I. D' A. Pignot. — L'Hôpital du Midi, etc., page
M. Colon jeuno, chirurgien de Dicètre, se fit vers 1791, l'écho des malades et publia leurs réclamations. Le Monilrw unirersel en le citant appela l'attention de l'Administration sur ce fait.
« Une des choses qui surprendront sans doute c'est d'apprendre que Bicêtre qui contient 3.000 à 4.000 pauvres n'ait point d'infirmerie, que ces malheureux sont transportés à l'Hôtel-Dieu pour y être soignés dans leurs différentes maladies, et que les infortunés qui vont s'y faire traiter d'une maladie honteuse y soient entassés, manquant d'air et de place, que les femmes soient jusqu'à huit ou dix dans le même lit et que l'excès de saleté, de puanteur, de méphitisme dans les salles de traitement deshommes soit encore au-dessus de celui qui règne dans celles des femmes.
« De pareilles gènes, un semblable tourment tant de maux auxquels ne sont pas seulement assujettis ceux à qui leur inconduite a fait contracter cette terrible maladie, mais encore des nourrices, des enfants, des mères infectées du virus dont elles ne peuvent se défendre parce qu'elles ne soupçonnaient pas l'état de ceux qui leur ont transmis, sont bien fait sans doute pour exciter le plus vif désir de les faire cesser et de chercher à en tarir la source.
« C'est sur ces objets douloureux que le très court écrit de M. Colon fixe les' yeux du public; il propose de transférer les malados de cette espèce à Paris, dans un lieu commode, tel que l'emplacement des Capucins au faubourg Saint-Jacques et d'employer les salles qui servent à leur traitement pour servir d'infirmerie à la maison. » [Moniteur, 24 mars 1790, n» 83.)
IIISK1IRK DE Bir.ÉTRE 43
proiuptement réprimées par la maréchaussée. Alors, on retirait le pain aux coupables; bienheureux s'estimaient-ils si, pour l'exemple, quelques-uns d'entre eux n'étaient point pendus !
« Vers 1750, le chirurgien de Bicêtre, Rouhaut,fit visiter la maison, à sonami Maréchal, premier chirurgien du roi. Maréchal fit à Louis XV un tableau fidèle de ce dont il avait été témoin. Le roi le chargea d'opérer les réformes nécessaires. Il y eût aussitôt quelques améliorations et les demandes furent faites pour la construction d'un hùpital de vénériens à Bicêtre. Le terrain fut choisi, l'architecte fit les devis et l'administration l'approuva. L'ordre de construire fut donné incontinent, on décida que les carrières seraient ouvertes dans un jardin de Bicêtre, que le travail de l'exploitation de ces carrières ainsi que celui delà maçonnerie serait fait par économie. Une personne charitable donna 60.000 livres, le duc d'Orléans 30.000 ; les travaux commencèrent. Peu après, Maréchal mourut. Alors, entrepreneurs, architectes, conducteurs des travaux, passèrent à table, et au jeu, le temps qui devait être employé au travail et à la surveillance. De là, dilapidations énormes, les 90.000 livres furent vite épuisées ainsi que 60.000 livres avancées par l'administration. Quelques années plus tard on démolit successivement les constructions commencées,
« En 1783, M. de Breteuil ayant visité les différents établissements de l'Hôpital Général et ayant été mis au courant par Faguer, alors chirurgien en chef de l'hospice des nourrices vénériennes de Vaugirard et qui l'accompagnait dans sa visite^ résolut de mettre un terme à. un mal aussi grand. En 1785, il faisait décider que le couvent des Capucins, situé faubourg Saint-Jacques, serait transformé en un hôpital dans lequel seraient traités gratuitement les pauvres de tout d(je et de l'un et l'autre sexe, attaqués du mal vénérien.
« Lorsque le docteur Michel Culierier, chirurgien principal de l'Hôpital Général, prit possession de ce service (1787) rien de sérieux n'avait été encore fait pour cette catégorie spécial de malades. Ce ne fut que cinq ans plus tard que les membres du Comité de mendicité de l'Assemblée constituante, ayant visité Bicêtre, ordonnèrent l'achèvement de de l'hôpital projeté dans le local des Capucins. Grâce au crédit do l'un des membres de ce comité, Cousin, ce travail fut promptement
HISTOIRE DE BICÊTUE
achevé. Les vénériennes de Bicêlre, furent transférées au nouvel hôpital le 12 mars 1792, et les vénériens à la fin d'août de la même année (1 ). »
i. D' Bourneville. — Rapport présenté au nom de la commission d'Assistance publique au conseil municipal de Paris, sur la restauration d'une, partie des bâtiments dr l'hôpital du Midi (Annexe au procès-verbal delà séance du 13 mai 1880, pages 7 à 9.)