ai jfin& Aetk à dft-e pbn^ ^ qafi donceiike ma «bsion h kpiêcMAe. — Bh 'Hen 1 reprit fe t>rinoe i%y tfl, tiyas éàret à mou » beâlii-ffidre loitephViée |e éonnaià frop 'biieil Napoléon |k«r voir 1» Mre dam i^'uA piège dans l^M ce q«i ihe Vl€¥à de ka ^aiit ; » "qfte Je rais ^cétavalncu, bu qtill Veut me '^«Mj^r, <m q«tl «e » trompe M-mOltte ^toM eeKe drconstance; tant ^r ses espé- » rataces que sur les moyens qtti lui restent; que je répond!^ 5 » te dananade iniMïcfUse, Air lepani que Je prendrai, en lui (fi- I» smit dflfec frandtite qoél est ecftbi qè -M Ara bten de fvendt e k fai-mêÉie : c'eat de Mis la pafit et au pikts l6t Dkes à mon ^ beanh-frêre qà'M «peut i^sàrer l'Empereur que te n'est ni p^/tir Vi mon Intérêt personnel , ni par la crahKe qà'il bifite les aHiés, » qtfe je l'engage l Mre la paik ; car, si je ne pensais qu'à m(»i , 1^ je devrais désii*er que, cominutfnt la g«erre, ti eût d^ljord sur » eux de très-grauds avantages, parce qu'alors je réunirais i( urs » clébris à mon armée encore intacte, et que la décision serait » de lui à moi. D'après les dispositions bien connues de l'I^urope » «t de M France même à son égard, j'ai tout lieu de croire que 0 j'aurais pour moi Ja chance la plus favorable qui puisse s^olTiir » à l'homme le plus ambitieux , et il sait ^asses, par expérience ,
» que je ne crains m ses menaces ni sa tactique ; qu'il se sou- » vienne de la Saale. L*£nipereur comprendra fort bien tout » cela, car c'est indubitaUement ce qu'il ferait lni*mème à ma ê pface. Mais je ne sais pas sacrifier à mon ambition personnelle » le repos de r£uro|)e et l'intérêt de l'humanité. C'est donc pour » lui plus que pour moi que je l'engage à la paix, quoique je » sache fort bien que j'ai toujours été l'objet secret de sa haine, è parce qu'il m'a toujours mal jugé. £t s'il ne veut pas croire » que son intérêt me touche à ce point, qu'il pense, s'il le veut, » qqe c'est celui de cette belle France qui méritait un meilleur » sort. Que mon beau-frère lui dise de se méfier de ceux qui » l'éloignent de faire la paix. Je suis certain qu'ii €st trahi. U » n'est plus temps de marchander cette paix ; il y va de sa cou- » ronne, et ce n'est qu'en faisant la paix qu'il peut la conserver. » » Après avoir promis de rendre exactement au roi Joseph tout ce que le prince royal venait de lui dire, M. Franzenberg exposa ce qu'il était chargé de communiquer, de la part de plusieurs autres personnages qui tenaient un rang distingué dans les premiers corps de l'État. Tous leurs avis s'accordaient à faire savoir au prince que, dans les cas où les événements amèneraient les alliés à Paris, il devait s'y présenter le premier (1) : « C'est-à-dire , reprit le » pcince, qu'il s'agirait d'établir une guerre civile en France , » et d'y aller prendre ma part, eu oubliant tout à coup les senê timents et les principes qui m'ont armé pour le repos de l'Eu- » rope et de la France elle-même. Cela ne peut me convenir. » Hâtez- vous de retourner à Paris; rendez bien exactement à » mon beau-frère la réponse que je vous ai faite pour lui , et ,
(1) Sieyès avait dit que c'était le seul moyen de consolider notre grande réToIntion et de nous en assurer les beaux résultats. « C'est bien eontre » mes intérêts que je parle, avait-il ajoaté, car si le prince de Suède ar- » rive , il faut que je m*ea ailW. x
» quant aux autres, dités-lcur que je suis loin de partager leur » opinion sur le& circonstances actuelles, qu*ils feront mieux de « s'entendre, s'ils le peuvent, pour saisir proinptement les » moyens les plus sûrs de conserver à leur patrie sa gloire et son » indépendance, tout en menant celle des autres peuples à l'abri » de nouveaux dangers. »
M. Franzenberg partit et retourna auprès du général Maison, qui avait facilité son passage. Il lui déclara que rintçntion du prince royal n'était nullement de détruire le pouvoir de Napoléon, mais bien de l'abaisser et de le réduire à la France. Il s'étendit sur la douleur qui accablait le prince, en voyant la France ravagée par des armées étrangères , ce qu'il n'attribuait qu'aux fautes de Napoléon. Le général Maison écrivit au ministre de la guerre (duc de Feltre) , les détails de sa conversation avec M. Fran* zeoberg. Le duc en rendit compte directement à l'Empereur, et, présumant que cette dépêche pouvait semer des divisions parmi les alliés, il en expédia un duplicata par un ofiBcier à qui l'on donna une fausse direction.^ur qu'il fût jeté dans leurs avantpostes et fait prisonnier. Ces dépêches furent envoyées à l'empereur Alexandre, qui les remit lui-même au prince royal, dès son arrivée à Paris.
366 KOTBS
N* 40.'— Note pe la page 428.
Extrait^ d*une lettre dif prince royal de Suide, au chancelier de la cour \ éaron de Weitexstedi. .
• \A^,\p pars i^f^l.
» Quand lord Casllereagh allégua, comme une raison qui s*opposait à l'admission d*un plénipotentiaire suédois aux négocjatiofi^ de Châtillon , qu*il faudrait en même leqps inviter TEspa^e à y prendre part, et qu*on ne voulait pas mettre le goijverneroenf espagnol dans le secret d^s affaires, j'aurais d^ir^ qpe vous eussiez répondu que la Suède ne parle qpe pour elle, ao'elle n*esl l'i^vocai de personne ; qu'elle ne plaide que la cause de b justice, de l'honneur et de ses droits.
» Un objet sur lequel«vous devez insister, c'est de savMr jusqu'à qutil peint, et jusqu'à quelle époque, on veut continuer h guerre. Le but pour lequel noua nous étions armés est atteint. Il s'agit de savoir à présent celui qu'on se propose. Il doit naturellement être l'objet de nouvelles négociations , et alors nous devons en référer au roi.' »
. N** H, — Note de la page 129. •
Lettre de Bernadette à Son Altesse Royale <6 duc de Sudermanie.
«Liège, 13 mars 1814.
» Je n*ai à te donner aujourd'hui aucun détail bien intéressant " sur les années^ Les CB|>iriidielion$ que j*aperçoi9 49B9 le^ nouvelles m'ont déteml&é à pnioyer des officiers sur le théâtre des opéraiioÉs , et pai* le premipr courrier je pourrai t'aftpieiidre ^fDel<|oe chose ;j« puis néanmoins te dire que j*ai adressé k U- te baron de Wettev^edt et à M. le pomte de Lowenbjelnif qui représentent le roi au congrès de |Glkâtil|on, les iastfuctions les plus formelles pour qu'ils se déclarent pour la paix. EUe seule peut Mtjourd'iiQi sauver TEurope , assurer le bfmheur de la Suide et me rapprocher di| roj» de la reine et de toi i j'appi'ends avec te plus grand plaisir que tu gagnes tous les Jours dans l'esprit des personnes qui Rapprochent. Garde-toi de te prévaloir de ces avanages; conserve toujours une grande et noble modestie; elle te fera aimer , et ce but est celui que les princes doivent le plus désirer atteindre. Éloigne de toi ou sois indifférent à tout ce qui portera l'empreinte de la flatterie. Apprends à juger les hommes et à discerner, dans ceux qui t'entourent, ceux qui sont dirigés pM* un véritable attachement, de ceux qui cédenneot h un lenliment moins estimable ; sois surtout respectueux pour la vieillesse. Cette vénération religieuse qui lui est due, ne peut trouver sa source que dans un cœur pur et dans une belfe âme. »
N* 12. —Note de la page 136.
Lettre du prince royal de Suède au générai Carnet, commandant en chef à Jnvers.
« Liège, le 8 avril 1814.
• .... Ce sont ces devoirs qui voas engagent maintenant à contri-' buer an rçtoar de l'ordre et de la tranquillité en France, en ren* dant hommage au gouvernement qui va être établi par la volonté nationale. En vous proposant de remettre la forteresse dont vons avez le commandement, et de joindre vos troupes à celles qne je ' mèae à la conquête de la paix, je témoigne mon désir de conserver à la France un homme qut peut encore lui être si utile par ses talents distingués, et je vous donne la preuve la plus solennelle de Tcstime et de la considéralion que je tous ai toujours
portées.
» Charles Jean. »
N° 13. — Note de la page 146.
Proclamation du prince royai, à i'armée suédaiu* Lubedç, le 21 mai 1814.
« Soldats I
» Un conquérant aussi formidable par ses vues que par ses moyens, menaçait d'envahir F Europe, et faisait gémir rAllema-
gae sons le poids de sa puissance. La Suède conçut le noble dessein de coopérer à raffranchissement des peuples de la Germanie ; mais avant d'envoyer ses défenseurs sur un sol étranger , elle devait se prémunir contre un pays limitrophe , soumis à Tinfluence de l'ennemi général. En empêchant la formation' d'une confédération du Nord, votre roi avait, à la vérilé, préservé la patrie du malheur de devenir province d'un autre empire ; mais il ne pouvait assurer sa liberté, sans donner, à la nation suédoise, les Norvégiens pour amis. Des traités solennels ont été conclus , ils garantissent à la Suède l'union de la Norvège, et le roi de Danemark , en cédant , par celui de Kiel , ses droits sur ce pays, a donné à ces traités , un caractère sacré et inviolable.
• Soldats! le joug est brisé; l'Allemagne est libre, et vous avez contribué à sa délivrance. Un prince auquel le bien-être des Norvégiens avait été confié, veut sacrifier leur bonheur. En suivant la politique contre laquelle les alliés se sont armés, il refuse, malgré la volonté nationale, d'exécuter un traité qui , indépendamment des autres avantages accordés au Danemark, lui a rendu les duchés de Schleswig et du Holstein que ce prince doit désirer de gouverner un jour. S'il persiste à méconnaître la voix du devoir et de la raison , si nous sommes réduits à la malheureuse nécessité de faire valoir, par la force des armes, la tqneur des traités et lés droits de la Suède, rappelez-vous, soldats, que ce n'est point à la nation norvégienne que nous faisons la guerre, que ce ne sont que les instigateurs qui Tégarent qu'il faudra punir; et les hommes armés qui continuent de dominer sur elle, que nous devons combattre. Ménagez des frères aveuglés qui , revenus de leur erreur, reconnaîtront que le gouvernement suédois , en désirant l'union des deux pays, n'a eu d'autre vue que d'assurer la tranquillité du Nord et de rendre les Norvégiens libres et indépendants.
» Soldats! pénétré de la même confiance avec laquelle je vous al conduits sur les rivages que nous allons quitter, je vous T. II. 1k
inèoerai, reiTy>lir les devoirs glorieax aaxq^uek ^^ ijfi^r^ de if^ patrie vous appellent.
» Vous les remplirez parce que vous êtes Suédois. Dieu bOoin notrç cause , parce qu'elle, est iuste. »
N." 14. — Note de lj^ çagç 164-
Prociamatimi de Son AUesst Royale ie prince royal , aux Norvégiens. Au quartier-général de W enversiforg , le \1 juillet 181/i.
« Norvégiens!
•» Destinés par la nature à être unis avec 1^ nation suédoise, voire sort est accompli depuis (^^ue le roi de Dancmarlç a cédé h In Suède , par la paix de Kiel , ses droits sur la Norvège. Les avantages que votre ancien^ souverain a retiré^ de cette paix vous sont connus. 11 obtint, immédiatement après sa signature, Tévacuotion des duchés de Schleswig et de Holstein , la remise des places fortes de Gluckstad et de Fredriksort , la reconnaissance des droits du Sund^ l'abandon de plus de douze millions, de contributions imposées aux duchés , la renonciation d'une somme paieille pour ides captures faites pendant la paix, une somme considérable en argent, dont partie a été payée ; et enfin la promesse de la cession de la Poméranie , après la remise et Toccu' pation des forteresses de Kongsvinger, Fredrikshall, Fredrikstadt et Aggershus.
» Ces grands sacrifices ne furent faits an Danemark que parce