‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 15 sur 137 · Mirabeau, déjà cité · texte numérisé non relu

Mirabeau, déjà cité

3. Règlement de 1781. Lt's Vt'nèriens. Chapitre IV'', article 7'.

OU non, les malades devaient s'en aller, ils n'avaient plus rien à réclamer. On ne saurait imaginer rien de plus bizarre, de plus odieux, que ce traitement.

Le samedi, après l'appel, on saignait tous les admis; le surlendemain on les purgeait et pendant les neuf jours suivants, les élèves en chirurgie leur faisaient prendre des bains de deux heures de durée dans ces énormes baignoires où quatre patients, à la fois, étaient obligés de se plonger. Une partie entrait dans les bains à trois heures du matin, y restait jusqu'à cinq heures, une autre de six à huit, la troisième de huit à dix. Le septième jour des bains, on conduisait à l'église les cinquante-deux hommes et le lendemain les cinquante femmes, pour y être confessés. Après avoir purgé leur âme, on purgeait leur corps une deuxième fois. Alors, commençaient les frictions administrées suivant le tempérament de chacun. Elles duraient ordinairement vingt-huit jours, quelquefois plus. Ceux qui ne passaient point les Remèdes étaient chargés — détail navrant — de frotter ceux qui les passaient (1).

Deux fois par jour, les élèves en chirurgie faisaient les pansements nécessaires d'après l'ordonnance du chirurgien à ses visites. Les frictions terminées, on repurgeait encore les malades deux fois et... «7 étaient déclarés guéris.

(c Quand le nombre des expectants devenait trop considérable ou quand les plaintes devenaient trop graves, on n'accordait aux vénériens que dix, douze ou quinze jours de traitement, on les renvoyait ensuite pour en l'ecevoir d'autres qu'on traitait de la même manière ; ils n'étaient admis de nouveau qu'api'ès huit ou dix mois. Ce procédé s'appelait le blanchîment (2). Il en résultait qu'après avoir été tourmentés par des remèdes inutiles, ils sortaient sans être guéris de cette geôle pestilentielle et étaient jetés de nouveau dans une misère profonde (3). »

La nourriture se composait pour les expectants de six quarts de pain bis par jour, de la soupe et d'une demi-livre de viande réduite à moitié

1. Règlement de 17SI. Lcri Vénériens. Chapitre IV", article S''.

2. D'' A. Pignot. — C.ilatioii de Parent Du Châtelet. L'Hôpital du Midi, page 8o.

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