‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 6 sur 69 · SB HISTOIRE DE BEANADOTTE · texte numérisé non relu

SB HISTOIRE DE BEANADOTTE

l'ordre de se rendre sur le terrain, ses ennemfs lui firent un crime de n'y être point arrivé k propos. Ils se basaient sur ce fait , que le général d^Hautpoul qui était en communication avec le prince de Ponte-Corvo et qui vint mourir glorieusement dans les champs d'EyIau , lui avait feit part des instructions qu'il avait reçues et de l'intention de l'Empei*eur de livrer une grande bataille. Or, le prince de Ponte-Corvo avait , disait-on , une trop longue expérience delà guerre, pour ne pas voir que si aucun ordre direct ne lui était parvenu, ce ne pouvait être que par suite d'un accident fortuit. Dans de telles conjonctures tout autre que Bernadolle ne fût pas resté immobile ; mais il était dans la destinée de ce maréchal d'avoir un rôle à part dans toutes les grandes batailles livrées par l'Empereur. Rien n'annonce cependant que dans cette circonstance Napoléon se soit laissé aigrir par les insinuations malveillantes qui bourdonnaient autour de lui toutes les fois qu'on croyait possible de l'indisposer contre le prince de Ponte-Corvo. L'Empereur ne lui parla de cet accident que comme d'une fatalité déplorable sans doute ^ mais indépendante de sa volonté.

Cependant, Bernadette, indigné de la persistance avec laquelle on s'acharnait contre sa réputation, incrimina hautement tous les ordres qu'il avait re<;us depuis quinze jours du major-général qui, dans un but coupable, a\ait voulu lui laisser ignorer les

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BKMifemente de l'armée et le s^rer des opérations de i'Ëmpereu^. Quoi qu'il en soit da mérite de cette aeoasation , Yoici ce qu'on lira un jour, au sujet de la bataille d'Eylau, dans un manuscrit dont Fauteur s'attache à prouver que , dés i806 , les maréchaux Murât, Berthier et Soult avaient cessé d'être fidèles à leur maître : « Le corps du maréchal Ney dirigé vers Kreutzbourg, ne put arriver que tard dans la journée, et le maréchal Bernadette, retenu en arriére par les instructions captieuses et malveillantes de Berthier, ne put être d'aucun secours. » Un acte de prudence de la part de l'Empereur eût été d'opérer un mouvement rétrograde sur une position choisie à portée du maréchal Berna* dette.

* Il en eut l'iilée pendant la nuit, mais il l'abandonna bientôt, trompé par les rap{jorts de Murât et de Soalt qui lui montraient les Russes en pleine retraite. Aussi, dés la pointe du jour, aper* oevant Benigsen en ligne, éprouva-t-il de vives inquiétudes, et il déplora en termes amers l'impéritie de ses deux lieutenants qui avaient si mal jugé des mouvements de l'ennemi, et celle du major-général qui avait retenu en arrière le corps entier du maréchal Bernadbtte. — L'Empereur ne songea pourtant pas qu'il y eût trahison; mais, aujourd'hui , quand on scrute les documents officiels qui ont précédé la bataille d'EyIau , on

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» reconnaît ^ maigre les souibrMUoni et le$ \ » tiûm qtt'<mt subie» dos arclûves BMltlaiiw^ dM » iraoes évidentes ée felooie et ûe eovrupiioD; car » outre les faits déjà sigaalés et les iostruetiont » fiwtives de Benbîer, on voit que les mpports d'à* » vaut-garde sont ooiistainttent trompeurft, inetr- >» tains ou contradictoires. »

flfaintenaaty examiaons la aituatioii personnelle du prinoe de Poote^orto. En admetiant comnie certain que le générai d*Hautpoul lui eût cottmo* nique l'ordre qui l'appeldt sur le champ de balaifle d'£^lauy Bemadolte devait-ilpreodreh mèmedirection nonobstant le ffiaDque d'instructions? Certes, si Bemadotte n'avait pas été en butte aux accusationa de désobéissance et aux soupçons de toule nature qui le poursuivaient; si la scène d'Auerstaedt eàt été moins récente; s il eèt étéaffiranchi de tout »ttpçoBy U aurait pu suivre, même sans ordre, le mou* vementdu général d'Hautpoul : c eiU été l'élan d'«n soldat qui accourt au bruit du eaMn^ el, qiiet qu'il fut advenu, nul n'eut osé lui en feire un crime. Mais, poursuivi par la malveillaiioe, calomnié daii9 toutes ses intentiûiKS, abreu^ de dégoûts, Benn^ dotle pouvait-il prendre un parti dans lequel , en cas d* insuccès od seolemeoit d'inutilité, sesenne^ mis n'auraient pas maaqué de trouver un acte d'iti« sttboffdinalion ou de félonie? Son absence du diamp de bataille d'Eylau put donc être, avant tout, le té*

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siikat de cFMit» qw, en i^alysant son libre ar* bitie, élooflbîeDt set kMfMraikMift imlitaîres. K>'ûl* leurs y » oa veal biea se rendre compte de sm tnmebilUé et de sas nicertiUide&, il ne iaut point perdre de iroe l'ordre qui lui prescrivait de pour* suivre Lestoq el d'acculer ce général sur le Friscln Haff* Cette opératioo était assex importante, dans le système général de la campagne , pour que le prince de Ponte-Gorvo n'osât point l'abandonner de son <^f.

En résumé, c'est en marchant sur le général prussien que Bernadotte parvint, le 9 février, à Beblenboff où il reçut l'avis de la bataille du 8, et l'ordre de se réunir à la grande armée. H arriva le il à Eylau où était établi le quarlicr-général de V Empereur. Le i 7^ il se rem^it en marche pour aller reprendre ses cantonnements sur la l^assarge. Dans ce mouvement, il rencontra à Stangendoi^f le corps du général Lesioq composé de sept mille Prussiens et de cinq mille Russes; il le défit et le rejeta sur BrauAsberg où il Tatteignit de nouveau et le défit encore. Lestoq fut forcé de repasser la Passarj^^ laissant entre nos mains des drapeaux, de rariillerie et quinze cents prisonniers. Ce combat, qui eut aussi pour résultat d'éloigner l'ennemi de nos quartiers d'hiver, fut glorieusement soutenu par le général Dupont bien secondé par les généraux L^ houasey et fiarois. Cependant » le 3 mars, l'ooneiitt

s'étant approché des cantonnements français , TEmperenr ordonna un mouvement général sur toute la ligne. Maïs, le 4, les troupes reprirent leurs cantonnements sur la rive gauche de la Passarge , et , dès ce moment, elles ne furent plus inquiétées jusqu'au commencement de mai , époque à laquelle commença june nouvelle série de combats qui peuvent être considérés comme la troisième campagne de Prusse.

Dans les premiers jours de juin, l'armée russe augmentée de quelques divisions prussiennes, fondit tout à coup sur les quatrième et sixième corps de l'armée française, dirigeant en même temps plusieurs fhusses attaques sur les points occupés par le corps de Bernadette. Ces démonstrations n'eurent d'abord aucun résultat sérieux. Mais, le 5 juin , une forte colonne ennemie, soutenue par vingt pièces de canon, attaqua vigoureusement la tète du pont de Spanden, dont elle fut repoussée par les troupes du général Frère. Cette attaque pensa coAterla vie au prince de Ponte-Corvo. Apercevant un de ses régiments inutilement exposé aux ravages d'une batterie russe, le maréchal avait ordonné de lui faire prendre une autre position ; mais, mal compris, cet ordre s'exécutait avec lenteur et la mitraille continuait à éclaircir les rangs de nos soldats. Alors Bernadette pousse son cheval au milieu du feu, et une balle le frappe lui-même à la colonne

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Tertébrale. Quelques lignes plus prés, et cette balle luait du même coup un maréchal de France et un roi de Suède ; elle changeait le cours des événemenlset Élisait de nouvelles destinées à l'Europe. Revenu do la première commotion, Bernadette (kmna s^ instructions au général Maison et se re* ' tira pour se faite panser « Puis il remonta à che* val et voulut reprendre le commandement , mais rintcnsité de la douleur l'obligea bientôt de quitter le terrain et de se faire transporter au milieu de sa réserve. Plus tard, il dut conGer son commandement au général Dupont et se porter sur les derrières, afin d'y faire soigner sa blessure qui prenait chaque jour un caractère plus grave. L'Empereur plaça alors le l""' corps sous les ordres du général Victor qui gagna son bâton de maréchal dans les dernières luttes de cette mémorable campagne. Mais Napoléon qui, malgré ses préventions contre le prince de Ponte-Corvo , finissait toujours par être jttsieetbon à son égard , témoigna un vif regret de Taecident qui mettait hors de combat l'un de ses p!us habiles lieutenants ; et il lui lit écrire par son nuijor-général : « Il est difficile de vous exprimer,

> prince , la peine que l'Empereur et nous avons * éprouvée de vous savoir blessé ^ surtout dans un » moment où Sa Majesté a tant besoin de vos ta-»

> lents. »

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