Voyez le n^ xuii des pièces justificatives
Mais comme sa présence est alors plus utile que jamais en Normandie, il a soin de stipuler qu'il restera otage un mois seulement et qu'au bout de ce temps il recouvrera la pleine liberté de ses mouvements. Il fait cette déclaration en présence de plus de deux cents chevarliers ou écuyers. Montfort accepte Bertrand malgré cette réserve et le donne, au commencement d'août, à garder à Robert Knolles. Aussitôt que du Guesclin a rempli son engagement, il remercie son hôte qui l'a traité avec beaucoup d'égards, et se rend à Vitré pour gagner de là Dinan où va se consommer l'un des actes les plus importants de sa vie*.
On se rappelle peut-être le sentiment tendre que la bravoure de Bertrand avait éveillé, dès la fin de 1356, dans l'âme d'une noble damoiselle de Dinan, nommée Thiphaine Raguenel. Ce sentiment a pris de nouvelles forces à chaque succès obtenu depuis lors par le héros du siège de Rennes. Comme une plante dont le soleil, dans sa course ascendante, gonfle par degrés la sève, le cœur de la fille de Robin Raguenel a battu de plus en plus fort à mesure que la gloire de Bertrand montait à l'horizon. Sans doute, le fils atné de Jeanne Malemains n'est pas moins renommé pour ses désavantages physiques que pour ses talents militaires. Mais Thiphaine, quoique jeune et jolie', vit moins par les sens que par l'imagination, et elle a dans le tour d'esprit, comme il arrive souvent aux femmes de son pays, je ne sais quelle gravité rêveuse. Par un instinct naturel et sans se rendre
1 . Ciivclicr, le seul témoin contemporain qui mentionne le mariage de du Guesclin avec Thiphaine Raguenel, place cet événement entre Taflaire d'Évran et le procès intenté à Bertcand par l'Anglais Felton, c'est-à-dire à la On de 1363. Chroniqxjie <U Bertrand du GueficUn, t. I, p. 121 et 122, vers 3431 à 3456.