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pice. Aujourd'hui, ils «ont placés, sinon dans des conditions idéales que ne comportent pas les locaux, au moins dans des conditions dMiygiène convenables; leurs infirmiers sont de mieux en mieux choisis et l'on se préoccupe sérieusement de les instruire et de les rendre capables de seconder avec intelligence les chefs de service ; ils ne servent plus d'appâtàlacuriosité publique, etnon seulement remploidesentraves et delà camisole de force devient de plus en plus rare, mais encore les médecins essaient de leur rendre plus tolérable le séjour de l'asile en organisant pour eux des promenades, en les laissant visiter par leurs familles, et en leur permettant même d'aller passer avec elles quelques heures ou quelques jours. Plus frappants encore sont les changements en ce qui regarde les enfanls. Naguère, « à la moindre défaillance, à la moindre incartade, deu\ gardes enlevaient les coupables, les attachaient par les mains, par le milieu du corps, à deux crampons de fer scellés dans le mur et prévenaientlecorrecteurqui venaitlesfouetteravecunmartinet aux longues lanières de cuir sans écouter leurs cris déchirants et leurs prières >>. Aujourd'hui, tout autre est leur état. Nulle punition corporelle, des soins appropriés à leur situation mentale, une instruction primaire spéciale, un enseignement professionnel varié, et plus encore que pour les aliénés, des promenades, des distractions, des sorties, en un mot une [ilus grande somme de liberté.
Toutes ces réformes sont nées du grand mouvement rénovateur de 1789 et sont dues pour la plupart à la llépublique. M. Paul Bru les a mises nettement en évidence. En outre, il a eu l'excellente idée de montrer qu'après ces grandes réformes, il restait encore beaucoup d'améliorations secondaires à réaliser, en raison même de ranciennelè de la maison. Il en a indiqué quelques-unes. Nous
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sommes d'autant plus libres pour en compléter la liste que nous Tavons fait maintes fois. Nous profitons de l'occasion qui s'offre naturellement à nous pour les énumérer de nouveau : Reconstruction des bains de l'bospice, tout à fait insuffisants; réfection complète des cabinets d'aisances suivant les données de l'hygiène moderne; installation de lavabos dans tous les dortoirs de vieillards et d'aliénés; augmentation de l'approvisionnement d'eau; construction d'un pavillon pour les internes; suppression de la Sûreté; reconstruction de l'infirmerie générale, du service des morts et des autopsies avec laboratoires et musée; enfin réédification des ateliers, ce qui permettra de mieux utiliser ie travail des vieillards et des aliénés, à leur grand avantage et au profit de l'établissement, etc. Nous savons que toutes ces réformes exigent du temps et de l'argent. Ce que nous demandons au Conseil municipal et à l'Administration, c'est de les étudier; puis, si avec nous, ils en reconnaissent la nécessité, d'en dresser le programme et, chaque année, de procéder à l'exécution de l'une d'entre elles. En agissant ainsi, l'un et l'autre rendront de réels services, feront de Bicêtre un établissement modèle, et montreront une fois de plus qu'à leurs yeux ce qui caractérise le degré de civilisation d'un pays, au point de vue intellectuel et moral, c'est l'état prospère de son enseignement public et l'état parfait sous tous les rapports, et en particulier de l'hygiène, de ses établissements hospitaliers.
BoUliNEVILLE.
10 juin 1890.