litres
Vinaigre ■
La dépense de l'huile à brûler a été de 9.643 kilos.
Magasin aux vivres. — Le magasin aux vivres est situé auprès de la cuisine, dans le fond d'une petite cour formée par les bâtiments de l'Économat, de la cuisine, de la boucherie et du magasin. 11 est chargé de la répartition des vivres et alimente la cuisine. Les distributions ont lieu deux fois par jour, le matin et le soir.
Lingerie. — La lingerie de Bicêtre est située dans la Sibérie, perpendiculairement à l'aile droite de la façade nord Elle touche à la buanderie et se compose au rez-de-chaussée, de deux salles de raccommodage, au premier, d'un vaste magasin admirablement tenu et que l'on s'enorgueillit, avec juste raison, de montrer aux visiteurs étrangers. Elle occupe une surveillante, une sous-surveillante, une suppléante, une fille, un garçon de service, et trente ouvrières à lajournée. Au l"" janvier 1889,1a lingeriepossédait: 15.500draps ; 5.230 alèzes; 12 nappes ; 7.800 taies ; 7.640 torchons ; 780 bouts de manches ; 18.000 bas ; 20.250 chemises ; 1.200 peignoirs ; 2.030 enveloppes; 1.560 essuie-mains ; 820 serviettes ; 500 tabliers ; 15.180 bonnets de coton ; 1.390 camisoles ; 310 fichus ; 5.270 mouchoirs ; 380 bonnets de coton ; 210 robes; 290 jupons; 350 blouses.
328 HISTOIRE DE BICKTRE
Buanderie. — La buanderie de Bicêtre possède 4 cuviers contenant 4,000 kilos de linge chacun. Le coulage se fait au moyen d'une pompe à bras. Le séchage se fait à l'air libre en été, dans un champ d'étendage et l'hiver au moyen de 7 chambres, dites étuves, chauffées par 2 calorifères puissants. Ces chambres renferment 2 tringles chacune sur lequel le linge est étendu. 11 est sec environ en 30 minutes. Le lavage est fait par cinquante femmes de journée et cent aliénés (malades utilisés). Le linge est d'abord passé pour l'essanyeage dans un premier bassin, mis au cuvier, coulé, lavé, et rincé ensuite.
11 a été blanchi en 1886 : 1,088,913 kilos de linge ; en 1887, 1,212,337 kilos; en 1888, 1,261,765 kilos. L'année 1889 produira certainement encore une augmentation de blanchissage. On emploie en moyenne pour le service de la buanderie : 10 kilos de bleu, 35 kilos d'amidon, 230 litres d'eau de Javel, 2,500 kilos de savon noir, 2,000 kilos de soude, 3,200 kilos de savon de Marseille. Le chauffage occasionne une dépense de 250,000 kilos de charbon de terre, 3,000 kilos de coke, 1,500 margotins, 5,000 allumettes.
Éclairage. — L'Hospice de Bicêtre est éclairé à l'huile par 390 veilleuses pour les salles, 33 lampex modérateurs, 70 lampes à mains et lanternes, enfin par plus de 1 ,000 becs de gaz.
Une usine située dans l'établissement fournissait autrefois le gaz à la maison ; 7 cornues brûlant par jour 14 hectolitres de coke et distillant 600,000 kilos de charbon par an, produisaient 150,000 mètres cubes de gaz, soit par jour une moyenne de 450 mètres. Fondée en 1858, cette usine subsista jusqu'en 1883. A cette époque, l'Administration de l'Assistance publique passa un marché avec la Compagnie parisienne du Gaz, qui livre à. l'Hospice, à raison de 0 fr. 20 le mètre cube, 830 mètres en moyenne par jour.
Chauffage. — Le bois et le charbon de bois sont exclusivement distribués au personnel administratif, conformément aux circulaires des 24 mars 1841, 18 janvier 1854 et 6 août 1870. Le charbon de terre et la gaillclerie servent dans tous les services ; le tout-venant est distribué au grand-puits ; le coke et les margotins aux services généraux.
Le personnel attaché au service du chauffage est recruté parmi les administrés de Bicêtre, anciens mécaniciens ou chauffeurs, sous la
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direction du conducicur des usines. Il se compose de vingt-quatre journaliers payés à raison de 0 fr. 50 à 0 fr. 75 par jour et de douze chauffeurs payés Ofr. 60 (cinq occupés toute l'année et sept pendant six mois seulement). Il se dépense, année moyenne, 230 stères de bois, 100 hectolitres de charbon de bois, 60,000 kilos de tout-venant, 2, 150,000 kilos de gailleterie, 10,000 hectolitres de coke et 50,000 margotins.
Chantier. — Le chantier au bois et au charbon, situé sur une partie de l'ancien cimetière, emmagasine les approvisionnements de comestibles et les répartit dans les divers services, suivant les besoins et les commandes. Un sous-surveillant tient la comptabilité du chantier, il a un garçon de service sous ses ordres et une trentaine d'aliénés travailleurs.
Scellés. — Dans la cour même du chantier se trouvent 4 vastes magasins destinés k recevoir les effets des vieillards décédés jusqu'au moment où ces effets sont versés au dépôt des ventes. Un sous-surveillant tient la comptabilité de cet important et minutieux service.
Eau. — L'eau est distribuée dans la maison par 150 robinets environ (plus 60 d'arrêt), et se dépense ainsi :
Phaniiiicie 15.000 litres.
Iiiflrmerie 12.000
Bains des divisions 20.000
Cuisine 25.000 —
Ecurie, vaclierie et dciiendauces. . 20.000 —
Buanderie ITb.OOO —
Sibérie 20.000 —
Réfectoires des administrés, . . . 20.000 —
Saluljrité, cours, jardins r.W.000 —
Asile d'aliénés (adultes). .... 100.000 —
— — (enfants) iiouv. i{uar. 120.000 —
Marais et potager 60.000 —
II y a dans l'Établissement 9 réservoirs d'une capacité totale de 1,101,831 litres, compris le réservoir du Grand-Puits.
Vidanges. — Les vidanges de Bicètre sont faites de trois façons : 1" les baquets que l'on vide dans les jardins; 2° les fosses fixes vidangées par un entrepreneur; 3° l'écoulement direct à l'égout. Le réseau
des égouts de Bicêtre, dont la plus grande partie est de construction ancienne, se compose de 3 branchements principaux qui vont se réunir dans le marais, au voisinage de l'emplacement des gazomètres, avant de se jeter dans l'égout départemental qui, après avoir traversé la commune d'Ivry, se déverse en Seine en face de Contlans.
Puisard. — Avant la construction du grand égout de Bicêtre, les eaux et les immondices qui s'écoulaient chaque jour de l'Hospice allaient se perdre dans un immense puisard, situé assez loin de l'établissement, sur l'emplacement de plusieurs carrières. Ce fut Viel-de- Saint-Maux, architecte de l'Hôpital général, qui dressa le plan de cet égout d'un nouveau genre. Commencé en mai 1784, il fut achevé en 1789, et coûta 400,000 livres. Il servit jusqu'en 1860. Aujourd'hui, les galeries de ce puisard abandonné sont louées à un champignonniste.
ExPLOITATIo'^^s. — Outre ses domaines intra-muros, Bicêtre exploite encore des domaines extérieurs (environ G hectares), autrefois beaucoup plus étendus. Parmi les exploitations que l'on doit regretter, citons particulièrement la ferme. Saint-Anne, cédée à la Ville de Paris en 1860. — Les domaines actuels portent les noms de :
Les Coquettes, dans la rue du Kremlin, les Barnufles, au-dessus du fort de Bicêtre, les Hauts-Martinets, près du chemin latéral du fort, les Bas-Martinets, du côté de la route stratégique, les Perrichets, situés rue de l'Annexion, les Sablons, près du chemin des Perrichets, renferment le puisard de Bicêtre, les Saints -Germains ou la Belle-Poule, rue du Kremlin, route de Fontainebleau et avenue de Bicêtre. la Coi,trescarpe, on Fosse aux Chevaux, près le mur d'enceinte de Paris, incultivable, sinon à la bêche, le Moulin de la Boche, à Arcueil, ancienne oserais, terrain marécageux et incultivable.
Vacherie. — La vacheriede Bicêtre n'est plus ce qu'elle était autrefois. 17 vaches avant 1870 fournissaient le lait àplusieurs établissements de l'Assistance et cette exploitation, en même temps qu'elle était très productive pour l'Hospice, avait l'avantage de fournir du lait d'excellente qualité dans les hôpitaux. Après la guerre, l'Hospice ne reprit que 15 vaches et, jusqu'en 1880 (avril), continua à fournir du lait àplusieurs maisons de l'Assistance publique. La fourniture annuelle
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était d'environ 31,000 litres, doni 7, ((00 aux Enfants-Maliuhs, 5,000 à rroiissenu, 4,000 à VHâtel-DieH, 3,000 à Ncckcr, 2,000 à Saint-Antoimet à la Maison (V accouchement, 1,000 s. Beaujon, Saint-Louis, la Charité, le reste était distribué à la Pitié, à Lariboisière, aux Cliniques, à Cochin, etc.. Depuis 1880, Bicêtre n'a j^-ardë que le nombre de vaches (cinq) nécessaire à son approvisionnement journalier. Lanourriture d'une vache se compose de4kil. 500 d'issues, d'une botte de regain, d'une botte de paille par jour; l'hiver on lui donne 18 kilos de betterave, l'été 2 bottes de fourrage vert en remplacement.
Ecuries. — Les écuries de Bicêtre renferment 6 chevaux utilisés pour les besoins journaliers de la maison. La ration journalière des chevaux est de : 1 botte de foin, 1 botte do paille, 1.5 litres d'avoine et
1 kilo de son par jour.
Salubrité.— Le balayage des cours, le nettoyage des cabinets d'aisances sont effectués par des administrés ou des aliénés utilisés, sous la direction d'un surveillant des cours, en même temps chargé des écuries. Vingt-cinq administrés et dix aliénés sont employés cà ce service.
Bains.— Ainsi que nous l'avons dit précédemment, chaque section d'aliénés possède une salle de bains et d'hydrothérapie bien organisée. 11 n'en est pas de même des divisions de vieillards. Il n'y a pour tout l'Hospice qu'une seule salle de bains contenant 1 1 baignoires ; 1 salle avec
2 baignoires pour les bains sulfureux et 3 cabinets particuliers réservés au personnel. Il n'y a ni service d'hydrothérapie ni bains de vapeur. C'est une des parties de Bicêtre les plus négligées. Du reste, l'Administration étudie en ce moment les moyens de remédier à cet étal de choses et de l'éorganiser, selon les besoins et les exigences nouvelles des traitements médicaux, ce service si important dans un asile de vieillards. Malgré l'exiguïté du local et l'insuffisance complète du service, il new est pas moins distribué, en moyenne, chaque année :
Bains simples II).O(M)
— sulfureux :i.OoO
— alcalins .... - | .400
— de son Oûo
— d'amidon l.OdO
Soit un total de. . . lO.dOO
Barbiers. — A côté des bains, sous les arcades de la 2'^ division, est situé l'atelier des barbiers. Un chef (rang de suppléant) et quatre aides (rang d'infirmiers), composent le matériel de cet atelier bien agencé, très proprement tenu, et répond suffisamment aux besoins de la maison. Les vieillards valides s'y rendent quand ils le désirent, aux heures et aux jours fixés par le règlement. En moyenne, il est fait i ,200 barbes par semaine. Les barbiers se rendent en outre auprès des lits des infirmes et des malades incapables de venir eux-mêmes à l'atelier.
Amphithéâtre. — En face l'ancienne porte"d'entrée deBicêtre, au sommet du triangle dont la Sibérie forme la base, on aperçoit un monument bizarre, gothique, c'est le service des morts, Vamphilhéâtre.
A gauche, se trouvent les salles d'exposition, à droite les laboratoires, le logement du gardien, au centre les salles d'autopsie et de dissection. Ce service n'est malheureusement pas assez grandement installé pour Bicêtre. Il y a 8 tables pour les cadavres. Il se fait en général 250 à 300 autopsies par an, 30 à 35 dissections.
Auprès de l'amphithéâtre se trouvait avant 1860 le cimetière de l'Hospice. Aujourd'hui des jardins d'employés occupent cet emplacement, et l'on cultive fleurs et légumes, à l'endroit oii jadis s'élevaient les tombes des vieillards décédés dans la maison.