Rymer, vol. HI, p
pitaine de Saint-Sauveur en Basse-Normandie, est trop connu des aventuriers cantonnés dans ces detnt provinces pour avoir conservé à leurs yeux tout le prestige dont il aurait besoin. On refuse, en beaucoup d'endroits, d'exécuter ses ordres, et on ne lui épargne même pas les sarcasmes. Sommés de vider les places qu'ils occupent, quelques-uns de ces brigands, qui n'ignorent pas que la comtesse de Kent est depuis longtemps en coquetterie réglée avec le prince de Galles, ne se gênent pas pour faire entendre au mari de la belle Jeanne que, s'il ne sait garder sa femme, ils sauront bien, eux, garder leurs forteresses. D'ailleurs, l'abus des plaisirs, les fatigues endurées pendant le dernier hiver où il commandait un des détachements de Tarmée d'invasion, ont gravement altéré la santé de Thomas de Holland, qui meurt bientôt à Rouen à la fin de décembre', avant d'avoir accompli sa mission. Jeanne, sa veuve, celle que dès sa jeunesse on a surnommée la belle fille de Kent, n'est pas seulement en possession d'une de ces beautés souveraines qui s'avancent vers la maturité sans rien perdre de leur éclat; elle la rehausse encore de tout le prestige du luxe, de tous les artifices de la toilette. Yeut-elle inspirer l'amour, elle sait l'art de l'amener peu à peu à ce degré de violence où il ne reconnaît plus d'obstacles. Le cœur dont elle brigue la conquête, elle le fait s'enflammer insensiblement, elle joue même d'abord presque l'indiOërence ; puis, lorsque le moment lui semble venu*, elle laisse échapper comme malgré elle