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pondérance européenne. Sa fortune, au commencement de l'année 1 525, avait été tour-à-tour prospère et malheureuse : après le triomphe de Harignan était venue la défaite de Lautrec; après les magnificences stériles étalées au camp du drap d'or, on avait eu k déplorer les désastres de fionivet à Romagnano. Bayard , l'illustre parrain de François I." en chevalerie, n'existait plus ; La Palisso seul restait sur la terre des derniers émules de Du> guesclin,Lahire, XaintraillesetDunois, et les jours de ces preux étaient parcimonieusement comptée par le destin.
Le roi préludait à la campagne de 1525 par des fêtes splendides données au palais de Tournelles; il réunissait autour de lui la plus brillante noblesse de son royaume, en tête de laquelle il allait passer les Alpes , et promettait déjà à ses compagnons d'armes, victorieux dans ses caressantes prévisions , des plaisirs nouveaux à Ghambord , dont la construction était commencée. Soudain , un héraut couvert de deuil apprit à François L" la mort de la reine; ilaccourulàBlois,etfitrendreà l'infortunée, que sestrahisonsconjugales avaient tuée lentement, des honneurs qui dérobèrent, sous les splendeurs du faste, l'indifférence avec laquelle il accueillait ce triste événement. Ce n'était plus ce bon Louis XII qui , à la mort d'Anne de Bretagne, avait fait trêve à tous les soins de l'empire pour pleurer son épouse en liberté ; François I." s'occupa froidement, durant son séjour à Blois, de quelques ordonnances de finances et d'ordre intérieur.
Claude de France ne connut pas au moins les désastres de Pavie ; elle n'eut pas la douleur de voir ses enfants otages de leur père chez l'empereur Charles-Quint, et le roi peu empressé lie briser les chaînes que ces j^ines princes portaient pour lui.
Le corps de la reine Claude fut porté à Saint-Denis; on renferma plus tard dans le magnifique tombeau exécuté par Germain Piton, pour François 1." Ce lit de marbre fut peut-être l'unique couche conjugale que ce couple royal ait partagée cons-
Dans le temps que la tombe se refermait sur la reine Claude
ET DE SON TBBItITOIHE. i47
et que l'on réunissait au château de Bloïs la rançon du royal prisonnier de Pavie, Plorîmont Robertet, qui avait fait du Bl^oîs Bon pays d'adoption, voyait approcher avec calme le terme de sa vie , illustrée par d'éminents services : cet homme d'état mourut â Paris, le 18 décembre 15316; et peu dejourà après, on vit s'acheminer vers Blois un magnifique convoi, au milieu duquel se trouvait le chariot d'armes portant le corps de Robertet. Il fut inhumé, avec splendeur, dans l'éghse de Saint- Honoré , où sa dépouille mortelle resta jusqu'à la révolution.
Clément Marot, dont ce ministre avait été le Mécène, lui consacra une longue complainte. Cette pièce de vers, selon l'usage du temps, est remplie de figures exagérées. Le poète, se trouvaut sur la route que parcourt le cortège funèbre , aperçoit, sur le char, 1a Mort foulant aux pieds un corps humain; i) demande le nom du personnage environné de telle pompe mondaine; mais ceux qu'il interroge ne peuvent lui répondre :
ce que Harot n'a pu savoir des serviteurs suffoqués , il l'apprend par une conversation laudative sur le défunt entre la RépubUtpie /rançaise et la Mort. Il sait donc que l'oa a conduit Bobertet a Blois,
Pois le poète vous montre partout les populations effrayées à l'aspect de la Mort, toujours montée sur le char funèbre: nobles, prêtres et marchands s'enfuient; les animaux vont se cacher dans leurs retraites; les poissons de la Loire, palpitants d'effroi au fond des eaux , vont trouver le dieu du fleuve et lui disent :
i4<H HISTOIRE DR BLOIS
Le SeiiTe Loire afloncq eu ses «Bpriu,
Bien dcvjua que la Usrt aviit priz.
Son iKin voisin dont si fort lamentu.
Que des SOS pleurs ses ondes augmenia.
Et n'eust été qu'il estoil immortel TnqMssé fustd'oolr un nmors tel.
A l'arHvée du corps à Blots, les habilsnts éperdus courent au-devant
^Don lulcuns qui les cloches sonnaient , Et qui la fopse et la tombe ordonnaient ■, Justiciers bisnteent leurs pratiquas; G«Dsde lalMurserrtrcat leurs boutiques.
Dame* auray tant Eeusscat bien poliyes Pour cejour-li ne se feirent jolyes.
Tels étsient les vers du poète par excellence des îweinières années du xvi.' siôcle : l'imagina tien n'y faisait point défaut ; la pensée y apparaissait quelquefois ingénieuse; mais le goût, ce régulateur unique de toute composition de l'esprit, n'élait encore éclos que chez les Muses latines ; plus d'un siècle devait s'écotiïer sans qu'il vint tempérer sensiblement les écarts de le poésie française. Avant le triomphe de ce f^rand maître, l'art d'écrire devait passer par toutes les esagérations prétentieuses ou bourrées de fadeurs , de Ronsard , de Balzac , de La Calprenède, d'Honoré d'Urfé, de Scudery et de Voiture, sans que Malherbe , lui-noAme , eût pu sufiisamment
D^ uni mis i m place entelpier le pcnrolr.
Les sciences , h l'époque où nous sommes parvenus , phis heureuses que les lettres, reconnaissaient des règles et des lois. L'illustre Ambroise Paré avait eu à Blois des émules et même des prédécesseurs. Pierre Breschebien , doyen de la faculté de Paris et médecin de la reine soub Charles VU, était Blésois; Louis de Bourges, premier médecin de Franfois L", avait
ET >B »N wEKnrantB. 149
^^fflnent va le jour sur Ies bords ie )a Laire moyenne, ainsi qae Jehan Dn^out, qni deviat dvfOR -de Ix l'tuiall-é de Paris, en 1548.
Si nous portons nos re^rds dans le domaine des arïs , nous voyoasl'arâhiteQture, riche des élégantes inspirations écloses réoeaune&t en Italie , fleurir i Bloi» «t am. envwons. Sous k règne de Prunçois I." , on vient de feir 4e dititeau cte Bary; on construit l'âile septentrionale du cUtera de £locs , en mâme temps que Cbambord- Xlae prodigieuse aotivité ^na)e ces «{^esdides oonstruclioas : des artAitoctes^ des nuatb^s en pierres vives, des sculpt^irs , des peintres , arrivent chaque jour ; et peut-^re les travaux , qui s'exécutent avec une rapidité fééncpie , sont-Hs dirigés par un artiste Uésois. Noi£ examinerons ailloB's «site question. Hais «u dotant la viUe où il avait été élevé d'au palais magaifiquË , le fDi-ofaevali«r inoposa A v^Ae ville , naguère encore royale , ime triste oompeasalioa : ce fut lui «pii enleva ta bibliothèque formée à Blsàs par Louis L" d'Orléans, et grossie avec taut da sollicitude par Charles dX)riéanfi et Louis XII *. François I.", inconstant dans'tous ses goAta, comme en amour, s'éprenait passagèrement de ses chAteeux, ainsi que ds ses mattresses ; il priera to«i>4-tour Ramormtia , BMa , Âmboise , Ghambord, FeataiDcbleau; et forsqu'une résideace Itû plaisait, là se oonœntrnent lootes ses ongniâcenoes, toutes ses provisions. Il couvrait ses vurs de sculptnràs à l'eibériaur, de tableaux ou de tapissmesinestimablesiidértsivement, avec toute l'ardeur qu'il apportait à parer one fecome adorée d'àtoffcs précieuses et de pierreries.
Sous la directMo du Prtnmtice, François dt exécuter ô Fontaiitebleau des peinturcG qiû lai Hevôirant i des sommes fabu^ ieusos; et généralement les siqets peints A frescfae étaient d'une imnmralité si crae, qu'Aaiae d Autriabe, dont nous n'a\'0os pas missioa de juger' la diasteté , ordonna da tiaire disparaître ces
ISO HISTOIBE DE BLOIfi
tableaux licencieux.... La brosse ignoble d'un peintre èi la toise anéantit , en quelques heures , la valeur représentative de plusieurs miUioiis.
Depuis son mariage avec Eléonore , sœur de Charlcs-Quint , François 1." , aussi peu fidèle à cette seconde épousé qu'à la première , entretint souvent à Chambord une cour où régnaient ses favorites plutât que la souveraine. Ce château Tut une nou-. velle Gythère , dont le héros de Martgnan n'était pas exclusivement le dieu Mars. Avant même que Chambord fût devenu l'une des constructions les plus magDÎfiquesde l'Europe, le galant souverain s'était quelquefois exilé dans cette|coiitrée alors presque sauvage , ci l'on peut s'exiler sur les traces d'une femme que l'on aime. La belle comtessedeToury, châtelaine du voisinage, avait inspiré au roi l'une de ces passions qui , chez ce prince , étaient aussi vives qu'éphémères. François vint chasser souvent sur ses terres de Montfraut; il se plut à s'oublier , des semaines entières , au vieux manoir des comtes de Blois. Les vastes et sombres appartements de ce château retentirent-ils des soupirs d'une passion martyre, ou furent-ils témoins d'une plus heureuse destinée? nous l'ignorons; mais il est certain que durant le paroxisme de tendresse du roi pour madame de Toury , il conçut le dessein d'élever un merveilleux palais pour remplacer le noir donjon dont l'existence remontait, dit-on , à Thibault-le-Tricheur.... L'amour fut donc le premier architecte de Chambord; mais ce volage inspirateur n'en fit pas l'hommage à celle qui , dans la pensée du roi , avait dû y r^;ner sur toutes les femmes. A son retour de Madrid , et sous l'empire même d'un nouveau lien conjugal, qui lui promettait au moins un éclair de félicité , François I." s'était vivement épris de mademoiselle du Heilly , qui fut depuis duchesse d'Etampes. On la vit è Chambord l'ame de toutes les fêtes : ce fut long-temps la rose privilégiée du parterre de beautés dont le galant monarque fleurissait constamment, mais sous les lois de l'inconstance, cette cour, fort insoucieuse de principes , qui l'environDait partout. « Souvent, a
B dit un autenr moderne , le roi , dorant les tîèdes nuits d'été , » passait quelques heures sur uoe terrasse attenant à sa cham- » bre à coucher , entouré de ses courtisans des deux sexes, que » l'on appelait peu congrûment la petite bande de la cmtr. Là , V quelquefois, l'aurore surprenait ce cercle intime devisant de » faits d'armes , d'aventures de chasse ou d'exploits galants , doDt , peutrétre , on pouvait trouver l'application dans une n anecdote de la veille. Parfois on décidait, durant celte agréan ble veillée, un courre pour le lendemain : les dames rece- 8 vaient alors une douce assignation à se trouver au repos de » chasse , qui n'avait jamais lien assez matin pour qu'elles n'eus- » sent pas eu le temps de reconquérir, dans les bras du som- B meii , ce qu'une veille prolongée leur avait fait perdra de fral- » cheur. A l'heure dite , elles trouvaient les chasseurs sous des » pavillons élégants , dressés dans une des allées du parc ; un » repas était servi comme par enchantement ; puis des jeux de n toute espèce y succédaient, jusqu'à ce que les cors annonças- » sent la reprise du noble exercice *. *
n fondrait adopter le caractère de la chronique pour raconter minutieusement tous les épisodes de la vie pen royale que François 1." menait àChambord, et notre plume n'est point ici celle du chroniqueur. Ce monarque , au sein des délices de cette résidence, se livra peu aux soins de l'empire; tout au plus y rendit-il quelques édits financiers, tristes expédients qui, sous son règne , furent souvent employés par son gouvernement. On peut compter parmi ces expédients quelques lettres-patentes qu'il signa , pour la création des charges multipliées dont l'histoire lui reproche justement d'avoir embarrassé l'administration.
En 1539, Erançois I." prit à Chambord un parti impolitique et dangereux : oe fut celui de laisser traverser la France à CharleMîuiDt, se rendant en Flandre, sans avoir songé à profiter
*LaiMr(t/M«rtfM,loiM]n,p. TU.
iSâ HI&TOWE BB BLOia
d'une telW démarche , imitérieusâiacQt iioposée à l'empereur, pour obtenir cerlaioes garanties que ce priuce cauteleux eûl accordées. Se piquant d'une générosité chevaleresque qui n'était plus de sou temps, Fraaçois s' abandonna à la prétendue loyauté d'un rival dont il n'avait Jusqu'alors éprouvé que La mauvaise foi. Le seul Triboulet, fou du roi, fut sage parmi les personnes qui approchaient sa majesté, lorsqu'il déclara l'empereur insensé de traverser lo royaume , et François L" p^us insensé de le laisser librement passer.
Ce beau mouvement de grandeur Lbéàtrale étant décidé, le roi envoya les princes ses ûls au-devant de Charles Jusqu'à Bayonne; lui-mfime, à la tête d'une brillante noblesse, alla recevoir l'empereur à Loches , et l'amena triomphalement à Chambord , où toutes les séductions d'une cour galante avaient été réunies pour le fêter. Ce as furent, durant plusieurs Jours , que banquets, concerts, bals, tournois et chasses grandioses , soit le Jour, soit à la clarté des flambeaux , dont l'immense parc fut constellé dans toute son étendue. A Cbambord, selon quelr ques historiens, le Jeune duc d'Orléans, moins enfant que son père , quoiqu à peine sorti de l'enfance , s'élanga un Jour sur la croupe du cheval que moatait l'empereur, et jetant ses bras autour de son corps, lui cria : a Sire, je vous fais monprùoa~ nier «....L'à-propos pouvait être une leçon si utile, que leCés&r du xvi.< siècle se troubla.... On le vit pâJir. Mais le roi , persistant dans sa niaise générosité, ne prolita ni de ce jet lumineux . d'une vivacité enfantine, ni du conseil conforme , et plus rélléchi , que lui. donnait la duchesse d'Ëlampes.
Voica une réminiscence des mueurs de la chevalerie d'un caractère bien différent , et celle-là fait beaucoup d'honneur à François L" Un comte GuiiJauQae de Saxi! était attaché, avec UQ poste éminent, à la cour; le roi l'avait pris en afiectiou, parce *¥i'i\ était parent de sa mère. Or, ce gentilhomme, séduit, dilron, par les promesses brillantes que lui avaient faites les ennemis du monarque , nourrissait, l'borriblé projet de l'assas-
m DK 9(fH tlRIItfOlBE. iS3
siner dans une partie de chasse. FYaDçeis^ instruit d'an « lâche desseiD , âissimuls l'indignation qa'il Ini inspirait; mais la prsmière fois qu'il àasas avec le comte, il remmenti swi dms ane partie retirée du bois. Là, s'arrètantBeotlalQ,!! mit pied à terre , et ordonna à Guillaume d'en taire autant. Tirant son épée : — Que penseft-voos , dil^l , de ]a trempe de cette tama , Dtonsimr le comte? — Sstb , répondit le seigneur interpellé , avec une surprise *inâ)ée de trouble , ja pense que cetde trempe est bonoe. — C'est donc aussi votre avis , reprit le roi en regardmt son interlocuteur fixement ; et croyei-Teus que le bras qui mania cette arme h Harignan et même a Pavie, fût déraillante à la foire peser sur celle d'un ennemi, — Assurément non , sire , répliqua Guillaume de plus en plus troublé. — Eh bien donc, monsieur , si vous avet quelques grieâ contre moi , éprouvée en bon et loyal gentitiiomme oe qno vaut cette épée. — Ahl aire , pouveB-vtWB penser. — Je pense , monsienr , qn'iin duel , mdme avec son bienfaiteur, pourrait s'eseoser; uttia qn^ assassinat , seulement médité , imprime à la mémoire d'un noble nnetaobe tnefTaçable *.
A cesmote, le roi remonta achevai, piqnadœ deoxet rejoignit la chasse, sans laisser rien apercevoir de oe qoi venait ée se passer.
Il feot bien , pcoir être exact , redire l'aneodote , tant de fois racontée, de l'iiiacriptMn d'un distiqne sur une verrinede-Charabord. François 1.", vieiili iivant l'ège par tes excès, désabusé anr les illusions que chaque année emporte avec eUe, jetait un regard songeur sur les triomphes amoureux de sa briliàiUe jeunesse , et les reflets heureux qu'elle ranvayut à sa mémoire ne foisaient que l^trisler. Trop flatCé, trop bercé de chimères oareasantés pouravoir pensé aux: sévères réalitésdu retour, il n'avait pas 6U se faire cette doace philosophie qu'on appelle la résignation ; il sentait seidement qu'entouré de la cour la plus galante
* Anecdotes turCliUDbord, par M. H«rlC,pQgcH.
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de l'Europe, il ne conservait que le pâle avantage d'en être lo roi , après en avoir été le héros. Ce souvenir d'un passé si fleuri , mêlé aux désillusions du présent , le rendait babituellemeat mélancolique... Tous ceux qui ont vieilli par les ans , et se sentent eDcore jeunes par l'imagination, comprendront ce malaise du roi-chevalier. Sa sœur elle-môme , la Marguerite des Marguerites, ne s'inspirait plus près du monarque de cette verve de consolations qu'elle lui avait montrée si secoura&le à Madrid. Il y a plus , tout porte à croire qu'en écrivant sur la vitre de sou cabinet, en présence de Marguerite, cette sentence chagrine:
l'amaut désabusii de tant de femmes adressait à la princesse un reproche direct. Pour ne plus revenir sur cette redite de tant d'écrivains, nous ajouterons que la boutade médiocrement rimée de François I." a disparu depuis long-temps : Louis XIV, livré à toute l'ardeur d'un amour Juvénil et confiant dans le plus mobile des penchants, lit effacer cet élan de scepticisme du royal poète. M aimait mademoiselle de La Vallière ; sa confiance avait raison ; elle eut eu grand tort sous le favoritisme de madame de Montespan.
A la fin de sa vie , François venait peu dans le Blésois : les historiens ont su le motif qui l'en éloignait ; mais un mémorialiste du temps Va fait soupçonner. Ce monarque, fort aimé darant sa jeunesse dans ce pays, où son enfance s'était écoulée, vit l'affection des habitants s'a^iblir lorsqu'ils furent témoins du délaissement de la reine Claude , cette bonne princesse née parmi eux. Selon Sainte-Marthe*, elle mourut d'une espèce de dartre que les médecins n'avaient pas su traiter; mais Brantôme , le cynique mais sincère Brantdme , a fait entrevoir que cette dartre avait une origine honteuse, dont le roi lui-
* Histoire gtndalogiqa» d« U mlaoo de Fraoce.
ET DE SON TERRITOIRE. i55
mâme devait subir les effets. Beraier dit à ce sujet : a Brantôme » exprime fort librement son avis sur cette maladie. » Or , les habitants du Blésois , qui l'avaient reconnue avant que le sire de Bourdeiile l'eût signalée , ne pardonnèrent pas au monarque trop galant d'avoir jusqu'à ce point compromis la vie d'une princesse vertueuse.
Henri U ûi une entrée à Blois immédiatement après son sacre ; Beraier, d'après Honstrelet, mentionne les réjouissances qui eurent lieu à cette occasion. La cour, sous le r^ne précédent, avait pn's un caractère de licence presque sans bornes : on pourrait dire que l'immoralité y était érigée en titre d'ofiSce. C'est ainsi que , parmi les officiers de la couronne , il en existait un appelé le rot f^ ribauds , et dont les fonctions conustaient à répartir ies femmes folles de leur corps entre les courtisans. Dans toutes les villes de résidence royale , des noms qu'une plume chaste ne peut écrire, étaient attachés aux mes que ces créatures habitaient , soumises à des règlements spécieux , apparemment peu sévères. Là , le roi des ribauds venait désigner les femmes destinées ou service de la cour , et l'une d'elles , selon l'auteur des Essais sur Paris . devait faire le lit du singulier chef de cette milice dissolue. Quelquefois , pour se réjouir , les jeunes seigneurs promenaient , bizarrement accoutrées , ces gouges de bas lieu, comme ils les appelaient; parfois même, dans ces joyeusetés, elles étaient produites en un tel état, que nulle dame qui se respectât ne pouvait en supporter la vue. Lors de l'entrée d'Henri II à Blois, dit Bernier, les courtisans de ce prince n'eurent pas honte de promener deux de ces filles tontes nues, montées sur des bœufe. Ce trait d'un cynisme inqualifiable peut donner une idée de la moralité du temps.
L'époux peu fidèle de Catherine de Médicis se plaisait encore plus que son père dans la délicieuse résidence de Chambord, dont il fit continuer avec activité les constructions. Là , ce souverain ratifia , en janvier 1 552 , le traité conclu avec les princes
allenuads détaxés do parti de Chsrles-QiÙDt , dans une guerre qu a'«Q fui pas moins désastranse. L'asiucisiix rivid de François I."', retiré dans im doitce, YU,dela toiobe aotio^ée qu'e»sayBil sa folie, boq fils Philippell, vainfireàSaiiit-Queatiii, par l'épée d'EmmaïuialrPhilibert d« Savoie, le vaniteux cooaétable de Hoatmorcncy. A Blois même, Henri II créa, anssi ea 4533 , les ^andbe» dèvisionB du royaorae appelées gin&^tilâs : ta comté de BlEMAfiiteomprisdanaealled'OdéaAS. En 45â6, ce souveram signa à Biais bmb trèT» de cinq ans avec Philippa II et Chaplea- QoiiU, qui, par uew sorte de recrudescenoe de 'vanité squvo^ rwne , sôidavs le smaire dont il se couvrait virant , pour îoterv&ait dans cette codoIdsiod.
Ce repos temporaire des armes françaises fut une balte dans la bmie, qui donna aux ennemis de la France te temps d'avgmettler leurs ressources ; tandis que les dissensions rdi:giMises remplissaient d^ à le royaume de troubles , d'attentats, et fondaient la domination d^ Guises , qui devait entrjtlner te perte de la maison régnante.
Autaulqu'il le put , Henri II , homtoe de pleiair camine François l,", resta, ^raoger aux dissentimeats, de idusenplos terribles , qu'avaiMit amenés en Europe la réforme et les opposants qu!^ reeixintr^t. La roi , du sein des délices dâ Chambord, ne vo^it point entendre l'iM-age se former au loin; è peine s'y montr&^il attentif, lorsqu'il commença à gronder au pied du teioe.
La reine Éléonore avait gémi souvent, dans quelque appartement écBjrlé de Cfaambord , sur les dérèglements de Franjçeis I." , soupirant pour la duchesse d'Btampes ; Catherine de Médicis acce)>ta fAaa phtloa«HO^k|ueraent l^npire de Diane de Poitiers, dont Henri II, malgré l'âge avancé de cette dame, flit éperdteaent amoureux jusqu'àsa dernière heure. Les mémorialifitea de l'époque ont rapporté que l'Italienne Catherine s'était habiMieUemoit dédoœœagéedu débùsement de aoa royal époux:
ET DE SOS TBRRITOIBE. f57
ils ont cité une vidame de Chartres appartenant à la maison de Bourbon*, comme ayant plu à celte princesse, avant que ses mobiles intrigues eussent engagé les charmes àe ses femmes et les siens dans les sourdes menées de sa politique. Quoi qu'il en soit, Catherine de Médicis, durant son séjour à Chambord, ne paraissait dominée que par sa passion d'astrologie. Chaque soir, avec Cflme Buggieri ou quelque autre astrologue, elle montait au sommet delà campanille du grand escalier, pour interroger nmctamment les deux et les estoiles.
Ainsi inattentive aux galanteries d'Henri II, la reine ne semblait pas voir les H et les D surgissant , sous le ciseau du sculpteur, dans toutes les parties de l'ornementation du chSteau, et jusque sous les arceaux de la chapelle. Confiant par vanité, comme tous les hommes qui pensent que personne ne peut les remplacer auprès d'une maltresse , Henri était loitt de soupçonner que Diane fractionnât sa tendresse sous les yeux même de son royal amant. Cependant elle favorisait entre autres le comte de Brissac. Or , un soir que sa majesté se rendait incognito près de la duchesse de Valentinois , dans une maison qu'elle occupait au milieu du parc , Brissac, qui se trouvait alors à ses eûtes, ne fut prévenu que fort tard de la venue du roi. Déjà l'on apercevait , sous une voûte souterraine , par oii ce prince sortait>de ses appartements , les flambeaux que les pages portaient devant lui. Brissac, s'clant pris alors à fuira travers les allées du parc, se trouva face à face avec M. de Tais, grand-maltre de l'artillerie, qui le plaisanta sur ses courses nocturnes , dont il lui fit entendre qu'il connaissait là motif. Piqué da ton ironique qui avait
* La hataie que Catherine de M^ditJs rauali au connétable de Montmoreocy STall peul-étre moins qu'on ne Ta pensé une origine polftîque : ce vieux homme ik guerre , aassi nide dans ses expressions que redoulaUe sur le cbamp d* b»> taille , avait dit Indiscrètement unjour que, lie tans 1m eafanls d'UBerilI , Qlaaa , sa. GU* naturelle, wulalul restamlDlait. C'était pr£ier beaucoup de coasistajiM à certains bruits qui aiaient couru de la liaison Imiine de Caiherine de Médicis avec le ïldame de Chartres.
accompagné cette remarque, Brissac s'en plaignit à sa maltresse, qui , pour le consoler , fit destituer U. de Tais et donner la charge de grand-maltre de l'artillerie à son amant. Henri II , ainsi que tous les hommes trop amoureux pour n'être pas niais, ne soupçonna pas même la vérité.
Au chAteau de Blois, subsiste un monument qui prouve que, là aussi , Catheriae de Médicis se livrait à ces foÛes rêveries astrologiques , qui prirent tant d'empire sur sa vie , et contribuèrent si souvent à l'égarer. Au sommet d'une tour située à la partie sud du château , se trouve un petit pavillon d'une construction vulgaire , et dont l'épouse d'Henri II avait fait son observatoire : on lit encore au-dessus de la porte : Uraniœ sacrum : brève inscription qui suffit pour révéler les penchants superstitieux de Catherine.
Sous les règnes de François 1." et d'Henri II, la ville de Blois, à part l'atle du château dite de la renaissance , reçut peu d'embellissements;, {l'hâtel d'Alluye et la maison de Denis Dupont sont les seules conslructions remarquables appartenant à cette époque , si elles ne remontent pas aux dernières années du règne de Louis XII. Mais plusieurs demeures seigneuriales s'élevèrent aux environs de la ville, tandis que l'on bâtissait le château de Ghambord et l'aile septentrionale de celui de Blois. Nous citerons le château de Villesavin, situé eu Sologne, sur les bords du Beuvron. Le sieur Le Breton de Villandri , secrétaire des finances sous François I.", avait surveillé avec autant de sollicitude que de goût, les constructions de Ghambord, presque terminées du vivant de ce prince; pour récompenser cet homme d'état, sa majesté lui donna la terre de Villesavin. Le nouveau possesseur fit bâtir le château avec la magnificence dont il avait eu le sentiment pour la direction des travaux de Ghambord; et le roi jugea qu'une si belle terre devait être le siège d'une haute, moyenne et basse justice.
G'est à peu près à la même époque que l'on peut fciire rapporter la construction du château dé Beauregard , situé près du
de Cellettes * . nous en reparlerons. Sous Henri II , Beauregard appartenait à Jean de Thiers , seigneur de Henard et secrétaire d'état.
Un \asle champ de bruyères sépare le château de Chambord de celui de Boiareuard, édifice du iv.* siècle, acquis en 4528, par Abraham Bodio , seigneur de Hainville, en Artois. Ce gentilhomme, qui fut probablement le premier gouverneur du nou> veau Chambord , puisque sa nomination datait de cette même année 1 528 , dut sans doute embellir le manoir du siècle précédent , pour le rendre digne du voisinage de la magnifique résidence royale. Le château de Boisrenard appartient toujours à la famille qui le possédait alors , et dans laquelle s'est perpétué le gouvernement de Chambord jusqu'à la fin du xtiii.' siècle.
Le château d'Herbault appartint, sous François T.", à François deFoyal, maltre-d'liAtel de ce monarque , seigneur qui l'avait iait reconstruire au moins en partie. Ses héritiers vendirent la terre d'Herbault à messire Raimond Phelypeaux , secrétaire d'état, qui appartenait à l'une des maisons les plus nobles du Hésois. Avant François I." , il y avait des Phelypeaux au ministère ; ils s'y perpétuèrent jusqu'à la seconde moitié du xtiii.' siècle; mais il^ut ajouter, en historien sincère, que cette illustre maison eut conservé plus d'éclat en ne comptant pas, au terme de cette longue succession d'hommes d'état, H. le duc de La VriUière et H. le comte de Haurepas. Pour ne plus avoir à parler du château d'Herbault , nous dirons qu'il fut reconstruit sous Louis XV, par H. Dodun , contrAleur général des finances.
Après la mort funeste d'Henri II , la cour se rendît à Hois ; Ui Catherine s'empressa d'éter au connétable de Montmorency , qu'elle haïssait, la charge de grand-maltre de la maison du roi , dont elle investit le duc de Guise. Tel Ait le véritaUe point de
s mendonaoos , iaii l'o^(l^â chronologique de cette hiiu qid furent le thUtre des divers éTéDements ; aotu d^ironi dana des di^tm ^éclaui ceux qui mit un caractère momimintaL'
Tinruiiin, rli tpii fiijyirlBi ihmwmli casroma-LeMjardiMildbLev^ raine avait sans doute été puissant sous Henri H ; mais soq aotomià. na siétaït pa& élevée amfdmmx dui poimoir'qiiB s'attvibaont les hnoBies d'état hBhileK,.aoaBlasiso»veraiiiBdistcaits, par 1» guâxrft, d«a<Miii9tâag[Har«nn8maiL.LQt^[BidMiniBÎalce&qaB oDtrégaén.'étai&ptt&flncaFe;TWiUi: BâeilKdiHi:el Weioi^ii , lespeenùsi^, se ârant. lutfc jdasfir mk biâos;. Et tpCii doo* sihIi pemis' d'éaietUB.iB&réa6sioni(pi Onuma irri •wniini^nriinii : tootesiles foiftque Ifis nffiBeagaavacDès^at,, IsnKs {fautes r leu'» cimes at pan suUs la nmlhwMr d«9peairfas<,.eiiEenli{Mtu «dgiae ftme doK daiupaBGianft«pùa^»tiKuifiDbeaaBiliEbaiautfflitoaistA^«^dni sexe : l^ànunu âHahkins. déopUnaotAgi^ipHie, dm le» am~ àaoB-; Cbastaftotr ftli Bdandw de CaotiitCr au iiiayaii»4^ ;: Elisabeth d'if^etenre^.CalAienBe 8blfaiEndéBKdrâiB,.eai&iir, AnM' d' Autnafae ^ à d^ ^oqwa pins rappcoeliéaff de la^ ràtFfi^ «it> eoïksigné cetta vénitien tcaitisoogbuitssLir le taldtoda-FtUsUHre. Gathemcfr U et.Maoia^Théirèse',. seolas dBB.Ifi» temps modernes , se moatrÉrenLr lai<»][n'ij le Eiihit, aipérisivas aux infinanfie» dé leoc nabiie fëDUiiiii)Ei:l!aiKeiiraiita»,.liiraque'I»aaisaa.d.'étai. conunaDdait, a>V:aient nîMrelémnnqa'uiii ioMaott.
Apeiffio^lesiâaiBe^farsal^is invesiieiibu fovrair, qu'ils somgèirentà,se fwrs uiie!a]Tm«terr9il8:4ki.^aôr«<la!lB EciigioD' m» œainev d^ tant da ftris «HBang^té auiB leaideuII:règnas^^p^éBédelll;s;.Daâxl«clUI^sda^aIlIlâe1lgâ9,. pluBÎBiirsonloiiaaDcesdujeune et maladif Feaoçaisilîfiiiieatdiiiigée», oon-seulranent goB" tra l8ScalvâxisCeSr.™^^<^'^ti'C'BU3i<1<>t lé»ta«o^îaaie^t..Ce3o^doaIlaneea ne: preserivaifiot rien Btoiugi que la déœofitian^ des maisona o^Iaj cène: était, célébrée., al liestermiualdan. de' [eues propmétairM. UDa-cbambi» inquisitoriHlaétEât étaUia auaein da parlement ; les bûchers se rallumaient de toutes paris ; eofiD, les Guise, dans l'espace de quelques mois, portèrent au plus haut point d'bxaltation le méconlentement d'une partie db la noUesaa et du peuple-
ET M' SOR' TBRRITMiE. 171
Get rigamap ezamBÎY^, aatant qaa le défflr d'enTever aux Lorrains une autorité dont il était facile do préToirfe'teadbncoj détemnaàronlicilte conjuratâea dite d''AmBoi9e-, qtw devait éelat«v JtBIoiB ^si dira: iaARiFétJonB-, qœ ^ékpie9 Metoriena ont laxàes da tndtÎBOB', u'eiuaeHt pas' décnié' te» conjura à choisir oas mitre'Tile.. HanlbS' pr^miëres eonfi^encea d^La HëBaudie awoc: la priDcedeComtéeurBiiElifloàlllbis: làftit arrôCéle pran de UarïoBtibnv Suésaii f&KiBi^458tr'. Faprè»ce5 conventions, las eDigurésdevaieBese r*uoip{faiSord'àJ*8««e3-; et 9e rendrecDanîla dans les eiDrironsde ^â» pai" divers efieimns-, pour investir kiaourampDemiflr signai, et svaafflrrdeïGime, mortsou vib..
Le Dâeit.du G<Hip> de' nniH tanCé^à A^Bbane' n'appartient pviat àtiHrtTB'siijiEt-beaiiemTp ont écrit' sDPlé'niasEiKTe qaiiprifl, daos dette oircenstiUKe; le caractërsd'Iiaein^niFe'néoesBaire; et presque- tiMisilcskistorivns^yoQV tu lé lëgitimecHâtimenCd'unattentat contre, ht «oupccnff. n est aréré, eeçendant , que peu de jours aranC l'éTéncmeiit , PrançoTsffi dfsait an' candhiai dte Eornaine : « Je ne- aaiff, mcas fbntends' qu'on' n'en -veut) qu'à tous. Je dén ^nraisqne', pot^' un- temps, Tons'fbssléiihoradlbi', pourvoir si'Q^ext JI'TaB»oti ft moi qu'on en vcHt*. »
François II était trop jeune, en tous cas, pour être aeeuBé d'a- TOiP' arGtonaë ITiOFriftle Boucherie d^Amboiee ;■ il' ne savait albrs qoej^surer', nooff est vrai snrlbsmafteursdte-sonpeupfe, mais SUT' Tes dtangers diant il *e croyait personnellement' environné. Ifcus devDOS'^uter que quelques mois pllis tSrd on vHsedéve- , iopper dSns^CTt prinoe , à- peine sorti de l'adolescence , dtes inclination» emellés : on sait qu'au moment oit la mort étendait déjà sur hri sa main glacée , il' ordbnna l'éxécolSon du prince de Cbndé , son parent , et que la résolution seule lui manqua pour
■ \ojet tous les mémoires du temps ■. De Serres , Le Laboureur , Coaié , Ta-
173 BISTOtRB DB BLOIS
faire assassiner le roi de Navarre , dans une chambre de l'hAtel Uroslot, à Orléans*.
Noua voudrions montrer à nos lecteurs , réfiédiie par les souvenirs du château de Blois , Marie Stuart la belle, la gracieuse . la docte ; Marie Stuart qui fut feîble , coupable peut-être , mais dont les malheurs expièrent trop les tendres faiHesses et même les fautes. Pourquoi cette suave figure historique, cette hAtesse de toutes les imaginations qu'anime le sentiment de la poésie, ne nous apparatirelle nulle part dans les annales de Blois I Bien qu'on pût montrer un jeune Montmorency soupirant près de cette royale beauté, dans quelque cabinet mystérieux du château, sans forfaire beaucoup à l'histoire , nous renvoyons aux chroni- (jueurs cette esquisse d'une vérité qui appartient à leur tâche.
Charles IX séjourna aussi à Blois dans les premières années de son règne : Catherine de Hédicis affectionnait le Blésois, pays de chasse par excellence. Cette princesse , qui , le soir , se plaisait à consulter follement le cours des astres sur les événements de la terre, passait une partie de ses journées à cbevaucheï dans les forêts de Blois et de Chambord. « Elle avait toujours fort aimé , » dit Brantôme , d'aller à cheval , jusqu'à l'âge de soixante ans et » plus qui , pour la faiblesse , l'en priva , en ayant toutœ les enn vies du monde. »
En 1 562 , Charles IX rendit à Blois [dusiears édits , [rfusieurs recommandations contre les calvinistes. Les coll^;iales , les communautés dont le roi était environné dans cette ville , se r^ouirent en apprenant ces dispositions, dont la mise à exécution était confiée au connétable de Montmorency, le plus fougueux antagoniste des protestents. Hais le clergé cessa de se réjouir lorsqu'une ordonnance, également rçndue à Blois, prescrivit l'aliénation des biens de l'église, vu le besoin d'argent, pour mettre let rebelles à la raison, sacriGés aux susceptibilités eedéstastîques.
* VoTei (a Lotre kUloriçue , tome EU , pagea tSl et iea.
IT DE 80M TIBBITOIKE. 173
Dans la ménae année , le duc de Guise ayant gagné la bataille de Dreux sur le prince de Condé, ce dernier, feit prisonnier dans cette journée, fut amené au cbAteau de Blois, et transféré ensuite à celui d'Onzain , où il ne resta pas longtemps.
L'obscurité des dates dans les bistoriens du Blésois nous fôit hésiter sur l'époque précise à laquelle les protestants en armes entrèrent pour la première fois à filois ; maiscomme à cette même époque Orléans était assiégé par les callioliques , il nous paraît hors de doute que cette occupation eut lieu vers la fin de i 562 ; et le passage suivant, emprunté à De Thon, vientà l'appui de cette opioion.
« Le triumvirat, dit cet hùtorien , décampa la nuit en grand n silence , et alla droit k Slois , dont les protestants s'étaient ent- » parés , et où ils avaient mis garnison. La ftooe n'étant pas bien u fortifiée , et se trouvant sans espérance de secours , tous ceux » qui étaient en état de porter les armes abandonnèrent la viDe « le i juillet , passèrent le pont , marchèrent à enseignes dé- « ployées et se retirèrent à Orléans. Le duc de Guise entra aus- « sitôt à Kois ; et quoiqu'il jeût pris cette ville sans combat , il » l'abandonna à toute la fureur du soldat. On pilla toutes les mai- » sons , on tua ou l'on noya tous les protestants qui étaient restés » dans la ville. On n'épargna pas les femmes : les unes furent » violées, les autres massacrées, et entre autres une femme de >i bonne fomille, qui, ayant été retirée del'eau, ne put se dérober » à la rage dra meurtriers, s
Anquetil , que l'on ne soupçonnera pas de prévention favorable pour les calvinistes, confirme le rapport du protestant De Thon : « Les royalistes , dit-il , pillèrent avec inhumanité Tours , Mer et . Poitiers, s
L'année suivante, Catherine de Médicis apprit à Blois la mort du duc de Guise , assassiné sous les murs d'Orléans : c'est de cette résidence qu'elle écrivit au cardinal de Lorraine , frère du défunt , pour lui apprendre le malheureux iJfcoffrÉ««»r advenu à son frire, du paillard qui Ità avait dorme un cot^ de pistolet en
paauM. ■ Eaomv/ÊeVaa m'a^ sHuné -ajsnUit Itt niae^oèfe, » lavecsan Qrthogriqdieital>eDiw,>qaeJB coup de votre^Dàve n'est • Jiu»-|(d.,8iflBeqtieje.saiiiBBitr»abltoqueieA»feBqDé}é«ain6. n Mes je vous aasaore dneo que je tmetaé Mot ses qoé je .ai « ffiAoîe lat Aé cnédit «t dé pouimsiee ifoar m'aii it^iger et » Bénis seuDfi ^iiéd>kuiHié lé fardonaers. V(M» bomnecsniBe e -Cnferne. s
La l)aBQiil6ipoUtM|De.,:Binii«en«Bt imitée de wwjgHni, ^élntmi des moysos «k CBlhoùie >de jUédiciB. Apràs la jnoitt di^ede Cuise , craignant «pwpiimmBe ne f*t ireia|>lMer «e -otoByJpa puissant de l'église romaine , elle se rapprocha du parti prâlMtant : iQ«mdé., non utdoDueni iat aiia en liberté , mm» la «eiaenèse J'iUica à ie «twr de flioie , qu'elle lui fteignit toute <**)«(>tffîBai6&, et ne manqua ^s de danesauprés d'elle iponr justifier OBtte aBBertivn. Oe|nnfi&, oolaoé parcMvédQCtionaaucoiiKaenoamest -da raonée Ai6i , bb ilùwa beraer «par «Iles ; et bieotAt l'amiral de Goligny se rendit lui-«aéme à filois , eareesé par l^espoir d'amener enfin la oeur^à dee intentions paciâqueBienversles protestents/La paixifut>en effeteignée au miÛeudee f3tes,'cMres et vonimUementi : conclusion qui n'était qu'on nouveau piège , ainei qn'on en pourra jug^ par cepasa^ge d'une le(tp& que l'unbaaeaâenr^d'ËBpagne , iCbantonney, éorivaitde KoigèsB cour : <t 1« ateor Don Fraiiois«et parti poors'eBTeloarner'm Espace; n ia >Beine lai a donné grand «eptnr que toirt - oeni ae iriubîUeralt , B et qu'il Mlait reculer pour mieux sauter*. •
iBn ise5, Charlee IX étant à Hois, convoqua les <notable6 à Mont'LcKDis ; il 'partit «a 'oemmenoement de li 566 ipour présider oette assemblée.
Cependant la religion réformée , malgré les perséautionaezeroées'contre ees seotfdears, avait bit de grande progrée >dan8 le KésoiB en 4M6. Vn pFé<the existait 4â»4oFS .à fihâs, ^ane le Bourg-^but ; les {H^otestafits «'y réuniseaient au son .des oloofaes
ET DE Km lauuiVBE. 97K
de -âffiDhSolBiBM , ^tfil, i ^certaines hean», ilenr «emàest^ aifpial *. Mais "bb n'éuàt pas Bans tFoOble quUls se ilmaieat A l'exercice de Jetu- rdigK» : il y «nt mdiae ■âee ■ricfimefi parmi evx., etd'amacs BeassniinmntE y tte-menttatmt.
CefiitdoQcavecjoiequecea religion naires virent appraébvr, en ilS68, une ^wisioa dss ■lroi^>eB'flaq]i>iBC«'âQ<(!ienàé,<<)DiDnMukléefttritBxapitaiae<BoachBni. Lwlhâ^taBlB, âéponr>raBde iao^Gnsjde'>dâfa»e^ pronûraiit dWiivrir à eeDorpelesporteede la -^e, si le cfaaf -i»iviiBs*e s'engageirilt ^ ne ipcâdt liélrniw là piSeriffè ëf^ËsoK'; il c'y 'engagea. Hais soit JHipiBSMnwe4te«ettci& cierquiur^rénenir ledâsoediie , soit^aceeBsitpn asorMede ta fart, àpeÉH stBironfeBiaTBOinB&mea.tKàts'parHa99rt»4)oti,^i^dieB niraitt «ot à ftai et à sang.
Les4B^igiiEmâBB^abbaye8iàe'9aiin-Lau«er<et'âe Bour^Soyes fiweQt eùtBàPemeot àévmtéoa. Les «dâats de Bottdbaird -eiâewèreot lesvSBC6Baaré«0t JeB cbAte» eonchies de pierreries'; i»^èi'eait:leB>omemBittspoQr'cn>tirer IW^t pairfilé .«t^disperBèront les reliques après en avoir feH île jooet de!le«riBépiî3»". iL'é^iBe de Bmg-HcfyaB ait «d gadiqfiie wtfte àMpiùte : ti» teiymâstes cpevèMM Ji» YoiUeB , bristeent Iss <toaibea«x , «nportèrentlce «loAesiet «'ei^ierèreat deitont'oe qu'ils troovAiieM <de imétanx : il yen rrait qBarante iniHtere ipeBBilt. New devDng'^jaaMT iUmtefois <que , deoK «bu f his tard,, me pmeuratiaa 6it Snaoée k qaelqnes ueiBliresidnichBptlm.^poiir aÂer vsixnvner4 âriésoEla ^upart âeedbjets eolewét.
L'église «^égiale de:^iDt'SEniveur éppovm 4e6 ^manies >dmBmagee; âefAue,lM'cal^ini»lesbrfi!ènrat'le«itîtres'âe'0fltteimai9<m, qui Tenfennaieilt 'des deeiuiiBQtE pvéïûaiix rponr I^bistonre. Illiifi afiUgée'enoMie , to Ij^ardeliera de Bleis Jiiearein |>bs senlemeut à
* Note Ur^ des archives du cltapllrc âe'Sâlnl-'SoleDne. " £n IftSJl, lorsqu'on dtabtll ft Salnt-Laumer la reforme de Sidnt-Haur , lea
176 BISTOIRE DE BLOIS
regretter des objets matérida : plusieurs de ces Pères furent massacrés au pied des autels , et jetés , encore palpitants , dans un puits du Goitre. Enfin, l'Oise de SaintrVictor fut ruinée, dévastée et presque démdie; elle ne se releva jamais de ce grand désastre.
Nous avons vu , sous le bon roi Louis XH , le château de Blois étincelant de somptuosités ; on y professait quelques-unes des vertus du bon vieux temps ; elles avaient trouvé accès à la cour d'un monarque qui les aimait. Parfois, sans doute, la perfidie s'y glissait dans les conventions ; l'intrigue y usurpait quelques avantages enlevés au bon droit; mais l'injustice ne se trouvait quedansles'exceptions.Depuisravénementdes enfants d'Henrin au trâne, cette demeure royale semblait s'être environnée d'un voile funèbre : les testes qu'on voyait s'y accomplir étaient le plus souvent tissus de fourberies, de trahisons, de complots sanglants. Une lugubre fatalité entraînait la dynastie de Valois qui , depuis que Catherine gouvernait , roulait vers l'abtme où la poussaient encore des ambitions audacieuses.
C'est à Blois, selon d'authentiques témoignages, que fut tramée de longue main, avec une persilance et une dissimulation infatigables , la perte de ces protestants que la cour ne pouvait soumettre par les armes. Caàierine de Médicis, toujours habile à enlacer de séductions ceux qu'elle voulait tromper, réunit à la cour tout ce que la noblesse du temps offrait de femmes peu soucieuses des principes : en première ligne brillait ' Marguerite de Valois , dont chacun admirait l'éclatante beauté et déjà passablement compromise par ses galanteries avec le duc Henri de tiuise. Attirés par les fét«s qu'on leur promettait, smi^ tout par les aventures qu'ils espéraient, une multitude de seigneurs calvinistes accoururent successivement à Blois : on y vit d'abord Teligny, Briquemault, Beauvais, La Node; puis vinrent le comte de Nassau , l'un des plus habiles capitaines du temps, La Noue, surnommé Brasde fer,et deFrancourt, chanceUer de la reine de Navarre. Charles IS , digne élève de sa
ET DE SON TEKKITOIKE. i77
mère en diBumiilation , protesta de ses bonnes intentions envei^ ceux de la religion réformée ; poussant plus loin la perfidie , le jeune monarque se prit à dédamer, en présence des chefe calvinistes , contre la dominatiou de la reine^mère , et jura de s'en affranchir. Devant Nassau, le roi parla de la guerre qu'il se propo* sait de fEÙre à l'Espagne , fit briUer par anticipation une perspective glorieuse pour le prince qui l'écouCait , dans les hostilités contre Philippe II, et finit par témoigner le désir que l'amiral de Goligny vint s'en entendre avec lui.
Au milieu de ces intrigues, dignes de la nouvelle compagnie de Jésus , et que dirigaient peutrétre plusieurs de ses membres , dans l'ombre du confessionnal , furent abordées les premières ouverturessurle mariage du jeune roi de Navarre, depuis Henri IV. avec Marguerite de Valois. Certes t la proposition d'une telle union n'était pas la moindre des perfidies de Charles , quoiqu'il s'engageât à doter sa soeur de trois cent mille écus d'or , somme équivalant à trois millions trois cent mille livres de notre monnaie. Hais le jeune Béarnais ne se trouvait point encore à la cour de Blois ; s'il y eut été , la conduite de la princesse qu'on lui destinait eut promptement prouvé à ce fin connaisseur en fait de galanterie, combien peu ce lien conjugal devait lui convenir. Jeanne d'Albret , sur les communications qui lui furent faites parrles seigneurs protestants réunis & Blois , se décida à s'y rendre , de Vendôme , apanage de son fils. Ce ne fut pas toutefois sans se tenir sur ses gardes qu'elle prit ce parti : apprédaut à leur juste valeur les solennités d'une entrée toute royale qu'on lui ménagea, et les fêtes dont sa venue fut le sujet , elle écouta avec défiance les protestations ezpansives du roi , qui l'appelait sa bonne tante , sa plut aimée. EUe pensa que ce jeune comédien devait se féliciter en secret , avec sa mère , de l'art qu'il mettait à tromper la veuve d'Antoine de Bourbon ; et en effet , il disait à Catherine ' « Madame, que vous en semble , nejoue-je pas bien mon rolet? > — Oui, répondait l'astucieuse Florentine; mais ce n'est rien D qui ne continue. — Laissez-moi faire seulement, répliquait
>'Caiafies«nTiMt,>fl(-VQaB wcTTM'qmjeiesauttni^aufilit. >
Jfanae Â'âJbMt ne Unda ^poidt TMonoahm la J^gèwatiâ -de Mangaaiite:; et lorsqu'elle âorivait«eqniaBltà<Mnfik, A^avait yneaiotaÉileTétioeiioe'HB'bmrt des* iphrase :■« dle-ast'bdle , Mes «avisée'^ de bonne gràee; nane Bouprie'cn la )iliuaDauvaiBe>0t M ioanompaeoe«r-q[ai'6)taBvionde,fltje<nevDiBp»qiBne's'esi > 'fiente...^ loi ne sont Jes >feiDmes <qaî prient tes honmes*. » & battiiemJe d»e, la-cotuoDBede Na^rve âtait fragile'; teXvtoe du jeune Henri chancelait ; l'iuiioa |»«j(!tée h» deramt on sppuû , etJairaisan morale fut tonjonrs flecondaira dsas'IesHlbances'de ctmr. AaaortineBt Ja douairiéve de Navarpe jetaH le -vcûle d'une eKtiémeindiiigenoe'eur ioe-é^recaenUitie Har^erite.
Ci^Knâant le roi )»eraietait à sAlhcfter la ^Féaence^ H«8 de Cobgny, poar . conférer avec lui , diBMt-3 , surlK gaepred'ËqMgne.H lui dépota le mapMial de iCoeeé à le Sei^dlle , afin ^de Je décidera qrenirleti>onver san8niitar(Jénien(;1iiifienneltanld^ mener ^ngt gen^BhomiDes armés. L'amour-ppofnre e8t , de Uns les courtisans , le npluB hdlMte à endormir la pniâenoe-; Jl'am»dl vint, etnetopas'mômeéolaH^éfiurBOBimpnideiioe'quenâCAiiarlesdX lui dit : a >Erïfin , mon père , nous vow HeamiB ; ■vous œ » BOUS édiapperez plus^quand vous voudrez. )i lie grave Anquier eufrrilTaison dédire, souerenapire d'une penséelutidique. «L'a- » iDÙral obéissait à oe mervnÛeint jugentecrt de {lieu -qui 'Soni>(
» BOnb^JTOOS. ->
.Toutes les oonventioDs motrimoDÎaleB'et -aatres étant^rnïtéee . ffienddeMimaiireanrira, awecile jeune pKïnoe'deOenâéjile'VOKtte de^LacodieibnoanlL, et^usde ointj cents geatëfiliemmaE proteatatg.i)'fMflm"<Bm ntffip^DuisBsanoes aooueillweiltDe:pnDee»mide6 plaisirs, tôt qui (ponxailtootoaJDlier dans leur fiem. '.Or, itBnitis:que les nouveaux «touis se r^ouiesaient et te ilamaient «nlBcar de floursf«rlas:fiirtoefidelangur, jQharieBl, <(tominedlde idiaait luiratMie., MirvaUcat la oUeouic.^.. Xuiietaaimâvebisaieat p^ ■
I, aiaiflsns , tOTw'I,'" ,'page'SBB.
laoElts '«ne tontee Jee lenàtettE ik k' 'gedaitie élevée par Louis iKII , at de l'éâifioe., twtf ihlntinmirarf , ihlVli sous ^ran^oîs I:",'étÎDCel^BBtideiaaiàte^ GaAeErae et ««.aébértBts , âiBOiistnieux,,Bes coB^omi'seinlDrtnitiidamBiiDe partie ^o^ée du (riiâteMt , «t ouHpitaiaBt, anjfarnit hmttBra desféteB'queidéifieattiàt leur perfidi&iQwis noeziaiiEeineà la:Sooiété Bcadéimqiie>deMoiE en^l 888, M. iA-ugistcde :Gailarâ ciiil ^n A filois, au lafiis d'avril fS73,âans » .y> ckéiiBiiBl préoiBBnieetdanc lia 'Chambre mAne où âepnis ffiit » ammAaé He idae ^Ae iGuise , funeot défiBitivemeat arrdiëg jee
> uns^nDB dlaxàmlian (dhm desifeite^ksiplafi saiflaots^u Kn.'isiè-
> 'ole-; k pian ichi w iMMjàBt le pliœ léponvMitaMe datu^a 'OeBoep" » 4iML,jtefJi»qirofanMtéiae>A>BadiiaTV4%qaederiisses|wépacaliHi(;
> ^idBs'lfttAeietle'pIwima&mipenseneitt^eoii^etidaiifiSim.eiiri- " mtioB-j .3'un<«oii>p1ot 'tramé 'Cootre looeimoitiâ dn peuple fcu>- 9àis^ ipn" 'dem vois , me reiae , mi pape , des narâioaux et B wmiwe ile^prBioeg<Bt de'HeJ^enrg; et dans l^aeoom|iliBflement D 'daqaBl'I!atilce.iHnllié^u'peuple Bomwui^t ««ec'Uue.aiidBur, tn « ifDiatîsine,:'qiiepeiit;saTdec9Bpliqaerl'RifluenDequ'aTakQt.aiaM » ia pratique îtàisaBo^lirritafian des haines irdigieuses — Oe D ivewi:^i«rleT>deia^â«iit^BaiitbéIemy<*. s'Latnertioe que^ious \»mm âe citCTioe'lvit, dnmBste, q«frceiiâiiinerœ.qae 8ully:axa|H porttidaBsseBiBi»«i>miec97)^iiJAi.-'a>GluirleslK,laiEeÎBe4iière,ie duc d'Anjou , le cardinalrde iïiot«8iD&, Je'duc de Guiae., ie^gardades-sceauxBiragues et quelques autres se réunissaient , pour conjurer la perte des rpsolestrâts,, ;aD lieu mteae -oiLariee ans plus tard, le duc de Guise, maintenant assis à ce conseil, devait teHA)er-B»ufiileB<oa^8-iUiniéme duc d'Aj^jou., ideptufifi^tritlU, qui aiéf^t ;^Ë8ide M.:» S ^tidcis; fatalités pi)ur)le6iQbosË&, iioin- Bueipour-IesiboHimes.
ifâttliamie ileUédiQÎB, 'tFqp'peuQeDlai»fi'du.flQ0Qè6 ide«a politiqueifitérmue , au imliouidlune uEftion que ^divisait ia plus in- DOOfâlidJe lâesdivecsitée .dlofanioDQS., ik lâiwiâenoe 'religieuse ,
t aHémâtmie l*ataélé-a a.miam »ttikllr»»d4ialiUytoJacil^.^ pattSOU.
108 UIBTOiRB DE BL0I8
Catherine , dison»-Dous , chercha à former des aStances à l'étranger , afin de s'en appuyer au besoin pour dominer celui dos pai^ tis qu'elle pourrait avoir à redouter. Or , cette princesse ne songeait à rien moins qu'à placer chacun de ses fils sur un IrAne. Dans le temps même que Ton méditait à Blois l'extermination des protestants , la reine-mère intriguait pour assurer au duc d'Anjou la couronne élective de Pologne. Deux historiens de Blois, Bemier et H. de la Saussaye, affirment que l'habileté du Blésois Bazin, autant que l'inQuence de Hontluc, évéque de Valence, fit réussir cette négociation. On avait été moins heureux précédemment dans la tentative d'unir ce même ducd'Anjou, avec Elisabeth , reine d'Angleterre. Cette astucieuse souveraine , mieux jugée par les négociateurs , ne leur eut pas laissé concevoir la moindre espérance : qu'eût été, bon Dieu! pour cette princesse , l'unité d'un mari dans les régions de la tendresse? Au sein de cettecour galante, dont elle était dès longtemps le modèle , vm gant qu'eUe laissait tomber , un bouquet qui paraissait lui échapper par mégarde, devant quelque beau gentilhomme, étaient toujours parfaitement compris ; et quelle que fût la faveur de ses amants en Ulre, le gant ou le bouquet ne tombait pas long-temps aux pieds du même cavalier. C'est ainsi que la reine-vierge s'affranchissait des liens de l'hymen ; et jamais monarque ne pensa plus constamment qu'elle :
Qu'un trtne est tn^ élroU pour être partagé.
Le duc d'Anjou ne fut point le mari , c'esUè-dire le premier serviteur d'Elisabeth , et malgré l'échec d'une première tentative , Catherine espéra, au printemps de l'année 1573, unir le duc d'AIençon à sa bonne sœur d'Angleterre , comme elle l'appelait. A cette époque [29 avril 1 572 } , un traité de paix et d'alliance fut signé à Blois entre la France et la Grande-Bretagne , dont le cabinet était représenté par l'ambassadeur lord Lincoln. Elisabeth avait tenu singulièrement à faire admettre dans le traité une
ET DE SON TERItlTOIBB. 181
clause portant qu'en aucun cas , la France n'interviendrait dans les différends qui pourraient survenir entre l'Angleterre et l'Ecosse. A la honte de la cour du Louvre, cette t^use fut admise ' aussi , noa-seulement Charles IX violait d'anciens engagements pris avec ces Ecossais, qui s'étaient toujours montrés les fidèles amis des rois ses prédécesseurs , mais U suspendait par un cheveu le glaive sur la tète do Marie Stnart , qui avait été reine de France. Jusqu'à eette honteuse conclusion, Elisabeth leurra l'ambassadeur français de l'espoir d'accorder sa main au duc d'Alençod; et chaque soir, dans l'intimité du boudoir, elle s'égayait, avec son amant du jour, de la prétendue prochaine possession des diarmes qu'elle lui abandonnait, par le plus jeune fils d'Henri 11. Une fois en possession du traité mentionné plus haut, la Sémiramis anf^se rompit brusquement les négociations matrimoniales : la subtilité florentine fut pour cette fois en défaut.
Peu de temps avant le jour funèbre préparé de longue main à Blois, la cour quitta cette résidence, et n'y revint qu'en 1576 , époque de la convocation des états réunis pour la première fois en cette ville , par Henri III. Durant cet intervalle de quatre années, les querelles religieuses s'envenimèrent de plus en plus dans le Blésois comme partout : les calvinistes y avaient aussi compté des vicUmes , mais le nombre n'en fut pas très grand : cette mollesse de caractère, reprochée par Le Tasse aux habitants des rives de la Lwre , eut au moins , dans cette circonstance , l'avantage d'attiédir ce fenatisme religieux qui versait le sang à flots , au nom d'un Dieu miséricordieux.
En 1 576 donc, ta cour se renditàBloisdurantrantomne; la convocation des états était fixée au 1 5 novembre , aucun des députés ne se trouvait encore au lieude la réunion. Henri m n'en voyait pas sans trouble arriver le moment : il avait, d'un côté, contre lui les protestants, avec le prince de Condé et le jeune roi de Navarre; de l'autre cAté , le duc de tiuise avec les catholiques : ce dernier parti surtout se montrait menaçant. Les calvinistes , jusqu'alors
ei taat rteeiam^encoge . lg«-réa*,«;awaiB«t<wl wWj feia>ic exennee da lenr p^igioBi «t d'une wiinagMBice' sans arvièm^ puisée de Iaim.droitfrp<rittiqiM»;;leaeallwiiq«»nniiaHHs e<B. DSvoulaiaBLrieiinKHnfi qus lepomioiit nyataMpwH'hriiii cMt Fentrélce la prince k>craiai B'aalpil pM affiné ki ptawr d'&beni sur ewirfrattt oatta «wuroniM de SraBse-, dbàtla-payoïtiiMRiiaaM pu exciter l'iniiigiiation da» oaHomatann du; nniv;: maù le Balafi:éawit.médité3urL'hieteir», aleanBatanitlapoitlétdB-aaM» puiEsanca populaire qu'il ftvait uauiipé»^ Q snvit.qii'avwrlepowvoir d'un, Cliarla»-MarteL, ou manquait la plan du trAoe ianie nouvelle dysastie.
Placé entre eaa deux festiaoa, iBuappnt antctFifiivIesiMrigoes de la perldie, pcesqiie-Hiis-raaaaunieflpAcnîairasp««r<»^ tretanir une armée ^ le r«i devait. Tar appratker' avec frayem l'ingtant eu les déléfpiâs de la nation' aUaiuli Uii> demander compte de ses inbentian», et dtamnjwBS ^û aintfi de^soutenir lar monarchie iuiimîlieu4s8 périte-^fiùFenvnwBBBieiit. TelsiétaicBt, eoefretjJesppajetsdœdiéputéïqiùiM pootaianfe point lew'voe jusqu-'à la ruina' dti tc^e de» Valois ;. mais la parOi oaAeliqae vint à Blai& avee la de9B«B toutkferaté dlnnavcBBplètvsDbreiimB. Un plan da rév.olutiou , dreasé'peruB'arfoeal.nomméDdvîd, por^ lait : a Des soldais , levés SMwdameDtdaiis W prowncas , p»aFa- tront autouc de' Blais<, fortifiés' da qa^ifaor tvon^ies éfran^ » ras; ou. enlèvera MoBBieur (Iv dm; d/Anjai<) eD on lui fera son B pcocài, eMHio» jk ttOi cômi^i de Usa^n^ssté divine et ha~ n maine, pour avoir extosqnédu' roi, son frère, dbs condtdons »' fOLvap^ilaft aux: hérétiques: uebeUcK i.e duc de Guise , mettre
Calherine daMédlcli lirait mené au camp àet- Mak m tu nl *,. aue- oiuItfMda dl daines peu sévÈres qu'on appela l'etcadrcn volant , et q>ii , di) malus^ aoMtù^rtat SUT calvinistes plus que des promesses. C'était tout ce que l'on se pcopoialLde iMImp des-ccgagements pris envers eux. La paix fut signée enlS75 auchdtean de Cbambord, entre Henrf lU et le duc d'Aleoçon , ion frère.
ET DE aon TutiihonK. t9}
w de» arméeir peosMivra las i^toIUs^ WmsoBvrmdB» princijiff- X le» vittBs , mettra stne bonoe garda toc» \bs ora^^wœ: Ae « M(iD9iBnr,.d«Kbiifbrcu achever- la pronès; et^. ofin^ de L'anis V dapape., Qn'aainHiBia.la'rMdaiiflonn(ioa9tèr«poavkt-reate B' de ses jpai»". irLe jwpa-Gï^otfwXilO, eonstdU à Bunur pir Dwidinâinai,aal0HF dûprcgist d9iibiianflai«aisalMié^les.dMinlii>, V^proauai, percer(pi!il îni'SOBdsle pwapraà anspatdtn^ le» pn»goé» àa tsàvîtÔBaoti- «i Eiunee : âw SaàiMé. ne vàl pe» «»-delàt. ^BiUi ài Phili^|i&B „ m» d^Bepa^ev tout œ qui- pasvaib empértwr la»' Prangaifr dte ftairtfinJr-leB réwi^téa de» Ea7»-Baffr camoaaii ài sa poLitiqps:;, Mr saisit donc avec avidité' one: <icca»0D. d'aiAreOe' QÛr lai diacide! «n Fva<MerfttpreiuAde^sHB»darlalJg)iB..
ïeUes l iM ig a t. les dî^asitusa- appontëlaï auK étate da 1 326' , 1^ ke p^tisaBi d'Hensi da Larraine-, dno: de^ Guiae; Henri IH: ^étaUHifersié;,lai etseaiBiaisIreE a«dtap«^tical à aoutenir OBebauWlBttei Néanmaiaa, etb diseiiiiDlanbaes:Riquiét[idaaaiTec< aBaJiafailatié.camHiHaaai^anfaBtoidfH«ant&, diaons-nùeus, aux élàv»9.da i'Uali^iaa GaUieriae, la fol ou-niClea étals aa milieu! dltïa- faste éblouiasanb. : toutes le» mi^;mfieeiic«a de lagraadiear' aaïaiwainQ SobwH jeléeï sur- le- trame togubra préparéa par les^ psBrtifi. Kowilaiaiwaa ami hiatsnicns préoconpéa des' petits détails^ le- SOÛL défaille scinlàUer tout aeb aripesAh lai vue disleors lao^ tenrs-; eiboriftsa-Désidepomt, à DcrtreaTis', ee qn» l^étude diBS mcnmd'uHi ^loque exige da descnpCiompittorestpies; lêmoralJBte^iitianen aaquiue à gtan^K trait» la' caraoeèrD des hommas et de» chesai ^ il a'appartienb qu'aoc romaTidTsrs d'attacttar dea draperies auxmm-aillea d'usé salle d^aseni^ée^ et d'auner lesi pasaainaata d'us powpaiut,, lasndwmsdfuaeaignilletOe. ;
Ë«S'dâbatïaaidavi^deiisVase^ablé«de453floiiit; été can^gàé» pBD l'hisboiro' générale ;' Dons oniyons devair tkxwr- borner- à leS' résumer. Les étala damandèEenb qpa les déeiaions résidVant de
* Ef Eai(nrt<tr, tmne F; CagO; tome T, page 5; Jiuniaf fTHimri m.
184 BISTOIBE DE BLOIS
l'unaaimilé des avis eussent force de loi , ou bien qoe , pour la plus prompte expédition des affaires, )e roi nommAtnn certain nombre de juges, auxquels les états en joindraient autant, et que les ré^eroents arrêtés par ce conseil souverain devinssent irrévocables. Henri n'eut pas de peine à reconnaître que ces propositions tendaient évidemment à introduire dans l'état une autorité rivale de la puissance royale; il éluda avec «dresse les propositions de l'assemblée. Mais un trait de véritable habileté , dans la circonstance , fut le parti qu'il prit de se déclarer le chef de la Ligue. On a prétendu que par cette détermination , il faisait descendre le gouverain du trûne jusqu'au pavois d'un chef de parti, et s'exposait à être sacrifié comme tel. Ce raisonne^ ment est juste ; mais il valait encore mieux masquer ainsi son autorité, que de se la voir arracher de vive force. Ce qui ne tarda point à prouver que l'expédient était bon , au moins poor le moment , c'est que les Guisards furent déconcertés par ce conp d'élat machiavélique. Alors , ne pouvant plus embarrasser le roi autrement , ils le pressèrent de déclarer la guerre aux huguenots , espérant de la sorte rendre impossible tont recours de ce prince à eux , si la Ligue trouvait pins tard l'occasion d'arborer ouvertement l'étendard de la rév<dte. Henri répondit que, par suite des démarches pacifiques faîtes auprès des hi^enots pour ramener à lui son frère d'Âlençon , il ne pouvait entrer en campagne contre ces religionnaires sans, au pi^lable , connaître l'intention actuelle des princes et seigneurs calvinistes : peutêtre, ajouta Henri IH pour mieux enlacer les ligueurs, ces hérétiques sontMls disposés à rentrer dans le giron de l'église ; nous leur devons une sommation. Les catholiques goûtèrent peu cette proposition ; mais elle fut admise par la majorité de l'assemblée , et celle-ci décida qu'une députation tirée de son sein serait envoyée au roi de Navarre , au prince de Condé et an maréchal de Damville, chefs de l'armée protestante. Le futur Henri IV, qui, peutrétre , regrettait les plaisirs feciles et sans frein de la conr , eut alors accédé volontiers à un arrangement , sans s'inquiéter
ET DE SON TERRITOIRE. iS6
beaucoup des garanties; diais Coudé etDamville, plus graves, plus réfléchis que le jeune monarque béarnais, répondirent aux députés : « Nous ne demandons que la paix ; qu'on nous tienne » les paroles données et tout sera tranquille. Au reste , nous ne 1) connaissons point vos états , et nous protestons contre toutes « les résolutions qui s'y prendront ti notre préjudice, »
Les catholiques fougueux virent dans cette déclaration un motif sufiisant d'hostilités immédiates. « Je consens à la guerre , I) dit Henri III ; donnez-moi de l'argent, et demain j'entre en cam- » pagne. » A cette demande, les plus exaltés sentirent refroidir leur fougue belliqueuse. Il ne faut pas perdre de vue que c'était surtout dans le tiers-état que Guise comptait le plus de partisans ; or , sur cette classe allait peser , en cas de guerre , le fardeau des impdts Les états se séparèrent le 2 mars 1577, sans
avoir pris aucune détermination fixe, et sans que le roi eut fait connaître clairement à quel parti il s'arrêtait.
Le seul résultat de l'assemblée de 1 576 fut que le roi s'y étant déclaré le chef de la ligue, Guise se trouva momentanément déçu ; ses partisans se voyant trop faibles encore pour essayer unempture ouverte avec la monarchie.
Après la séparation des états , Blois retomba dans l'espèce de somnolence qui était la situation habituelle des villes de cour, lorsque ces brillantes cohues les avaient quittées. Et même durant la tenue de l'assemblée , à part une circulation incessante de seigneurs, d'ecclésiastiques, de pages et d'hommes. d'armes dans ses rues étroites et montueuses, la vieille cité était restée bien étrangère aux débats qui s'agitaient dans son château : débats où l'on n'avait vu figurer aucune notabilité blésoise. Le soir, tandis que des intrigues s'ourdissaient au sommet du coteau; tandis qu'oublieux des dangers qui l'environnaient , le souverain se livrait à des plaisirs impurs mêlés de pratiques dévotes*;
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&ùèo, tandis qu'on jouait avec fureur dans ses appartement, et qu'un mot équivoque amenait souvent des rixes sanglantes , le couvre4eu au tintement impérieux plongeait la viUe dans l'c^iscurité ; et le bourgeois devait s'endormir au bmit des valets ivres qui circulaient ou des rapières qui se croisaient.
Nous parlions touUà4'beure des appels en oondiat aingnlier , qu'une par<4e hasardée au jeu pouvait déterminer : un combat de ce genre eut lieu pendant la durée des éuts de 1 576. Le sieur de SaintrSulpioe ayant appelé le vicomte de Tous vilain et le desdaignant comme tel , le seigneur outragé provoqua l'autre. Ds se remlireut pour se battre dans ta cour extérieure du cfadteaa , suivis d'un seul laquais portant une tordie... Arrivé sur le lieu du combat, Saint-^[Hce renvoya cet liomme , qui était À lui , et tes denx gentilshommes se Irattireat dans l'obscurité. La lutte fut courte : après quelques estocades, Saint-Sulpice , frappé mortellement , tomba en s'éraiant : je suis mort. A œ cri , le valet, «pii s'était peu Soigné , revient sur ses pas , saisit l'épée de son maître , et en assène un coup sur la tét£ du vicomte , qui ptwrtant parvirait à s'éloigner. Les beaux jours de la chevalerie étaient loin à cette époque où les duellistes se qudifiaient poiu^ tant de raffinés d'kormeur : au xiv.* ^ècle , un valet qui, même pour venger son maître , eut frappé le moindre gentilldtre , aorait péri au gibet. Henri IQ ne fit pas même redïervlier oelutci : Saiut-Sul[»ce avait été un de ses mignons; trois jours durant, ce prince le pleura , sans avoir quitté un seul instant sa chambre.
Ce fut aussi pendant la durée des états de 457^977, que les premiers acteurs italiens app^èsen France jouèrent à filois en préseuoe de la cour. Cesboufiés, appelés (feAisi , donnèrent leurs représentations dans la salle même des états ; le roi leur avait permis de perceviûr un demi-teston par place. Henri lU , dit
banquet doDDé pw Catberlne de Hédlclsau roi son fils eti aescourliBans. «les ■ iriui belles et taoDBétM de Ucoin-, «tant à moitié nuea et ayant leurs cbereui > «pan, farcnlcsiidoféeti faire le aervlca. s
Létoile, assistait à ces représentations, « habillé en femme, oa- » vrant son pourpoint, découvrant sa gorge, et portant an » collier de perles et trois cc^lets à fraises , ainsi qae les portaient n les dames de la cour, » Ceci se passait an mois de février 1 577 ; conséquemment les députés aux états pouvaient être témoins de cette dégénérescence inmiie de la dignité souveraine.
Dans l'espace de temps qui s'écoula entre les premiers et les seconds états de ffiois, cette ville ne fat le théâtre d'aucun événement digne de l'histoire ' la vie pditiqne, qui anime, qui agite quelquefois les populations, y sommeillait; «t la noblesse résidente, seule peatrêtre , s'y ',occupait des aOaires générales, dont la trame échappait alors au peuple dès qu'il cessait d'y être intéressé. L'orage des partis grondait; mais il grondait au loin, et l'on devisait de ses ravages dans le fflésois , comme s'ils eussent sévi snr un autre continent. Enfin , ils se rapprochèrent , ils ton^ Itèrent atï<lessus de Kois en 4588 : nous disons mt^estus, et c'est le mot convenable ; car à peine vit-on la ville s'émouvoir des terribles péripéties qui s'accomplirent au cMteau vers la fia de cette année.
Les états étaient convoqués pour le 1 5 septembre ; le roi , qui avait quitté Paris en fugitif dès le 13 mai, arriva à Blois après avoir fait un séjour bref et tourmenté dans chacune des villes de Chartres , Vemon et Rouen. Poussé par une fatalité malheureuse , il venait de congédier , sans aucune raison apparente , le chancelier de Chevemy, ce sage et vertueux Blésois, dont la longue expérience eut pu le servir dans la crise imminente qui se préparait. Jamais cependant (fenri ni n'avait eu plus besoin d'être éclairé : il marchait sur le bord d'un précipice , et n'ign»; rait pas que Guise se disposait à l'y pousser. Depuis que les états étaient convoqués , ce prince lorrain travaillait à faire envoyer à l'assemblée des hommes qui lui fussent dévoués : sou succès , dans cette voie de corruption , était tel, qu'il pouvait compter presque autant de partisans qu'il devait y avoir de députés présents aux états. D'un autre câté, des villes, des provinces en-
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tières lui étaient dévouées : d'un mot il eut soulevé Paris, la Brie, la Picardie, l'Orléanais, la Normandie, la Bourgogne, le Sois.soQnais , loutle pays qui environne la capitale.
Les états fiirent ouverts le 16 septembre : on y comptait cent quatre-vingts députés de la noblesse, autant du clei^é, autant du tiers-état, plus un. Onpeutjuger, parcelle proportion, comment les intérêts des classes moyennes et intérieures étaient soutenus. Le régime constitutionnel a-t^ produit une représentation mieux constituée? C'est une question qu'il ne nous appartient point de résoudre. Ce fut le prince lorrain qui, en sa qualité de grandmaltre de la maison du roi , ouvrit la séance. « Les députés étant » entrés et la porte fermée, dit rbistorien Mathieu, le duc de » Guise, assis dans sa chaire, habillé d'un habit de salin blanc. Il la cape retroussée à la bizarre , perçant de ses yeus toute l'éi> paisseur de l'assemblée, pour reconnaître et distinguer tou.'* I) ses serviteurs , et d'un seul coup les fortifier en l'espérance de Il l'avancement de ses desseins , de sa fortune et de sa grandeur . Il et leur dire , sans parler , je vous vois ; se leva , et après avoii- « fait une révérence , suivi de deux cents gentilshommes et capi- B taines des gardes , alla quérir le roi ; lequel entra plein de ma- » jeslé*, » portant au cou l'ordre du'SaintrEsprit qu'il a\ ait fonde en 1579.
De Thou a dit de cette assemblée ce qu'on pourrait dire de toutes : on y fit beaucoup de propositions, qui furent discutées avec chaleur ; mais on finit par se rapprocher et s'entendre sur un terrain où la conscience chancelle perpétuellement , le domaine de l'intérêt particulier. 11 n'y eut rien de statué , si ce n'esl ■ que l'édit de l'Union fut déclaré loi fondamentale du royaume. Guise n'en demandait pas davantage : cette loi trempait fortement l'arme déjà si terrible qu'il avait à la main.
Après avoir abandonné tant de pouvoir à l'Union , il ne fallait pas mécontenter celui qui en était le véritable chef. Or , Henri IJI
* jr(tI(A<«u,UvTeVni.
commit cette imprudence en donnant à d'autre que le (.lue de Guise , le commandement des armées , dont il était le généralissime. Ce prince exprima un jour son méconlontement au maréchal d'Aumont , le conjurant de le faire élire connétable par les états, afin d'être à même, lui dit-il, de défendre la religion, contre le roi lui-même , s'il le fallait. Guise , en récompense d'un appui si \ivement sollicité , promit au maréchal le gouvernement de la Normandie; mais le grand-ofGcier de la couronne demeura froid à cette proposition. Le duc, qui cnit voir dans cette froideur la crainte d'une déception, se découvrit le bras jusqu'au coude; et posant la pointe de sa dague sur ce bras nu , il offrit de signer de son sang la promesse qu'il faisait. D'Aumont s'excusa aveo politesse et courut informer le roi.
Quelques jours après cet entretien, Guise demanda des gardes, <{u'il devait avoir, disait-il , en qualité do généralissime ; Henri III refusa, et il ce refus il joignit celui de laisser Orléansà l'Union,
(wmme place de sûreté a N'importe, s'écria le duc, je saurai
■» bien la retenir malgré lui. n
Dès-lors, on put prévoir que le chef de la ligue marcherait ré- Holument à son but , et ce but , depuis la mort du duc d'Alençon , n'était autre que le trône lui-même. Henri DI ne pouvait plus ignorer les projets audacieux de son rival : celui-ci, dailleurs, ne prenait nullement le soin de les cacher. Logé au château, il y était entouré d'une foule de serviteurs et d'amis, formant une cour plus nombreuse que celle du monarque; Henri de Guise paraissait plus roi qu'Henri de Valois. Bientôt le flot des courtisans, qui jusqu'alors s'était porte près du souverain, se dirigea presque entièrement des appartements royaux vers ceux du puissant ligueur : on se pressa dans ceux-ci ; les autres restèrent déserts. Enfin, le roi de France n'avaitplus sur l'ambitieux qu'on nommait hautementleïoide Pan'.?, que le triste avantage d'une couronne sans éclat. Chaque jour , Guise expédiait des courriers , tandis que Valois , dont la cassette était vide , ne pouvait envoyer ses dépêches aux gouverneurs des provinces , aux comman-
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dante des années. Dans l'assemblée d^bérante , le duc influençait toutesles opinions, dirigeait à son gré tous les votes; et si Henri III, dans ses luttes malheureuses avec les députés, s'avilissait jusqu'à invoquer le crédit de son lientenant^énéral, Guise répmdait froidement qu'il était sans pouvoir.
Dans les entretiens des Guisards entre eox, on parlait da roi comioe d'une puissance tombée ; la duchesse de Hontpensier , sœur des Guise, vouant le monarque à la vie monastique, ne l'ai^lail que frère Henri de Valois ; et montrant de petits ciseaux d'or qu'elle portait à emi cAté , die ajoutait en riant : o C'est pour » laire la couronne monacale à Henri, quand il sera confiné dans » un monastère... «A celle extrémité, Henri lU pensa qu'il n'y
avait plus à transiger avec son ennemi Sa mort fut résolue.
Fixé dans ce iiineste dessein , Henri HI le dissimula avec autant d'habileté que de perfidie ; sa mère avait en lui un digne élève. Le roi snnbla plus que jamais persister dans son inertie, etpa-' rut chercher , au sein des pratiques d'une dévotion minutieuse , quelques consolations à ses chagrins. On vit un jour arriver au diàteau des moines de divers ordres ; il les logea au-dessus de ses a]^>artemenl8 , dans un vaste grenier distribué en cellules qui, d^ors , étaient destinées à recevoir les stddals.
Cependant , pour accomplir le meurtre qu'il méditait, Henri Hl devait nécessairement s'en ouvrir à quelqu'un : il lui fallait des com[Jices, ou, si l'on veut, des instruments. Or, il choisit pour cette terrible communication une soirée durant laquelle on célébrait le mariage de Christine de Lorraine avec Ferdinand de Médicis. On était en décembre; toute la cour, livrée aux joyeuses préoccupations du bal, ne vit pas disparaître le maréchal d'Aumont, et les sieurs de Rambouillet et Beauvais de Nangis, que le roi avait appelés dans son cabinet. Valois exposa devant ce petit comité les dangers qu'il prévoyait devoir résulter de l'ontnipotenee du Balayé; mais il n'osa pas, au premier moment, communiquer la résolution qu'il avait prise pour se soustraire ao péril qui le menaçait. On convint unanimement que les craintes
, ■, Coot^lc
du monarque étaient fondées ; toutefois il ne rencontra pas la même unanimité quant aux mesures à prendre dans cette occurrence. La diversité des avis détermina le roi à s'entourer d'un plus grand nombre de conseillers : il fit venir immédiate- ' ment Louis d'Ârgennes et le colonel AI|^onse Corse. La discnasioD ayant été reprise en présence de ces deox gentilshommes, elle fut longue et vive. Le marécbal d'Aumont proposait de faire juger le duc de Guise ; mais ce moyen parut illusoire , parce qu'on pensa que la commission quelconque qui serait chargée d'un tel procès, n'oserait proïKincer une condamnation contre la puissance qu'il s'agissait d'abattre. On ne vit donc de réussite possible que dans un coup décisif, instantané , et qui portât la terreur parmi les partisans du redoutable Lorrain. Ce parti fut ad<^té ; on décida en outre qu'on s'assurerait du cardinal de (îuiae, du prince de Joinville et des ducs de Nemours et d'EIbeuf , ainsi que du vieux cardinal de Bourbon.
11 d^neura bien ctmvenu qu'a&n de frapper sûrement , on frapperait dans l'ombre , toute attaque à force ouverte paraissant hasardeuse , pour ne pas dire impossiUe. A la cour, comme dans les états, Guise comptait plus de créatures qu'Henri 111 ; et les habitants de Blois , intimidés par les nombreux ligueurs assemblés dans leurs murs , peu affectionnés d'ailleurs pour un souverain dont ils avaient pu juger la scandaleose immoralité , ne lui eussent pas prêté le moindre secours. Ils se tenaient calmes, restaient étrangers aux débats agités au château, et résignés à subir la conséquence des événnnenls, qui, du reste, ne pouvaient leur causer plus de dommage que les perpétuelles ûuctualions d'un gonvemement sans force comme sans vertu.
De Son côté, le Balafré, quoique sans défiance, au moins quant au périt de sa vie , ne laissait pas cependant de prendre quelques précautions : il marchait toujours environné d'une double haie de gentilshommes dévoués, tout en disant d'Henri IH , qu'il ne le croyait pas capable d'une résolution énergique. « Et
pour ce qui est de Catherine , ajoutait le Lorrain , !a vieille ti- ' gressea perdu ses griffes de la Saiut-Barthéleniy. »
Pour l'exécution secrète du fuDeste projet arrêté dans le concilialiule, le roi jeta d'abord les yeux sur Grillon, colonel de son régiment des gardes , et ennemi déclaré de Guise ; mais ce brave officier rejeta avec indignation la mission d'assassin qu'on osait lui proposer ■ ii Sire , répondit-il , je suis bon serviteur de n votre majesté ; qu'elle m'ordonne de me couper la gorge avec B le duc de Guise, je suis prêt à obéir; mais que je serve de 11 bourreau et d'assassin , c'est ce qui ne convient ni à un soldat n ni à un gentilhomme, a Henri répliqua froidement : C'est » bien , monsieur ; je vous demande seulement le secret. — " Sur mon salut , sire , répliqua vivement le colonel , ma fait pière même ne saura pas ce que votre majesté m'a confié, n Alors le roi s'adressa à Loignac , premier gentilhomme de sa chambre qui , contrairement à Grillon , ne se croyant bon serviteur du souverain qu'en se piquant d'une obéissance passive , accepta , sans hésiter , cette tâche d'assassin contre laquelle le chef des gardes s'était révolté. Le jour du meurtre , que Valois appelait le jour de la vengeance, fut fixé au 23 décembre.
Et lorsque cette atroce détermination fnt prise , il s'était à peine écoulé une semaine depuis que le roi avait juré à son cousin de Guise sincère réconciliation et entière oubliance de toutes querelles et simuUés passées. Les deux Henri avaient reçu , l'un près de l'autre , la sainte communion , des mains d'un légat du pape : l'exemple de Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne , et de Louis d'Orléans , avait profité au monarque et au chef des ligueurs. Enfin , lorsque lé prince Lorrain avait demandé une garde d'archers , le roi , tout en refusant , s'était répandu en ])rote station s d'attachement adressées à son beau cousin.
Guise ne pouvait être dupe des perfidies d'un élève de Catherine de Hcdicis; et cependant il persistait dans les menées audacieuses qui augmentaient chaque jour la colère du roi. Vainement lui représentait-on qu'il devait songer à sa femme , à
ses enfants, encore en bas-âge , il répondait avec sloïcité : a Abandonné dans un âge encore plus tendre , d'un père qu'un u coup porté de la main perfide des hérétiques venait de m'en- 1) lever ; resté avec mon frère en bulle à tous les traits des en- » nemis de ma maison, ai-je cessé , pour cela, de m'élever, » de rassembler les débris de la fortune d'un père si grand et " même de le venger î Je remets à Dieu , qui m'a protégé jusn qu'à présent, le soin de conserver mes enfants; mais je ne » les ai pas mis au monde pour qu'ils troublent mes projets- » Si la mort m'enlève avant qu'ils aient atteint un âge mùr , » qu'ils se fassent eux-mêmes leur fortune, comme je me suis » ^it la mienne , et que par leur conduite , ils se montrent les Il dignes héritiers de ceux qui leur ont donné le jour. »
Tandis que les avis prudents étaient ainsi repoussés par le duc de Guise , il écoutait avec avidité les conseils qui tendaient , 6 l'affermir dans sa marche hardie vers le pouvoir suprême. Cependant ses amis persistaient à lui donner l'éveil sur les périls dont il était environné : un jour, en se mettant à table, il trouva sous sa serviette un petit papier roulé ; il le déroula nonchalamment et lut ces mots : a Donnez-vous de garde , on est » sur le point de vous jouer un mauvais tour, v Guise, souriant avec dédain , écrivit au-dessous de cet avertissement : On n'oserait; puis il jeta le billet sous la table. Ceci se passait la veille de son assassinat.
Le même jour, les partisans du prince lorrain l'ayant prié d'assister à un conseil secret, le conjurèrent de quitter Blois.... « Non, par le sang du Christ, s'écria-t-il , quand je verrais la mort entrer par la fenêtre , je n'ouvrirais pas cette porte pour lui échapper. » Telle était alors la dégénérescence des beaux sentiments de la chevalerie , qu'il n'en restait plus qu'un vain mépris de la mort : faste pompeux de l'ame , sans noblesse , comme sans utilité.
Et pendant qu'Henri de Guise secouait ainsi follement le joug de la crainte, Uenrilll, aux approches de Noël, se livrait à ces
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anstérités , h ces iMgo(«s momeries qui formaient un si étrange contraste a-vec le scandale de sa vie dissolue. Enfin , le 22 au soir, le roi annonça qu'il voulait le lendemain se rendre en pèlerinage à Notre-Dame-de-Ciéry , et qu'avant son départ , il désirait tenir conseil à six heures du matin , afin d'expédier quelques affaires pressantes , et pcnivoir se livrer ensuite , pendant
le reste de la semaine, aux devoirt de twtre sainte région
Les affaires pressantes , c'était un meurtre I et celui qui l'ordonnait osait parier de prière 1
Cependant Loignac , qui avait accepté la mission d'assassin , s'adjoignit , avac la permission da ru , le nommé Larcbant , l'un des capitaines des gardes : Loignac était l'ame du complot; Larchant en devait être le bras. Après avoir reçu les dernièreB instructions dn roi , il fit sortir secrètement les moines des cellules qu'ils occupaient dans les combles du château , et y fit cacher , avec non moins de mystère , les gardes ordinaires appelés les quarante-diiq. Tandis que, ces dispositions s'accompUssaient , Henri 111 , en se retirant dans sou appartement, recommandait à Pu Halde, son valet de chambre, d'avcrir soin de l'éveiller, à qnatre heures ; et cette recommandation, surgissant d'une pensée sanglante, fut faite d'un accent aussi caime que s'il se fût agi d'une partie de chasse. En effet, quatre heures sonnant , DuHalde heurta à la porte de l'appartement royal. Louise de Piolans, première femme de chambre, demanda qui frappait*... « Dites » au roi qu'il est quatre heures, » répondit le ponctuel serviteur.
Henri Hl se lève alors , avec le môme calme qu'il avait montré la veille ; demande ses bottines , son bougeoir , et se rend à son cabinet. Déjà Du Halde et fiell^arde s'y trouvent. Keutât Lei-
" Au sein de la vie la plus déréglée , les grands , au moyen-3fte , respeclalent encore quelques usages des époques patriarcales : ainsi, Henri in qni, de mille façons, avale Tiolé la sainteté du lien conjugal, habitait avecla reine, comme un bomue que rien n'eut diiirall de tes devobv d'épMii.
gaae arrive avec neuf gardes , qu'il a fait descendre à bas bruit des combles où se tiennent les quarante-cinq Là , dans la demiobscurité que laisse r^ner un seul llamb^a de cire blanche , ces soldats apprennent ce que l'on attend d'eux , et reçoivent la {promesse de grandes récompenses... Éblouis par le reflet lointain de ces rkbessea, ils jurent qu'ils soot prêts à faire tout ce . qu'on attend d'eux... Henri lui-même les aposte dans sa chambre à coucber, avec recommandation à l'huissier Nambu de n'y laisser pénétrer personne , et déteose d'en laisser sortir ceux qui s'y trouvent.
En donnant tous ecs soins aux préparatife d'un crime , Henri de Valois s'était montré constamment impassible : pes un soupir n'avait annoncé en lui la moindre émotion. Rentré dans son cabinet , il faH parvenir au maréchal d'Âumont l'ordre d'ouvrir le conseil ; tandis que BeDegarde , qui vient d'amener deux chapelains dans l'oratoire, leur recommande de prier Dieu qu'il daigne favoriser une expédition entreprise pour le repos du royaume.
Le temps , dît le mémorialiste Paquier , était triste et sombre ; «ne pluie froide tombait par torrents lorsque , vers huit heures da mati» , le duc de Guise se rendit au conseil. « Le ciel , ajoute » le même écrivain, semblait pleurer les malheurs qui allaient » advenir, » A cette époque , la galanterie se mêlait à toutes les conspirations : on a vu que Catherine de Médicts avait longtemps exj^ité , comme moyen de séduction , les charmes des femmes qui l'environnaient, et peu défendu les siens même contre les incitations de sa politique. Ces tendres et spéculatives préoccupations militaient encore pour ou contre Guise ; et parmi les aaxiliaires de ce prince , se trouvait la belle marquise de Noirmoutiers , alors catholique fervente, quoiqu'dle eût été naguère quelque peu hérétique, de par l'amour, avec Henri de Navarre. Le Balarré venait de passer la nuit avec cette dame , qui, vers trois heures du matin, ne lavait laissé s'éloigner qu'en lui recommandant de veiller à sa sûreté. Guise, en ren-
trant ch(>zlui, s'était couché, et ses valets de chambre ne l'avaient pas éveillé sans peine à huit heures.
La compagnie de Larcbant était réunie au bas du grand escalier quand le duc y arriva; surpris de cette disposition, il en demanda te motif. Alors le capitaine s'avança léle nue près du prince, lui remit une requcUe tendante faire payera ses gardes leur solde arriérée, et sollicita la permission d'attendre en ce lieu la décision du roi à ce sujet. Ce prétexte était maladroit : la présence en armes d'une compagnie entière pour un tel objet , devait faire naître le soupçon dans l'esprit du Lorrain ; la fatalité voulut qu'il n'en fijt point ainsi : Guise passa sans défiance , après avoir promis son appui pour la demande exposée par le capitaine. Soudain celui-ci dispose ses gardes sur les escaliers mêmes ; puis il en envoie \in^t à ta montée du vicui: cabinet , sous tes ordres de l'exempt Monlcler. En ce moment , Grillon fait fermer toutes les portes du cliiileau-
Lors(]ue le duc entra dans la salle du conseil , >l y trouva déjà réunis les cardinaux de Guise et de Vendôme; les maréchaux d'Àumont et de Retz; le sieur do Rambouillet; MH. de Marillac et de Pétremol , maîtres des requêtes ; Marcel , intendant des finances, et Fontenay , trésorier de t'épargne ; l'archevêque de Lyon , Pierre d'Ëspinac , arriva presque aussitôt.
Cependant Guise , qui s'était plaint du froid en entrant , se plaça près du feu. Il était pâle , réfléchi et se sentait près de défaillir. Fut-il frappé en cet instant d'un de ces pressentiments funestes qui traversent quelquefois la pensée de ceux dont l'heure suprême approche; ou subissait-il seulement la conséquence des excès auxquels il s'était bvré durant la nuit? Toujours est-il certain que ce prince , d'une voix affaiblie , demanda un confortalif. M. de Saint-Priest , premier valet de chambre du roi , lui apporta des prunes de Brignoles confites. Mais à peine avait-il goûté de ce fruit, loi'sque le nommé Revol ouvrit la porte et lui dit que le roi l'attendait dans son vieux cabinet. Le
■ duc, se levant alors, mit quelques prunes dans son drageoir, Gt jetant les autres sur la table , il dit en riant : « Messieurs à qui en veut. » Puis , saluant l'assemblée , il releva son manteau avec grâce , rapportent les chroniqueurs du temps , et se dirigea vers la chambre du rei. La porte fut aussitôt fermée derrière lui.
Dans la pièce qui précédait le cabinet , Guise se trouva , avec quelque surprise, au milieu des quarante-cinq , dont la présence cQ ce lieu lui parut inusitée. Il salua ces hommes en traversant leur groupe et s'avança vers le cabinet, dont il hésitait toutefois à lever la portière , lorsque le nommé Montsery , le saisissant par le bras, lui porta à la gorge un coup de poignard
« Mes amis, mes amis, trahison! » s'écrie le prince, dont le sang coule à flots. Des amis 1 hélas 1 il n'en a pas à ses côtés ; il ne s'y trouve que des assassins. Frappé simultanément par des Effrenats, Sainte-Malines et d'autres meurtriers, le duc éprouve néanmoins , durant quelques instants , cette excitation du désespoir qui double la vigueur de l'homme; il renverse un des gardes d'tm coup du drageoir qu'il tient à la m ain , et entraîne les autres , qui se cramponnent à lui. Un instant , il parvient à les écarter et court en chancelant jusqu'au bout de la chambre
du roi Mais là, les bras tendus, la bouche ouverte ,,les yeux
éteints, il tombe au pied du lit, en s'éciant : Mon Dieu! miséricorde! Ce furent ses dernières paroles.
Alors Henri III sort de son cabinet, s'avance vers le cadavre , le contemple froidement , ordonne de s'asSuror des papiers qu'il peut avoir sur lui , et rentre dans la pièce dont il vient de sortir.
On trouva dans la poche du Balafré une note ainsi conçue : « Pour faire la guerre civile en France, il faut cent mille écus s par mois. » Au moment de cette recherche , Guise poussa un long et bruyant soupir , qui fit relever brusquement et pâlir les investigateurs : c'était le dernier effort d'une vie puissante.
Après cette suprême convulsion , le corps demeora raide et ' iitanimé. Oq jeta dessus un tapis; puis il fut tralué dans ooe garde-robe.
Gepeodanl 1« bruit tumultueux causé par le meurU^ avait été entendu de la salle du ccmâeiL Le cu-dinal de Guise et l'archevêque de Lyon veulent s'élancer vers la chambre du roi ; le maréchal d'Âuioont, se levant alors de son siège, tire son épée et dit aux deux prélals : « Ne bougez , messieurs , le roi a n afiaire à vous.... — On tue mon frère , répond le cardinal B avec le cri du désespoir.... * Un geste impérieux du maréchal est son unique répartie , et la porte est barricadée. La France est perdue! s'écrie en ce moment le maréchal de Hetz , d'ua accent sofennel , empreint de la prévision des suites d'une si horrible catastrophe.
En effet , le roi avait afbire au cardinal de Guiae et k ïnrchevêque de Lyon : on les arrête dans la journée , au nom do roi , ainsi que la mère d'Henri de Guise , ses enbnts , ses jias proches parents , ses principaux partisans et le vieux cardinal de Bourbon. Tandis que ce coup de main hardi s'exécute , sans ta moindre réclamation des états , quoique l'on fouille brui^ement toutes les maisons oii les députés sont logés , le rot d^cendchez sa mère, alors retenue au lit par la goutte... «Voilà, •) mon fils, un grand conp , d dit-elle en apprenant le premier ci'ime de ses enfants auqud sa volonté n'ait pas participé ; <i mais en avez-vous prévu les suites? — Oh I que oui , madame, répondit le monarque, j'ai pourvu à tout. — C'est bien coupé, » reprit la reine avec son sinistre sourire; il faut coudre à » présent. »
Après cette entrevue, Henri ni se montra au peuple , qui resta muet et sombre à sa vue L'indignation était au comble ; mais une terreur secrète glaçait les esprits. Le roi eut , dans cette même journée , une longue conférence avec le cardinal Horosioi , légat du pape , qui , sans se prouoncer ni pour ni contre le terrible coup d'état qui s'accomplissait , se contenta
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d'exhorté le moBarque à soatenir la religion. Heari , se croyant ainsi autorisé à terminer, à la gloire de Dien, l'attentat commencé , ordonna de massacre le cardinal de Guise , prélat tariraient, empwté , que l'on regardait comme aussi dangweux qne son frère. Mais les quartmte-cinq , assassins du Balafré , refusèrent de tremper leurs mains dans le sang d'un prêtre. Ce furent quatre soldats des gardes qui , moyennant quatre cents .écus , se chargèrent de ce meurtre. On sépara d'abord le cardinal de l'archevêque de Lyon , avec lequel il avait été enfermé ; ils venaient de passer en prières toute cette Ingubre journée du 23 décembre. On les troava encore prosternés quand «i entra dans lenr prison. L'un et l'autre se croyaient voués à la mort; l'un d'eax se trompait : ce n'était pas le cardinal de Guise. On lui dédara bientôt qu'il n'avait plus que quelques instants à vivre. B entendit sans se troubler ce terrible avis, se mit à genoux , recommanda son ame h Dieu ; puis , convrant sa tête d'nn pan de sa robe , il dit d'une vois ferme aux assassins : a Faites voire commission. » A l'instant , vingt conps de hallebarde lui sont portés ; il expire en disant ; s Seigneor , je X suis 6 vous. »
Les deux Guise morte , le roi les craignait encore ; on mit leurs corps tout habillés dans la chaux vive, de peur que les Guisards n'en fissent des reliques.
Henri , disait-il , avait pourvu à tout ; cela était si peu vrai qu'il ne sut pas même profiter de son crime , qui devait , avec plus d'énei^e de sa part, restaurer sa puissance expirante. II ne sut pas prendre le moindre ascendant sur les états ; il ne lear fit aucune proposition importante; l'assemblée se termina par de longues et verbeuses harangues , qui ne pouvaient aider la couronne à sortir des embarras inextricables oii elle était engagée : embarras auxquels allait s'ajouter l'indignation publique. L'effort de résolntion qu'Henri IH venait de faire en abattant une tête redoutable , avait suffi pour épuiser son courage : il retcunba bientôt dans sa langueur, dans son apathie ordl-
naire; il ne parut avoir été roi on instaot que pour acquérir la réputatioDduD tyran sanguiDaire*.
< La reÎDe-nière ne vit pas les sinistres événements qui se saccéctereot avec rapidité après le drame sanglant de Blois : frappée des reproches du vieux cardinal de Bourbon, qui l'accusa d'avoir amené ses neveux et lui à la boucherie, cette princesse fut saisie d'une sombre terreur, au sein de laquelle se reproduisirent à ses yeux , dans une lugubre fantasma^iorie , les victimes qu'elle avait elle-même sacrifiées; les portes de l'enfer s'ouvrirent devant son imagination troublée. Dans le redoublement d'une fièvre ardeole, elle eut la terrible prévision des châtiments qui lui étaient réser\és.-.. Elle expira au milieu de ces terreurs, comme avait espiré Charles IX, son fils et son élève dans l'art des perfidies , dans l'exercice des vengeances homicides. Catherine mourut les janvier 4589, dis jours avant la clôture des étals si tristement célébrés en 1 588 **. a
Les chemins du sépulcre royal étaient fermés par la guerre civile : la mère d'Henri III ne put être transportée immédiatement a Saint-Denis ; ou la déposa, maladroitement embaumée, dans l'église de Saint-Sauveur à Blois. Mais bientôt la décomposition du corps ne permit plus de te conserver ; il fallut l'enterrer en pleine terre dans l'église, où cette dépouille mortelle demeura long-temps dans le plus profond oubli. Les acteurs de la grande scène du monde , comme les autres , meurent souvent tout entiers dès qu'ils sont descendus de leur théâtre.
Selon l« dernières volontés de la reine-mère , ses entrailles
* M. de Cfaateaubriaad a consacré une pi^ sublime aai états de Blois et de leur sanglante catastrophe : page aussi bien peùsje qu'admirablement écrite.
Depuis iora , M. Vîlet a Iraité le m«me sujet en romancier , m^s avec tout ie charme de la po^e. Sous l'empire , M. Renouard, auteur de la belle tr^édle des Templiers, aiait fait représenter à Sainl-Gond, devant Napoléon, une tr^édle à«3 Elandt Bloii , sur laquelle l'empereur porta un jugement sévtTe,qne le public conllnija.
•• La Loire hUUrigue, t. III, page 709.
ET DE son TEBRITOIRE. 301
furent inhumées dans l'église de Saint-Saturnin du foubourg de Vienne , oii elle avait fondé l'entretien d'une lampe qui devait bnUer à perpétuité. Sur des vitraux de cette église , que Catherine avait protégée, on voyait autrefois ses armes et cette devise , faisant allusion à la lampe que nous venons de mentionner : Ardorem exlmctà testantw vivere fiammà.
Catherine de Hédicis laissait pour huit cent miUe écus de dettes ; Henri III, du trâne de France , vît vendre à l'encan les meubles de sa mère, dont le prix ne put suffire ii payer ce qu'elle devait, sans qu'il fût au pouvoir du roi de combler le déficit. Mais dès-lors on ne s'étonnait plus de la banqueroute d'une monarchie.
Cependant Henri Hl tenait prisonniers dans son château de Blois le cardinal de Bourbon , le duc de Nemours , le jeune duc de Guise , l'archevêque de Lyon , le président de Neuilly , le prév6tdes marchands Marteau, et quelques autres personnages moins marquants. Jusqu'alors l'unique résultat de sa victoire sanglante était d'avoir &it du monarque un gedlier, et même un geAlier inhabile , car le duc de Nemours parvint sans peine à s'échapper. Henri , furieux de cette évasion , fit arrêter la dachesse : déplorable vengeance qui, selon BrantAme, put avancer la mort du dernier des Valois qui aient régné en France. En se jetant dans le parti de l'Union , dont il n'avait pas su rester le chef, il s'était privé , sans être réconcilié avec les protestants, de l'appui que les papistes auraient pu lui prêter ; et par la catastrophe de Blois, il venait de s'aliéner à jamais ces derniers. se trouvait donc isolé entre deux factions puissantes, sans moyens pour les combattre , et contraint de se livrer pieds et poings liés à l'une ou à l'autre. Henri ne savait que rendre , lorsque le comte de Soissons vint le trouver à Blois , et lui conseilla de se rapprocher du roi de Navarre. Ce parti était en effet le plus sage ; Henri le comprit et se disposa à le prendre.
Le Navarrois occupait alors une partie de la Touraine , dont il pouvait sans peine preudre la capitale , si tel eût été son dessein.