‹ Histoire de Bicêtre (hospice-prison-asile) d'après des documents historiqueChapitre 45 sur 137 · s. Berthoud. —Déjà cité · texte numérisé non relu

s. Berthoud. —Déjà cité

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Nuit et jour, un factionnaire était de garde devant la porte ; les yeux du condamné ne pouvaient se lever vers la lucarne carrée du soupirail sans rencontrer deux yeux fixes, toujours ouverts, toujours obstinément dardés sur lui.

Le jour de l'exécution capitale, quelquefois la veille, on signifiait au condamné le rejet de son pourvoi en cassation. On le dirigeait à la amciei-fjerie. C'était là et non à Bicètre que se faisait la toilette.

C'est de Bicêtre que partirent pour l'échafaud les quatre sergents de la Rochelle. De fameux bandits dont les causes sont devenues célèbres ontégalement été les tristes hôtes de cette maison : Castaing,Contrafatto, Roch,Daumas-Dupin,Benoit-Regès, Lacenaire, Avril, Papavoine, etc. Georges Cadoudal et ses huit complices habitèrent aussi les cachots de Bicêtre. La veille de l'exécutionon voulutsauver Cadoudal. Il refusa.

La plupart, des cachots et des cabanons étaient couverts d'inscriptions, de dessins, de figures bizarres, de noms et de dates. En 1<S38, on voyait encore sur les murs des peintures très belles, entre autres le portrait d'un commissaire de police présentant un bouquet à une dame, mais un jour, ce portrait fut effacé par des visiteurs. Au. dessous était dessiné un chat; au-dessus une guillotine au moment de l'exécution (1).

M. le docteur Bourneville, dans le cmnplc rendu du service des enfants idiots et arriérés de Bicêtre, pour l'année 1880, dit que, lors de la réfection des peintures des salles du bâtiment de la 5° division 3' section (ancien pavillon de la Force), son surveillant, M. Agnus,

1. Pt'i'e RicluiicJ. — Souvenirs hislnriijws. etc.. déjà cité.

Victor Hugo, dans Le dernier jour d'un condamni, fait trouver par son héros les inscriiitions suivantes dans le cachot où il est enfermé :

Amour pour la vie. — Le malheureux ne prenait pas un engagement pcjur longtemps.

A côté une espèce de chapeau à trois cornes avec une petite ligure grossièrement dessinée au-dessous, et ces mots : Vive TEmpereur! 1824.

Encore drs cœurs enll.immés avec cette inscription caractéristique dans une prison: J'aime et j'adore Mathieu Uauvin, Jacques.

Sur le mur opposé on lit ce nom : l'apavuinc, Le 1' majuscule est brodé d'arabesques et enjolivé avec soin.

Un couplet d'une chanson obscène.

Un bonnet de liberté sculpté assez profondément dans le mur avec ceci dessous : Bories, La République.

Danton ISl.i; — Poulain t«lS; — Jean Martin 18-Jl ; — Castaing 182.'!.

a relevé quelques inscriptions tracées par les prisonniers : Motte 5 ans. — Laval 20 ans, condamné à 20 ans. — Perret 1790. — Canivet condamné à 5 ans de fer.

Le 24 décembre 1836, une quarantaine de ces voitures que le pari sien a surnommées panier à salade, s'arrêtaient à la porte de la prison de Bicètre. Une forte escorte de gendarmes les entourait. Elles pénétrèrent dans la cour royale. Un k un on y fit monter les prisonniers et, le soir, les -127 locataires de Bicètre étaient devenus ceux de la Roquette.

L'administration des hôpitaux, après 35 ans d'instances, avait enfin obtenu la séparation du crime et du malheur. La prison de Bicètre avait cessé d'exister.

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