‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 24 sur 137 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les i.nsonnirrs avant I l'J-2. - Les prisonniers payant pension. - Les prisonnier. .«,,. pens.on.- IU.g.a,e. - Evas.ons n.ult.ples. - R^évoltes. - Personnerd "a pdson

Avint 1792, les prisonniers se divisaient en deux catégories :

h' 'es prisonniers payant pension,

2" les prisonniers sans pension.

Les premiers habitaient les cabanons. Ils étaient conduits à Bicètre par ordre du roi, contresigné du ministre dans le département duquel i s avaient été arrêtés. Ces ordres ne fixaient jamais la durée de la détention. Ils étaient libellés ainsi :

. Heeeyoir à rhôpital de Bicètre, le nommé .t l'y tarder msqu'à nouvel

m-dre de ba Majesté, moyennant une pension de... par an » (1). ^

Cette pension était payable, à la caisse de l'hôpital général, par la tamillodu prisonnier ou par celui qui avait sollicité l'ordre d'incarcération. EHe variait de 150 à 400 livres et devait être acquittée par quartier.s etd .nvance. Ces pensionnaires formaient la majorité de la population des cabanons. Un tiers environ y étaient enformés par ordre du procureur général ou du lieutenant de police, un très petit nombre par arrêt du parlement, lettres de commutation de peine ou sentence de la prévote Les ordres du lieutenant général de police étaient les seuls parmi ces derniers qui ne li.xaient pas la durée de l'emprisonnement. Au début les prisonniers d'état enformés à Bicètre furent très rares. Si l'on en croît un chroniqueur, dont il ne nous a malheureusement pas été facifo de vérifier l'assertion - les plus anciens registres de Bicètre ne

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meni pour cette sorte de détenus : Ordre du Roy. (Archives de Bicètre). l>. is.

58 inSTOIRE DE liir.ftTRE

remontant qu'à l'année 1737 — il n'y aurait eu que trois lettres de cachet délivrées en six ans, sous le règne de Louis XIV, ce monarque qui personnifia en lui la royauté absolue. « La première est du 3 septembre 1705. C'était la reine d'Angleterre (la reine Anne) qui l'avait sollicitée et qui était chargée de payer la pension. La deuxième du 25 août 1709 et la troisième du 4 septembre 1711. «(1)

Bientôt, la tendance du pouvoir vers l'arbitraire s'accentuant, les lettres de cachet devinrent plus nombreuses. On ne croyait pas de sûreté individuelle possible sans une séquestration entre quatre murs. A la date du 15 août 1737, le nombre des prisonniers présents s'élevait à 415. Dans ce nombre, 75 avaient été enfermés depuis peu, 340 s'y trouvaient depuis un temps plus ou moins reculé. Le plus ancien d'entre eux était entré le 20 décembre 1712.

Les prisonniers sans pension occupaientles salles Fort-Malien, laForce et Saint-Léger. La plus grande partie d'entre eux, détenus par ordre du roi, jusquànourel ordre de Sa Majesté avalent subi procès, étaient flétris et condamnés pour vol. Quelques uns étaient enfermés par le procureur général qui fixait ordinairement la temps de la détention, sans en indiquer le motif. Le reste, envoyé à Bicêtre, par ordre du lieutenant de police, arrêt du parlement, lettres de commutation de peines, sentence de la prévôté, était enfi^rmé comme suspects, gens sans aveu, pédérastes, cochers de place insolents, sorciers (2), blasphémateurs même.

La Force de Bicêtre servait également de pénitencier militaire. Elle

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