Ordonnance du 26 janvier 1335. Rymer, vo!. II, p
3. Ordonnance dn 1*' août 1335 : « Quod omnes homines, inter œtates sexdecim et sexaginla annorum existentes, ac omnes alii homioes, tam milites quam armigert, ad expugnandum potentes, se, sub pœna forisfacturo ▼itœ et membroram, terrarum, tenementorum, bonorum et catallorum ac omnium quœ nobis forisfaccre polerunt, armis competentibus.... mu* niant. > Ibid,, p. 916.
tandis qu'en Angletenrey du moins sous le règne d'Edouard III, c'est une obligation inhérente au chiffre du revenu, & la position de fortune, obligation que le roi impose au besoin par force aux récalcitrants; & vrai dire, c'est déj& l'application du principe de la nation ^rmée.
Edouard III avait compris, d'un autre côté, que rien n'était plus opposé au véritable esprit militaire que les exercices de parade chevaleresque si fort en honneur chez nous sous les deux premiers Valois et d'où devait sortir la malheureuse création de l'ordre de l'Étoile : de là l'interdiction, qu'il renouvela souvent pendant le cours de son règne, des joutes, des passes d'armes et des tournois'.
Ces mesures, si sages qu'elles fussent, ne pouvaient suftire & un prince aussi belliqueux qu'Edouard, qui, plus d'une fois, eut & tenir tète en même temps aux Écossais et au roi de France. Aussi, le voyons-nous invariablement, au début de ses grandes expéditions', sans
1. « Ne aliqiii homines ad arma seu alii quicumque justas seu bur* deas facere, tarneare seu alia facta armorum quecumque inibi exercere prœsumant, sub forisfactura equorum et armorum suorum necnon incarcerationis corporam suorum.... • Ordonnance du 6 mars 1340 (Rymer, vol. Il, p. 1118).— Autre ord. en date du 10 octobre 1340 [Ibid., p. 1138). — Autre ord. en date du 26 mai 1341 {lbid,j p. 1161). — Autre ord. eh date du 4 novembre 1343 (Ibid,, p. 1238). — Autre ord. du 28 juillet 1344 (Rymer, vol. UI, p. 17). — Autre ord. du 12 novembre 1347 {Ibid,, p. 141).
2. Mandement du 28 août 1337 (Rymer, vol. II, p. 993). — Mandcmcnto pour Texpédilion de 1339, dite de Buironfosse (Ibid., p. 1016 à 1018, 1070 à 1072). — Mandements pour l'expédition de 1346 qui aboutit à la victoire de Crécy et en 1347 k la prise de Calais (Rymer, vol. III, p. 67, 68, 71, 79, 95, 97, 107, 108, 135). — Mandement pour l'expédition du prince de Galles en 1356 qui aboutit à la victoire de Poitiers {Ibid., 322). — Mandement du 5 août 1362 à l'occasion du départ du prince de Galles pour la Guyenne, • ad eligendum, arraiaodum et triandum quatervigenti sagittarios pedites •de melioribus et aptioribus sagittariis comitatus Kantiœ. • Ibid., p. 675.
préjudice de l'appel adressé aux hçmmes d'armes proprement dits, mander aux comtes et vicomtes de son royaume, de choisir, de trier avec soin entre tous les hommes de leur ressort les individus les plus valides, les plus courageux, les plus adroits, les plus exercés soit au tir de l'arc, soit au maniement de la lanee, les plus endurcis & la fatigue, et de les envoyer & Tendroit qu'il a ûxé pour le rendez-vous général. Les comtes et vicomtes étaient ainsi chargés d'un travail de révision et de triage; mais comme cette révision et ce triage s'exerçaient sur tous les sujets de leur ressort indistinctement*, de telles opérations supposent, loin de l'exclure, le service militaire obligatoire. Les individus une fois recrutés dans ces conditions, on en faisait deux parts & peu près égales : les plus adroits étaient enrôlés comme archers, les plus forts comme coutilliers ou lanciers & pied. Les premiers étaient munis d'un arc en bois d'if, quelquefois peint', si commode, si maniable, si portatif qu'on tirait avec cet arc trois « saiettcs » ou flèches barbelées' en moins de temps qu'on n'en mettait avec une arbalète génoise ou française à lancer un carreau ou vireton^ Cet arc anglais du quatorzième
1. • Quod sexaginta homines.... quorum una medietas ait de sagittariis, et altéra medietas de homtnibus ad lanceas^ cum omni festinatione qua 6eri poterit, de metioribu8f validioribus et fortioribus hominibut ierrarwn et dominiorum veslrorumy prœfate cornes (le mandement, daté du 26 février 1338, est adressé à Henri de Lancastre, comte de Derby), ciUQUAM NON PARCENDO, eligatis, trietis et arraietis.... » nymer, vol. H, p. 1016. Cf. p. 1017, 1018.
2. « Quod mille arcus, quorum ducenti et quinquaginta depictij «t reliqui albi existant.... • Chaque arc en bois blanc coûtait douze deniers^ chaque arc en bois peint, dix-huit deniers. /6id., p. 1169.
3. Une gerbe de flèches barbelées, <iceralœ, coûtait quatorze deniers, une gerbe de flèches simples, douze deniers. /6id., p. 1157.
4. C*est Pobservation que fait Jean Villani dans son célèbre récit de la bataille de Crécy : « Eavea (il re dingfailterra) 30000 arcieri, come detto
siècle, long de plus de cinq pieds*, mais très-léger, était véritablement par le progrès qu'il réalisait et par son action irrésistible contre toute espèce d'hommes d'armes & cheval, le pendant de la mousqueterie perfectionnée des temps modernes. Quant aux coutilliers ou lanciers & pied, qu'on prenait de préférence parmi les montagnards de la Cornouaille et du pays de Galles parce qu'ils étaient plus endurcis & la fatigue et meU* leurs marcheurs, après qu'on avait remplacé leurs guenilles par un uniforme de gros drap', l'arme qu'on leur mettait en main ne ressemblait en rien & ces lances chevaleresques dont les proportions étaient si démesurées que le roi Jean, le matin de Poitiers, les fit retailler & la longueur de cinq pieds'. Non, c'était un grand coutelas, une espèce de dague à la pointe acérée, pour trouver le défaut de la cuirasse des hommes d'armes et achever les chevaliers ou écuyers que le tir des archers avait désarçonnés, en un mot, quelque chose de tout & fait analogue par sa forme et surtout par sa destination et ses effets à notre baïonnette \
è tra Inghilcsi et Gualesi, che, quando i Genovesi balestravano uno quadrello di balestro, quelli saettavano tre saette co'Ioro archi, che parea in aria una nuvola. » Di Giovanni Villani lib. XH, cap. lxvi, dans Muratori, Rer. Hal, script. ^ t. XHI, col. 948.
1 . Dans les miniatures du temps, ces arcs dépassent la tôte des hommes de pied qui s'en servent.
2. « Quilibet eorum (Wallensium ad lanceas) de una tunica et de uno mantello unius sectœ vestiantur. > Ord. du 28 août 1337 (Rymer, vol. U, p. 993).