‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 56 sur 286 · Tel y ot qui vousist estre à la mer salée · texte numérisé non relu

Tel y ot qui vousist estre à la mer salée

{Chron. riméCy p. 35, vers 913.)

tion, les gens de Bertrand crient à ces nouveaux arrivants : « Si vous n'êtes pas pour Charles de Blois, si vous êtes Anglais y sauvez-vous , car fussiez-vous le double de ce que vous êtes, vous seriez morts! Bertrand de Glaquin, et avec lui cinq cents Français sont ici, confessant les Anglais. » — «Eh! par la vierge Marie, répondent les cavaliers, nous sommes des vôtres. »

Il est temps que ce secours arrive. Bertrand, lorsque ses compagnons parviennent jusqu'à lui et réussissent à le dégager, se débat comme un sanglier aux abois. Il ne lui reste plus une partie de son armure qui ne soit en pièce; sa cognée s'est brisée dans la lutte, et il en est réduit à se battre avec les poings. Blessé au front, aveuglé par le sang qui jaillit de sa blessure et lui coulé dans les yeux, il ne distingue plus ni amis ni ennemis * et frappe à tort et à travers quiconque s'offre à ses coups. Toutefois une résistance aussi opini&tre a donné aux compagnons de du Guesclin le temps de venir au secours de leur chef; et bientôt, grâce surtout au renfort reçu pendant l'action, le château est conquis.

Cuvelier ajoute que Robert Bramborc fut tué en voulant reprendre le château dont du Guesclin s'était ainsi emparé; mais le témoignage du trouvère picard est contredit par un contemporain, probablement Breton d'origine, l'auteur du célèbre poème sur le combat des Trente. Le Robert Bramborc, capitaine du Fougeray, et le Robert Bembro ou Boîncbourc ", chef des trente champions an-

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