Bibl. Nat., guiUances, t. XV, n
lions*, en revanche il le lui attribue dans une autre': on peut donc en appeler du chroniqueur mal informé au chroniqueur mieux informé. D'ailleurs, le témoignage très-explicite de Cuvelier* ne permet pas de douter que •Bertrand ait suggéré cette feinte. Le doute est encore moins permis au sujet de la charge, puisque les annalistes les plus autorisés* s'accordent à reconnaître qu'elle fut exécutée, non par des Gascons, mais par des Bretons, et que le commandant en chef des troupes françaises la conçut et la fit exécuter, si même il n'y prit point personnellement part. La prise du captai par les Gascons ne peut pas davantage se soutenir, puisque nous possédons un acte authentique où Jean de Grailly reconnaît qu'il a été fait prisonnier par Roland Bodin, écuyer breton*.
C'est que Froissart, dont nous avons suivi la version seulement pour les préliminaires de la bataille, tenait tous les faits relatifs à Cocherel, il a soin d'en prévenir le lecteur, de ce roi Faucon * qu'il a mis en scène avec tant de naturel et une vivacité si charmante. Or, Faucon était un héraut d'armes au service du prince d'Aquitaine et du roi d'Angleterre. Il appartenait peut-être par sa naissance à la Guyenne ; tout au moins, il venait souvent en mission à la cour de Bordeaux, comme l'indique la familiarité qui s'établit de prime abord entre lui et le captai. Cela explique la partialité' d'un tel té-
1. La seconde rédaction représentée par le manuscrit d'Amiens.