‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 87 sur 291 · Chroniques de J. Froissart, t. V, p · texte numérisé non relu

Chroniques de J. Froissart, t. V, p

Charruel qui , comme nous le verrons, fut un des chefs du corps d'armée envoyé par le roi de France au secours des assiégés.

L'armée assiégeante était la môme avec laquelle le duc de Lancastre avait forcé les Français à lever le siège de Pont-Audemer; elle se composait d'environ mille hommes d'armes et de quatorze ou quinze cents archers. Le jeune comte de Montfort* s'y trouvait, ainsi que le fameux Robert Knolles , qui avait sous ses ordres une des divisions de cette armée. Cuvelier ajoute à ces noms ceux de Jean Chandos, de James Âudley et du comte de Pembroke, et l'on sait que ces trois chevaliers, les deux premiers du moins, étaient à la journée du 19 septembre 1356 dont ils furent les héros.

La défaite de Poitiers atteignait par contre -coup Charles de Blois autant que le roi de France. Le siège, mis devant Rennes au commencement d'octobre par le duc de Lancastre, portait au duc de Bretagne un coup encore plus direct. Le prisonnier sur parole d'Edouard dut en soufTrir d'autant plus qu'il lui était interdit de prendre part à la lutte jusqu'à sa parfaite libération. Charles de Blois se rendit donc à Paris & la On de 1356', pour ofTrir ses condoléances au dauphin et lui demander de venir en aide aux habitants de Rennes. Thibaud,

1. Par acte daté du siège de Rennes le 5 janvier 1357 (n. st.); Jean, duc de Bretagne, comte de Montfort, de Pavis de son très cher cousin Henri duc de Lancastre gardien de son duché do Bretagne pour le roi d'Angleterre, donne la baronnie de la Roche Moysan à Gautier de Bentley marié à Jeanne de Bclleville et au fils de celle-ci Olivier de Clisson. Dom Morice, Preuves^ 1. 1, col. 1512.

2. Nous avons un acte (donation de 80 écus d'or à Jean de Serent, écuyer breton) émané de Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur de Guise et de Mayenne, et daté « de nostrc manoir do petite Bretagne delez Paris le 24* jour de novembre Pan 1356. • Dom Morice, PreuveSj 1. 1, col. 1512.

198 CHAPITRE Vil.

sire de Rochefort, avait d6ji!i été envoyé avec mille hommes d'armes et cinq cents archers au secours des assiégés, lorsque, par acte rendu le 6 décembre dans les champs entre Cliarenton et Créteil, en présence du mari de Jeanne de Penthièvre', le jeune Charles, lieutenant du roi son père captif des Anglais, manda à Jean Chauvel, trésorier des guerres, de payer au sire de RocheFort, capitaine es parties de Bretagne, quatre cents deniers d'or àl'écu parmois sur la finance ordonnée pour le fait dessus dit. Éven CharrueletSilvestre de la Feuillée furent commis à recevoir les montres, comme on disait alors, c'est-ft-direà passer la revue des hommes d'armes, chevaliers et écuyers, qui servirent sous les ordres du «ire de Rochefort'. Plusieurs de ces montres ont été conservées; on y remarque les noms de Gui de Rochefort, frère de Thlbaud, d'Olivier, sire de Montauban, de Renaud de Montauban, de Jean, sire de Beaumanoir, d'Eustachc de la Houssaye, d'Alain de Tinténiac, de Raoul et de Colin Paynel, d'Yvonnet de Karorabars et d'Yvon de Kergorloy. On voit par ces montres que le rassemblement et les engagements se firent à Paris au mois d'octobre'. A la date du 20 novembre, les principaux chefs de l'armée de secours avaient leur quartier général à Vitré '; mais dans le courant du mois de jan-

I. ■ Pour secoure la vile de Renés qui est assiégée des ennemis de noBtro dit seigneur et Doslrps.... Donné bus champs entre Charenlun c( CreLuel le Ti* jour de décembre niii ccclvi. Par mon»eif^eur le doc, prtlenf JE duc dt Bretaigne. • Dooi Morice, Preuva, I. I, col. lâlS et 1514.

1. • Silveglre de la Poillie et Evain Charouel commis & recevoir hs montres des geo» d'nmes et arcliiers es parités de Brulaigne. • Hay du Cbastelet, Hitl. dt B. du Guetclin, p. 19â. Ct. dom Morice, Preuva, t. I, col. 1505.

3. Quittance d'Ëven Cbarmel donnée ï Paris Je 11 octobre 1356. Dom Morice, Preuve», t. I, col. 1505.

4. Montres de Thibaud, sire de Rocherorl, et de Gui de Rocherort refoea i h Vitré le 10 décembre 135fi. fbid., col. 1503 et 1504.

vier 1357 ils s'étaient transportés à Dinan* avec le gros de leurs forces. Un autre détachement fut chargé de garder les frontières d*Anjou et du Maine sous les ordres de Foulques de Laval, nommé par le dauphin capitaine général * en ces pays en remplacement d'Amauri, siredeCraon, fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Dans les premiers jours de décembre, Jean de Neuville', neveu et lieutenant du maréchal d'Audrehem, passa au Mans la revue des gens d'armes de Foulques de Laval , parmi lesquels figurent Jean dit TourneminQ, Hue de Kerantret, Macé Giffart, Jean Raguenel, chef de seize archers à cheval, dont Tun s'appelle Olivier du Glequin*. Nul doute que cet Olivier ne soit le frère puîné de Bertrand ; et Ton voit, par cet exemple, combien les Bretons avaient appris des Anglais à estimer les archers , puisque les rejetons des plus grandes familles ne dédaignaient pas de faire cet office. On sait aussi qu'un cousin de Jeanne de Penthièvre, Thomas de la Marche, de la maison de Lusignan, servit en Bretagne pour Charles de Blois, du 7 avril au mois d'août 1357, à la tête d'une compagnie de trente et un hommes d'armes '.

On ne connaissait jusqu'à présent que par le poôme du Cuvelier le rôle de du Guesclin pendant celte période.

1. Montres d*Yvon de Kcrgorlay, d'Olivier, sire de Montauban, et de Jean, sire de Beaumanoir, reçues à Dinan les 8, 16 et 17 janvier 1357 (n. st.) par Silveslre de la Feuilléc et Éven Cliarruel. Ibid.j col. 1504 et 1505. Quittance d'Alain de Tinléniac datée de Dman le 18 janvier 1357 (n. st.). Ibid.j col. 1507.

2. La montre de Foulques de Laval fut reçue à Paris le 15 novembre 1356. Dom Morice, Preuves^ t. I, col. 1501.

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