‹ Histoire de Bernadotte Charles XIV. Jean roi de SuèdeChapitre 8 sur 69 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'Autriche prélude à uue nouvelle guerre. — DissimulattOD de ee cabiuet. — Eflbrts de la Fraoce pour maintenir la paix. — Agression des Au- UicliieDS et ourerture de la campagne de 1809. — État de la Suède à cette époque. — Bernadette prend sur lui d'accorder un armistice à cHte puissanee. — Arrière-pensée de ce général. — Ses plaintes continuelles. — Il demande encore sa retraite. — Sa participation aux premiers érénements de la campagne. — Sa conduite à la bataille de Wagram. — Examen de cette conduite et de la dlsgrÀce qui en fut le résultat. — Acte de rébellion morale. — Bernadotte part pour Paris.

Formée en 1791 , vaincue mais non dissoute par les triomphes de la révolution et du consulat, reconstituée sur de nouvelles bases par les articles secrets du traité de concert du 11 avril 4805, la ligue des aristocraties de l'Europe contre la France régénérée , était encore en armes depuis la Baltique jusqu'à la Méditerranée. Indiiïérente au choix des moyens, elle s'acharnait depuis dix ans à la perte d'un seul homme, parce qu'elle considérait cet homme comme l'appui le plus redoutable du système qu'elle voulait anéantir. Elle avait voué à l'empereur Napoléon cette guerre perpétuelle el d'extermination que Pitt n'avait pas craint de proclamer en plein parlement, et dont le but était le renversement de la dynastie impériale, celui de toutes les institutions créées par la révolution , l'abaissement

114 HISTOIRE PE BERNAOOTTE,

de la France nouvelle, le démembrement des provinces réunies par les traités et le rétablissement complet de Fancien ordre de choses. Tels étaient en 1809, comme en 1791 , les desseins patents ou secrets de la coalition dont T Angleterre était Tâme et le bras.

Les événements de Bayonne, la défection du.corps de la Romana, les progrès de i'insurreetion espagnole, les désastres de Baylen et deVimîero, Fabandon. de Madrid, avaient ranimé les espérances et réchauffé le courage de la' coalition. SouspréiBXie des inquiétudes que lui occasionnait, disail-elte, la formation de quelques camps français»en Silésie „la maison d'Habsbourg, que le traité de Presbourg avait laissée trop forte, préludait à une nouvelle levée de boucliers. Dès le mois d'août 1808, toute la monarchie autrichienne était sous les armes. Vainement cette puissance avait-elle la certitude qpe Napoléon ne méditait rien contre sa sécurité; elle affectait des craintes hypocrites, et faisait appel à loules les forces vives de l'empire dont elle représentait l'existence comme menacée par ce même homme qui ,, ayant eu deux fois son sort dans les mains ,i l'avait deux fois respectée.

L'aristocratie autrichienne nourrissait l'agitation, populaire par des dons palriotiq^es;.le cabinet renouait ostensiblement ses relations a veci! Angleterre dont elb. recevait de nouveaux subsides; vin^ bâ*

tmkWLtS XIV. 115'

limeals marehaiMlB sorUdieirt du porldte Trieste, à la vue de Tescadre britannique, pour aller cherchera* Malle les marchandises dé Londres et les agents de M. StadioA effraient secrètement cent mille fu$ifs> aux itisuf^és espagnole.

Alors, un cri d^ guerre parti de Vieûiïe, relentit dans toute F Allemagne; des troupes sont concentrées en Gallicieet en Bohême, les milices sont par-^ tout organisées et les archiducs parcourent les provinces, appelant le peui>le à ha défewse de la patrie comme si la patrie était en péril*, ^r Et cepen- » (font, écrivait M. de Champagny au comte de Wel- »ternich, vous savez bien que, loin de menacer 9 l'Autriche, nous ne hii demandons que d'être en » paix avec nous; que now ne prétendons à rien » de ce qu'elle possède; que nous mettons du' prix à » vivre a^ec elle dans une parfaite harmonie (f). » Le ministre français ajoutait que TEmpereur pouvait vouloir ignorer les préparatifs de la cour de Vienne, mais qu'il ne pourrait pas se les dissimuler longtemps ; que chargé de veïîler à fe sôreté de la confédération du Rhin, il l'avertirait de se tenir sur ses gardes; qu'it appellerait son contiiigent; que, luimême, il ferait marcher des troupes de l'intérieur vers te Rfim, ei ifuie de tonles paris on' serait sous les armes. « Dans un tel état de choses, disait M. de

(1) Lettre de Bayonne du 16 juillet.

Charopagny, une étincelle suffira pour produire un incendie (1), »

L'Autriche, à laquelle aucune perfidie ne coule , qu'aucun danger ne décourage, qu'aucune humiliation ne rebute et qui revient sans cesse à ses voies par toutes les fins , l'Autriche protesta de l'innocence de ses intentions et du caractère purement défensif des mesures qu'elle prenait. A l'entendre, elle ne songeait qu'à refondre ses vieilles institutions militaires, et à les mettre en harmonie avec le système de guerre des autres états de l'Europe. Mais Napoléon n'eut pas de peine à comprendre que de simples modifications dans le régime militaire de l'Autriche n'exigeaient point que cette puissance mît instantanément 400 mille hommes sur pied , qu'elle les armât, les exerçât et leur présentât le danger comme imminent et, par conséquent, la guerre comme inévitable. Désirant , néannrioins, épuiser toutes les voies de la conciliation, le ministre des relations extérieures écrivait le 30 juillet à M. de Metternich : <c Voulez-vous que les camps » français en Silésie soient levés? ils le seront. » Voulez-vous que l'armement des places de celte ^ » province, qui vient d'être ordonné, soit contre- » mandé? il le sera; que les approvisionnements

I) Lettre de Toulouse du 27 juillet.

> de Palma-Nova cessent? ils cesseront. Des décla- » rations publiques vous seront données, si vous le » désirez; elles seront telles que la supposition d*une » attaque, de la part de la France, sera évidemment » absurde. •

Déjà, quelques mois avant. Napoléon, pour ré* pondre à une démarche amicale et pacifique de Tempereur d'Autriche, s'était empressé de donner des ordres pour faire lever les camps des troupes de la confédération (1), et d'écrire à François II qu'il avait craint de voir les hostilités se renouveler; que la faction de la guerre poussait l'Autriche dans des mesures violentes et des malheurs plus grands que les précédents; que si les actes de l'empereur François montraient de la conflance, ils en înspireraienl; que la meilleure politique aujourd'hui était la simplicité et la vérité; qu'il lui confiât ses inquiétudes et qu'elles seraient dissipées sur-lechamp; qu'ayant été maître de démembrer ses états, il ne l'avait pas fait; qu'ainsi tout compte se trouvait soldé; qu'il était toujours prêta garantir l'intégrité de la monarchie autrichienne , etc.

Toutes CCS tentatives, et bien d'autres encore, ne changèrent rien aux intentions de l'Autriche.

(1) U lettre de l'empereiir d'Aotriche avili été portée à Napoléon à Erfnrthy par M. de Vinceot. Sclioeil dit à ce sujeC qne TAutridie n*é(an p» prête, deratt disumuter.

£oti;^Uiée par i'ApgJeierrie^ eeite fmwmkofi 4tvait rosplv Id gM^ra, et laFraace dut, malgré ell^, s'y pr^par^. <}uelqiies jBiois pias taM« J'iluirich^coiiiju^uce brusquemeot les boatiUtôa fiaaB aucune déclaration préalable et tandis que l'empereur des Fraojçai» est occupé ^n Ësps^ne avecrélitedeses treupes. Su novembre 1808, JNapoléoo était ailé prendre, eu personne, le conannandement de ses armées sur les bords <le l'Èbre. Sou apparîtioD eu Espagne awaitété spivie par 4es victoires qui avaîeut gjpri^useiueut réparé les revers 4$ Dupont k fiaylen ^ de Jua^ ^n Portugal, lies arniées espagnoles isvai^ntété culJl^éesiBaylen, à Valmaseda, à Ëspî- BO^^ i Tudela , à Soiuosierra, et te 3 déceiabre il avaH ramené son frère triomphantdans la capital dts ^spagotes. Apprenaot, alors, que l'armée aogldise, c^mmaodéa par le général Moore, s'est imprudemmeiltavancéedaps laVieille-GasU'lle, T Empereur fraachat le Giiadiarrawa avec sa garde et le^^corps^'ar*- 1^ et omrcbe rapidement sur le Duero, à la poursuited'uneqnettiqu'il eût infailliblement écrasé, s il eût pu l'alteindre. Mais la nouvelle des ciiangevients survenus dans la politique de l'Europe et des armements de l'Autriche ayant forcé ^poléon de revenir à Paris (23 janvier 1809), ce prince dut laisser au maréchal Soult le soin de poursuivre cette armée quî, après des pertes énormes, fut obligée de chercher un refuge sur les vaisseaux de l'escadre brî-

cmumES «xnr. !f9

ttBDnfqm à la Copogne. neutre en France , TEmpe- Teor s'efforça en -vain de conserver ia paix : il dut se préparer à la guerre d'Allemagne. Cependant, quelque courte qu'eAt été son absence, la situation de l'Etirqie avait changé dans Tintervarlle. Toutes les puissances s'étaient de -nouveau coalisées pour lui -aosdter la guerre, et H n'était pas jusqu'à la Porte Ottomane qui ne promit à la cour de Vienne des se- 4MIW8 en hommes (1).

Enfln, le 6 avril 1*80910 prince Charles adressa à 86ii armée une proclamation dans laquelle, à Finitation des juntes espagnoles , il parlait du salut de la patrie et des libertés de l'Europe réfugiées aras ses bannières. Un passage de ce manifeste InAdssak 4a «formation d'une nouvelle coolitîoti : 4r Bientôt, y était-il dit, des troupes étrangères, • étrortement unies è noirs, combattront avec noos *» f ennemi comnran. » Or, .quels étaient les auxi- Kaires promis à l'ardhiduc ? Les événements ont surabondamment prouvé qu'en avril 1809, la fidéiîilé de la Russie à l'alliance française était déjà ébranlée, et que la Prusse n'atlentlail qu'une cireonstance favorable pour se déclarer con re Napoléon. €et%e puissance était déjà l'âme de toutes les seciélés secrètes qui exislatent en Allemagne et notemmeni ^ la confédération formée à Ko&nigsberg ,

(0 Mémoires du tnarquii de LvccJfesini.

120 HISTOIRE 1>fi BERNÀDOTTE , '

dans le but a de ranimer les courages, de mûrir les » résolutions et de préparer les forces nécessaires t pour tirer une glorieuse vengeance de l'implacable » ennemi de la monarchie prussienne. »

Aussi, sans déclai*ation préalable, au mépris de tous les droits et de tous les usages sanctionnés parmi toutes les nations civilisées, l'Autriche com* mença les hostilités sur tous les points à la fois : en Pologne, en Italie, en Bavière, en Franconie^ dans le Tyrol; et partout des proclamations incendiaires appelèrent les peuples à l'insurrec* tion. Cette scandaleuse rupture éclata le 8 avril d809.

Dés la fin de mars, le prince de Ponte-Corvo avait reçu l'ordre de se rendre du Hanovre à Dresde, pour y présidera la formation d'un des corps de la grande armée. Mais, ayant de suivre Bernadette sur ce nouveau théâtre, rappelons une circonstance qui ne sera pas étrangère à son élévation au trône de Suède.

Ck>rome on l'a vu dans le chapitre précédent, un des premiers soins du successeur de Gustave IV avait été de solliciter la cessation des hostilités avec la France, le Danemark et la Russie. Au milieu des embarras inextricables dans lesquels la démence du roi détrôné avait plongé la Suède, la paix était devenue la plus urgente des nécessités pour ce malheureux pays. L'officier chargé par le duc de Sudei^

manie de porter cetle demaode d'armistice au prince de Ponle-Gorvo , ne put le rejoindre qu'à Dresde, où venaient de l'appeler les ordres de T Empereur. Alors , et sans se croire tenu d'en référer à son gouvernement, Bernadotte s'empressa de prescrire aux généraux français qui commandaient sur les bords de la Baltique, non-seulement de suspen* dre les hostilités contre les Suédois, mais encore de recevoir dans les ports de leurs juridictions respectives tous les bâtiments suédois qui-s'y préseor teraient.

Quelle était l'arrière-pensée de Bernadotte? Pressentait-il déjà le sort qui l'attendait, et voulait-il préparer l'événement qui, un an pjus tard, le fit asseoir sur les marclies du trône de Charles XIII ? L'empressement avec lequel il accueillit la proposition du duc de Sudermanie et les égards excessifs dont il environna , dans cette occasion , les intérêts suédois, semblent prêter quelque autorité à cette conjecture. 11 est du moins certain que la suspension d'armes fut blâmée par l'Empereur, comme ayant pu le compromettre envers la Russie et le Danemark , en paralysant les opérations de la première de ces puissances en Finlande el les projets de la seconde sur la Scanie. Aussi , le 11 avril, Bernadette, qui se plaignait d'ailleurs de l'isolement dans lequel on paraissait le laisser, en ne lui adressant ni' ordres ni instructions , écrivit à Napo^n

Htt2 HISTOIRE Dfi MimADOTTE,

pour sollicfter sa rètrarte ou de Femploi dans une expédition lointaine, « où, disait-il, mes ennemis » n'auront plus d'inlérôt à me nuire. • Cependant il accepta le commandement du 9^ corps d'armée eomposé'de troisdivisions saxonnes réunies à Dresde et de deux divisions des troupes du grand-duché de Varsovie, forment ensemble une masse de cinquante mille4iommes(4). Les garnisons de Glogau et de Bantzig furent également placées sous les ordres de fiemadotte qui, le 25, reçut Tordre d'entrer cm Bohême. « Napoléon allant marcher sur Vienne, -9 lui écf ivak ie major-général , attend nvec la plus » grande impatience \otre arrivée entre la Bohème » *et ftatisbenne pour coordonner yos opérations ei » celles de Tarmée. Alors lîtavoust marchera sur •» f Autriche. Le 9* cor|DS trouvera à flati^onne la » division Dupas et la réserve formée par lé général » Rouyer de tous les détachements qui arrivent de > divers côtés. »

Viers la fin d'avril , Bernadotte quitta les borde

(1) Sans aroir Talr de «e itréoocuper des doléaace» de Bamadctto» Napoléon lot écrivait le 19 : « Mon consin Je suis arrivé à Farinée de-

» puis deux jours; j'ai mis tmt en mouvement, et j'espère chasser bientôt « ortie Duéed'Antrictiiens sur les iMMiSe de l'Inn. Tene»^èifft m eoumnt » des mouvemeots des RiuAes du côté 4e la Gallicie» et de ce goi vAmsn » ao ciliioet de Dresde. La Saxe est en guerre avec rAutriclie; aucun » minUtre ni envoyé autrichien ne doit être soufTert à Dresde, il ne doit ^««Mer Aucune oomOMUiicatitfft «tec la tobteie. »

àe la &»9ifB^ afin 4€ se raffModier de laiîgne d'opératioM ée V»mé» 4'Allenagae. Une lettre du 80 lui awît<d6iHié carte blandie pour Êiire le^plus de mal à reMiemi y snûvant lea cîrconstaiiees. 11^ eoira le 9 oai à Plaven, et, ae dirigeant sur Paseau, il arriva à IiinU le 17^ au moinem ou les W^irtembei»geois allaient être forcés d'abaoïionner <eeUe ville doyat ji contribua à défendre la têie de pont. Ce mouvemeot circulaire s'avait pas peu conlrï)ué i muiliplier les inqpuiétiides^e rarchîduc et i i^tenir use partie de ses forces en Bohême. Cependant, on i^eprocba encore à fiernadotte d'avoir agi avec ieotev dans cette cirooostance; « mais cette fois, dit un » historien militaire (i), il hoi s'en prendre à la

> compoaîtiott du corps qu'il comniandait. » En elKit le prince de Ponte^^orvo écrivait au, major-général ^tt'il était iAdispenaable que l'armée «asonne £èi afif^ujiée et stitfMiléc par i'e&eniple d'autres troupes plus aguerries •qu'elle. «Il me faudrait, disaitril, des » troupes aguerri, des généraux expérimentés pour » diriger les diverses colonnes.... Les Saxons, je 4e 9 répète, sont hors d'état d'agir 'isolément. Il n'y a » aucun de leurs généraux auquel je puisse canfiN*

> une opération délachéeu Avec des Français }e »4mnf»terais sur l'énergie ei l'es^pénience des

(1) Le général Pelet.

» troupes; mais , je le répète, avec les Saxons je ne » puis rien (4). » Cependant, après avoir assuré la conservation du pont de Linlz et fait retrancher l'importante position de Post-Lingberg, Bernadotfe manœuvra pour opérer sa jonction avec la grande armée dont il forma Taile gauche, sous les ordres immédiats de Napoléon.

Ici va se produire un des événements les plus importants de la vie militaire de Bernadette ; événement immense dans ses conséquences, parce qiron peut, jusqu'à un certain point, lui attribuer la conduite ultérieure du prince de Ponte- Corvo envers Napoléon et envers la France. On comprend déjà qu'il s'agit ici de la bataille de l/Vagram qui fut, pour Bernadette, l'occasion d'une éclatante disgrâce.

Pour être juste envers tout le monde , il faut mettre en regard la version de Bernadette et celle de ses accusateurs , sur celte affaire mémorable. Mais donnons d'abord la description du champ de bataille de Wagram : elle est nécessaire à rinlelligence des faits qui vont se dérouler.

« ..%.. L'ile de Lobau s'avance considérablement »sur la rive gauche du fleuve, au delà d'une ligne » formée par le grand courant de Spitz à Fischa- » mend. La chaleur qu'on éprouvait depuis long-

(1) Lettres du prince de Ponte-Corvo au roajor-géuéiiil , 30 «Tril , 6 et 28 mai. — Voir Pièces ju»tificatiTes, d. 6 et 7.

» temps et rabaissement des eaux , laissaient près- »qu'à sec les petits bras, surtout vers Asparn et

> Mûhlleuten. En avant et autour du saillant do la »Lobau, s'étend à perte de vue la plaine- immense i»de Harchreld, sans le moindre accident, où «l'on aperçoit seulement quelques villages. A

• deux petites lieues vers le nord, coule le Russ*

• bach, ruisseau marécageux qui se dirige du » nord au sud jusqu'à Deulsch-Wagram , et après » ce village, de l'est à Touest, parallèlement au Da* »Dube. La rive gauche est bordée par un rideau » assez élevé , qui se recourbe vers le nord à Mark- » grafen-Meusiedel , et dont le prolongement vers

> l'ouest au delà de Wagram , peut se lier avec le » pied des collines de Stamersdorf. C'est cette dor- » nière ligne de hauteur que l'armée autrichienne » occupait d'abord dans toute son étendue ; la gauche

> vers Léopoldsdorf; la droite par Gerasdorf sur » Stamersdorf. Celle-ci s'appuyait au Bisamberg » qui est à quatre lieues d*Enzersdorf, jet qui touche >au Danube. On peut considérer Stamersdorf, B Wagram /Léopoldsdorf et le sommet de la Lobou, » comme formant un losange assez régulier, au

• centre duquel se trouve Raschdorf et dont le » fleuve ferme le côté sud-ouest. Les trois premiers » points présentent le développement entier de l'ar- » mée ennemie; le quatrième est l'emplacement »des ponts par lesquels nous débouchions. En

426 HISTOIRE DE BGimADOTTE ,

» se portant sur l'une des a<les de rarreliidiie, Mb* » poléon iie faisaît cfoe TobHger » rectifier la pMi- » tion trop étendue qu'il atait prise. En occupdtit »Wagram, plus rapproche que les deux adirés > points , il pjerçaît le centre de TaPinée' ennemie ; » celle-ci pouvait d'autant moins se retertner, qs^elle » décrivait une tenaille dont les pointes étaient » avancées. Si le généralissime s'empanrit dtt ter- » rain qui environne le saillant de la Lobau, la re-* » traite de notre armée détenait difticiie. £lle pou- » A ait être réduite au seul pont de' l'extrême droite » ou de l'embouchure. Ce saill^ntet Wagranyécaiene » les deux i>oints stratégiques du champ de balai lie. » Tel se présentait le terrain où l'armée attrichienne » allait décider du sort de son pays, et même, en » ce moment, de celui du continent (1). »

Quelle fut, sur ce terrain, la conduite du prince de Ponte^orvo dans les journées des 5 et 6 juillet?

Du rapt>ort qu'il présenta à l'Empereur, le 7 à tW)is heures du* matin, il résulterait que te 5 (première journée de la bataille de Wagram)\ le maréchal, après avoir reçu les instrutittons êe Napoléon , marcha à Fennemi , qu'il rencontra à Raachdorf (2). Les troupes réunies, en ce momenr, squs son commandement, étaient peu nombreuses-, éen

(1) Mémoires sur la guêtre de 1809 par le ^éral Pelet. (1) Voir Pièces jostlflcatiTes , n. 8.

GHAALES XIV. f3*?

balaiUoDS français et la moitié da aoo arlîller ie ayant été cetenus dans Tlle de Lobau pair ordl*6 de l'Ejnpereur. Le maréchal chassa Teiuienii de la posilion (le Raschdorf el marcha sur Deuisoh^Wagraini Sa réserve, coiopesée d'uoe Taible division fran^iae sous les ordres du général Du|^as et qui s'avançait à une dislance d'un quiarl de lieue de la première ligne, foLdélacliée de son corps sans qu'il enfùt informé. Alors trois mille ohevaui ennemis débouchèrent sur sa gauche; il les fit charger par le général Gérard qui les culbuta. Bernadette marcha ensuite sur Deutsch-Wagram , emporta cette posi-tion que défendait un corps de quarante mUle hommes, eLs'y maintint long-temps malgré les efforts de l'artillerie ennemie ^ mais,, plusieurs bataillon^' saxons ayant , par erreur, fait feu les uns sur les autres, et Bernadette n'ayant plus la* dispoaîtioa dm s(m arriére-garde,.l'enaeroi, profitant de cette oon-*fusion, réatlaqua Wagram et s'en empara. Bema«dette l'en chassa de nouveau, mais le»obu6i et l'in»cendie le mir^ent dans F impossibilité de s'y- inaînle^ air. 11 était alors ^us deminuit. Le maréchal réunit toutes ses troupes- entre lesr villages de Wagram* et d'Aderkiaa,.et bivouaqua- presqu'au milieu» de l'ennemi, en avant de près d'une liene de&autnts covps» de l'armée française, be 6, à trois heunee du matin, les Autrichiens manœuvrant pour l'envelopper, il dat se ratîreo sur l'armée francise el^ prendee po-^

428 • HiSTOine be bernadotte,

sition sur un plateau en arrière du village d'Aderkiaa. C'est là qu*il fut rejoint par l'Empereur sous les yeux duquel les Saxons combattirent vaillamment , pour soutenir les troupes de Masséna à la dernière atlaque de ce village. Pendant le reste de la journée du 6, Bernadotte qui avait perdu la moitié de ses troupes, dans les combats de la veille et de \tk nuit, contribua avec les lanciers et l'artillerie de la garde impériale, à repousser les Autrichiens qui cherchaient à pénétrer le long du Danube jusqu'à h tête du pont, et il se trouva, le soir, à Léopoldau où il attendit les ordres ultérieurs de l'Empereur. Telle est la substance du rapport du prince de Ponte-Gorvo, sur sa coopération à la bataille de Wagram. De plus, dans des notes inédites mais destinées à servir à la composition de ses mémoires, Bernadotte cherche à établir que, sans l'échec qu'il éprouva, la veille, à Deutsch-Wagram , la journée du 5 eût été décisive; et, cet échec, il l'attribue a^ec aigreur tantôt à l'inhabileté des manœuvres de l'Empereur, tantôt à une perûdie froidement calculée pour le perdre, lui Bernadotte. Suivant ces notes il aurait eu, le 6 au matin, une vive altercation à ce sujet avec Napoléon. «Sire, aurait dit le » maréchal. Votre Majesté est trop élevée pour pou- >» voir ni vouloir ambitionner la gloire de personne; » mais un acte de déloyauté ou de trahison a failli » me faire pei*dre, hier, le fruit de trente années de

> bons services. » Bernadotte voulait parler de la direciion donnée, sans qu'il en fût informé, à son arrière-garde, circonstance à laquelle il attribuait son insuccès. « Le général Mathieu Dumas , dit-il » ailleurs, fut envoyé à Âderkiaa, le 6 juillet, à 5 » heures du matin; je lui témoignai mon indi- « gnalion , de ce que mon corps d*armée avait été

• sacrifié d'une manière déloyale, par la destina- » tion qui avait été donnée à la division Dupas et » à deux régiments de cavalerie saxonne, au mo- B ment même où le général Savary me portait l'or- » dre de forcer la droite de l'ennemi. Je priai le

• général Mathieu Dumas de prévenir TEmpereur,

• qu'après la bataille, je lui demanderais l'autori- » sation de quitter l'armée. *

« Si cette perfidie n était pas froidement calculée, on peut dire, ajoute Bernadotte, que le commandant en chef était dans une extrême ignorance des mouvements de son ennemi, puisqu'au même instant où il enlevait à son lieutenant de gauche toute sa réserve, sans l'en prévenir, il portait cette même réserve de la gauche à son centre, pour attaquer une position inutrle. La principale opération de la journée, après le passage du Danube et la marche en avant, devait être l'occupation de Deutsch-Wagram qui était devenu le pivot de l'armée ennemie; pivot qui formait sa communication principale avec la Bohême. Le dernier sous-lieutenant de l'armée au-

lâO , HISTOiaR DE BraU«4D0TTE,

rait reconnu, par TassieUe du terrais; la uéaeBsité d'avoir Wagnani oe mèaie soin. Un eapiteine expé^ siin60tûy.au lieu d'ôter au* prinoeF- de Pont^^Gonro saréserve et une partie de son.&iblecorpsde bataille, lui aurait envoyé vingt mille homme» au moins, pour, pr^endra Wagram ee même jour.. La bataille n'aurait pas eu Lieu le lendemaia, et la< Bohème aurait été* conquise (1). L'exigence de* ia- Fnaace fut, mise* en problème à' Wégram. »

(1) Cette opinion est aassi celle qirémettffit». quoique dans un esprit différent, les aotorités les plus compétentes. Voici, par exemple, ce que le géliéral Pelei dit à ee sujet dans son remarquable ouTrage sur la campagne; de 1409. • LeeénéraliasiiM ii'aTaHaupTèi.dfel«qufaM'.pitti*dÉ)SBift •» armée ; celle-ci pouTait être entièrement rassemblée dans la^nuit. Il était » de la plu8 bante importance de prévenir cette réunion, d'occuper le camp » retranelié do R'usfbaeb, oè elle serait le phks ftcHenient' et le pitis tôt v efiBctuée. En enportait. cette poettlou et mrtoiit Wâgmn^.eealmdalar » ligne brisée que formait l'armée ennemie , on évitait une nottvelle. hè^ » taille pour le lendemaio ; on obtenait des résultats qui ne pouvaient ««fresMendas que d'Une grande vieteire; on maintenait, on augmentait n mtoe la .dispersion, des ailes qui s'aTançatoniten. peinte. Lc8i'cor|i»da » Russbacb, étant battus ou un peu vivement pressés , n'auraient pu re- » joindre ceux de la droite et de la gauche. Cette attaque n'a pas été men- » tionnée'dane les bnlletins français, parce ^'élle n'irpas réussi; elle a » été maljefltèipnr qnslqnei perscnaes i H Ifaat éenc Irptésentoramcvlne » de détails.

>» Lorsque nos troupes s'approchèrent du Rus8l)^h , l'Empereur se » perla lèpInsvnnil^possIMe, vis4^rde oetle pesition. Lee ar1»res qui m bewtaignt le raisseaii, la^crèfte mène dn^pUteaa, enin^lesebanqnes ém » camp cachaient les dispositions de l'ennemi. Quelques4ins pensaient 9 qu'il se retirait , et que sa canonnade avait pour objet de masquer oe it. On voyait oepeninatdee't^Kvaillenrsè'Neaiiedelet-àrBan'»

CHAHLCS XIV.

kuTL récrtmimiions du prince de Ponte-Corvo, des écrivatBS d'une autorké inipo:»aiite répondent que ce maréchaP avait reçu, vers sept heures, Tordre èe mareher rapidement {Miur soutenir Taitaque du centre; qu'il s'avança fort tard et lorsque Dupas, Lamarque et Oudinot étaient déjà repoussés; que son attaque préisentait plus de facilité que les autres; qu'à Wagram , se trouvait rexlrémilé du corps de Bellegarde et que celUi-cr, allongé sur un terrain de quinze cents toises, mis en désordre par Lamarque et Dopes, n'avait placé que dieux ou trois bataillons dans le village. Suivant ces relations, qui s'accordent

meradorf. Ilcpoléen a'aMunft qua lea- bautaors étoiMt ofacu^éw , sans poflToir détermioer la forée des corps qui s'y trouvaîeot. II réfiolut de les alUqner. Yers six on sept heures, les ordres farent portés par Savary à endfaoi et à Danadotle. Ai» mdNi^ momeiit remperenr envoyait Refile au Tice'roi pour lui ofdooner d'enlev«r U nde&H» ea. reammandant à. son aide-de-camp de rester auprès de ce jeune prince. Kdûq U fit prèscrire k Davoust de canonner vivement Nensiedel , et de Tattaquer par lia deux riws du RoealMwli. Ainsi la nwjaufe partie de Varmée allait rératr sea eflbrta aootre liois oarpa enaaaiia^ pendant que Masaéaa ooatenait seul, vers la gaoche, tous ceux qui étaient devant lui.

» La canonnade s'établit sur tonte la ligne ; elle fot dirigée particulière- ■Mnl^ nor Banaaarsdorf, qut devint 1» proie des Oammes. L'artillerie à eittvial da la garde a'étant avaiaaée vans 1^ gauclia, entre Dapaaet Btr»

nadotte, écran de son feu les niasses autrichiennes. Malheuréujiement» les corps qui devaient attaqner simultanément étaient à des distances

jXgntas et n^agiiwit pas avêe un égal déf&uemeni, ta nuit arrivait, et

Ton ne pouvait pas perdre de temps à attendre le mouvement des ailes.

L'attaque n'eut pas lieu avec tout Tenseroble nécessaire ; ce fut la seule

caose qni l'empêcha de réissir. »

toutes sur ce point , il y avait une distance considéi^ble entre ces troupes et celles qui étaient sur leur droite. Wagram , \illage assez étendu et situé au coude du Russbach , pouvait être entouré par nos feux et assailli par trois ponts qui traversent le ruisseau. Les hauteurs s'abaissent autour du village. Pendant long-temps, Dupas le débordait et le prenait à revers. Il parait même certain que ses tirailleurs avaient atteint les premières maisons au-dessus de Wagram, à l'entrée du chemin de Baumersdorf. Dans ce moment Bernadette aurait facilement enlevé et* conservé ce poste. La relation olficielle de l'Autriche porte que le corps saxon marcha le dernier de tous, s'empara de Wagram défendu par le * i^giraent de Reuss-Plaven, et qu'il en fut chassé par une attaque que firent, sur ses deux ilancs, deux bataillons, Tun de ce régiment et l'autre de Mitrowski. Cependant les Saxons se retirèrent sur Aderkiaa, (ju*i)s abandonnèrent après quelques heures (1).

La vérité est que, dans ces deux journées, Bernadette se battit avec courage, mais les forces laissées à sa disposition étaient évidemment au des* sous des difficultés de sa tâche. Sans admettre que, mû par un sentiment indigne de lui, l'Empereur ail \oulu compromettre la gloire de son lieutenant, en compromettant aussi la fortune de ses armes,

(I; l'elet, Mémoires sur la guerre de 1S09.

on doit du moins reconnatire que, dans cette grande circonstance, Napoléon se montra peu soucieux des lauriers de Bernadotte. Du reste, le 6 comme ' le 5, l'étoile de ce maiéchat avait pâli, et le chagrin qu'il en éprouvait lut arracha plusieurs fois des allusions blessantes pour son maiire. Voyant sa ligne serrée en colonnes profondes et inutilement exposée aux ravages de l'artillerie ennemie, il ordonna à ses généraux de se déployer ; et, sur leur observation, que l'Empereur les avait fait former dans l'ordre où ils se trouvaient : « Obéissez, s'é- 9 cria-t-îl ; j^ai, moi , pour habitude de ne faire tuer » que le moins de monde possible. » Ces paroles acrimonieuses furent entendues de Napoléon qui en . conserva un amer souvenir. Cependant, les chances de la journée furent long-temps incertaines; mais, grâce à un effort héroïque de cent pièces d'artillerie L-ommandées par Lauriston, et vigoureusement soutenues i>ar le neuvième corps, le combat fut rétabli et la bataille gagnée.

Le prince de Ponte-Corvo s'attribua l'honneur de ce mouvement décisif, auquel, en effet, il avait pris une part glorieuse, à la tête de sept ou huit mille Saxons. Cependant le bulletin ofQciel qui rendait compte à l'Europe de la bataille de Wagram, l'un des plus grands événements de ce siècle, faisait à peine mention de l'armée de Bernadotte. « Obligé de punir, dit, à ce sujet, le général Pelet,

494 iiiSTomc i>£ «bernadotte,

» JHc^oJéoià isiiclia le >obâtiiii6iit Jàvec la faute. L'ar- » mée, qui «« plaigoait bauteuiieal; de la conduiteidu » j^ÎAce Bernadelle ; qui J'aooiiaaît d*avQÎr.att^aMé

# 6es4âi^ers et diiuinaé^ gloii^à Wagran «coiDniie »i A'UBieFUUE /et i léna, -ne fpiit ^w «ans lui grand » étonaerneul .aon ^rdre du j^Mur aux Saxons tnaéré » daas les gazettes aUemandes. » ¥oioi «eeite ppo-< <dânation que le prince de PonksGorvo eut, aelon les iui£^ l'iiK)PO)rdble téoiéivité.; mI^ii les autres, le Jouable «cmipage d'adresser à son aiMoée.:

« Saxons^ dans la journée du g, sept ou Jbuit oiîlle »4'eBtpe vous ontperoéle centime «de l'armée enne- «noMe et se sont portés sur Deutsch-Wagram, mal^ «gpé les ^effarts de quarante mille hommes soute-« •»*niis j)ar cinquante Jbeuobes à feu ^ vous.a^ez corn- •'battu jusqu'il minuit ei bivouaqué au milieu des '» lignes autcidiienaes ; )le ê^ «dès la «piHnte «du ^ur^

• vous a^es reoommencé .le combat avec Ja nièoie » {persévérance, et, au milieu des itavages de l'ariil^ » lerie ennemie, vos colonnes viwanles sont jresiées

iMiirtilîîr oonfone l'airain. Le^rand Napoléon a mtwu votve déveuement ; il wous oeto^pte parmi les > braves. Saxons, 'la fortune d'^n tsoldat consiste a » i>emplir ses •devoirs ; 'vous avez ^dignement fait le 41 vôtre. »

Bès que cette .prodamatîon fut connue, J'Enipe* renr :prononça la dissolution du 9^ corps, et ad^ressa auK maréckanx et au\ ministres seulement, un ordre

^uJDUi'^fléièrefpoiirflBeraaAotte. Ge docmBeitt portait.: € dSa Majeaté témoigne «on mécomeirtement «.aa^nafénhal ptinœ de iPonle-Cionro, pour Bon or- »<dffe*«hi ^vtt daté rde Léopoldaa et qui a été :in- » séré, à une même époque, dan6 ^iresqve tom^les •jowfiiiatix.ifcidépefldaHinMintfde'Ce que fia Majesté ^^eomiBande son amée en personne, c'^est à ^e ^aeiftle qu'il appartient de distribuer le (dagré de

• gbiee-qoe^ohacun a -mérité. — fia Majwlé doit le » sueeôa^deaes armes auxlroupes^ïraiiçaises, et<non »à auoQiifétningcr. 'L'ordre du jour du prifioe de j»>Pttnle4!0rVD^it6ndant à 'donner de'fauases préten- «lîûOB il *Uestrenpes au iBBOÎns médiocres, est^con- »AtaiseâiftMfériié, àîia paitiiff« «ta ^rbaoneur-nav^iooal. Lesauenàs de la journée du 5 est dû aux

* eorps des «marédaux doc de Bivoli retfOndinot, » qui ont >percé Ile centre ^de il-ennemi , en luafème » temps tCfue rie «orps* du diic.d'AtterslMdtUe'toiir* jiaiait tpar «a ^gaudie. — iLe «viUage ^de iDcialsch-'Wa- •gram ^'a pas été en oiolve pouvoir dans la jonr- H^iiéedu ô. tOe villagi^ a«été)prfla.; mais il me l'a «4lé 'f}oe le 6 Â midi tpar le eorps du 'maréehal ^^udîaal. — *Le «oops du prince ide fPonte-Cnrve ».n>'wt rpas resté immobik cooinie d'airain :: il a » èatiu le fpnamier en j!Olniite« :fia Majesté a été :»ioUigéeide Ue^firitetDOwrirîrq^r'le eorps^du laee-roi, ^^qxir 4eB (divisions iBroiissier ret iLarasnrqne.oonnimi- Hi dées «par detinaréalml Waedonatd , par la df^tsvm

i96 HISTOIRE DE BERNÀDOTTE ,

» de grosse cavalerie aux ordres du général Nan- » souty, et par une partie dç la grosse cavalerie de » la garde. C'est à ce maréchal et à ses troupes » qu'est dû Téloge que le prince de Ponte>Gorvo » s'attribue , » etc,

Jusques à quel point ces mutuelles récriminations étaient-elles fondées ? Ce n'est pas ici le lieu de décrire la mémorable i)atailie de Wagram , de développer les combinaisons stratégiques qui la préparèrent, ni d'apprécier les résultats politiques et militaires qui la suivirent. Mais il faut du moins rappeler le caractère général de ce grand événement, pour reconnaître ce qu'il y a de rancune et de passion individuelle dans la critique qu'en a faite Bernadotte. Au jugement de tous les historiens militaires et de tous les liommes d'État, français ou étrangers, qui ont médité la guerre de 1809, la bataille de Wagram est une des plus remarquables des temps anciens et modernes, pAv les travaux gigantesques qui l'avaient préparée, par le nombre des soldats qui s'y entrechoquèrent, par l'acharnement de la lutte, par ses alternatives de succès et de revers, par les phases diverses du combat, l'uniformité du terrain, la grandeur et la soudaineté des mouvements, l'immensité de l'échelle des opérations, la profondeur du génie qui fixa la fortune, et les conséquences immenses du triomphe. Ainsi, lorsque le prince de Ponte-Corvo représente la victoire de Wagram comme un évé-

Dément fortuit , contraire à. la loi dos probabilités, étranger aux calculs de la science et aux inspirations ilu génie, il obéit à ses ressentiments personnels, mais il ment à sa raison militaire et politique.

D'un autre côté, les hommes (et ils sont nombreux), qui accusent le prince de Ponle^Gorvo d'être arrivé sur le champ de bataille avec des idées de défection; d'avoir, le 5, attaqué mollement Tennemi et abandonné sans nécessité l'importante position de Deutsch-Wagram ; de n'avoir point su ou voulu prévenir, le 6, la déroute de ses troupes, qui fit, disent-ils, le scandale de rarmée(l), — ces hommes satisfont d'anciens et de nouveaux griefs, mais ils calomnient le courage de Bernadotle qui^ sans doute, caressait trop souvent des idées d'intrigue et des projets de complot, mais qui ne les porta jamais sur un champ de bataille. Seulement, Bernadotte disait vrai lorsque, dès l'ouverture de la campagne, il écrivait à Napoléon qu'il ne pouvait rien exécuter de grand avec des Saxons, et , à Wagram , ses troupes justifièrent celte légitime appréhension. Elles combattirent mollement et compromirent, sans contredit, la renommée de leur chef dont le génie militaire et l'intrépidité personnelle furent, dans cette circonstance, impuissants à suppléer à Tinsulfi-

yl) îlonins-

)18B HISTOIBE DE JfflnflàDOTTEy

slHwe *ila menibre «et au cdévcnminml éHOPvé «Ae «b .fioUbto* Ou^eo ^réseaoede :tek rfaits , Beroadotte se âenllt profondémenl; bleasé des icsdemnies dont il était robjat^ c'était jusie, c'était oatii90l;!iiiaisqoe ttuiaiinraifie kumeur .allât jusqu'à .^[luloir âmmorta- •liaerdas ireupes (|Qi, »toiU.auiplu8,'Be«érhamit oi le Même Di l'éloge; qu'il lesdgnâlâtà l'admirer tion de l'Europe, comine autant de Spartiates qui avaieni oppoaé a iteus îles 'efforts de^renneni kurs :coionnB6 livant^ immobiks comme faïram, «c'est ce qu'on ne peut expliquer que :par l'înfiumtioD .nabwide-soii caracl^e.:6on ovdredu jour eut doac moiifêjioar but de rétabUrla vérité altérée tper /les bulletins ofiiciels, ^que >de salisfeive son erguell blesaé :til iU^un aote de TÔbellien oiorale >eontre rantoritéide son souverain, une^levée de 4»oadierB conteeles préventions .plus ou moins jusles de l'arjnée. Jiqpoléon fut ^profondément iri^ de la eondaite -de «on lieutenant. Quelques bistorieiis prétendent même qu'il lui ûta,«ar le terrain , leeom- Tnandement'du 1)^<corps.^Ge.feit ^n'est >|>oint prouvé ; -flMiisjlest eertain^que^Ie {irincede Ponle-^Conve^'é- «tant.Tendu, le lendemain de ^la'lMitaille, au quartier ^général de 'WoHcersdorr, ^Empereur refusa de le ^oir, et lui fit signifierJ'ordrotde renlrerenBranoe. Bernadolte partit immédiatement pour Paris, « dans rintention , dit un de ses apologistes à gages, de s'y occuper uniquement de sa santé, que de

longues Êittgues avaient altérée d'une manière sensible; mais il ne lui sera pas permis de goûter le repos dont il à besûûi , ât l'asdeur de son patriotisme le fera presque aussitôt accourir sur l'Escaut, qù il «ivropa 4eB ^prewinoes bal^ues «de l'^iovasian «Kte TAngleterre (1). »

Dans le xiluipitre gui va suivrq^ nous OKaminerons •veeéaoparlhililé la ^aleur^deeet éloge.

! (1) Hoa^ssIlUrd.y Histoire âe France,

i-40 HISTOIRE. DE BERNADOTTE,

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