‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 132 sur 291 · V. le n" XII des pièces justiÛcativcs · texte numérisé non relu

V. le n" XII des pièces justiÛcativcs

croisière, six mille neuf cent quarante livres parisis'. Que, dans des conjonctures aussi critiques, on ait perdu de vue une forteresse de l'extrême frontiôre comme Pontorson, et négligé de payer les gages du capitaine , et des soudoyers, on ne saurait s'en étonner. Mais Ber- i trand ne reculait devant rien quand il s'agissait de faire \ délivrer à ses gens d'armes des sommes qui leur étaient i dues.

A la Gn de mars ou dans les premiers jours d'avril 1358, il alla trouver le régent qui se trouvait alors à Provins où les États de Champagne avaient été convoqués *. Il se plaignit du relard que l'on mettait à solder la garnison placée sons ses ordres, menaçant de licencier ses soudoyers si on ne s'acquittait envers eux. Ces réclamations étaient tellement fondées et le capitaine de Pontorson les présenta avec tant d'énergie que le régent s'empressa d'y faire droit Par acte daté de Provins, le 12 avril 1358, le duc de Normandie manda à ses généraux élus de payer et faire payer sans délai sur les subsides établis au diocèse d'Avranches l'arriéré de ta solde due à du Guesclin et à ses gens d'armes « de telle sorte que par défaut de payement ils ne quittent le pays et que pour ce le dit ctievalier ne revienne se plaindre A nous, et ce ne laissez en aucune manière, n On voit que l'injonction est conçue dans les termes les plus pressants, comme si le dauphin oiH craint que Bertrand ne

I . V. le H* xiii dei pièces justiOcativcs. Cctlc piice inédilp c«l remplie do di^toils curieux sur le permonol et le nialtricl des trois principau< types du uvire de guerre au quotorzième aiicle, le gnllot, la galâc et la gnliotc.

S. Arrivé A Provins, le jeudi 9 avril, le rfgenl en sorBil parti le mercredi 11, s'il bilut ajouter Toi au Icmoignage du rMacteur des Grande» Chioniguei (l. VI, p. 101), dont le récit est d'ailleurs pre»que tot^our», en ce qui concerne les Taits ot gcsti:s du ri'gvnt pendant cette p6riode, d'une exactitude vraiment merveilleuse. la dale de notre mnndemenl prouve que le régent était encore K Provins le 13 avril.

DU GUESGLIN, CAPITAINE DE PONTORSON. 28a

quittât son service, au cas où elle n'aurait pas été suivie d'effet. Ce mandement, que nous signalons ici pour la première fois^ est donc très-important, non-seulement parce que c'est le second en date des actes directement relatifs à du Guesclin que nous connaissions, mais encore parce que le futur connétable y apparaît déjà tout entier tel que Thistoire et la légende nous le montrent, à la fois l'idole des gens de guerre et le prolecteur des populations des campagnes. Comment les soudoyers de Pontorson n'auraient-ils pas adoré un capitaine qui ne reculait pas devant un voyage de Bretagne à Provins pour réclamer l'arriéré de leur solde? Mais aussi qui ne voit que, si Ton entreprend une chevauchée de quatrevingts lieues pour obtenir le payement des gages de ses compagnons d'armes, c'est qu'on ne leur permet pas de vivre sur le pauvre peuple?

Le régent, bien résolu dès lors à engager la lutte contre Marcel et ses partisans, garda- t-il auprès de lui un chevalier dont il appréciait la bravoure pour le comprendre dans l'armée qui assiégea Paris du 29 juin au 31 juillet; ou le capitaine de Pontorson, une fois le but de son voyage atteint, regagna-t-il immédiatement son poste? En supposant, comme il semble plus probable, que Bertrand retourna en Normandie, prit-il part aux opérations militaires dont le Bessin, occupé en grande partie dès les premiers mois de 1357 par les Anglo-Navarrais, fut alors le théâtre? Assista-l-il notamment à la reprise de Fontenay-le-PesneP, à celle du château de Creully *, d'où, le dimanche 29 juillet, Richard, seigneur

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