‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 7 sur 291 · Ille-et-Yilaine, arr. Rennes, c. Saint-Aubin-d*Aubigné · texte numérisé non relu

Ille-et-Yilaine, arr. Rennes, c. Saint-Aubin-d*Aubigné

3. Oise, arr. Beauvais, c. Coudray-Saint-Germer. Nous avons découvert au Trésor des Charles des lettres de rémisi^ion de 1381 qui montrent que, dès cette époque, du vivant de Mathieu de Trie, père de Renaud de Trie, on menait au château de Sérifontaine la grande existence qui faisait en 1405 Tadmiration de don Pedro Nino et que Diaz de Gamez a retracée sous de si séduisantes couleurs. Il est question dans cette charte, non-seulement d'un maître d'hôtel, chargé de toute l'administration intérieure du château, mais encore d'un sénéchal et d'un maître queux, originaire d'Angleterre, nommé Jouen, lequel avait sous ses ordres un certain nombre de valets. Arch. Nat., JJ 120, n* 234.

4. Le Vielorialj chronique de don Pedro NinOj comte de Buelna, par Gulierre Diaz de Gamez son alferez (1379-1449), traduit de l'espagnol d'après le manuscrit avec une introduction et des notes historiques, par

le seigneur et sa dame; de ces ménestrels sonnant merveilleusement de leurs instruments à la jnesse de la chapelle; de ces meutes de quarante ou cinquante chiens pour la chasse; de ces vingt ou trente montures de toute espèce, coursiers, destriers, chevaux de Bohême et haquenées ; de ces dix damoiselles de parage tenant compagnie à la dame du château ; de ces repas somptueux où les mets les plus variés sont servis sur des plats d'argent et où Ton parle d'armes et d'amours au son de la musique des jongleurs; de ces excursions à travers la campagne, où la dame chevauche avec ses damoiselles au milieu d'une escorte de gentilshommes, où l'on s'amuse à faire des chapeaux de verdure, à chanter lais, virelais, rondeaux, complaintes et ballades, « toutes les sortes de chansons que les Français savent composer par grand art » ; de ces danses d'apparat prolongées fort avant dans la nuit, à la (in desquelles chaque danseuse donne la paix à son danseur, c'est-àdire l'embrasse ; rien enfln de ces splendeurs de la haute vie, comme nous dirions aujourd'hui, qui font dire à don Pedro Nino que, si cela pouvait toujours durer, « il ne voudrait autre paradis. »

Non. Qu'on se figure plutôt un de ces manoirs, moitié gentilhommières, moitié fermes, comme on en trouve encore aujourd'hui au fond des campagnes *,

•le comte xMbcrt de Circourt cl le comte de Puymaigre. Paris. Victor Palmé, 1807, in-8% p. 319 à 326.

1. Voici la description; datée de 1377, d'un manoir que possédait à Fontains-lez-Nangis en Bric (Seine-et-Marne, arr. Provins, c. Nangis) un chevalier beaucoup plus riche que Robert du Guesclin, Tristan* de Maignelay. qui avait eu Thonneur de porter à la bataille de Poitiers la bannière du duc de Normandie : « L'ostel appelle des CIoz, si comme il se comporte, c'est assavoir une grant sale contenant trois chambres dessus •et doux dcs!<oubz. k quatre cheminées des.sus et dessoubz. Item, un grant grenier et estables dessoubz. tac chapelle, cuisinne et despensc dessus

l'enfance de du GUESCLIN. 9

qui ne se distinguent des liabitations des riches paysans que par deux ou trois tourelles et un colombier, avec quelques chambres où le jour pénètre à peine par des croisées de pierre sans vitrage , fermant avec de simples volets, et dont tout le mobilier consiste en grands lits à ciel et rideaux d'étoffe grossière, en coffres, bahuts et escabeaux de bois ; au rez-de-chaussée, une vaste salle à manger que signale une longue table de chône bordée de bancs rustiques, où le maître de la maison, la dame et leurs enfants se tiennent le plus souvent au milieu du va-et-vient des serviteurs, fermiers et métayers : lel est Taspect que devait offrir cette Motte de Broons où Bertrand du Guesclin vil le jour.

Bertrand, avons-nous dit, naquit vers 1320, mais plutôt après qu'avant cette année. Du reste, cette date est simplement approximative, car elle ne s'appuie que sur la chronique rimée de Cuvelier, dont Tauteur n'a pas en général le moindre souci de la chronologie. Dans le cas particulier qui nous occupe, il y a d'autant plus lieu de se défier du témoignage du trouvère picard, qu'on peut relever de choquantes contradictions non- seulement entre les deux manuscrits qui nous restent de son poème, mais encore entre divers passages du môme manuscrit*.

Bertrand fut probablement confié à une nourrice, car

joiîrnans aus dictes chambres cl sale, couvertes de tuiles bien cl souffisaniinent. Ilem, une granche à dix travées couverte de tuile. Item, le colombier tournant à eschiêlc à roue bien peuple de colombs. Item, une autre maison, contenant deux chambres et une cave dessoubz à dix pas de degrez, couverte à tuile. Un gelinier et dessoubz une cstable à mettre pourceaux, couvers de tuile, cloz à murs tout entour le pourpris et trois jardins emprès. » Arch. Nat., JJ 119, n- 232, f 1/|5.

1. D'après les deux manuscrits de la Bibliothèque Nationale et de la

à celte époque les dames nobles*, et même les riches

bibliothèque de l'Arsenal, Bertrand du Guesclin n'aurait pas eu dixhuit ans à l'époque du siège de Rennes par Henri, duc de Lancastre :

« N'a pas xviii ans que li siens corps fu nez. »

(Bibl. Nat., fonds français, n' 850, f- 7 v ; éd. Charrière, t. I, p. 42, v. 1091.)

« N'a pas XVIII ans que le sien corps fu nez. >»

(Bibl. de l'Arsenal, fonds des Belles-Lettres, n» 168, f« 18.)

Mais il y a là une erreur flagrante. Henri, duc de Lancastre, mit le siège devant Rennes dans les premiers jours d'octobre 1356 (V. notre édition des Chroniques de J. Froissartj t. V, p. xxii, noie 2). A ce compte, du Guesclin serait né en 1338, ce qui est impossible pour une foule de raisons et notamment parce que nous prouverons plus loin que Bertrand fut fait chevalier en 1354 : or, on n'aurait jamais conféré la dignité de chevalier à un pauvre écuyer âgé seulement de seize ans. D'ailleurs, les deux manuscrits ci-dessus indiqués, dans la description des joutes qui curent lieu à Bennes du vivant de Jean III, dit le Bon, duc de Bretagne, mort à Cacn le 30 avril 1341, prêtent ii Bertrand, l'un seize, l'autre dixsept ans.

« Et Bertrand avoit bien xvi ans tous acconiplis. »

(Éd. Charrière, t. I, p. 16. v. 318.) « N'ôust que xvii ans, se l'istoirc ne ment. »

(Bibl. de l'Arsenal, n- 168, P 7.)

Ces joules auraient eu lieu au plus tard en 1341, ce qui replacerait la naissance de du Guesclin en 1325 ou en 1324; mais si, comme on l'a supposé avec une certaine vraisemblance, elles furent données à l'occasion du mariage de Charles de Blois avec Jeanne de Penthiévre, dont le contrat fut passe le 4 juin 1337, Bertrand serait né en 1321 ou en 1320, et ces dates concordent bien avec cet autre pas.«age du poCnie de Cuvelier :

« Mais ainçois qu'il ëust ses l ans passez j

Fu sires possessans de ii nobles contez : L'une fu en Espaigne : là fu duc appeliez ; Et l'autre fu en France.... »

(Bibl. de l'Arsenal, n* 168, f- 1 V .)

Ces vers, qui renferment une allusion au litre de duc de Molina donné le 4 mai 13G!) par don Enrique à du Guesclin, reportent aussi, comme on le voit, la naiï^sance de Bertrand vers 1320. Ces dates de 1320 et de 1321, si ap|)ro\iinatives qu'elles soient, semblent donc les plus probables.

1. En 1359 Jeanne la Tonnelière, prend à nourrir de son lait en sa

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