‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 90 sur 291 · Sorte de vêtement. De jaçac dérive le diminutif ja^ue/le · texte numérisé non relu

Sorte de vêtement. De jaçac dérive le diminutif ja^ue/le

<K Par ma foi, dit l'Anglais,, on dirait un brigand qui épie des marchands \

— Héraut, interrompt le capitaine de Rennes, prenez bien garde de ne parler à Bertrand qu'avec beaucoup de courtoisie; car si vous avez le malheur de prendre un autre ton avec lui, d'un coup de hache il vous aura bientôt coupé les oreilles. » Le héraut, s'inclinant profondément devant du Guesclin, s'acquitte de son message. Bertrand accepte aussitôt Tinvitation, fait pi^ésent au héraut d'un bel habit ainsi que d'une bourse de cent florins et reçoit le sauf-conduit qu'il se fait lire, « car lire ne sait ni écrire ni compter*. »

Du Guesclin se rend au camp ennemi et va droit à la tente du duc de Lancastre. Les Anglais accourent de tous côtés pour le voir et se disent les uns aux autres : a Quel gaillard! Il ne faut pas s'étonner s'il détrousse si bien nos marchands. Regardez qu'il est fort, cooune il a les poings carrés, le teint noir et hâlé I » Introduit en présence du duc, le chevalier breton fléchit respectueusement le genou. Le prince anglais relève sur le champ son hôte et le remercie gracieusement d'avoir accepté son invitation sans déflance. « Sire, dit Bertrand, je suis prêt à faire tout ce que vous me commanderez, excepté à mettre bas les armes tant que vous serez vous-même en guerre avec mon seigneur et maître. » — « Et quel est donc, interrompt le duc, votre seigneur? » — « Sire, .vous le savez, c'est Charles de Blois, du sang royal de France, et madame sa femme, héritière du duché de Bretagne. » — « Vous ignorez

Page 1