Cours des Miracle*. Voyez Appendice
tous les acteurs de cette comédie éternelle que le vol, la prostitution et le meurtre jouent sur le pavé de Paris (1). »
Chaque corporation avait son nom et son genre de travail.
Les Courtauds ne venaient à Paris que l'hiver. Ils s'en allaient dès la belle saison exercer leurs rapines aux environs de la capitale.
Les Capons mendiaient dans les lieux publics, cabarets ou tavernes, et engageaient les passants au jeu pour les flouer.
Les Francs-Mitoux contrefaisaient les malades. Ils simulaient les attaques de nerfs en pleine rue pour apitoyer les badauds sur leur • sort.
Les Hubains se disaient guéris de la rage par saint Hubert.
Les Mercaniliers habillés d'un bon pourpoint et de mauvaises chausses, se donnaient pour d'honnêtes industriels ruinés par la guerre ou l'incendie. Ils quêtaient à domicile, chez les bourgeois.
Les Malingreux imitaient aux bras et aux jambes des plaies et des ulcêres.'.Ils sollicitaient la pitié sous le portail des églises.
Les Millards, chargés d'énormes bissacs, approvisionnaient la confrérie.
Les Marjaifds, dont les femmes se paraient du titre de marquises; les Drilles ou Narquois, anciens militaires, demandaient, le sabre au coté, une aumône qu'il était parfois dangereux de leur refuser.
Les Orphelins se présentaient aux passants, presque nus, en hiver, et grelottaient en tendant la main.
Les Piètres contrefaisaient les estropiés et marchaient sur des échasses.
Les Polissons allaient quatre par quatre, vêtus d'un mauvais pourpoint, sans chemise, avec un chapeau sans fond et quêtaient, une sébille de bois à la main.
Les Rifodés, toujours accompagnés de femmes et d'enfants; les Coquillards, faux pèlerins, imploraient des subsides pour continuer leur voyage.
Les Collets, atteints de la teigne, disaient-ils, sollicitaient des secours pour se rendre à Flavigny^ en Bourgogne, où sainte Reine avait la réputation de guérir miraculeusement cette maladie.