‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 182 sur 291 · Rymer, vol. HI, p · texte numérisé non relu

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2. « Lequel comte de Tancarville li rcscripvi que le roy se feroit seigner le lundi..., et que iccllui lundi, après mengier, il vouloit que ledit Jehan Chandos alast tout priveement et à petite compaignic parler à luy. » Bardonnet, Procès-verbal de délivrance à Jean Chandos, p. 4.

BERTRAND DU GDBSCLIN. I — 23

pas à renvoyé d'Edouard son méconlentement el se plaint avec amertume de Toccupation persistante des Compagnies anglaises. Les quelques garnisons qui ont consenti, à prix d'or, à vider certaines forteresses de Basse-Normandie ou du comté d'Alençon, Barfleur, le fort Graffart, Saint- Vaast *, Domfront, Messei, Condé, le Bois-de-Maine*, ont reflué vers le Haut-Maine et TAnjou. On signale déjà la présence du fameux Jacques Plantin à la tour de Pirmil, dans le Maine. Une bande d' Anglo-Gascons a jeté son dévolu sur le prieuré de Cunault, entre Angers et Saumur. Robert Markaunt vient de s'abattre sur Vendôme. Maîtres delà Beauce, ces brigands menacent Chartres et interceptent les communications avec Paris. Tant de sacrifices, loin de supprimer le mal, n'ont servi qu'à le déplacer.

Lassé d'adresser à Edouard des réclamations inutiles, le roi Jean se décide, vers la fin de 1361, à se faire jus^ tice lui-même. 11 met sur pied une petite armée destinée à combattre les Compagnies anglaises. C'est alors qu'il assigne à du Guesclin huit mille livres tournois*, somme considérable pour le temps, qui permet au chevalier breton de prendre à sa solde, du 18 octobre 1361 au 25 janvier suivant, quatre cents hommes d'armes ou archers. Robert, sire de Tiennes, connétable de France, qui revient d'un voyage en Languedoc, est mis à la tête de cette expédition dont font également partie Charles

1. Dclisle^ Hist. du château de Saint-Sauveur^le-Vicomtey p. 120.

2. En verlu d'un arrangement conclu le 11 mars 1361 (n. st.) entre Jean Ghandoset Louis de Harcourt, Thomas Doudalle, Thomas Fogg, chevaliers, «H Robert Ruffin, capitaines de ces quatre dernières forteresses et de quelques autres moins importantes, s'engap^èrent à les évacuer moyennant 20000 écus d'or pour l'évacuation immédiate (x**21, t** 73 V à 75) et en outre 245 réaux d'or pour les arrérages des rançons (x'* 20, ^• 378 à 380).

3. V. le n' xxxiv des pièces justificatives. Cf. Bibl. Nal., Titres ortgi'naux, notice imprimée sur du Guesclin.

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Après ce succès, Bertrand va rejoindre Robert de Fiennes et Baudouin d*Annequin àTillières\ ville située un peu au nord de Brezolles et où le connétable de France et le maître des arbalétriers ont établi leur quartier général. On soumet, pendant tout le mois de novembre, la forteresse de Brezolles à un siège en règle; mais, vers la fin de ce mois*, la garnison, effrayée des préparatifs des Français, rend la place aux assiégeants, à condition qu'elle aura la vie sauve et pourra s'en aller où elle voudra*. La reddition du fort de Fresnay-le- Samson *, dans le comté d'Alençon, Toccupation de la tour de Pirmil, dans le Maine, prise d'assaut par Amauri, sire de Craon % couronnent cette honorable et utile campagne.

Sur ces entrefaites, le dauphin, duc de Normandie, est appelé à prendre en main la direction des affaires militaires en l'absence du roi Jean, qui se rend en Bourgogne pour se mettre en possession du duché dont la mort de Philippe de Rouvre le rend héritier •. Ce jeune prince, qui, le premier, a attaché au service de la France le capitaine de Pontorson, mande à Paris son protégé dont il veut enfin récompenser dignement les services. Non content de faire payer à Bertrand ses gages et ceux de ses gens d'armes, il lui donne en toute propriété le château de la Roche-Tesson \ situé en Basse-Normandie,

1. Tillières-sur-Avre, Eurc,arr. Évreux, c. Vcrneuil. 1. V. le D* XXVII des pièces justiGcatives.

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