D' Bourneville. — Rapport au Conseil municipal
HISTOIRE DE BIGÈTIU', 27!J
être supprimé. Ajoutons enfin que, malgré l'entassemont des malades épileptiques. il en est un certain nombre qui sont disséminés dans les deux autres sections.
Pour remédier à un état de clioses aussi affligeant, votre Commission pense, comme l'an dernier, qu'il faudrait édifier une section pour les enfants, sur le terrain libre, contigu aux gymnases couvert et à plein champ. L'espace est tel qu'il serait possible d'y mettre des dortoirs, des réfectoires, des salles de réunion et une école pour deux cents enfants. La nouvelle section donnerait, d'une part, sur le gymnase découvert qui est très vaste; d'autre part, elle dominerait là vallée de la Biévre et Laisserait voir toute la rive gauche de Paris.
Grâce à cette réforme, les salles occupées actuellement par les enfants, dans la section commune, deviendraient vacantes, et on arriverait à ce résultat avantageux que, tout en diminuant le nombre des lits dans les dortoirs actuels des adultes, il resterait des lits où l'on pourrait transporter les quatre-vingt-un épileptiques qui se trouvent dans la 1" et dans la 2" section, lesquelles auraient des lits rendus à l'usage des aliénés.
Cette section, en effet, comprenait alors : /" des épileptiques et des hystériques adultes; 2" des enfants épileptifjnes ou hystériques; > des enfants idiots, itnbéciles ou arriérés. — Elle se composait d'un bâtiment principal, de construction ancienne, qui faisait autrefois partie de la prison (Pavillon de la Force), comprenant une partie centrale et un pavillon à chaque extrémité. Ces locaux sont occupés aujourd'hui par le service des épileptiques adultes de M. le D' Féré.
Au rez-de-chaussée se trouvait le cabinet du surveillant, le réfectoire des serviteurs, les lavabos des enfants, un dortoir de 32 lits et le chauffoir. C'était dans ce chauffoir, salle basse et longue, que se trouvaient accumulés, à certaines heures du jour, et, quand le temps était mauvais, presque toute la journée, 100 à 125 malades épileptiques, plus ou moins violents. 11 en résultait des querelles incessantes aboutissant presque toujours à des rixes, quelquefois sanglantes. Au premier étage était situé, un dortoir d'enfants valides et l'infirmerie; au second, la bibliothèque et l'infirmerie des adultes ; aux troisième et quatrième, les dortoirs d'adultes et d'enfants valides et des infirmeries. Le second bâtiment, perpendiculaire au pavillon ouest du bâtiment principal, communiquait avec lui au premier étage. Le rez-de-chaussée était affecté à l'école, au cabinet de l'instituteur, au réfectoire des enfants. L'étage unique servait de dortoir aux enfants fréquentant l'école. Enfin, à l'angle formé par les deux bâtiments, l'Administration avait construit en 1873, le pavillon des bains qui existe encore et sert
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actuellement à la section des épileptiqiies. Jusqu'à cette époque, il n'y avait eu dans le service que deux baignoires fixes, placées dans les offices des réfectoires.
Accumulés ainsi, en violation de toutes les règles de l'hygiène, les enfants se trouvaient mêlés, pour ainsi dire, avec les adultes, et cette promiscuité nécessitait une surveillance incessante.
Le Conseil municipal appela sérieusement l'attention de l'Administration sur cette situation déplorable. Le 2 décembre 1879, M. Michel Moring, directeur de l'Assistance publique, reconnaissait, dans son Rapport sur le service des aliénés, l'utilité de la création d'une section nouvelle. Le Conseil de surveillance de l'Administration en adopta le projet le IS mars 1880. Le 13 avril suivant, M. Herold, préfet de la Seine^ introduisit l'affaire au Conseil municipal.
Plusieurs membres du Conseil général de la Seine, dit-il, visitant l'asile des aliénés de l'hospice de Bicêtre, se sont émus de la mauvaise organisation du service des enfants idiots et épileptiques et de l'état de délabrement des bâtiments. Pour remédier à cet état de choses, le Directeur de l'Assistance publique a fait dresser un projet de construction d'un b;Uiment spécial pour la section des enfants idiots et épileptiques.
Actuellement, le service des enfants idiots ne forme pas une section à part; il se trouve, pour ainsi dire, englobé dans la section des épileptiques adultes; les localités occupées par les enfants 'sont éparses; les services généraux, tels que classes, réfectoires, offices, bains, lavabos, magasins, etc., sont mal répartis pour les besoins du service; l'éclairage est insuffisant dans la classe et le réfectoire; enfin, ces localités, mal aérées, sont humides, froides et malsaines.
Les dorloii's offrenl des inconvinienls encore plus grands; des enfants, dont l'âge varie et dont l'afTection difTère, y sonf confondus dans une promiscuité dangereuse Qu'o:< NE s.vuRAiT TOLÉRER PLUS LONGTEMPS. Une infirmerie spéciale manque également.
Le personnel servant, attaché au service des enfants, est défectueux. Ce sont généralement des serviteurs de second ordrequi apportent tout leur bon vouloir à leurs fonctions, mais qui, par nature, sontpeu aptes aux soins multiples de propreté que réclament les jeunes malades ; ils n'ont pas ce dévouement charitable que les femmes possèdent à un si haut degré.
L'Administration a donc i)0ur devoir de porter remède à un état de choses qui compromet le bien-être de toute une population si intéressante par ses souffrances, par ses misères et par son âge. Il importe, enfin, de multiplier autour de ces enfants les moyens d'instruction et d'éducation, aiin d'éveiller et de développer leur intelligence, tout en améliorant leur état physique
Le bâtiment qu'il s'agirait de construire contiendrait Kit) lits d'enfants de 4 à 17 ans, 16 lits d'infirmerie et 8 lits pour les chambres d'isolement. .Vctuellement, la population n'est que de 125 en'ants. L'exécution de ce projet permet-
trait donc d'aus^MnentcT de 33 le nombre des lits et de diminuer d'autant le chidVe des transferts en province.
Les enfants s..raient classés en deux grandes caté,i<ories : la division des grands (13 à 18 ans] et la division des petits (2 à 13 ans). 80 lits seraient aflectés à chacune de ces catégories. L'inlinnerie serait commune ; chaque division comprendrait deux catégories : celle des valides et celle des gâteux, et se subdiviseraU en outre en un certain nombre de groupes correspondant à des séries d'à-es'et à des catégories d'infirmités. "
Le bâtiment projeté aurait un rez-de-chaussée et trois étages, sa longueur serait d environ 80 mètres. La partie centrale formerait pavillon en saillie sur les deux ailes.
Les services généraux, cabinets de la surveillante, de l'instituteur, biblioliiènue réfectoires, bains, lavabos, offices, chambres de débarras, infirmerie lin-erie' vestiaire, dortoirs des infirmières, chambres d'isolement, dortoirs des 'veilleuses et autres serviteurs, etc., etc., occuperaient, aux différents étages, le pavillon central du bâtiment dont les ailes seraient affectées aux dortoirs des enflints Le rez-de-chaussee, divisé en 4 dortoirs, recevrait 40 lits. La disposition serait la même aux trois étages. '
Les 40 lits placés au rez-de-chaussée seraient destinés aux enfants infirmes pour lesquels 1 ascension d'un escali,.r constitue un danger. Les 40 lits dû troisième étage ne seraient utilisés qu'en cas de complète occupation des étages inférieurs et au fur st â mesure des besoins du service ^
Des cabinets d'aisance et des lavabos seraient instaïlé-s à tous les éta-es F„ outre de ce bâtiment principal, le projet comprend la conslrucùon, .nr fnu^ emplacement, a drcnle du gumnase actuel, d'un grand a/^ndeSoù mètres .unev/lcl-h o^sera>ent,nUaleesqu^ laMnes, etc. Cet abri serait rattaché au bâtiment principal par une galerie vitrée.'
Ce premier projet, confié par la commission du Conseil à M. Bourneville fut reconnu défectueux et insuffisant, M. Bourneville. qui était devenu meMecm de la section à la fin de 1879, comme nous l'avons dit, se rendant chaque jour un compte exact des conditions que devait rempLr une section consacrée à des enfants infirmes, paralytiques, epileptiques, conçut un projet complet destiné à satisfaire autant que possible à tous les besoins. Il demanda à M. Quentin, qui y consentit, de 1 autoriser à le soumettre à MM. Imard, inspecteur de l'Assistance publique; Ventujol, directeur de Bicôtre et Gallois, architecte. Ce projet reposait sur ce principe : faire des services généraux (ateliers, ecoles.re octoires), suffisamment spacieux pour qu'ils puissent suffire à une population non plus de 200 enfants mais de 400 ; les construire de suite, ainsi que des dortoirs pour 200 entants au moins; réserver 1 espace pour la construction de nouveaux pavillons au fur et à mesure
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des demandes. La réunion eut lieu le 8 juin 1882. Le projet de M. Bournevillefut reconnu tout à fait préférable à l'ancien.
11 fut décidé, en outre, que les ateliers feraient l'objet d'un projet spécial qui serait soumis, à bref délai, au Conseil municipal, et que M. Imard, rédigerait le programme détaillé à soumettre à l'Administration suivant les données que M. Bourneville avait développées. M. le directeur de l'Assistance publique adopta cette double proposition. M. Gallois prépara le projet des ateliers, qui fut soumis au Conseil de surveillance dans sa séance du 3 août 1882. Le Conseil de surveillance l'adopta après avoir, toutefois, pris connaissance du plan général schématique de la future section et en avoir accepté les dispositions dans leur ensemble.
L'affaire fut introduite au Conseil municipal le 7 août 1882, le rapport fut fait par M. Bourneville le 9 aoiit. M. Floquet, alors préfet de la Seine, donna les ordres pour que les formalités administratives fussent rapidement remplies. L'adjudication eut lieu le 21 septembre. L'arrêté préfectoral acceptant l'adjudication fut signé le 29 du même mois, les travaux commencèrent dans la seconde quinzaine d'octobre de la même année et furent achevés en août 1883.
Les plans et devis du projet complet furent terminés le 22 novembre. La présentation au Conseil de surveillance fut retardée par suite de ce fait qu'une partie du terrain était comprise dans la zone militaire. Une fois cette difficulté aplanie, M. Quentin remit le dossier au Conseil de surveillance dont l'avis bien que favorable, en principe, aboutissait à un ajournement indéfini car il ne comportait aucune affectation de crédit. M. Bourneville insista auprès de M. le Préfet de la Seine, pour qu'il fasse remplir avec promptitude toutes les formalités. Peu à peu les bâtiments s'élevèrent. L'œuvre est à peu près terminée aujourd'hui (1).
Nous allons maintenant examiner en détail cette section qui est
l'une des plus grandes attractions des visiteurs de Bicêtre, l'un des
côtés les plus instructifs et les plus curieux de ce vaste établissement.
Le terrain sur lequel est construit le quartier pour les enfants idiots
1. L'histori(nie de la section des enfants a été entièrement écrit d'après les documents que M. Bourneville a bien voulu nous communiquer.
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et épileptiqaes, est situe à l'angle sud-ouest de l'iiospice. 11 est en coteau et domine la vallée de la Bièvre et la coiuuiune de Gentilly. La vue s'étend sur la plus grande partie de la rive gauche de Paris. La pente est assez prononcée en deux sens. On y pénètre par une allée longeant à gauche le parloir pour les familles des enfants, adossé à une dépendance de la 2« section et à droite, le quartier des colonnes de la môme section. Dans la première cour où est installé le gymnase découvert, on trouve l'aies ateliers qui sont aujourd'hui au nombre de sept : cordonnerie, couture, menuiserie, serrurerie, vannerie et rempaillage, brosserie et imprimerie, 2" le gymnase couvert.
(^ette cour est limitée à l'est, par celle de la 2" section, à l'ouest parles réfectoires des enfants.
Dans la seconde cour, se trouve l'école qui comprend deux grandes divisions. La première pour les enfants épileptiques, imbéciles, arriérés; la seconde pour les idiots valides, gâteux ou non.
La première division comprend quatre classes séparées par des cloisons mobiles qui permettent le classement varial)le des enfants par classes. A la grande école sont annexés : une salle pour le dépôt des objets ou instruments servant, soit au professeur de chant, soit au maître d'escrime et un musée scolaire où l'on dépose tous les objets d'enseignement, de la grande et de la petite école.
ha petite école est divisée en une série de classes pour les leçons de choses, la lecture; les jeux destinés à exercer les mains et les yeux, — la gymnastique Pichery, si utile pour apprendre aux enfants à se servir de leurs mciins, à exécuter une série de mouvements élémentaires, etc.
Entre la petite école et le réfectoire, est installé le service de propreté où l'on traite le gâtisme et où l'on apprend aux enfants à se laver la figure et les mains. — Entre la grande école et le réfectoire des grands, se suivent le service des bains et le service hydrothérapique.
Ces quatre services circonscrivent une cour où sont placés des cabinets d'aisances kYsing[a.ise, ([ïs])Osés de manière à faciliter le plus possible la surveillance.
Le gymnase et les ateliers, d'une part ; — les réfectoires, les classes, les bains et le service de propreté, d'une autre part, constituent l'ensemble des services de jour.
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Le service de niiil coraçrendles hmipaviUons pour dortoirs. Ch.s.i[ne pavillon se compose seulement d'un rez-de-chaussée renfermant deux salles de 20 lits. Les lits, rangés à gauche et à droite de la salle, sont séparés par autant de fenêtres ; les trumeaux correspondant aux lits ont au moins 1 mètre, la largeur des dortoirs n'est pas moindre de 7 mètres. Au centre du pavillon on a réuni : les lavabos, à cuvettes distinctes et à bascule, avec armoire treillagée à claire-voie et tiroirs pour les serviettes, les peignes et les brosses ; les cabinets d'aisances avec deux sièges séparés et une chambre de débarras.
En descendant, on arrive au bâtiment des gâteux, qui contient 48 lits, en deux salles. Le cube d'air de chaque lit est de 53 mètres. Chaque lit est séparé de son voisin par une fenêtre. A chaque extrémité se trouve un service de propreté, semblable à celui des idiots gâteux valides; un cabinet d'aisances, avec siège pour les adultes ; un vidoir. Au centre : un cabinet pour la surveillante, un cabinet pour le médecin, une pièce de débarras, une salle pour le lever des enfants, un vestibule ainsi que l'escalier conduisant au premier étage. L'une des deux salles du premier étage est destinée à servir de salle de rechange, de façon à ce que les enfants ne séjournent pas plus d'un mois dans la même salle.
Eu arrièredu bâtiment desgâteux setrouventrù///n;)erie, le pavillon d'isolement pour les maladies contagieuses , et les cellules.
Ces quatre derniers pavillons constituent en quelque sorte Yhôpital de la section : les écoles, les réfectoires et les ateliers constituent le service scolaire et de l'enseignement professionnel.
Tous les espaces compris entre les bâtiments ont été transformés en jardins servant ann leçons de choses : 1'^ jardin des figures géométriques (arbustes verts taillés en cônes, cubes, etc.) ; 2*^ jardin des surfaces (petites pelouses bordées de buis en forme de triangle, de carré, etc.); 3° jardin de fleurs; 4° jardin potager avec arbres fruitiers 5° un verger planté de cerisiers, pruniers, poiriers, pommiers, etc.; 6° un champ de céréales et de plantes fourragères ; enfin 7'^ un petit èois planté d'essences variées s'étend à l'extiémité de la section.
Tous les bâtiments sont à rez-de-chaussée, sauf celui des gâteux. Les constructions sont en fer, briques et tuiles ; les soubassements en pierre meulière, séparés des briques par un bandeau de pierres de
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taille. Dans toute la section, les cabinets d'aisances sont à l'anglaise, cirés, avec fermeture hydraulique, et leur ventilation est activée dans le tuyau d'appel par un bec de gaz allumé nuit et jour. Grâce à une surveillance active, on parvient à maintenir les cabinets d'aisances dans un parfait état de propreté.
Dans plusieurs des sous-sols qui sont assez élevés en raison de la topographie du terrain, on a installé le service du perruquier, les haîjis (le pieds, le magasin des chaussures des enfants où on leur apprend à les cirer.
La section des enfants comprend trois groupes (1) : 1" les enfants idiots, gâteux, épileptiques ou non, mais invalides -,2° les enfants idiots» gâteux ou non gâteux, épileptiques ou non, mais valides :3° les enfants propres, valides, imbéciles, arriérés, épileptiques et hystériques ou non.
Ces enfants sont répartis en deux écoles distinctes. A la. petite école tenue par des surveillantes munies de leur diplôme d'institutrice ou du brevet de capacité, sont placés les plus jeunes enfants ou les plus arriérés qui réclament des soins maternels particuliers. lisse subdivisent en deux catégories. « La première est composée d'enfants gâteux invalides dont la plupart sont susceptibles d'amélioration ; l'autre, d'enfants tout à fait incurables ou d'enfants atteints d'épilepsie ou de méningo-encéphalite^ devenus gâteux sous l'influence des accès ou des poussées congestives qui les compliquent. Ces derniers ne sont plus que l'objet de soins hygiéniques. « Quant aux premiers, dès qu'il sont susceptibles de marcher, ils soat envoyés à la petite école le matin, puis toute la journée. 203 enfants y ont été inscrits pendant l'année 1888.
Tous les enfants reçoiv ent des leçons de toilette (lavage de la figure, des mains, propreté de la chevelure, etc.) et sont exercés à la petite gymnastique (système Pichery). Les appareils se composent : 1° d'échelles doubles encorde, avec traverses cylindriques en bois; 2^ de ressorts à boudin double, avec poignée cylindrique. Ces exercices
i. Toute la dernière partie de ce chapitre est entièrement écrite d'après les notes et documouts mis à notre disposition par M. le D"' Bourneville. — Voir pour plus de détails les comptes rendus publiés par lui, de IS8() à 188H inclus. (Ot'o/. in -8. —Au Pro(jrrs m''ili- C((/, Paris, 14 rue des Carmes). Rerhirc/ies clin'Kjues ft lhrru])ei(tir/ue» sur l'épilepsie, l'hystérie et l'idiotie, etc.
HISTOIRE DE HICÊTRE
apprennent aux entants à mieux saisir les objets, à opposer leur
pouce aux autres doigts, etc., à comprendre et à exécuter certains
mouvements, en avant, en arrière, assis (1), et contribuent à développer leur système musculaire.
Fia-
Fi,j. h
1. On peut se rendre compte des mouvena-iits d'après les figures ci-contre extraites dos Comptes renduf. du service des enfants idiots, ilpileptiques et aryit'rcs de Bkélre pendant raîint'c 1888. Pages vi, vu, viii, ix. Exercices des échelles :
.■ (Fifi. a) représente l'enfant en position; après avoir fait marcher l'enfant en avant, en arrière l'enfant déploie le corps en avant, appuyé sur la pointe des pieds {Pin. b.) et en arrière, appuyé sur les talons. La Fig. c. fait voir l'enfant monté aux échelles et déployant le' corps en arrière ; le même exercice se fait en déployant le corps en avant.
" Exercices avec les ressorts.— Sauf l'ascension, les exercices sont les mêmes qu'avec
les échelles.
« L'éducation de la main, et partant du sens du toucher, est complétée par les exercices des planchettes, des petits cylindres en bois, des sphères en bois du livre des étojfcs.
«Dans le courant de l'année 1888, il a été ajouté deux autres procédés aux précédents . Le premier consiste en un cadre de bois de U cent, de large sur 31 cent, de long, dans lequel est disposée une série de plaques de 0 10 cent, sur 0,05, constituées par une plaque métallique à grosses saillies, par conséquent très rugueuses, comme une râpe, par une autre plaque métallique, avec des saillies moitié plus petites, partant moins rugueuses; puis du drap, de la soie, du velours, enfin une plaque de bois lisse... Lorsque l'enfant distingue les deux extrêmes, on lui fait toucher les intermédiaires. Le second procédé est destiné à leur apprendre la notion des poids au moyen de sphères plus ou moins lourdes. »
iiisToiiiK Di-: liir.HVriiK
Au réfectoire, les enfants apprennent à se servir de la cuiller de la fourchette et du couteau, sous la direction des infirmières qui les accompagnent partout, ce En 1888, 45 se servaient de la cuiller seu ement; 70, de la cuiller et de la fourchette ; 62, de la cuiller de la fourchette et du couteau ; 172 exécutaient les mouvements de gymnast.queplusoumoinsbien.S les exécutaient trèsbienetsuivaienton
outrelesexercicesdelagrandegymnastique.Enfin7entantsgâteuxsont devenus propres, grâce au procédé employé, qui consiste à les placer à des heures régulières sur les sièges d'aisances, au lever, au coucher' après chaque repas. En outre. 36 enfants de la petite école vont une demi-heure par jour aux ateliers de menuiserie (1), cordonnerie fô) rempaillage (3), vannerie (6), tailleur (20). » ^ ''
Les leçons de choses, les promenades avec interrogations, l'éducation des sens forment, comme toujours, la base de l'enseignement
1. éducation physique proprement dite, comprend, outre la -vmnas tique, les jeux de tonneau, boules, passe-boules, croquets, quilles etc., qui font acquérir aux jeunes enfants, avec la dextérité de la main' la sûreté du coup d'œil. '
Un assez grand nombre d'enfants, affectés de défaut de prononciation plus ou moins grave, ou même ne sachant pas encore parler sont X objet d une attention toute spéciale. Cette partie de l'enseienement
Tthode d %""'^^";r'^^'''^' ^" P'™^^' ''' ^^^^'^^^ l'excellente méthode de Seguin Mise en action depuis 1879, dans le service du
malades hTf ; "'' ^'"^^" ^'"^ '' ^'^'^ ---^^ --^
inalade8(I). Enfin, pour ceux dont la marche est débile, le D^ Bour-
naral èle ""'"^"' "".J^^ème de chariots roulants spéciaux et de barres paialleles pouvant s'élever et s'abaisser selon leur taille.
Trois instituteurs de la ville de Paris, MM. Boutillier, Rover et Ménard, se partagent l'enseignement des plus grands enfant; (propres et valides, imbéciles, arriérés, instables, é^ileptiques et hyste nques ou non). La population de cette école étai!, le 1 'jILÎei Sï
de 145 etle 31 décembre, de 168. La plupart des élèves sontde la force moyenne ceux des cours primaires publics, élémentaires et moyens. L'enseignement a toujours pour base les leçons de choses, soit à la classe même, soit dans les jardins de la section, soit dans le champ des céréales et dans le champ des plantes fourragères, soit dans le bois ou enfin durant les promenades au dehors.
« Le matériel scolaire comprend une grande partie des objets employés à la petite école, mais un peu plus compliqués et ceux qui sont en usage dans les écoles primaires ordinaires. »
Pour l'enseignement de la géographie, M. le D' Bourneville a réuni, dans une salle spéciale, les divers plans et cartes nécessaires à cet enseignement. L'enfant apprend d'abord à reconnaître le plan de la classe et celui de l'école, successivement celui de la section et de y hospice, puis la carte de la commune, celle du canton, de l'arrondissement, du département, de la France, de l'Europe et du monde.
L'enseignement de la musique est dirigé par un maître de chant. Un orphéon et une fanfare nouvellement créés existent dans la section. Un bataillon de gymnastique a pris part à différents concours et a obtenu déjà 15 médailles.
Un petit musée scolaire comprend, outre les tableaux d'histoire naturelle de Dayrolles et les boîtes de leçons de choses du D'^ Saffray, une collection de minéraux, de différentes essences de bois, de céréales et d'insectes recueillis par les enfants eux-mêmes dans les promenades bi-hebdomadaires qu'ils font dans les environs, sous la conduite de leurs professeurs. Outre ces leçons-promenades, les enfants sont souvent conduits dans les jardins publics (Jardin d'Acclimatation, Jardin des Plantes, parc Montsouris, etc.); dans les musées, aux fêtes locales (Vincennes, foire au pain d'épice, etc.).
L'enseignement professionnel est donné dans sept ateliers qui sont : menuiserie, cordonnerie, couture, serrurerie, vannerie et rempaillage, brosserie, imprimerie (ouvert seulement le 24 mai 1889).
Nous n'avons eu, dit M. le D' Bourneville, qu'à nous louer du zèle que les
maîtres aiiportenl dans leurs fonctions. Le tableau suivant met en évidence les résultats obtenus :