Règlement de 1781, chap. 1", art. xi
iiisToiHi': ])f. liir.ÉTHK
/ l Soupe taillée sur le pain.
' ' \ Dîner ] Bouilli.
l , . \ Jours -rus / Une entrée.
\ Tous les. lours \ r Souper Itoli.
' 1 pnin lil.iiir, :i l/i' , ' |,. vi^nilredi j Poisson.
J spiiliiMS (le vin. I \ oinei- ? , i- Morrhue.
I f .lours maisres ^ b' san.ed. j cE„f,,,é,ames
( Souper ; l.''J-'ume?, œufs, fromage.
Il n'existait dans les cabanons, ni tables, ni chaises. Les vivres étaient servis dans des écuelles de bois, les cuillers et les fourchettes étaient également en bois. 11 n'était jamais donné de couteaux aux
détenus. ^ , ,
Tous les jours à neuf heures du matin, un sergent et deux gardes assistés d'un porte-clefs, le plus souvent en présence du lieutenant de la'compao-aie, faisaient une visite générale dans l'intérieur de chaque cabanon.^e prisonnier pouvait avoir tenté, pendant la nuit quelque moyen d'évasion ; sou lit renfermait peut-être des instruments nuisib es (couteaux, ciseaux ou rasoirs); dans le mur. sous les pavés de la salle, il pouvait avoir caché du fil ou des cordes, tout un attirail prépare a la dérobée ou procuré par un gardien malhonnête. Avec un lourd marteau, le sergent frappait un à un les barreaux de fer des croisées afin de s'assurer qu'il n'y en avait point de sciés ou de défectueux. Puis, après un dernier coup d'œil à la cellule, il se retirait pour revenir encore dans le courant de la jouraée, à des heures irrégulières Lorsque les -niicliets étaient ouverts, sa mission était de veilier dans les corridors à ce qu'il ne s'élevât pas de disputes entre les prisonniers, à empêcher surtout les garçons de service de boire avec ceux qu'ils étaient charges de surveiller. Enfin, sur les six heures du soir, les porte-clefs se rendaient dans les couloirs pour examiner les portes et les verroux.
Pendant la nuit, trois rondes : la première à huit heures et demie du soir, la seconde, à onze heures et deme, la troisième à deux heures et demie. Elles étaient faites par le sergent de garde accompagné d un veilleur muni d'un flambeau. Tous les jours à trois heures de 1 aprèsmidi, le capitaine ou le lieutenant de la compagnie des gardes accompagné du sergent de garde, de dix soldats du gouverneur et de deux garçons de service se rendait dans toutes les salles delà Force. Six
des gardes restaient à la porte de la salle, la baïonnette au fusil, les quatre autres, armés seulement d'une lance de fer piquée au bout d'un gros bâton, fouillaient la paille. Un des garçons de service, muni d'un flambeau, regardait sous les lits, le second, avec un râteau de fer, son dait les murs et les endroits sombres. (1) Chaque matin vers cinq heures en été, six heures en hiver, un sergent et deux gardes faisaient encore une ronde autour de la maison. Rapport était fait à l'économe de ces différentes visites.
Malgré toutes ces précautions, les évasions étaient encore assez fréquentes. Non seulement l^s prisonniers des cabanons s'échappaient ce bien cjuils fussent attachés par le col et par les pieds » ou « sans faire de dégradation (2) ■», mais encore ceux de la Force trouvaient lo moyen de fuir en bande.
Le 13 septembre 1761, cinquante prisonniers s'enfuient de la prison par l'aqueduc des cabanons ; le 5 juillet 1752, quatre détenus prennent le même chemin. Quelques années plus tard, oin;jt-six pensionnaires de la Force quittent leur salle, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1778, sans éveiller les soupçons des gardes probablement occupés à jouer et à boire ou profondément endormis, lis avaient pratiqué un trou souterrain au dessous du mur du marais, percé ce mur, et de là, étalant passés dans les champs,
En 1786, le 4 juin, cinq des travailleurs du Grand Puits, après s'être cachés dans le tambour sur lequel s'enroulait le câble qui mettait en mouvement les seaux, s'évadèrent par un trou qu'ils avaient fait au mur du manège. (3)
Ces évasions multiples ne réussissaient pas toujours. Les gardes s'apercevaient de la tentative. Le 20 juin 1774, par exemple, dix—Iaiit prisonniers étaient arrêtés au moment où ils se préparaient à fuir par un trou pratiqué au plancher de la salle Saint-Léger. Par ordre du lieutenant général de police Lenoir, ils furent enfermés