N^ 18- — NOTB DE LA PAGE
Lettre du prince royal de Suètte au maréchal cùfnte ' Grouchy.
« Stockholm, 18 septembre 1816.
« J*ai reçu la lettre qae vous m*avez écrite de Bahimore le 20 février et je profite do départ de M. Russel , iftinistre des États-UDÎs» pour tous répondre.
Personne n'a pris une part plus vive que moi aux malheurs qui vous ont accablé ainsi que la France en général. J'en ai éprouvé le chagrin le plus profond; et ce qui a mis le comble à mon affliction , c'est que la position où je me trouve m'a mis dans l'impossibilité de faire, pour mes anciens compatriotes, ce que mon cœur aurait ardemment désiré. Je n'ti assurément pas la moindre répugnance à faire, en votre fiveury des démarches directes auprès du roi Louis Wllf, mais je crains que, dans ce moment-ci, celles que je pourrais fiiire à cet effet ne fussent pas couronnées du succès que vous souhaitez. Je crois donc qu'il est cqnvenable d'attendre jusqu'au printemps prochain pour faire quelque tentative pour voiis éu^e utile , et sf alors la réussite ne répond pas à nos vceox, il n'y aura aucun inconvénient à ce que vous reveniez en Europe et je prierai le roi de vous accorder un asîle dans l'un de ses États.
Quant au désir que vous manifestez d'être placé dans Parmée suédoise, je dois vous dire que cette armée ne ressemble en rien h celle des armées d'Europe. En temps de paix elle ne forme qu'une espèce de milice nationale; tous les militaires, depuis lo général
jusqu'au soldat, ont des terres proporiioiioées an grade, et dont le revenu solde ainsi leurs appointements. .
» Il n'y a qu'une place dans i'état-major ou dans l'armée , vœrfvade, qfA pkism «ona fosnem^ niai» «o ^nd obstacle s'y oppose, c'est la diflSculté où vous vous trouveriez à tout moment, ne connaissant pas la langue du p^yç, etc.
K"" 19. ^ Notes w ta vàù% ltt6.
Répoiues de Son Altesse le prince-rpyai à diver$ corps de fÉtat, à i* occasion du prétendu Ciomptol formfi contre sa personne en 18ji7.
(lux députés de ia Boulrgrasie de gtoekholm. )
«Mesflfleorsl
• ^ A'avais.pas hfsmn 4e ta aoniaHefponyg de dévonflomii que jvo^s jm doMm.aivaiixd'bvi, pour ^tse fmanàdé dt f mhcheoMsnt 4ue «rous lœ portei aiiiw qn'^ ann éis.
» 0j^jiis qudqn^3 .mm» il fiV^uWt kUw ite ptfs des bmfB vagues : un jour ]^ roi venait d*eaq^rer .; un amie , taon ib éurit près de rendre le dernier soupir; un antœ enfin « c!élait n»ménie qui étais menacé de la mort. Gm ajpai qu'on cfanrahrit à répandre l'inquiétude dans lea campagnes iQiMlqiies révélations ayant été faites dqrais, elles ont dû fixer r«ttf Qlion.de la police et même du gpuvemement. OeipoiirsiiUwJiidioiaireB aam or-
KT PIÈCES JUSTfriCAtIVES. >I1S
dMnées, et lÊ9 0Mip«M«s dd k» tOtmàis^im dèténf jugé» d'apfèB tes (bmies existantes. 91 Pdii n*ëti Todhrit ^n^à ma tié , j* poorrah p&frdc^tter avx 4i«tèijMP«r 4e cm brutlsî mais t'est à V6tre Mbeité, à v<6lre «oastitmieiit, ài vdd loi^, à vefUie ivoMieur, ((ai ei est la garantie, c'etl à œs ofcj«te les i^fu^ satrés p<yrir ileà Inmin es ée bien qu'ils en tentent.
» Quand, dans PaiMttemeDt oQ vons avait plongée tine longoe svite de désasH^es^ votis pKAtiet totre attention snr te» pièces, oomitBpar l^s^tnrices qu'ils avaient rendas h leur paitie, etqiie vcN» fitâtea TOtpe ekcàx mnr moi , je résdhis d'y répondre ; je ffle semis grandir mdme par l'Idée de vos périls, et capable de former les plus vastes desseins poor répondre à votre confiance ; je tsoti^ sentis à qtritter pour voqs les doaceûrs de la vie privée à laqaelte j'avais résolu de ccmsacrer le reste de mon eiimence •, je me détonai au'vèrvice d'une nation (jadis si célèbre et trtors si niattieareiise ; je vlan an milien de vous ; je vons apportai s pour titres et poor gaFantie^ mes actions et mon ëpée. Si j'avais pa y ajemer une lignée d'ancêtres depuis Cha^leMfartel , je ne l'aorais désiré que poor vous ; car, pour aiei , je sais égidement fier de mes services et de la gtoiv^ qui m'a élevé. A tous ces tiirea, je joins œtn de l'adoption du roi > de l'élection mianime d'«n peuple libre. C'est sur eux que je base ânes dnits , et aussi leiig-lerapa qae ta .justice et l'bondeor ne «eroot jmb bannis de cette lerre, ces droils saroiic plus lépltmes et plus ncrés que si je deseeadais d'Odin. -Les annales du anonde prouvent que jamais prince n'est monté sur un trône que par l'assentifuent du pea|^ ou par la force des armes. Ce n'est pas par les armes que je me suis frayé une route à la succession au trône de Suède; c'est le choix libre de la nation qui m'y a appelé, et c'est de ce droit que je TOUS parle. Rappelex-vous l'état où nous étions à mon arrivée, et voyez ce que nous sommes maintenant.
b II est vrai qu'il y a des malveillants dans tous les pays, mais le petit nombre qui peut se trouver ici n'a d'autre sujet de mé-
contentemont que la tranquillité dont jouit cette contrée. Il y a des êtres malfaisants qui n'aiment que le trouUe. Le désordre est leur élément et fait , pour ainsi dire, leur existence; mais cette faible poignée de turbulents n'a pas besoin de mesures extraordinaires pour être réprimée et contenue dans le devoir. Le roi marche avec la loi, et la loi aura assez de force pour dispenser de recourir à des moyens extrêmes. Tout doit. Messieurs , nous inspirer cette sécurité. L'intérieur est tranquille. Le cours de la justice n'a été nulle part interrompu. Le cultivateur remercie le ciel du calme dont il jouit. Nous n'avons rien à redouter du dehors; nous ne nous occupons pas de ce qui s'y passe , et nous* avons la certitude qu'on fait de même pour nous. Vos droits sont donc assurés, tant dans l'intérieur qu'à l'extérieur, et tout annonce que de long-temps nous ne serons pas dans la nécessité de les défendre; mais^ s'il le fallait, si l'honneur national l'exigeait, — suivi d'une armée Gdèle, aguerrie et disciplinée, appuyé par la volonté suprême du roi et de la nation, — je marcherais au-devant de nos ennemis , précédé par l'augure du succès, et dans ces occasions je sentirais couler tout mon sang avec plaisir pour le service de la patrie.
» Je ne puis pas m'exprimer, comme je le souhaiterais, dans la langue suédoise; mais mon fils la parle pour moi ; il est élevé an milieu de vous , et c'est sur lui que vos grandes espérances dmvent se fixer; je parle la langue de l'honneur, de la liberté, et c'est celle qui est entendue par tout Suédois qui aime vraiment sa patrie. »
( Aux députés de la Banque , de l'ordre des paysans. )
» Dignes membres de l'honorable ordre des paysans f
» C'est avec la plus vive satisfaction que je reçois votre adresse. J'ai toujours été coiivaiucu des hcntimeuts que vous venez de
m*exprimer, de votre part et de celle des braves paysans de la Suède.
» Le pouvoir judiciaire va examiner s'il y a des coupables. Pour vous calmer, je pois vous donner l'assurance que la tranquillité publique et l'inviolabilité de notre constitution ne peuvent pas courir de risques, et que le roi , moi et mon (ils , nous avons , de toutes parts, reçu les témoignages les plus ardents de fidélité et d'atUchemenL
» Moi et mon fils, nous pourrons mourir bientôt; mais si la volonté de la Providence est qu'un tel événement ait lien , j'ai assez de confiance dans le caractère noble et ferme de la nation suédoise, dans l'amour qui, de tout temps, l'anima pour sa liberté et son indépendance, pour être persuadé qu'elle saura soutenir ses résolutions et rester toujours digne d'elle. Je vous prie, braves et dignes paysans, de faire connaître à tons vos confrères les sentiments d'affection et de confiance que je leur ai à jamais voués. »
(Aux corps militaires et au RrigsbelGll (1).
« Messieurs !
» Je suis sensible à la démarche que votre attachement pour moi vous inspire aujourd'hui ; je n'attendais pas moins du dévouement de mes fidèles compagnons d'armes , qni ont vu cc« que j'ai fait pour la patrie et qui savent ce que je suis prêt à faire encore pour elle. Que vent cette faible et méprisable poignée
(1) Krigsb^dlt assemblée militaire coDvoqoée <1c temps en temps, où siègent, tie chaque régiment , le colonel par droit et un capita'ne par élection de la part des corps d'offliii^nt, pour réviser In "Aissc des pensions, et pour régler celles-ci.
T. lî. 27
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HB Notfes
de tuf-btileiits ipA seliiiUettt s'agiter âins i'ombrc pbiir troubiei' la tranquillité publique î S'ils n'en voulaient qu'à ma vie et i Cfllb de riioii tils , Je dédaignerais faciteniehl et lèui^ projets et leurs éfloKs. Je suis soldat , t'ai àppHs deptiis long-temps à mépriser la vie; mais ils (euleiit ébranler voà lois; ib vetîlent atlaqu(>^ votre honiieui' et votre liberté, je Hoîs alors iné lever pour les défendra Le vced Hbi-è Wè 1& natloii tn'a appelé sfar tes marches du trône. L'armée le sait; je n'ai pdint bri^é cet nbiineur^ mais je l'ai jtisdBé en 'Sbdteiiâîll votre chdii ! c^est eb mime teii)iis toutehir vos droits, et pour y t)arvenir, je sâiîrai déployer ceÙè ëtiergie et cette force d'inie ^ue là hàture (li'à accordées èl (liii , pètif>êti*è , hi'ont valii quel()ue rênôtiimée. Ce n'est poiiit pdiir satiè^8li^e ûti vàiii orglîell iîùe Je Suis Venu au niilieu dé vous. Moii ainbitidii t)crsonnellë est coiitèiite i yài acquis pbut* hiol àsâez de gloire. Le bbntiebr dé la StiMe est lé seul but 4uè J'efivisàgë , lé sèiil inobilè de toutes (neS àctionsi Je veux la liberté pour vous, je veux la gloire pour vous , je veux poui* vous la prospérité et , malgré les tentatives qu'on pourrait faii*o , je pârvièiidrai à voos assurer ces avantagea, les plus précieux pour les hommes de bien. ?ous le savez, Messieurs, je ne marche qu'avec la loi et je ne venx marcher qu'avec elle. Hais si , oubliant ce que je vous dois; si, oubliant mou caractère et mes prinapes ^ je me laigKiis bnivrer «n joui' en buvint dans la coupe de la pnissaiice, pour attenter I votre liberté « «et me raj^puler à mpi-mênie : c'est le devobr éH bravée de parier avee franchise et loyauté t^mon conir sera tôufourl prêt I toui eo« tendre ; et si , ennemi de ma gloire et de mes iiltérêle, Je refnee de \ous écouter, tournez alors, — j'y consens, — tournez contre moi ces mêmes armes que vous venez m'oflrir en ce moment pour ma défense.
» Messieurs , vous n'avez pas besoin de me renouveler vos scrnunts; je serais ingrat si je méconnaissais vos sentiments. On a osé jeter des soupçons sur quelques-uns de rites fl^es
a^àrhies ; J'ai rejeté Ibiti dé moî celle idée ttdîeusé ; je iha sdis rappelé avec i-ecohnaisèahce ci éhiotion h titré dé pèfe ifik t'arinéé m'a ii souvent décerné. Dès braves iie pëaveût être des parjures : c'est toujours sous l'hiibit et dans lé cœiir db Soldat qae résident l'honneur et la bonne (61
N* 20. — l^OTE tife L\ PkGÈ 206.
Prociainati4m de S. M. ie rd aux habitants de> ta Suède, annonçant qu'il est monté sur le tnSne en qualité de. roi de Suède et de Norvège. — Stockholm ^ le 6 février 1818.
« Lorsque; par suite de la proposition faite aux Etdts généràui (Kir féU notre père, le très- puissant roi et souverain Charles XIll, UOds fûmes unanimement élu le 21 août 1810 pont* son successeur ao irônë de Suéde, et qu'appelé i ta fotà par la voix du iBonal*que et la volonté du peuple, bons acceptâmes cette Toeation glorieuse miis diffiblle, nous fûmel guidé par la puisttntd conaidBration que votre résolutiou libre et sponuaée était amenée par des événements qui nous étiiient absoluuient étran* fferét et qui ne dépendaient pas de noos. Cette résolution nous fitrèndncer à uiie vlë paisible qul^ alors} était l'objet de tous nos tœox. NottS reçûmes, à notre arrivée en Suède, la preuve la plus éclatante de la confiance et de la tendresse de votre roi , dans l'acte |)ar lequel il nous açlopta pour son fils ; et cetle adoption , en impriiiiant un sceau pliis solennel et pins sacré à votre ouvrage, augmenta encore nos obligations et notre dévouement envers iiotre nouvelle patrie. Pendant les années qui se sont ccou-
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lées depuis cette époque si précieuse à not^e cœur, nous avons tâché de remplir envers ce prince, à jamais chéri et regretté, tous les devoirs d'un ûdète sujet et d'un tendre fils, et nous avons trouvé chaque jour, dans son amour paternel, la plus bdie récompense de nos efforts.
Ce bonheur n'existe {dus pour nous ; la mort nous a ravi celui qui nous avait voué toutes ses affections. Arraché de nos bras, de ceux d'une épouse inconsolable, du cercle de sa bmille éplorée, enlevé à un peuple dont il fut deux fois le sauveur, il est mort avec la tranquillité du sage, avec la paix d'une conscience pure, et, accompagné des consolations de la religion et des larmes de la reconnaissance, il est allé recueillir sa récompense éternelle dans un meilleur monde. Nous avons reçu pour vous ses dernières bénédictions qui , an terme de sa carrière, étaient aussi ferventes qu'au jour de la plénitude de ses forces. Nous avons déposé entre ses mains mourantes le serment sacré d'hériter, avec sa couronne, de sa tendre sollicitude pour la patrie, de ses vœux ardents pour votre bonheur.
Montant aujourd'hui, par suite de ce triste événement, sur le trdne de Suède et de Norvège , pour gouverner les deux royaumes d'après leurs lois fondamentales et le riks-iÊiu^ décrété et consenti par les Etats-généraux de Suède le 6 août, et par le starthing de Norvège le 31 juillet 181 5^ nous vous donnons l'assurance royale de gouverner le royaume d'après le r&oès de la diète du 2 mai 1810.
» Dès notre première entrée sur le sol suédois, le principal objet de nos soins a été de défendre votre liberté, vos droits et votre indépendance. £a providence a- daigné couronner nos efforts; aussi, dans cette occasion douloureuse, notre premier devoir, comme notre première pensée, nous ont porté à invoquer sa puissante protection pour' l'heureuse issue de nos travaux ultérieurs. Nous nous attendons à être fortement appuyé par votre union et par votro patriotisme. Biroitement unis à vo-
Ire roi coostitationnel , tous coDtmnerez d'être libres et indépendants ; c'est alors que vous honorerez le pins dignement la mémoire du prince que nous pleurons aujourd'hui avec vous. Puissent ses mânes protecteurs veiller toujours sur la destinée d*nn peuple qui fut heureux par ses sobs, et qui , sur la tombe de son roi, peut dire avec toute l'effusion de la reconnaissance : « Sans lui nous n'aurions pas ces lois que nous avons nous- 9 mêmes établies, ni cette terre libre qui couvre les cendres de » nos pères, ni cette perspective de l'avenir que ses vertus et » ses sacrifices nous ont préparé. »
« Sur ce, nous prions le Dieu tout-puissant qu'il vous ait, nos bons et fidèles sujets, 'en sa sainte et digne garde (1).
» Charles XIV Jean. »