Bertrand d'ArpenIrê, Hist, de Bret,^ 3» éd., p
2. C'est lo 13 janvier 1361 que Pétrarque complimenta le roi Jean et lui remit ces anneaux en présence de Pierre IkTsuire, traducteur de Tite- Livc, et do quelques autres savants |)ersonnage8. L'envoyé de Galéas arriva donc à Paris à la fm de décembre ou dans les premiers jours de janvier. Il se remit en route pour Tltalie dès le commencement de février, car lo 27 de ce mois il adressa une lettre à liersuire, datée d'une auberge des Alpes. Mcmoirti présentés par divers savants à V Académie des itiscriptionSf deuxième série, t. HI, p. 224 et 225.
3. « Normannorum ducem, ardentissimi spiritus adolescentem, » Pelrarcœ epist. famil.j éd. Fracassetti, vol. III, p. ]ô9.
4. « Nosce mihi videor régis adolesceniis canum et senilem animum ac prscipuam quamdam urbanitatem linguaeque modestiam magnis mihi olim in rébus expcrtam. » Petrarcœ opéra, éd. Bas., p. 844 ; epistolaB senilcs, 1. IX, ep. I. — Ces lignes, qui méritent de rester comme Parrét dé* finitif de Thistoire sur la régence du dauphin Charles, Pimmortel patriote italien, il importe de le faire remarquer, les écrivait en 1368, au moment où il était le plus irrité contre Charles V qui voulait empêcher le pape Urbain V de reporter le Saint-Siége à Rome. On comprend combien nous tommes heureux, nous qui avons été conduit aux mômes conclusions par l'étude patiente des faits, de pouvoir nous autoriser d'un jugement aussi flatteur porté dans les conditions les moins suspectes par Pan des pins grands esprits da quatorxième siècle.
de lui le guerrier dont Tépée va bientôt déchirer le traité de Brétigny et relever la gloire militaire de la France. Le roi Jean, qui aime les braves, fait à Bertrand l'accueil le plus flatteur. 11 promet de lui donner six mille royaux, pour Taider à payer sa rançon. Il se propose d'assigner cette somme, partie sur la châtellenie de Saint-James-de-Beuvron , partie sur les possessions du duc d'Orléans dans le Cotentin, partie sur la terre de l'abbé du Mont-Saint-Michel '. Mais il faut que le frère du roi donne d'abord son consentement à cette combinaison, et c'est pour solliciter ce consentement que Bertrand, au printemps de 1361 , fait un voyage à Londres où se tient alors le premier prince du sang, l'un des otages du traité de Brétigny.
Un autre otage de ce traité se dispose à venir passer environ deux mois en France : c'est Louis, duc d'Anjou, auquel on octroie, le 4 février, des lettres de sauf-conduit, tant pour lui que pour Jean de Saintré, son sénéchal, et Jean Haucepié, son secrétaire*. Ce voyage du duc Louis concorde parfaitement avec la date où nous rapportons Taffaire du pont de Juigné. Comme l'Anjou et le Maine viennent de perdre, par la défaite, par la captivité de du Guesclin, leur principal défenseur, on comprend sans peine que le duc éprouve le besoin de visiter ces malheureuses provinces et de mettre ordre à ses aflaires:
Quoi qu'il en soit, la démarche du vaincu du pont de
1. V. le n*" XXIV des pièces justificatives. Le mandement adressé par Jean H à ses généraux trésoriers, au sujet du paiement de ces six mille royaux d'or, est du 14 juin 1361 ; mais, comme le duc d'Orléans et Tabhé du Mont-Saint-Michcl contribuent avec le roi de France à fournir la somme dont il s'agit, les premières démarches de Bertrand, qui ont abouti à cette combinaison, doivent être antérieures de plusieurs mois au mandement lui-môme.