‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 5 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

FoDdation de r£mpire. — Beroadotte impérialiste. — Il est nommé cornmtndaDt de l'armée da Hanovre. — Vive l'Empereur ! — Sa modération dans rndministration dn Hanotre. — Une eontre-Térité de Bernadotte. — Il commande le 1*' corps d'armée dans les campagnes de 1805.

— Sa conduite à Austerlitz. -- Apfès le traité de Presboorg, il occupe le marquisat d'Anspach. — Bernadette prince et grand fendafaire de l'Empire. — H ouTre les hostilités contre la Prusse. — Sa conduite à Auerstaedt et à léna. — Sa querelle avec Davoust. — Napoléon veut le faire fusiller. — Examen impartial des torts qui lui sont imputés. — Morat, Berthier et Sonlt ennemis de Bernadette. — Premiers indices de trahison. — * Découragement et plaintes de Bernadette. — U ressaisit à Halle la gloire qui lui a échappé à Auerstaedt.— Jalousie de ses rivaux.

— Présomption extravagante. — Il s'attire de nouveau les reproches de ?Ï8poléon. — Il poursuit Bliieher jusque sous les murs de Lubeck.

L'Empire venait de s'élever sur les ruines de lu République, et le dernier des Romains était allé s'asseoir aux banquets de César.

C'était en mai 1804. Bernadotte fut un des premiers dignitaires de la nouvelle cour. Un décret du 10 mai lui conféra le titre, peu démocratique, de maréchal de l'Empire; il reçut ensuite le commandement de l'armée de Hanovre, et adressa à ses soldats un ordre du jour dans lequel on lisait :

<< Chérissez à jamais la main conservatrice

• qui a sauvé votre patrie; elle assure à vos pères > la garantie de leurs propriétés, à vous la récom-

Si HISTOIBE DE BERNADOTTE,

» pense de vos services, et à tous une vieillesse » tranquille et heureuse. Répétez, avec tous vos gé- » néraux et avec tous les bons Français : Vive » l'Erapereur! »

La main conservatrice qui avait sauvé la patrie était naturellement celle du déserteur de rarmée d'Orient, que le ministre do Directoire, le coryphée des patriotes (!e 1799 , aurait volontiers, dît-il, fait fusiller le 17 Wumaire; mai&au 17 brumaire avaient succédé le 18 et le 19.... La qut^tion était résolue.

Nommé bientôt grand-cordon de la Légion d'honneur, Bcrnadolte distribua à ses troupes, dans une gi^ande solennité, les insignes de cet ordre de chevalerie, et fil, à ce sujet, une nouvelle proclamation où Toa ne trouve plus un seul reflet de son éloquence républicaine. Du reste, et quoi qu'en ait dit Napoléoa(l), il est juste de reconnaître que le maréchal de l'Empire administra les provinces conquises a^ec autant d'int^lligeace que de modéralioii^ et que les habitants de Télectorat, comme l'aruiée phcée sous ses ordres , SweM constamment l'objet de ses plus vives soUicitudes. il s'attacha à rendre la domination française le moins o|)pressive possible, réprima sévèt^emeai ks exactio«is et sut si bien se concilier l'estime des ha-

( 1) « II f>rotégea en Hanovre les <lilapidatioas. » Mvmoircs de Napoléon, 1. 1, p. Î14.

ciuiiLcs XIV. 55

bîUuils de oe pays, que, lorsqu'il fut que&tion, six aas plus tard , de le fiomiuer prince royal de Suède, le souvenir des services qu'il avait rendus j^ux populations allemandes contribua puissamiuent à délerniiner son «élection. Ses formes étaient d'une poliicsse exquise, mais son désir exoessif de plaire à la société banovi^ienne le rendait quelquefois peu scrupuleux sur les moyens de capter leur bienveillance, lin jour, par exemple, un vieux général retiré du service de la Compagnie des Indes racon* tant, dev^mt Bernadotie, qu'au siège de Kuladore il avait recueilli dans sa tente un jeune sergent du régiment français Royal-la-^Marine, dangereusement blessé dans une sortie tentée par M. de Bnssy,

et dont il voudrait bien avoir des nouvelles —

« Je vais vous en donner, dit vivement Berna-

> dûtte Co sergent blessé sous les murs de Ku-

»ladojre, ce prisonnier auc[uer vous sauvâtes k vie, » c'^ïst le maréchal de l'empire qui vous j)arle dans

* ce moment , et qui s'eslime heureux de rooon- » naître publiquement ce qu'il vous doit. » On de*- YjBc aisément la stupéfaction et l'attendrissement du bon Hanovrien. Mais les oiliciôi^s de Bernadotte, sachant bien qu'il n'avait jamais servi dans l'Inde, et ne concevant rien à cette scène, lui demandèrent quel but il s'était pi^oposé en se substituant au sergent de Kuladore : « Qui sait! leur répondit froide-

* ment le maréchal, Von-Gonheim (c'était le nom

56 HISTOIRE DK BERNAOOTTE,

» du général hanovrien) accusait peut-être d'ingraj» titude son obligé du régiment où j'ai fait mes » premières armes, et j'ai voulu payer la dette Je » mon ancien camarade! » C'était là, sans doute. Félon d'une âme généreuse, mais c'était aussi une effusion par trop méridionale. Quoi qu'il en soit , lorsque Bernadette dut quitter son gouvernement, pour aller prendre part à la mémorable campagne de 1805, il emporta avec lui les regrets et l'estime des Hanovriens.

Destinée à former le 1*^*^ corps de la grande armée, l'armée de Bernadotte se porta rapidement sur Wurtzbourg. Il rallia à ses divisions les troupes bavaroises qu'une attaque soudaine des Autrichiens avait dispersées et enleva Munich au général Kienmayer, qu'il rejeta de l'autre côté de l'inn. La mission de Bernadotte était de tenir en échec les corps des généraux Kutusoff et Kîenmayer, et de les em- ])êcher de secourir Ulm défendu alors par le général Mack. Ces deux corps réunis présentaient une force de soixante cinq mille hommes, à laquelle le maréchal n'avait à opposer que vingt-cinq mille (*ombaltants, Français ou Bavarois. Après la reddition d'Ulm (i), Bernadotte s'empara de l'électoral

(1) On Ht à ce sujet» dans les mémoires attribués à Napoléon : « Ber* » uadotte fut parfaitement étranger à toutes les opérations d*Ulm. Le corps » du maréchal Soult, double du âjeo, était à Munich. » Celte assertion est évidemment contraire à l'exactitude des faits.

<le Salzbourg, occupa la Bohème et pénétra ea Moravie, tandis que Napoléon marchait sur Vienne. Il arriva devant Brunn le l*"" décembre 1805 , et entra en ligne, la veille de la bataille d'Austerlitz.

Le premier corps prit une large part aux évcne* ments de cette immortelle journée (i). Au moment où la garde de Tempereur Alexandre fut mise en déroute, Bernadotte s'avança à ta tète du centre de l'armée, At charger vigoureusement sa cavalerie, et contribua à enfoncer les lignes russes. Il avait reçu Tordre de se rendre à Sokolnilz ; mais il prit sur lui de passer par lezikowitz pour marcher sur Pratzen , qu'attaquait de front le maréchal Soult. Otte manœuvre audacieuse fut, dit-on, une des causes décisives du gain de la bataille.

Toutefois, la conduite de Bernadotte, dans ce grand conflit, ne put échapper à toute critique. Quelques écrivains militaires reprochent à une de ses divisions d'être revenue à sa première position, après avoir mené battant, pendant une lieue, Tinfanterie de la garde russe; tandis que, si elle eût poursuivi ses succès, encore une demi -heure, elle se serait trouvée à cheval sur la route d'Austerlitz à Olitsch : point de retraite de la gauche de l'armée ennemie, dont la destruciion eût été complète. L'empereur fut , en effet, vivement contrarié

il)Mémahrfs du général Savary, t. n, p. ifl.

58 HISTOIRE DE B.EANADOTTE,

par le mouvemeat rétrograde de ceUe drvisioii.

Après la signature du traité de Presbourg, Bernadette fut chargé d'occuper le marquisat d' Anspacli détaelié de la Prusse pour ôlre aanexé à la nouvelle raonarchie bavaroise. On sait que ce fut là <un des griofs qui, Tannée suivante, conlribuèreni le plus à la levée de boucliers de Frédéric-^juiUauiue.

Le 5 juin 1806, quand Napoléon «ut placé sur sa tète la couronne des rois lombards^ il investit Bernadolte de la principauté de Ponte -€orvo, couirae grand feudataire de T Empire, « pour la i> posséder, portaient ses lettres {>a tentes, Comme fit/ iimnédiut de notre couronne. » On a lait -dire à rLinpcreur qu'en conférant à Bcrnadotie la souveraineté et le titi^e de prince et duc de Poale- Corvo iJ n'avait voulu que sortir de pair lu femme de ce maréchal, qui é4ail belle-sœur de Joseph (i). On a ajouté que ISapoléon , dans sa jeunesse, avait aiuié mademoiselle Désirée Glary, ot que cepresnieiamour était le principe de son inimitié pour «ou mari. La cause attribuée k lélévation de Bernadolte n'est ni vraie ni vraisemblable, et, alors même 4|ue^ sous l'empire de ses justes ressentiments, ]Na|>oléou aurait dicté, à Sainte- Hélène, tes paroles qu'on lui prèle, faudrait-il croire que ce grand homme eût cédé à de telles considérations? La vérité est qu'en

(i) Mémoires de Napoléon écrits par le général Mentholoa,

4806 Bttuadoiie était , malgré les travers de mq esprit, un des plus habiles généraux de rEmpjne, et qu'en plaçant sur sa tète uae couronne ducale la polMque de T Empereur était intéressée à récompenser de beaux feits d'armes; et, plus encore, à altacher «e maréclial à sa forlune, par tous les liens de la recoBuaissaDoe. il est vrai, cepeacbnt, que le général Bc^naparte avait éprouvé du goût pour aiadeoioiselie Désirée Clary , devenue plus tard madame Bernndolte. Mats voici comment avait ftni ce juvénile attachement , auquel succéda une estime de tous les temps. A l'époque du 1^ vendémiaire an V (5 octobre 1795) mademoiselle Glary était, avec son frère, a Gènes où se trouvaient aussi Joseph Bonaparte et sa femme. Quand la nouvelle des évéuemeots de Paris arriva dans la fomilie de mademoiselle Glary, cette jeune personne s aiiaodonna à des plaintes amères et blâma sans ménagement le rôle <fQe venait de jouer le général Bonapaite. Joseph fat tellement scandalisé de cette sortie aristocratique qu'il erat devoir faire connattre immédiatement à son frère les opinions royalistes de sa belle-soeur. Mais, lorsque la lettre de Joseph parvint à Bonaparte, le ooeur du jeune général avait déjà choisi madame de Beauharnais , et ce^ nouveau sentiment hii avait fait oublier un prenuer penchant. Mais revenons aux grands événements de 1806.

Tout annonçait une prochaine rupture entre lu

60 HISTOIRE DE BGRNAf>OTTiî,

France et la cour de Berlin. Le rassemblement des troupes du roi de Prusse et de lelecteur de Saxe laissait peu de doutes à cet égard. Alors Bernadette se rapprocha de Nuremberg , afin de couvrir les frontières de la Confédération du Rhin; et de pouvoir, au premier signal, occuper les débouchés de kronach et de Saaifeld , où il s'établit, en effet, le !2 octobre 1806. Le 8, il concentra son corps d'armée dans les environs de Nordhalben , pénétra sur le territoire ennemi, et ouvrit les hostilités par un engagement avec Tavant-garde prussienne commandée par le général Tauenzien. Puis il enleva la ville de Saaibourg et défit l'ennemi au combat de vScbleitz, première affaire sérieuse de la campagne. Après diverses opérations^ entreprises dans le but d'éclairer les mouvements de l'armée prussienne dans la direction de Wejmar et d'Iéna les corps de Bernadotle et de Murât se portèrent sur Naumbourg, ou celui de Davoust avait déjà pris position. Ici eut lieu, entre Davoust et Bernadette, une querelle de préséance qui faillit être fatale au sort de l'armée, et qui devint un grave sujet d'accusation contre le prince de Ponle-Corvo. L'empereur, qui, le 13 octobre, était incertain de la position du corps de Bernadette, donna l'ordre à Davoust de se porter, à la pointe du jour, à Apolda, où se trouvaient dix* huit mille Prussiens commandés par le duc de Brunswick : « Si le prince de Ponte-Corvo, porte

CHARLES XIV. Gl

» cet ordre, était dans vos environs, vous pourriez 1» marcher ensemble. » Bernadette affirma à son collègue que les forces prussiennes, stationnées à Apolda, étaient beaucoup plus considérables que ne le croyait l'Empereur : « mais, ajouta-t-il, laissez- » moi traverser votre camp , je vais les attaquer et » vous me soutiendrez. » Davoust prétendit que, son corps d'armée étant posté à lentrée du défilé de Koesen, c'était à lui de le franchir le premier, et il refosa de livrer passageà Bernadette. Celui-ci insista, mais inutilement, sur son droit d'ancienneté, qui, en l'absence de l'Empereur, lui conférait, disait* il, le commandement supérieur. Davoust ne voulant rien entendre, Bernadette leva son camp, se relira à Dornbui^, et passa la Saale le lendemain à la pointe du jour.

Cependant, Davoust fut attaqué dans la nuit par le roi de Prusse à la tète de soixante mille hommeâ; agression qui donna lieu à la bataille d'Auerstaedt, qui couvrit de gloire ce maréchal. Mais le sort de cette immortelle journée fut long- temps incertain. Davoust réclama plusieurs fois, mais* en vain, l'appui des dix-huit mille hommes de Bernadette, qui, en se jetant sur les derrières de l'ennemi, eût pu glorieusement réparer sa faute de la veille. Le prince de Ponte -Corvo se contenta de manœuvrer, sans tirer un seul coup de canon. Ouant à Davoust, aux prises avec des forces doubles

€3 histoire! de gnilADOTTE,

fies sierines et qui àvmeni pour ettes CaTanfage An terrain , 9oUicit!¥m sans succès la eoopéralkm de son coHègue et surtout l'appui de sa cavalerie, il avait, avant trois heures après-midi, perdu te einquièiiie de son raon<te. Il gagnai la batarife, ma^is H ne put poursuivre l'armée prussienne; tandis que, si te prince de Ponie-Corvo avait voulu ïe soulenip, te sort de cette journée sanglante eût été décidé phrsieurs heures auparavant, et l'armée ennemie exter*in i née dès^ cette première rencontre. A»ssi, Tirriiation de KEmiwreur fut si grande, en apprenant h conduite de Bernadotte, que son premier mouve* ment fut de le livrer à un conseil de guerre et de te faire fusiller. Le décret était même sîgf>é(i); mais, au mome»t de le remettre au n»aîor-général , Napoléon le déchira, par égard, dit-il, pour la princesse de Ponte-Corvo(2).

(t)MonthoIon, f. i, p. 2f5.

(2) Voici coHiiiKtnl Napoèéoa rend compte lii-Htee itf cette aAtre , clans SCS Mémoires : « Bernadotte commandait le premier corps Éori de » di\-liuit mille hommes. Il était arrivé à Naumboar^ derrière le maréchal V Davoust, qnt commandait le troisième corps fort d^ trente milfè bmnm«ik » fi«rnadotte avait Tordre de fiouteniff ce maréelnl , ce qui formait me u masse de cinquante mille hommes poor défendre les défllés de Koseo » et le champ de bataille d*Auer^:taedt. La moitié du corps de Davoast » avait déjà passé ta Saaie, lorsque Bernadette aniv« et prétendit premlre M la tète de la eolomi» sous le prétexte insensé qu'il était le n* 1 . Comme » de raison, Davoust s'y opposa en lui ohjectant qpe ce serait perdre un 9 temps précieux, mêler les corps d^armée dans un défilé, ce qui ferait on p grand mal. Bemndotte leva alors son camp et se porta sur Doniburg;

CB%RLES Xlf. OS

Teik esl ia version cte tous les historiens militaires qui ont éerie sur la bataille fJTAuerstaedt. Noir Faisons résumée, sans lui rien ôter de ce <|u'elle contient de sévère pour le prince de Ponte- CkNT'vo. Nofis n'avons dissimulé ni .les fentes imputées à ce générai, ni le sentiment peu honorable de jalousie auquel ses critiques les altribuent. Mais, écrites sous l'influence de passions et de rivalités de métier, ces relations présentent-elles une juste appréciation des faits? C'est ce que nou« devons examiner, avec l'impartialité de Thistoire qui ne dît rien de feux , n'omet rien d<e vrai , ne connaît ni hoine, ni amitié, et ne doit accepter légèrement ni le blâme, ni l'éloge.

litablissons d'abord renchatnement des feits qui amenèrent les mémorables événements d'Auerstaedt et d'Iéna.

Par suite de divers mouvements déconcentration, ti-oîs corps d'armée se trouvent réunis, le 13 octobre i866, sous les murs de Naumburg. Ce sont les corps du grand-due de Berg , du maréchal Da-

3 à la pointe da joar, il passa la Saale. CepeDdant DaYoost, à la pointe >du joar , fut attaqué par le roi de Prusse à la tête de soixante mille

> hoaMne», rélife de ses troupes. Il sentit alors toute la priratlon des • dix-huit miUe boaiBiesde Bêroadotte. Osi ce <pii donna lien à la ba-

> taille d'Aoerstaedt. Bemadotte, de Dornburg, aurait pu réparer sa foute, » mais il se contenta de parader et ne tira (>as un coup de canon. Les gé* » nérans, officiers et soldats étaient au désespoir. »

voust et du prince de Ponte-Gorvo. Le lendemain , i4, une grande bataille doit être li\rée. Mural et Davoust en sont prévenus; Bernadolte seul reste sans instructions , au risque de paralyser un corps d'armée dont Timportance ne peut être douteuse. Le même jour, \ers cinq heures du soir, le grandduc de Berg reçoit Tordre de quitter Naumburg, et de marcher sur léna par Camburg et Dornburg. Une heure après, par une dépêche adressée au maréchai Davoust et à communiquer au prince de Ponte-CorvOj celui-ci est invité à suivre le mouvement du grand-duc de Berg. Vers huit heures du soir, le major-général transmet au maréchal Davoust un ordre aiiisi conçu : « L'Empereur vous ordonne, » monsieur le maréchal, de vous porter demain, à >* la pointe du jour, sur Apolda. Vous y trouverez > dix-huit mille Prussiens commandés par le duc de » Brunswick. S. M. veut que, dans l'hypolbèse où h le maréchal Lannes aurait été attaqué ce soir du h côté d'Iéna, vous manœuvriez immédiatement sur » la gauche de Pennemi, et que vous le poursuiviez y> l'épée dans les reins. Si l'attaque n'a pas eu lieu, >» vous recevrez les dispositions pour la journée de >» demain. — L'armée prussienne est rassemblée ). dans les environs de Weymar: elle va être atta- >» quée. Si le prince de Ponle-Corvo était dans vos î» environs et qu'il n'eût pas encore ses ordres, « vous pourriez mafcher ensemble; mais l'Empc-

• reur espère qu'il sera déjà en marche, avec ia » eaTalerie du grand-duc de Berg, sur Dornburg et » Cambar^. »

» Signé Bertbier. »

Conforniémeut à ces prescriptions , le prînce de Ponte-Corvo , qui se trouvait encore à Naumbourg à neuf heures du soir quoiqu'il dût en être parti à six et demie ou sept(l), se prépare à marcher le lendemain sur Apolda avec le maréchal DavoQSt. Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, un déplorable conflit s'élù\e, en ce moment, entre les deux maréchaux. Fort de son ancienneté de grade et du numéro de son corps d'armée, le prince de Ponte-Corvo réclame le droit de faire tôle de colonne par le délilé de Koesen; tandis que le maréchal Davoust prétend rester maître du terrain parce que ses avant-postes occupent déjû l'entrée du dé- Ulé, et qu'un déplacement de troupes en présence de l'ennemi pourrait entraîner de fatales conséquences. Alors Bernadolte, alléguant que Tordre de se réunir à Davoust est facultatif, reste où il se trouve, et écrit au major-général qu'il attend de nouvelles instructions (2). Cependant, le 14 octobre, après quatre heures du malin , il se porte sur Dorn-

(1) Lettre do prince de Ponte-Cor\o au major-général datée de G iicnres dn soir, od \\ annonce qn'U va se, mettre en marclie dans une demi heure.

(2) Voir pièces jiisti tic» t;ve<«, n* ^.

^ HISTOIAK X^e «BRMIDOTTF,

(buffg ^at fét ik ivers léna. MarM M .ii*iattdi«l Ai» im^hâeiuns d'Apdlda qu'à ^iiaine jbettnw 4ii smr^ «rnicé, dit-il, de l'insulte du major-général^ f«t MfliMe dédaigofir fde km fcranfioiettre des ordres directs. La difliculfé de gravir des détilés comparables à un passage des Alpes est, selon lui , la cause de ce re tard(i).... Il était trop tard en effet pour prendre sa part de la bataille ; et , comme le dit un de ses biograplies, Bernadotte commença son mouvement trop tôt pour Auerstaedt, trop tard pour léna : aussi resta-t- il presque étranger à ces deux grands faits d'armes.

Mais cetle absence des deux champs de l)ataille, Bernadotte Tatlribue à des .ordres fallacieux; et îl en fait peser toute la responsabilité sur le majorgénéral de l'armée. De là cependant le 'biftme sévère que l'empereur dirigea sur sa conduite, et les mesures rigoureuses qu'il voulut un instant pren* dre contre lui. Cependant, mieux éclairé sur les faits, et appréciant peut-être ce qu'il y avait de malveillance dans les procédés de Bertliîer à Tégard de Bernadotte, Napoléon revint bientôt de sa colère contrôle Prince de Ponte-Corvo, qu'il laissa maître de manœuvrer désormais comme il l'entendrait. Nous dirons tout à Flieure comment Bernadotte

(1) Ldtra éa prince de P«to430rvo au m^-génémt, lé à 9 Imwm du ioir.

'ommms «iiu (ta

Mft de mtte Ubatké idairtiMi; jmw «lAfiiiWMM dV hird let «snKriéfW ide st iMMkiïie *dMK <ietle «éniorable circonstance*

Afrès ia ^tonumcali^D *qw hi fut faite, ipcr le

narédttd Ba^roost, de la dépâdhe du «Mfer-gân^l

àladale^du 43 adolive, forlafit ^e, si lef^nnce de

BaaIe-GiMrve se treuwît eneere à JNsmBbonrg^ les

deux edjrps d'arasée poonvateBl aiaroher. aMei&Ue,

Rennéocte :«adl^il encore, «onrase 41 r4ifir«e, le

clioh de mnwe le gramd^iic de Aerg sur 4a Tonlede

GsnilHirg, ooàe inarober, ie loiidcsBain, avachie nwi*

rédttl Dft«»uBt, datts la dûtectian d'A^lda? £vh

deoMBetti mcfu. fit, quelque bypolkéliqiie q«e féi^

dans sas -tepaies., Tordre de Berihier, îl'MlânGon*

lêslable ;i|pe la préaeDce du grince de !Nme-<lor¥o

«iaiis les environs de Maumbooirg à kniil WetMies du

sair inpUiqiMl la réanioa et k mou Wiseat siînHtl*

tané de «son corps d'^u^mée avec celui du maréobal

Bsvousl dans la dîreeltoA ^d'Afioida. iBernadolie in-

lerpiiéta-t-^A »tt9i la leitpe de Berihier? Oui, car H

sdopia ûnmédialenieBt le parti qu'elle presormk.

Poopqooi deocBe vootut-ii plus enauite opérer oan^

jainleBMiit avec son cellàgae ? UJ'a'voae lui-même :

farce que, dans le refus de BavoMt de lui iiviier Ten*

(rëe da délité^ il ^it une offense hiérarchique i sosi

iMg d'ancienneié, «n oubli de nous ne savons 4|uels

«dits régutaleurs des préséances mililaires sur le

torpain; parce que, il le reconnaît encore, il était

68 ^ HISTOIRE ÙE EEKNADOTTE,

déjà offensé des procédés înconvendnts dont le ma* jor 'général usait à son égard, en dédaignant de cor* respondre directement avec lui.

Telles furent les futiles considérations qui empêchèrent Bernadottc d'obéir à un ordre précis, quoi qu'il en dise, et de concourir à un des plus magnîHques exploits de la guerre. Ces considérations constituent-elles un tort réel, un sacrifice coupable des intérêts généraux à la vanité blessée, un oubli des premiers devoirs du soldat et du citoyen?.... En présence des désastres qu'eut pu entraîner le refus du prince de Ponte-Corvo, et des grands avantages dont sa bouderie criminelle frustra l'armée impériale nonobstant la victoire remportée par Davoust, il n'est pas un oiBcier français qui, interrogeant froidement su conscience , y puisse trouver la justification de la conduite de Bernadottc

Voilà pour le blâme, voici pour la justice.

Non, il n'est ni vrai ni vraisemblable que le but des opérations équivoques de Bernadotte , dans la journée du 14 octobre, depuis son départ de Naumbourg jusqu'à son arrivée sur les hauteurs d'Ai)oldâ , ait été de ternir la gloire de Davoust au risque de compromettre le salut de l'armée. Une si abominable intention n'entra point dans sa pensée, et, s'il n'arriva pas à temps pour prendre une part décisive à l'une ni à l'autre des deux grandes luttes do cotte immortelle journée ( Auerslaedl et léna) ,

c'est qu'il en fut empêché par dos obstacles de terrain plus puissants que sa volonté; tels, par exemple, que le défilé cle Dornburg, que ses dragons seuls mirent six heures à gravir C'était bien assez (le la faute du i3 , sans lui prêter un crime pour le iA. MdTsle maréchal Bernadotte, et c'est ici le cs|s de le dire , comptait de nombreux et puissants ennemis dans les sommités de l'armée. Son ancien républicanisme , sa molle résistance au 18 brumaire, sa complicité impunie dans plusieurs complots démocratiques, la rapidité ultérieure de. sa fortune militaire, son alliance avec un membre de la famille impériale, son ambition inquiète, son humeur jalouse, les susceptibilités insoutenables de son caractère et, plus que tout cela peut-être, l'éclat de sa renommée lui avaient valu peu d'amis et beaucoup d'adversaires intéressés à le perdre dans l'opinion de l'empereur.

De ce nombre étaient, surtout, Murât, Berlhier et Soult. En se faisant les détracteurs occultes de Bernadotte, en le dépréciant aux yeux de leur maître, en propageant dans Tombre des accusations calomnieuses, ces. maréchaux n'obéissaient pas moins à des passions envieuses qu'à des projets de trahison que l'avenir a plus tard révélés.

Pour Murât, qui aspirait follement à la succession de Napoléon, Bernadotte, administrateur, guerrier et orateur, était un obstacle à écarter.

70 lllSTOlBtt Wè BMUUIBOTTEy

Pttun BaethMP el Seaik^ rain|Mi» Ifu» efa VsiiAw ii tiMifr Im cakmls de rinttigue, BaraàdoUe élai* mt iD6lruflQM&, ^fims ettM«e qio/iMi rml^ <l<i^ U faUak a|;a0ar ThuAMur col»ttt|ut efe. MMicrit* Imi ] BiMte.C9Bire]!^»dhaNiS: ftœc^ perfld«ftii

o» seruie aiqamïé'liii la& (locmnento offîisielii^ on

kBs> tPMesr évUcol«« d*iKid filldBÎe reoMNilaDt à urne époque 4f«ii oantondi yiomgifMifîoa. Nom léveMOS «i> îcNir Itf wiflic cfiij cotivro coitore <îes,(M}wum» awioliîciatkMua dk*» eténiure» de Fempomor ,. eontaie le hévw qfài écUtiaU si iflipnodenMiieQli I» filrUuM» de M» ennemies BoraonsHioiift anfoord'hui: à s^nabr quelques» raki» qiui atU'sieoItlc aoiii> awnc kqud} Ber- Ihier, Sovk et MuMii s kigéfiiaieai u Cimeiilee «ne {lerpétuelle inésinteHigence- enlro Napoléon el fe prince de i^oote-Conrei.

BeiiàsoR feu. io pnofiipd msieumml} de ce».mabnenj^ree délojKdi^su 'Saaiùt ee son* ckn {«BtrvottoDs féoécalee qur'il n'en^vote paoÀ Beimodolle, poar jettt' de Y'mQiitililMi\%^ dan» s»e» Boeuvetteni&; Iftalût ées oi*dres qu'il lit» inaomwsitiopi ta«Hl, afi» de poneeîr insinuer qtt*il ie»a eiifireîntâ ou neLcxéeitlés;. Umtoi des rapporte, qu'il démiiuro au préjodiee db sa gloire^ laflklàl des bttUeitns où \k kif niarrchoade l'éloge le pkisjmtrîié^ pour blesser ma; amocrr-pnepte

Il phiMOurs> aanéeft, «n syabèiuft penéfém^ i soMii y. uapîégii^^ toujours* ttpndu à Vorgaeilet j^ rkmiiabîUlé cte BtffoadfttCb. i^iMM Le vaiIrMi so«r ^eai se pkMadre amc aouastaime , «u» peèt h Me»coiBbinr à.MAdieouitagMftraC. C'estaioai qMe^ leli ocfiillffe iaOftv d éatik à. B«rtàiee ifa* oa. eai eiteéraeinBBt sensîbfe aux iie|^odie9>qii'iI vîfwè de:lu4 aiilresaor Ml. Bttm: de l'efliperew*; cpi^'il a la acrtiÈaàe de ae le» awetr paint mérké»^ ei qui il mU d'aolaat plus estTMrdiiUHri» qju'oiv l'accuse de. m»-. poMib on- O0re av*w passé L'Elbe, «ifue lui, Bevibisp,, Uiîi a potterilbi veille de seoeadl^ôà Calbe(li). Le 27 décMiiiM i8Q& fieraadolie mande à Napoléon : « Stee, » kniâkîofi-^aéraléeiiîliau^BUiffédhal BesMénefr qu'il i> uia paîoLde meftnou^las^etpsttfrianiJAkii étoîts ^ o lDii&tes.^iur&. » Le 3 féwner 4AQ7, il ae plaîni de aMsaU* poûit reçii deft Qfidpes> qu^on dit Ikû aA^oir e&ilédiés l^M janvier. Le tiBiai^^^ il aceuae iodirecteumii le maîorgénéral d'avoi« antidaté une dépàehe qfi'i! luia adressée; cependant, s'il avait. éié prévenu à.kefl]p6,,îl aurait pu» marcher auipremiet* sii^aJ et ebaeseiT l'emieaM, taiulis qpbil va perdre ana joun

(lintlUftvaitL^I«cée«wUSMlft»,àttptltou6Kdtt.Magd0hcMUg, ^ Ber* tliier aTait écrit à BemadotUi de la part de l'Ëtnperear : « Vos soldats, • flan» eette circonfitatice, seront sans doute f^bés de n'avoir poiîit toute > IfrfHi qv^ derMOtUvardàm 1* gloine de osite <

72 HISTOIRE DE BBRNADOTTE,

née k faire des préparatifs. Le 5 , il demande à Berihier l'explication d'un ordre si singulièrement équivoque, qu'il ne le comprend pas. EnOn , le il avril i809, il adresse à l'empereur une lettre qui exprime tous les dégoûts qui le dévorent. « Sire, )) dit-il, ce qui se passe journellement à mon égard, » affectant mon moral de la manière la plus sensible, > achève d'épuiser les forces que je trouve encore » dans mon âme. Je suis venu à Dresde sans aucune )) instruction ; la première lettre qui en contienne, )) et que les hasards de la guerre auraient pu me » rendre si importante, m'est expédiée par la poste » et ne ro'arrive qu'au bout de seize jours. Tout » cela. Sire , me fait trembler pour la suite de mes » opérations, et je me vois exposé à ce que mes ef- » forts soient continuellement paralysés par une » force cachée dont il me serait impossible de » triompher. Je conjure Votre Majesté de m'accorh der ma retraite, à moins qu'elle ne préfère me » réserver pour quelque expédition lointaine où » mes ennemis n'aient plus d'intérêt à me nuire. » Le bulletin de la bataille d'Iéna annonçait que l'empereur Mapoléon allait marcher contre la réserve prussienne, suivi de soixante mille hommes. Celte réserve, commandée par le prince Eugène de Wurtemberg, avait pris position à Halle, place située à dix lieues nord-ouest de Leipsick, couverte par la Saaie, tlanquée de vieilles murailles et défendue,

CHARLBS XtV. 73

sur. plusieurs poÎDU, par des étangs et des marécages. Le 14 octobre, tandis que le corps de Davoust allait prendre deux jours de ropos, Berna- (lotte, qui brûlait de ressaisir la part de gloire qui lui atait échappé à Auerstaedt et à léna , se précipite sur Halle à la tète de quinze mille soldats, force les deux passages de TEIster défendus par la réserve prussienne, attaque Halle de plusieurs côtés » la fois , triomphe de toUs les obstacles , et, après une multitude de combats acharnés contre des for* ces doubles des siennes et favorisées par tous les avantages topographiques, il s'empare de cinq mille prisonniers, trente-quatre pièces de canon et de magasins considéiables.

Bernadotte déploya dans cette circonstance une activité , une bravoure et des talents qui imposèrent à ses ennemis, et le firent combler d'éloges par Napoléon. Ajoutons que, malgré les fatigues d*un combat de dix heures, son premier soin fut de n'établir Tordre et la tranquillité dans une ville qu'une résistance longue et sanglante semblait devoir livrer à tous les ressentiments du soldat. Mais cet éclatant iriomphe avait ranimé la jalousie des ennemis du prince de Ponte-Corvo. « Ils sont humiliés, lui «écrivait le brave Lefebvre; si tu n'avais point » réussi on t'en saurait meilleur gré, et cela parce « que tu es un général du Rhin. »

Que les adversaires de Bernadotte vissent avec

74; MISTOIRK. WE BHBmUIOTTE ,

dipki le lariHuL soeeAt de- ea OHifféQhal ; «^ïml fiiM pmbabte. Sfois eal4l peemifrde peium qM NG^MdéMis luîr-mème ak paittagé ce macvaû seDiimeat? Ceptndattli^ laBfô étaili lat poéasoiplioii. éhi pcnice' di» Ponte'-Gar vov V*» daa» 4i»» fliéiiH>i»N£ éwIoHiieiil; écrit» 901» MB distmy on- ne oraini po» d'affivntr (|iiei9Qni tmin^berde Alle^exeltai aw pki8>ba«ltp«nit yeiivie^ de Vempeneiir dm Fnainçaisv b.'ongjuiaft' est uae iarupinibè dm «œur hinMunv qn'il^ fcut plMidfee. Go qiKÎl y a» de vrai* dann mM oeei , e'esl qne , vîbf tant le: €hwDf>- de* balaîile de H^Ue, Napoléo» s'é^ tonna fHtt^ ftH'wdbMe eût osé aiUiquer celle iieeiûofi^ ibriiûduMe* aree* de» feitee» sîi iAférieures. k oottip- dit* son ennemi, u Je ne sais, dîi-îl, si j: aunaie enlM^ » (M-is de lai forcer aievec main» de cinqennOs imile A ItoffimeS) alovsi arôme' qu'elle n'aurait élé défen*- » due «pie |)ar vJngl^cinq ou tcenle inflle.*.. ftemaw dute ne dbuie de nien.. »< Mai» oeli élogey donc l-exogéraiioai n'élaié qtit ua déilonunagenieiil déSaai; . de^sovcpilés d'Iéna, foi interpràlopar h' p»ihoe*>de IH)nle^Gorvo coniine Tex^^DesBiea d'un Mnlimenepeu géni^neuK. Iine pareille aberration ne se réAite'paie. Quoi q«i^i4 cnseit , la vicloire de Halle bt^isa* lo (bî^* cew dl^t»K>upes de Ifrédérie-GUiillaunie, que de» ce moment en n j put plus atteindre que* dtepersées^ et ibgitives.

Le 2Sl oclobre Bernadotte |)a6sa l'Elbe à Barby , maissenlefnent après uu Jour de retard^ eireonstaiaee

qui, malgré son succès à Halle, lui allira quelque nouveau reproche de la part de Napoléou (i ). Le 25 il se mit à la poursuit» dta^eorpa prasêiens qui avaient quitté l'Elbe, pour se retirer sur l'Oder; il atteignit MKlier 3 Bbizenburg, ftii coupa le cliemîn de StraJaoud ^ oiai&. ne put llempâcbee de ùive^ leiâO., » liiihiiy, sa^ J4MWlMm a^pw le émm ée* >¥eyfnar. A ce moment B&rnadblte, qui n'avait pas avec lui plus de dottie, miUe haaunea^ se trouva en préa^CA» de vingt-cinq mille combaMoiits^ quMI neeessa èe harceler dans leur retraite. Enfin , dans la soirée du 18 novembre, if joignît Biucher entre Jabel et Nassentin, attaqua dans cette position son arrière-gardo Ibrte de dix miiVe hommes, et loi prit des bagages et miltfe prfsonniërs.

I>ès ce moment divers combats, dans Fun desquef», ceFui de Crevitz, il faillit tomber aux mains de fennemi, conduisirent Bernadotte sous les murs do Lubeck, où Bhicher se préparait à lui opposer une énergique défense.

(^) e'wl'kMtte^MnMtoo «Biii^BeiitneeéBriTitaa pHacttée PMit»4lMw b leMredtt 2J octobre qpe Doiis^avoDS déjà rappprtéti ainsi qye la réponse de Bernadotte.

76 HISTOIRE DE. BKRNAnOTTE,

Bcinadolte sous les murs de Lubeck. ^ Prise de cette pltce. — Scèms fie carnage. — Humanité de Bernadette. — Capitulation. — Lettre emphatique de Bernadotte k Na|M>léon. ~~ TVouTeanx ombrages de Bema-

• (lotte. "- Sa jalousie confre Marat et DaTOMSt. -r 11 commande Taile gauche de la grande armée de Pologne. — Pourquoi il D*est d'aucun secours à la bataille d*Eylau. — Fidélité douteuse de Murât, de Berthier et de Soult, en 1 806. — Examen de la conduite de Bernadotte. -* Jl est ble8.se — Regrets de Napoléon. / •

Quand le prince de Pontc-Corvo arriva sous les murs de Lubeck culbutant et chassant devant lui les Prussiens de Bluclier, un corps de seize cents Suédois venait de s*y embarquer pour descendre la ïrave et rejoindre ses vaisseaux à Travemunde. Bernadolle le (it poursuivre et enlever par le général Rouyer ; mais il traita ces prisonniers avec tant (le ménagement et de coquetterie, que cet épisode de la guerre de 4806 fut, dit-on, l'origine de la résolution qui, trois ans plus tard, appela un enfant de la République française à la succession du trône de Suède, « Siècle étrange où les Dalécarliens de Gustave Vasa demanderont pour roi un soldat du Béarn , et où de si singuliers hasards détermineront leur préférence (1)! »

(1) Bignon.

CHARLES Xl\ 77

Biucher a\ait forcé les portes de Lubeck avec riDtenlion de s'y dérendre jusqu'à la dernière exlré mile. Malheureusement pour ceUe ville, elle conservait encore quelques ruines de vieilles fortifications dont le général prussien tira parti pour résister avec acharnement. Située au milieu d'une plaine marécageuse, entourée d'accidents de terrain trop peu coosidérables pour servir de point d'attaqui^ aux assiégeants ) protégée par une enceinte bastionnée et par de larges fossés où coulent les eaux de la Trave et de la Wachaitz, adossée à un fort assez important (le Burg-Thor), défendue enfin par vingt-cinq mille hommes d'élite répandus sur les remparts, dans la ville ou aux environs, Lubeck était dans toutes les conditions d'uno défense opiniâtre. Attaquée à six heures du matin par le corps du prince de Ponte-Corvo et, bientôt après, par celui du maréchal Soult, cette malheureuse ville se défendit avec un courage héroïque. « Mais, dit un historien, malgré les décharges multipliées qui se fais^ûcnt à mitraille, les portes sont enfoncées^ les bastions escaladés, et, pénétrant par la porte de Trave, le corps du prince de PonteCorvo entre dans la ville au pas de chargo, tandis que celui du maréchal Soùlt y pénètre par la porte de Muhlen. C'est en vain que les Prussiens se défendent avec rage, et qu'ils établissent de nouvelles batteries dans les rues. Malgré le canon qui foudroie tout ce qui se

78 HISTOiM «tt iMM4D0TTE,

f^résente » rien ne pevti -arvdlor IHinpéttBeallé nies F rsDçan : ils Hse yrédîpîleirt 4aM les 'êjifef<aite quaiaiers, ^pMrrMWMft les Pr4UiflioiiB «Ae wrisen en iinHM» , 4ms les égliê»^ é»M leBiédffiee(f>riMi08 , à Irovers une grète^de 'Mies ifm fleuwM 4es %s^ et des étuges «ifiéréeitrs. ïtes%rMp0S WM ^iM^gëes d'eniplo^fier ées ménies mc^eas «pour Iwfteycr tes f empttrtB. ^Lc massacre devient «géitérsrl , VmrîMe:; (es marts «et les blessés s'amoficèleffA é«K4es roes, 'devant les rnsfeeiic eC ««r te «eiril des peintes. A«i milieu 4ks œiie ^épouvofitri^ie coiiftifii^n, nmtirfisnn ^tti n'a pas «fbservé t^ewie te neotniMé e!^igée fmv les kss ëe la guerre, toinbe % toi ifiie ée 4'4ii4iaMiefii6« t ^les ileuff ffirtîs ifai Je méoemiiyisaetRtt , o« ^oimeiit avoir des repradies à lui fen^ fSnAn 4a malheupqwe ^iite de jjakeçk épimife 'toutes les liQpmew« mMtables tdaos une place emperlée 4'assMrt. Le f9avé, ilii Tuvcbard^Lafeeae, ^att }OiK%é de ««rts, «emt de sang. Enlin la g«rms<Ni, i*éd«ite SM dernières eKirémités, nM bas tes armes, «ft^artrefni lie homsHK's (leslcnés à être fiasses a«i IH ide Tépée inifilerem la générosilé <du Miiwqweiir et I3)btîefi»em 4a grâce d'être traités comme iprisonmers'(l). »

UâtoBS-SK^us 4e dirty cependant , icfue te ^inee de iPonie-Convo Ik de iDobles -efioPls four aniMer le sac de eeUe ialheoreuaej<gté «t noihre ut) «terme

iitm iiaRTOUis liant <ikte était :1e rkéâUie; {*rAce -à lui, ^ite tqve 4ft lotie eoi ioeesé f honmitlé rej^ ^ses 4rails :: la liille de liobedk èm en «QanBersvepa un long «I «reosnminttiii goovemr.

CeptBMbnft les eolomies mvlilées de Mudlier 4HfliMiiit pBMrltrideiki ville à la fav«ir du lunM^ko. Uiomà^ eefisByaBtidiffîGÎlenent nu tpaaaage à 4rajve»^ 4es4êébnBiel les cadavres qui eaoniifbrweraileB rue^i, les poursuivit à la tète de lacaraierîe des gànéroui^ iiasalte el «dMlaiilpod., et les ouibula «ifaHis 4eir*R)aram de fa Traipe. Déjà ks f^raoçaîs ètaietH mailings 4ie TraiveiDtBBde, .dernier refuge deMuolier, qn\ ih? pouvait plus se retirer j^ue sur Ie4erptt<yrire danois, -àaai, la violatien ne fin pas restée 'impunie. Duns eet éial de choses le piTiace de Pame-Carvo se picpasast forcer des -Prussîeiis élans ilatkow, au tno* tfoeot ^ù ttudier deiuamlu iï ïcaq^itirier. €6tte ca^pn liilatUm lut «ègnée dans ce Imraea» le 7 noveiBbi*e tBQ6u £Ke iivpait à l'amée viciopîease ciaquanle et iTBiiin^ieaox, vtagl et unimitteiliomniies, parmi les- ^piéls tâmi mille àe cavalerie, le générai en diei* Maober^ le prânce f^rédéric-OoiUaome de ftitunswicb-Odls et iplaaieurs mitres «généraux..

Hmsi ifot oonsonmiëe*ai vingt jours J -entière dositraclian île loot ce qui^vait oomballu à 'téna. Intelerie^ antiUePÎe, 4:avalei>ie, noot^fm 4ak«prasoii*nier de guerre. On comprit même dans la capitula* tien les4laUcliemeats .praasîensqai^ jetés sur les

ilancs, avaient été coupés par la rapidité de la marche du prince de Ponte-Corvo. Deux petite corps isolés, composés de quelques bataillons d'infanterie oi de débris de cavalerie, se rendirent également, l'un au général Drouet à Luneboorg, Tautro. au général Savary à Wismar. Dans leur indiscrète vengeance les Prussiens avaient souvent insulté aux capitulations de l'Autriche : quel châtiment pour leur orgueil (1) !

En annonçant à l'Empereur les grands résultais de ces diux jours de combat , le prince de Poote- Corvo lui écrivait : <v Demain, Sire, j'aurai l'honneur » d'envojfer à Votre Majesté les drapeaux conquis, *» dont treize ont été enlevés sur les champs de bai» taille; elle verra avec plaisir les enseignes du > grand Frédéric réunies à celles du grand Gustave. >> J'attends maintenant les ordres ultérieurs de Voti*e » Majesté. A moins qu'il ne faille voler à de nou- ^> veaux combats, je la supplie de permettre au

» i*"» corps de cantonner une douzaine de jours

)» Je m'estimerais heureux. Sire, si, dans les ditfé- 0 rentes marches que j'ai faites et les combats que ivj'ai li\rés, j'ai pu satisfaire Votre Majesté. »

Le témoignage de la satisfaction impériale, un peu sollicité, il est vrai, par la lettre qu'on vient ilo lire mais complètement mérité , ne se fit pas atten-

(1 Rignon: ^ Histoire de France depuis k (8 binmairc.

CBARbES XIV. SI

lire. Pendant son séjour à Lubeck , h prince reçut ' de Napoléon une leUre datée de Berlin le d3 novembre i806, ainsi conçue: « Mon cousin, j'ai reçu • les drapeaux que vous m'avez envoyés (i), j'ai vu » avec plaisir l'activité et ie talent que vous avez dé- » ployés dans cette circonstance, et la bravoure dis- M tinguée de vos troupes. Je vous en témoigne ma » satisfaction et vous pouvez compter sur ma recon- » naissance. » Entre autres témoignages de sa haute bienveillance, l'Ii^tiereur nomma général de brigade le colonel Gérard, alors aide-de-camp du prince de Ponte-Corvo et aujourd'hui maréchal de France. Cependant, U>ujours dévorépar le besoin d'occuper la scène tout entière, Bernadotte se montra peu satisfait du bultetiu otBciel qui annonçait à la France les événements des 6 et 7 novembre. L'ordre du jour par lequel l'Empereur témoignait son contentement au grand -duc de Berg et aux corps sous ses ordres, pour leur brillante conduite à Lubeck et racltvité qu'ils avaient mise dans leur marche à la poursuite de l'ennemi, fut aussi up sujet de douleur pour le prince de Ponte-Gorvo. Gomme il avait pénétré le

(t) Eo eoToyant tes drapeaux, Bernatlotte écrivait à Napoléon : « Je * sapplie Votre Mijesté de Tooloir bien leoevoir cet liommage ofTert par

> le ptemier eerpe 4e la çrande anaée à aoo angaate ebef, eomme un

> floaveaa gage du dévouement sans bornea dont noua sommea tous ani-

^ Blés pour votre personne sacrée » Et le déTooement à la liberté»

^él8il-il40Temif

K H1ST(»IM DE MMâDOTTE,

premier daos b viile, il revendiquait avMMMrtotte l'honneur de ce fait d^ermes, et voyâil une injustice révoltante d«i8 les éloges aceordés aux autres maréchaux. Il est vrat que les rapports séparément adressés à l'Empereur, par Murât , Soult et Berna- Hk>tte, différaient matériellêfflent sur quelques eirootistanoes décisives éè roccupetion de I.ubeck. Le prince de Ponte-Ciorvo écrivait le 7 novembre , à sept I^ures et demie du sotr : « Gomme nous ve- V nions de pénétrer dans la vide, le général Le- B grand, 4u corps du maréclml Soull, arrivait de » Ratebui>g et se présentait de l'autre e6té. 11 s'est « élevé une discussion entre cette division et la > division Rivaud, au sujet de deux mille pi'isonniers » qui, en sus des quatre autres mille, se trouvant » poursuivis par les ndlres , ont été se jeter sur les » troupes du général Legrand ; mais je suis arrivé » pour mettre fia à cette discussion, etc. ^ Le mal'échal Soult mandait, au contraire, que son avants garde était entrée dans la ville, par la porte de Mulhen, en même temps qw le premier corps y pénétrait par un autre oAté. Enfin Murât écrivait le même Jour au major-général que \e& trois tètes de colonne arrivées « peu près en môme temps sous les murs de Lubeck, s'étaient rencontrées sur la place qu'elles avaient fmi de nettoyer de toutes les troupes prussiennes qui dérendaient pied à pie^l les rues et les carrefours. Or , rédigé d'après ces

CSAHLES Xî^. 8S

deux deraîers textes , le biiUelm officiel altrflniait a«x trois maréchsrax une part égale dans la TÎctoir^ de Lnbeck, tanilis que le prince de Ponte-Cor vo pré^ tendait a la gloire d*a%otr seul enlevé t^te place dans bqoef le ses' eollègoes ne seraient entrés qu'après hrî. Cétait là étidemment la prétention exagérée d'vn amonr-propre déjà alarmé par de nombreuses injustices, et qui voyait partout des ennemis de sa personAe et des riraux de sa gloire. La vérité est que le prinee de Ponle-Corvo, dont la marche rapide et la savante stratégie avaient puissamment contribué à refouler Tarraée prussienne dans Lubeck, prît une part immense à cette victoire dont les corps de Mura*t et tle Soutt partagèrent les périls et les hvriers. Pendant les opérations qui la préparèrent, les mouvements des trois corps d'armée étaient si bien combinés, que leurs avant-^rdes, dit un historien, artîvaîent presque en même temps sur Tainemi.

Après quelques jours de repos dans les canton neraents de fAibeek, le premier corps se pdrla sur Berlin où il arriva le 28 novembre, mais doaft ii partit le même jour pour marcher à la rencontre des Russes qaî s'avançaient en Pologne. Ge^ mou^ vement «vaii pour but de remplacer aux environs de Posen et de Tbora le oenrps du maréchal Ney' qui s'était avancé sur tiollup pow observer les débris de Tsirnae pfuésiemie. Le prince de Poate-

84 UISTOIRE DE BfiRN^DOTTE,

Corvo se trouvait ainsi commaDder l'aile gauche de la grande armée, dans la campagne qui allait s'ouvrir. Placé désormais à la tète de trois corps d'opération, il allait manœuvrer sur le flanc droit et les ^ derrières des troupes russes^ lorsque les rigueurs de l'hiver et le mauvais état des routes déterminèrent l'Empereur à faire prendre des quartiers d'hiver à ses armées. Dans ce nouvel état de choses, le prince de Ponte-Gorvo fut chargé d'occuper Timportante position d'Osterrode et de couvrir les sièges de Dant* zig et de Graudentz, en complétant par ce mouvement le blocus de ces deux places.

Cependant, les Prussiens avaient réuni des troupes à Preussisch-Holland, dans le but de Ker leurs forces de la Basse- Vistule avec les corps postés sur la Passarge. Bernadotte se porta sur Preussisch-Iiol* land et balaya tout ce qui s'y trouvait d* ennemis. Puis, apprenant que l'armée russe avait fait un mouvement sur l'Aile, contre les cantonnements du maréchal Ney, il manœuvra avec une rare habileté, et massa des forces considérables à Morhungen où il remporta un avantage décisif sur un corps de vingt mille Russes qu'il chassa de celle position, après plusieurs combats acharnés. La vic^ toire de Morhungen eut pour résultat de maintenir les communications du l*"" corps avec la grande armée. Mais Bernadotte ayant reçu l'ordre de rétrograder de quelques lieues, prit position le lea-

CHAULES XIV. 85

demain sar la route de Loba a ou son arrièregarde fut YÎgoureusemeut assaillie par l'ennemi. Toutefois, le i^ corps conserva cette position jusqu'au 34, époque à laquelle l'Empereur lui prescrivit de manœuvrer pour coavrîr Thorn et empêcher à tout prix que cette place ne tombât au pouvoir des Russes. Il effectua alors un mouvement rétrograde dans lequel son arrière-garde eut à repousser les vives attaques de l'ennemi au défilé de Braltian. Cependant, les avantages remportés ailleurs par d'autres corps de la grande armée ayant forcé les Russes de battre en retraite, Bernadotte reçut l'ordre de se reporter en avant. Cet ordre lui parvint dans la matinée du 3; il partit de Strasburg le 4 et arriva le 8 à Reîchertswald , après avoir chassé devant lui quelques partis ennemis. Là il lui fut enjoint par le major-général de se jeter à la poursuite du général prussien Lestoq , qui , séparé de l'armée russe, cherchait à opérer sa retraite sur Kœnigsberg. Bernadotte prit immédiatement sa direction sur le Frisch-H'aff ; mais arrivé le 9 à BehlenhofT, il y reçut, dit-il, l'avis de la bataille de Preussisch -Eylau livrée le 8, et l'ordre de rejoindre immédiatement la grande armée«

Dans ses gviefs contre Berthier, le prince de Ponte*Corvo a souvent affirmé que s'il ne put être d'aucun secours dans cette sanglante journée, c'est que les in^uctiofs <»ptieuses et malveillantes du

86 HISTOIIUE DC KMADOTTE,

œa^M^géiiéral rav&ieni înteiilîonnelleiiieDt reteott ei^ arrière* Celle opÎDÎon^ au moîn» hasardée , n'ot ecwroborée par aycune autorUé historique, msôs il est oerlain q«e, par une fhiali&é attaehée a« sort de BernadiXte, son absence d'Eylau prévint TexterminaiiioD des Russes et laissa, la victaire ineertoiae entre les deux armées. Mais cetlle al>seB€e doilr^e lui èlre invputée à crime 1 Yoicî la vérité sur cet évéoemeiKl qui d^mua lieu à tant de eoojecr tures. Le 31 jaa^ier y toules les forces de MapoléoM étaient concenti'ées dans un rayoa de douze à qiuaze lieues : Mural à Wiuemberg , Davoust à JMyszynieCy Ne; à &ilgeiîbourg et Augereau à Neidenbourg, Daa&cet état de clioses, \t^ plan de VEmpereur était d*atK>rder l'aile gauche de Befligseo et de couper la retraite de ce général. Pcmr cehi , il avait e&vo^ i chacun de ses lieutenaals l'ordre d'être rendu à Preussisch-Ejrtau dass la journée du 8^ de mmiiêre à poumir livrer Maiih te S. Macs, ea oiéme temps il ami été prescrit as prince de Pottte-Conro dé niano&uvrer poitr aitirer l'enacBiâ sur la Bassc-Yistete. Malheureusetteot l'ofikier chai^ de cet ordre Ijoinba dans un pdrli de co^ saques , sans airoir pu anéantir la déiièebe dotut il élait porteur. Cet tncfilent fut immense daas ses pésuilAis. Ittstriftit du pit)}ct de Napoléon , Benig^ sexk put réunir son armée à temps, et se metire ea laesure' il'aiiaqtter les Français vingtr^vatre faeiints

avaot que la concisntrMîoo 4à^ wiix^ fiftl iMîlHfvid* De plus, le j^iace d« Pool^GorvOf firivÀ das ittstrM^ tioas qui deuaienl régler s^fir m^YAm^nM^ 9e lrcMi¥« à trois maj^châa ea arriise da» autoei wrp^ fra*^ çais et en debora, paff cenaé<fueM, du §rave M* nement qui aUaii a'aqcoiD|kUr. Auscrî, %iiaii4, kl veille du jour (kké pour la balaiUe, Veapeimir ar-pm à Erjlaa avec ki gfivde et les coi*pa d* Augeteaik et de Davouat ^ y ûu-il attaqué par toutea les forée* russes. réunies dès la ^iUe. On sait les phases dU verses de cette sanglante hitle dans laquelle, aprea d'immenses pertes, l'aroiéQ française n obtint d'awr tre avantage que celuî de coucher sur le cbanqi^dA bataille (i)«Ârrivé&au moment où toutes le&cfaaneea semblaient se déclarer conir^^ nous , Ney et Soul^ avaient diangé la lace du combat. Mais Bernadette^ dont les quatre divisions d'infanterie et les deux di^ visions de cavalerie eussent cerlainement transformé un résultat douteux et stérile en une victoire édatante^ ne paraissant pas^ l'EUnpereur dut se borner à &ire suivre l'ennemi pour Tbonneur des arine&« Cet événeiment retarda la paix , en sauvant l'^mée russe d'une dé£iile imminente* Mais, bien que Bernadotta n'eût pa^t reçu à Uui^ps

(1) » Les Russes n'avaient combattu à Eylau que pour faire respecter >lenr retrafte <tu*nB effectoèrent ensuite sur Kœnigâbcrg , sans coup

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