Et à ses compaignons que avec lui mena
A le sien départi cl planté leur donna : A Tun donna armeures et l'autre bien monta.
{Jbid., vers 654 à 6ô6.}
El bien jure et aflle que bien prochainement Pour un tout seul denier li en rendera cent.
(/6td., vers 67 677.)
comme les Vendéens, à faire du butin qu'aux dépens de l'ennemi.
La ressemblance est d'autant plus frappante, qu'à quatre «iëcles d'intervalle le théâtre de cette guerre de partisan fut à peu près le même. Dans toutes les aventures où Cuvelier fait figurer les gars de du Guesclin , nous les retrouvons dans le voisinage de la forêt de Paimpont', cette fameuse Brocéliande, dont les romans de la Table-Ronde ont célébré à l'envi les mystérieux enchantements. Cette forêt formait alors la limite entre le diocèse de Saint-Malo resté généralement fidèle à Charles de Blois et celui de Vannes, où les Anglais et les partisans de Montfort étaient les maîtres. Les chênes séculaires, les hautes futaies de cette forêt si chère à notre vieille poésie ont abrité du Guesclin pendant ces années de lutte obscure. Sur cette terre classique de la chevalerie errante, la légende de notre héros est venue ainsi réveiller en quelque sorte tout un monde de légendes antérieures; et l'on ne peut lire le récit des prouesses de Bertrand qui remontent à cette période, sans se croire transporté en plein roman d'aventure.
Un jour, du Guesclin chevauche pour aller rejoindre ses gars qui sont en forêt. Sa monture est une simple jument dérobée sans doute à Té table paternelle ; mais cette jument est forte, nerveuse et infatigable à la marche. Il porte une hache suspendue au cou et une épée attachée, d'un côté, à sa ceinture, tandis que de l'autre pend une grande taloche '. Il n'a pour compagnon