CHAPITRE XI
!«• trente dei«lère« mwati^m 4e notre Ustoire di^w la Binais.
Les premiers mois de ta restauration furent , dans le Blésois , uae époque obscure. Les mœurs douces et conciliantes de la popuIatioQ n'admettaient ai le regret vivement exprimé des jours éclatants de l'empire , ni une accession énergiquement prononcée aux nouvelles destinées politiques apportées par l'ancienne dynastie. Les citoyens échangèrent, en général, avec un calme parlait , leur cocarde tricolore contre la cocarde blanche ; le raisin de leurs coteaux ayant mûri en octobre 1814, comme dans l'automne précédente, et le mouvement commercial de leurs celliers n'ayant pas paru péricliter, ils jugèrent que l'on pouvait vivre sans le moindre souci avec beaucoup de ^oire de moins et quelques humiliations de plus, en attendant les félicités que sa majesté Louis XVUI promettait. Certains esprits forts seulement trouvèrent que , si l'on avait pu perdre la gloire
avec résignation , on payait an peu cher la perspective de bonheur que l'on saisissait , avec quelque bonne volonté , à travers un million de baïonnettes étrangères.
Tel fut l'effet du changement de régime chez les classes bourgeoises et prolétaires de Blois et du territoire environnanl. Mais la noblesse accueillit tout autrement le retour des Bourbons ■■ elle se flatta que , sous leur règne , allait renaître le beau temps des privilèges ; que tous les vilains favorisés par la révolution allaient rentrer dans la poussière, et que la classe titrée seule serait admise au banquet des faveurs. Les voitures publiques et les attelages de poste purent à peine sufiGre , durant plusieurs mois , au transport des geDtilfihoQMnes qui , des bords de la Loire, du Cher, de ta Sauldre et du Loir, firent irruption vers le palais des Tuileries. On cessa bientôt de pouvoir compter les nobles voyageurs qui revinrent de Paris avec l'ordre de Saint-Louis, voire même avec la croix d'honneur, accordés en récompense du dévouement que , du fond, de leurs chAteaux , ils avaient voué aux princes légitimes. Quelques-uns, sous-lieutenants ou simples cadets en 1789, revinrent de Paris, colonels, eu égard à l'avancement qu'ils auraient eu, dans l'armée royale, n'eût été la rérolotiaa. IVsntres, il est vrai, s'étaient rendus dignes de ces faveurs, soii sous les ordres de Condé, soit parmi les Vendéens, soit dans les âon^ de la chouannerie: QonsaurioDs dit learmga , si les ex[doils de ces derniers partisans eussent été empreints de la eonvîct4on qui animait les premiers coDibattants de la Vendée,
Pea de provinces «ffrirent, en 1SU, un nouvcmeut rétrograde aus^ prononcé qi;œ cetni dont on se piquidt alors dans le BféSfù : les propriétaires titrés y étaient rederenns de primeaÂwrd des sâgnews; on reeumlroisait à leur intenlitm le banc d'hwineur à l'église parmssiale ; l'encens ne famait pas encore pour eax ; mais le clergé le leur promettait ; et la taie féodale cammcsiçait à se repeupler de pigemis inviolables^ Dans les cercles de Mois, jamais on n'avait entendu résonner un édiange
pins Doorri des titres de comte , de baron , de marquis : on eAl dit que la nobles&e s'était sextuplée durant les années de proscription qui avaient pesé sur die. Par malheur, les fttniilLes nobles du Blésois, eomme celles de pheieurs autres proviac«3, vonlarent marcher trop vite dans la voie rétrograde on la restauration les arait laissé s'engager : on a'eSace pas en un jour les traces d'ane révolution, surtout lorsqu'on veut s'attaquer aux intérêts qu'elle a consacrés. Le mat de restitutioa fut prononcé dans l'enceinte l^slative, à propos des propriétés devenues nationales ; et soudain le trAne de Louis XVill s'ébranla josqu'à sa base, encore mal assise ; il ne se raffermit plus. Napoléon , attentif à ce qui se passait en France , crut dès-tors à la possibilité de son retour.... Après qnelqnes semaines, la probabilité d'une réussite se dessina nettement dans sa vaste pensée. Le débarquement de l'empereur sur la plage provençale fut la conséqaence d'une appréciation Ic^que des événomenls , plut6t qu'une hasardeuse expédition. Il y eut moins d'audace qu'on ne pense dans cette marche, qu'on a nommée prestigieuse; mais une profonde habileté avait présidé au choix du moment.
Tandis que l'aigle impériale planait du Golphe-Juan aux tours de Notre-Dame, on organisait à Blois une légion royaliste pmir se porter contre Napdéou : MM. de Haupas et de Salaberry étaient chargés de cette oi^anisation *.
Ce rayonnement passager de la renaissante étoile de Napoléon, appelé les Cent-Jours, s'était évanoui; H. Terray, nouveau préfet de Loir-et-Cher, avait mission d'exercer la vindicte royale contre les napoléonistes qui s'étaient prononcés durant cette courte période. Heureusement peur sa renommée, ce magistrat ne put sévir avec cruauté. Plu^eors corps de la garde
* Noua Ignorons tes motifs qdoal empêcha ce corps de Tolaolair«ad'eair«TeD campagne; noua pensons que les élfmsiils qui le composaient dur^inL entraîner sa dissolu 11 oQ. Réunis sur la place pour une distribution de cliaussurcs. Us ne reparurent plus le lendemain.
Xtudr l'MdfMr.
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impériale avaient été cantonnés-dans le pays avant lenr licendement, et quelques officiers s'y étaient fixés après. Or, le gouvernement rendit fort laborieuses les premières années de leur résidence : on les sooroitàdes dispositions draconiennes qui n'étaient pas propres à effacer , au jugement des contemporains, la défaveur historique attachée au nom de Terray, Les prêtres mariés qui habitaient le département furent , pour le moindre mot d'opposition , recherchés aussi avec une extrême sévérité par le préfet. Enfin , il se montra empressé d'accueillir les dénonciations que les inimitiés personnelles ne manquent jamais demulti[riieraux: époques de réaction, si&vorablesà l'émission des calomnies.
Instrument d'nne politiqoe vengeresse , H. Terray autorisait en quelque sorte les vengeances individuelles; aussi en eutron [dusieurs à déplorer dans le ressort de son administration. Noos ne citerons qu'un de ces actes , qui doit être voué à l'indignalion de la postérité : H. Terrier , vieillard infirme , retiré dans la commune de Sambin , avait été, durant la révolution , administraleur du district de SaintrAignan. Patriote ardent , peutêtre , mais homme doux et inoffensif , il avait rempli ses fonctions avec zèle , et le zélé républicain , même dans une gestion indulgente, devait compromettre les ennemis déclarés de la patrie. Or, les contre-révolutionnaires que Terrier avait pu signiiler se vengèrent en 4815. L'ancien administrateur, malade et alité , fut assailli par ces furieux, dont les noms resteront suspendus à notre plume , afin d'épargner à leur front, s'ils vivent encore, la rougeur d'une honte indélébile. Sans égard pour l'ége , pour la maladie , Ils attaquèrent un homme sans défense , couché , et le lardèreqt de coups d'épée à travers sa couverture. On peut affirmer hardiment que la révolution n'offrît aucun trait comparable à cette action de Caraïbe.... Elle resta pourtant impunie.
Qui n'a pas déjdoré les massacres commis durant la terreur de 93; quelle ame honnête a pu approuver ces terribles sévices
ET DE son TERRITOIRE. 337
d'une puissance executive en délire? Hais qui ne s'est pas dit : « Les bourreaux de cette lugubre époque frappaient dans leparoxisme d'une frénésie sanguinaire. » Les Bourbons, à leur retour de Gaod, devaient-ils donc s'inspirer d'un tel exemple? Pouvaient-ils avoir oublié qu'à leur première rentrée et au mépris des plus expansives promesses de félicité, ils avaient désorganisé une brave armée , frappé d'une destitution imméritée d'in- < nombrables fonctionnaires, pour appeler aux emplois des créatures sans justice ou sans capacité ; et, foute plus grave encore, laissé craindre la reprise des biens nationaux. Ainsi , les enfants d'Henri IV , tout en invoquant le nom de ce grand et généreux prince, avaient commencé leur règne en punissant. Après la suprême leçon qu'ils venaient de recevoir, il ne leur restait qu'un parti sage a prendre, celui de la clémence. Ils avaient puni en 1814 des innocents ; il eût été beau , il eût été politique surtout, de pardonner en 4815 à des coupables.... En 4830, il se retrouva des souvenirs dont l'amertume s'était conservée à travers une période de quinze années : il est rare que les désastres des souverains ne soient pas le résultat de leurs feules.
Cependant la vindicte royale atteignit peu de victimes daiis le département de Loir-et-Cher : l'administration de tS. Terray se résuma par une inquisition vexatoire pour les citoyens suspectés d'un levain de vieux républicanisme, ou connus pour avoir été dévoués à l'empereur ; mais ce saint-office politique laissa son glaive au repos , et ne ralluma pas les bûchers duiïi,' siècle.
Après tes premiers transports de fureur réactionnaire que nous venons de mentionner , les esprits , naturellement paisibles , des habitants du Blésois , se calmèrent , et les royalistes ne songèrent plus qu'à jouir de leur victoire. Toutefois, instruits par l'expérience , tes nobles du pays comprirent qu'il fallait se hâter moins qu'en 1814 à reconquérir les privilèges perdus en 89 : ils se laissèrent aller au mouvement de bascnle que l'habile Louis XVIII imprimait au levier gouvernemental , en atten-
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d&Qt mieux. Les ékcUcNDS s'étaienl hitea dans le d^rtement au gré du ministère : les collèges de Loir-et-Cber n'avaieat grossi d'aucun élément d'opposition le corps représentatif. Le roi, alors convaincu qu'un royaklMoe parlementaire trop proawDoé nuirait là soa (jouvernement jAaa qu'il ne )e servirait, préférait les Doo-valeurs oratoires , les votAots^Ow àleocieuz , aux chaleureux orateurs du càté droit. Soik ce rapport , il fut bien servi daos le département de Loir-eb-Cbcr. Anssi l'histoire ae doitelle recueillir que deux noms parmi ceux des doutés <|Ue les électeurs du pays envoyèrent à la chaeabre, de 4845à1830: ces noms sont ceux de MH. Pardessus et de Salabeiry.
H. Pardessus, emprisoanâ eu même temps que son père, n'avait pas dû puiser dans cette persécution un amour bien vif de la révolntiOQ. L'empire le trouva iDOins indifférent : en 1 806 , il fut nommé maire delavilledeKois, etbîeuUUonlevit&gurer sar les bancs du Corps législatif. Sans doute il se Satta de propager , sous le manteau de sa fortune politique, le savoir éminent qui le distinguait. Ce fut en effet durant sa Garrièra législative, que M. Pardessus publia sod Traité dea servitudes suivatU les principes du code dvU, et son Trtâté d» eontrat d'échtmg». En 1810 , il obtint la chaire de droit ctHamercial à la Faculté de droit, et El paraître, l'aonée suivante, ses Éléments de Jvrispntdencs commerciale. Au bu-reau , M. Pardessus s'était foit une beÙ» réputation; celle qu'il aoq\Bt par ses travaux de jurisprudence acheva de le classer parmi les Lé^^tes illustres. Daas sa double carrière de professeur el de membre du Corps législatif, l'auteur du Tnàté dea s^vitudes s'était soumis au régime impérial avec une docilité qui lui prâta plus d'une fois les allures du courtisaa; mais on doit penser que ses véritables afiectitms étaient vouées aux princes de l'aotnenne maison de France ; car en 4815, il accepta avec joie le ntandat qui l'envoyarl à la chambre des députés, oii il prit place à l'extrême droite. Plus tard, M. Pardessus recueillit avec splendeur le jwix de sonaèle monarchique : il siège , au moment oii noofr écrivons , à la Cour de
ET DB SON TBRRITOmE. 339
eassstioD; et la hante dif^itéde conseiller à ce tribonalEoprâme, rehaussée du titre de membre de l'Académie des inscriptions et beites4ettres , est le complémeat de divers autres honneurs qui forent amplement mérités sons ia Hestaaratîoo.
M. de Salaberry , camme H. Fardessos , siégea au cAté droit de ta chambre en 181S. Élude nouveau en 1846 , 4&S1 et 1834 par ]fl collège électoral de fitois, il n'obtint point en 1Sî7 les suffrages de ce collège ; mais il dut son élection à celui du cinquième arroadissement de Paris , qui ne le renonuna pas en juin 1830. Nous n'examioerons pmnt ici la ligne parlesiont«re qœ suivit M. de Salaberry ; sans doute l«s moyens extrêmes qu'il propoaa soovent d'employer contre ceux qu'on appelait ' adors des conspirateurs , émanaient de ses convictions ; et nous le répétoDS , les hommes convainciis , même dans la sphère de l'erreur, Mitdroit à l'indulgence. Nous devons ajouter que, durant sa carrière législative, M. de Salaberry rencontra de la sympathie parmi ses commettanls : dans certaines petites villes, on raceueiÛit avec des démonstrations qui visaient h l'ovation *.
Nous avons vu que le uége épiscopal de filois avait été réuni à l'évèché d'Orléans par le concordat de 1801 ; il fut rétabli en iMl; mais aucun titulaire n'Mi pritalors possession : le diocèse resta sons le gravernement apostolique d« Fèvéque d'Orléans jusqu'au mois de juillet 18Sâ, époque à laquelle fat installé
* M. de Salaberry s'étant rendu à HoQtiiehard , un panégyrtsts des rfres du Cher tan^eia es »b bonnen odd cbamon (toat k reCnln , moiiré sur celui ^sBieliûrâ-Caur-d^Lioii : Que jt vont plaint {Ua),i)iiiu ne ia virreipai, se produisait alusi :
SIIi,S>li->MnT. (Hi.)
tin petit Journal de Paris, £«jri>efr. ne prit pu cet taamnage poétique au sérieux , el en amuM sns lecteurs. H. de Salaberry a publié , dans U second volume des Mémoires de la sodété académique de Blois , un charmant arllde stn- le 0flv«ii(rEssfuc,-lcs{)irtlBsl aatcur a commis nne flagrante onission tn nedtMl :ms-1o okm/ de (ob paBégjriste de HoDtikbwd.
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M. Pierre-François de Sausin. Nous aurons occasion de parler ailleurs de ce vénérable prélat.
En janvier 4819, M. Pelet (de la Lozère] fut rappelé à la préfecture de Loir-et-Cher ; l'administration de ce préfet , aujourd'hui pair de France, a laissé dans le département le souvenir d'une action sage , bienveillante et éclairée. H. Pelet de la Lozère voyait sans doute dans le dévouement ua sentiment consciencieux et bien entendu du devoir , et pensait que l'opinion, toujours effervescente lorsque la société est agitée, ne devait jamais dominer la justice du magistrat. Malheureusement peu d'administrateurs, peu d'hommes d'état, de 1815 à 1830 , suivirent cette ligne heureuse de conduite : ce n'était point à des mesures conservatrices que la monarchie, surtout sous le règne de Charles X , bornait ses vues et ses projets. Ce souveverain n'avait pas accédé un seul instant aux institutions nées de la révolution ou de l'empire ; il s'était soumis au régime de la charte aussi peu volontiers que Louis XVI à celui de la constitution. Il fallait donc que les agents de son gouvernement préparassent avec habileté, mais avec une activité incessante, le retour de cet ancien régime pur, à la renaissance duquel Loais XVIII n'avait pas cru , mais que l'incurie de son successeur croyait possible. M. Pelet de la Lozère ne pouvait Mre le metteur en œuvre d'un tel système ; il fut remplacé par H. te comte de Saint-Luc, que remplaça à son tour en 1829 M. Lezay de Hamésia.
Aux époques de réaction , il fout qu'un fonctionnaire public soit bien favorisé par la destinée , ou doué d'une grande habileté pour rester en place. A laquelle de ces puissances H. deLezay- Marnésia dutrU d'y être maintenu en 1830? C'est une question que nous abandonnons à la sagacité de nos lecteurs. Voici les faits. Dès que M. le préfet eut communication des fatales ordonnances, il les livra a l'impression et se disposa à les faire publier. Hais , par une circonstance providentielle , ou pIutAt l'imprimeur ayant été frappé de ce que ces ordonnances con-
sacraient d'odieuse impopularité , l'impressioa en tUt retardée ; et elles D'étaient point sorties des presses, lorsque les événements de Paris furent connus h Blois. Alors , H. le préfet parut vouloir donner sa démission : elle fut même imprimée pour être affichée; toutefois, ce magistrat s'abstint de résigner ses fonctions auprès du pouvoir nouveau... 11 attendit, et cette temporisation fut heureuse. Le chef de l'opposition blésoise , qui s'était emparé de l'autorité municipale , s'effraya sans doute de sa responsabilité. Il amena les personnes qui l'entouraient à solliciter de M. deHarnésia de rester à l'administration départementale... Celui-ci put s'autoriser de cette manifestation , et le ministère dut croire au ralliement du préfet de la Restauration.
Nous allons bientôt atteindre l'actualité , ce terrain brûlant sur lequel l'historien ne doit marcher qu'avec prudence. Les dernières années de la Restauration sont, si l'on peut s'exprimer ainsi , la veille de cette actualité à l'épidorme délicate , et bon nombre d'hommes d'alors sont les hommes d'aujourd'hui. Or, c'est une entreprise trop difQcile pour l'écrivain qui ne veut pas être hostile | que de suivre le mouvement des consciences au moment d'un changement de dynastie; nous déposons la plume politique.
Hais il nous reste à accomplir une partie intéressante de notre tâche : le mouvement progressif des esprits et de la pensée; la direction et le succès des études dans le Blésois , ou chez des hommes de cette contrée depuis trente ou quarante ans, méritent une mention qui n'échappera pas , nous l'espérons , à l'histoire générale elle-même. Dès 1805, une société impériale d'agriculture fut établie à Blois : elle fonda des prix , décerna des encouragements à l'agriculture , à l'industrie ; et son concours pouvait être d'une grande utilité au pays, si la routine, cette rouille des siècles , n'eût souvent paralysé l'action d'une si utile association. Ce fut aussi en 1805 que s'ouvrit la bibliothèque de Blois, composée, comme nous l'avons dit, des livres confisqués à l'évéché après l'émigratiou de M. deThémineSj et de
ceux eolevés des aneieas monastères dn Blésois. Cette «dlectitHi,
placée h l'hAlet-de-vUle, dans un iaai disposé avec goiU , ne s'élève pas au-delà de quarante mille valnmes , parmi lesquels ne fignreot qu'en très petit nombre les productions d« la presse moderne : Blois, sous ce rapport , subit l'eETet de l'extréinfi modicité des fonds accordés par les chambres pour Unt ce qui lient au développement des oonnaissaoces intellectaeUcs.
Durant la période impériale, fitoîs ne pouvait guère citer parmi ses notabilités littéraires que MM. de Salaberry et de Saint-Ange. Le premier est auteur d'un Vvyage à Contiantiaople, du royojfe au Uont-d'Or, d'un roman intitulé Corisandre de Beauvilliers , d'une Btatoire de l'empire otlojmm , justement estimée , el d'Essais sur la Valadûe et la Moidavie. H. de Saint- Ange , traducteur des Faites , de VArt dmmer et des Mélamorpfwtes d'Ovide , fut un interprète médiocrement heureux du poète la^. La versification de ce littérateur blésois est suave , gracieuse , mais d'une mollesse habituelle où la pensée d'Ovide se monfre d'une tiédeur qui n'eût pas &it exiler l'amantde Julie parmi les Scythes. Saint-Ange était poêle tout juste assez pour être admis à l'Académie française; trop peu pour être dassé au nombre de nos illustrations poétiques.
Vers l'origine de l'empire, le (coll^â de Blois, dirigé par N. Godeau , aujourd'hui doyen des gens de leUres de Blois , élait devenu un centre de bonnes études, d'où s'élancèrent quelques années plus tard, pour accomplir de nobles missions dans le monde scientifique et littéraire, les docteurs fiailty et Simoo, MM. Augustin et Amédée Thierry , de la Saussaye, et plusieurs autres hommes d'intelligence et de savoir.
Bailly fut plus qu'uu savant; toute sa vie, malheureusement trop courte, signala «a lui le bienfaiteur de l'humanité. Re^ docteur en m^ecine par la Faculté de Paris quelque temps avant nos désastres de 181 4 , Bailly courut k Meaux soigner les blessés de l'armée française dont cette ville était encombrée au mois de mars. En 1830 , des fièvres intermittentes pernicieuses
ET B£ BOM TiafilTOlRE. 3'13
sévissaï^it ea Italie , particalièrement dans le voisinage des Harais-Pontins ; Baifly se rendit sur les lieux où régnait la maladie endémique , et publia ù son retour le Traité anatonuco-pathologique des fièvres intermittentes , simples et pemideutet , fondé mr des observaiiont ciiniques, et recueiiiies en Italie, noiamînent à l'hôpitai du Saint-Esprit à Rome , pendant les ariTiées 1830, 1631 et 1822. Cet important ouvrage venait de parailne {1825), lorsque le comité idiilheUénique de Paris choisit Bailly pour organiser un service de santé dans cette malheureuse Grèce , que désolaient alors, tout àhtfois, les épidémies, la guerre civile et la guerre étrangère. Le médecin blésois acoomplit cette tâche philantropique avec tant de cèle et de succès, qu'il fut prodamé citoyoi grec par l'assemblée nationale. Au mérite que tes Hellèoes atlachai»>t à cette récompense , on peut reconnaître que la vanité attique subsistait parmi les descendants des Alhénienâ.
Il est rare que l'on fasse sa fortune par des '^nsd'bumanité: ilaiKy ne rapporta en France que la douce satisfaction d'avoir soulagé seâ semblables; il dut attendre de l'exercice de la médecine , Â Paris , une existence honorable , qui ne lui eût pas tait délaut si sa vie se fût prolongée. Mais, atteint de l'épidémie qui ]>arcournt la France en ^833, il y sucoomha le 16 février de l'année suivante. {I était à pdncâgé de quarante-trois ans. Indépendamment de l'Mivrageque nous avons cité , le docteur fiai) ly a laissé f^usieurs écrits d'importances diverses ; les principaux soût ; L'Escistçnce de Dieu et la liberté moraiedémûnirées par les arguments tirés de la doclrihe du docteur Gall, sur l'arigàte et la nature des pencharUs et des qualiti's morales 4e l'homme et des animaux. — Mémoire sur les différents ckangemmts qut surviennent dans le système osseux et dans les principaux organes de la nutrition et delà respiration , aux différentes époques de l'accroiS' semant dei'homme — Manuel d'astronomie , 1 vol. in-18. — Bailty a publié en outre une multitude de Notices dans les recueils périodiques; puis, se laissant «lier à cette déviation de l'intelli-
gence dOQOée aux homnies de savoir , qui les engage dans l'arène politique , le docteur blésois fonda le journal le Français : feuille dont l'existence éphémère suffit pour engloutir les économies de celui qui l'avait créée.
MM. Thierry , par une route différente , portèrent plus loin encore que Bailly, la renommée de leurs travaux. Augustin Thierry , particulièrement, a pris rang depuis bien des années déjà parmi nos historiens célèbres. Admis à l'école normale en 1811, après de brilJaptes études, te savant blésois en sortit bientôt par l'étroite issue réservée aux membres débutants de l'Université ; il se livra jusqu'en 1814 à l'enseignemeut. Mais, las de suivre une carrière où le plus pénible labeur ne donne souvent que de l'ivraie à celui qui s'y livre, le jeune professeur se jeta dans cette république des lettres , dont le sol , aussi peu productif que celui de l'instruction publique , se pare au moins de toutes les fleurs de l'illusion. H. Thierry se lia avec Saint- SimoD ; « ce rêveur que notre époque vit apparaître comme une » dérision vertueuse à travers ses corruptions. Nous devons » nous hâter de dire que notre compatriote avait trop de raison e et de logique pour croire candidement au prophète du XII.* siè- » cle; il associa toutefois son nom au sien dans deux brochures « intitulées : De la rétyrganisalion de la société européenne , et I Opinion swiet mesures à prenne œntre la coalition de 1815. » Le biographe auquel nous empruntons ce passage ajoute : ( M. Thierry avait été trop assidu aux leçons de H. Royer- » Collard pour se pénétrer de la possibilité d'une réforitie abj> soltie de la sociabilité actuelle; mais il y avait de bonnes B vues dans les mesures proposées contre les coalitions. * b
Les jeunes réputations qui s'entent sur les vieilles agissent toujours dans leur intérêt : après les publications que nous venons de citer, M. Augustin Thierry put voler de ses propres ailes : son nom n'éuit plus inconnu. Il écrivit d'abord dans le
* La Lalre hltloriçut , tomeIV,ï.*parUe,p^eS07.
Censeur européen, publié parMM. Comte et Dunoyer; puis il publia dans le Courrier français, ses Dix lettres sw l'Histoire de France, qui Cur«at accueillies avec un succès éclatant : cet ouvrage forma le noyau de celui que l'auteur fit paraître en 4887 , sous !e même titre. Cette dernière publication , qu'avait précédée l'Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, acheva de classer H. Augustin Thierry au premier rang de nos historiens, et lui ouvrit les portes de l'Académie des inscriptions et belleslettres. Vinrent ensuite les compositions suivantes : Dix om d'Études historiques; Nouvelles lettres sur l'Histoire de France, et récits du temps des Mérovingiens, précédés de considérations sur l'Histoire de France.
M. Augustin Thierry, quoique atteint d'infirmités graves et d'une cécité complète, poursuit courageusement ses travaux d'un ordre supérieur. On ne peut refuser à cet écrivain la gloire d'avoir ouvert à l'histoire une voie plus large, plus lumineuse , plus propre à faire juger les hommes et les événements. H. Thierry s'est surtout attaché à faire surgir de l'histoire des aperçus nouveaux , à répandre la lumière sur des faits mal appréciés , et à rendre à l'histoire cette marche indépendante qu'elle eut si rarement. Peut-être cet habile annaliste, que l'on compte parmi nos plus élégants écrivains , a-t-il trop sacrifié à cette idole contemporaine qu'on nomme X'oriqinalitÉ, en recherchant l'orthographe des noms historiques, noms francisés depuis long- temps. Ce soin, qui n'ajoute rien à l'authenticité bien établie des origines, jette une certaine perturbation dans les études élémentaires, et ne joint qu'un bien petit mérite aux brillantes qualités de l'écrivain.
M. Amédée Thierry, à une grande distance de son frère, a marché dans la carrière historique avec un beau succès. Après avoir publié plusieurs articles remarquables éans la Remie encydopédique et dans te Globe, vers les premiers temps de la Restauration , il fit paraître , en 1 826 , un Résumé de l'Histoire de la Gmnne, d'une exécution plus étudiée que ceUa des résumés
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qu'on publiait alors ii titre de spéculation. Deux ans ploB lard , M. Amédée Thierry donna son Hisloire des Gaulois. « Ce livre, dit le biographe déjà cité, dont nous partageons l'opinioD , offre notre histoire originaire sous un point de vue nouveau. Les monuments romainB y sont mis en harmonie avec les traditions celtiques , avec les origines anglaises et bretonnes. L'auteur ayant pris pour hase l'idée de la permanence des types moraux dans les races humaines, compare les Gaulois ans différentes époques de leur histoire , et arrive à cette conclusion , essentiellement systématique, que l'identité de leur caraclère s'est conservée au milieu de tous les changements survenus depuis l'antiquité., et que l'on retrouve ce caractère sans altération dans les Français de nos jours. Il y a là sans doute une pensée noblement patriotique; mais qui pourra accueillir cette donnée , en songeant aux nombreux croisements des races produits par les invasions romaine, visigothe, germaine, bourguignonne, bretonne , saxonne , qui se sont succédées dans les premiers siècles de notre monarchie. »
Sous le ministère de M, de Hartignac, ministère qui pouvait , s'il eût été maintenu , sauver Charles X des désastres dont il fut frappé en 1830 , M. Amédée Thierry obtint la chaire d'histoire de la Faculté de Besançon. Mais ce professeur, d'un libéralisme modéré pourtant , ne pouvait sympalfaisor avec le système Polignec, qui réalisa bien
L'auteur de l'Histoire des Gaulois fut révoqué. Le gouvernement de juillet lui rendit avec usure ce qu'il avait perdu, en le nommant préfet de la Haute-Saône. Rappelé en 1 838 , l'écrivain blésois laissa dans le pays qu'il avait administré la réputation d'an magistrat éclairé , bienveillant et intègre. Ce déplacement ne fut pas précisément une disgrâce : M. Amédée Thierry prit place au conseil d'état en qualité de maître des reqnéles. Il re-
ET DB SON TBRItlTOIBE. 317
prit fdors sa carrière liltéraire et publia, de 1840 à (842, V Histoire de la Gaule sous la domination romaine , faisant aiite à son histoire des Gaulois. Ainsi H. Âmédée Thierry a complété l'histoire de nos origines celtiques et romaines; tandis que son frère et M. Guizot donnaient l'histoire de nos origines germaniques. Ce qui distingue surtout les compositions de M. Amédée Thierry, c'est une certaine portée philosophique , qui égare quelquefois peut-être ses déductions; mais dont la tendance est toi^ours noble et généreuse.
Parmi les hommes d'une valeur littéraire éminente sortis du collège do Blots , M. de la Saussaye mérite d'être cité honorablement ; nous le disons avec une vive satisfaction : heureux d'avoir à parer l'histoire de notre pays natal d'une notabilité intelligente de plus *. Le nom de M. de la Saussaye se rattache a plusieurs institutions fondées récemment à Bdnis , et dont il fat le principal promoteur. En 1893 , il y eut dans cette ville un essai d'association littéraire et scientifique qui prit peu de consistance; cette association tomba bientôt, avec un journal littéraire aus^ , fondé dans s(»i sein et sous la direction de M. Aucher-EIoi.
Nous venoma de nommer un savant compatriote, dont les efforts en faveur du prt^rès intellectuel furent aussi ctmstaDt» que malheureux. M. Aucher-Eloi publia à Blois même , dans les dernières années de la Restauration , une biographie des contemporains, rédigée avec autant de conscience que de talent :
* H. de la Sausuïe se montre plut restdctir. : selon ce qui nous eit retenu , IL s'arrangera voloniters, quant au Blésois, d'une sorte de monopole historique. Il considère cotomc s» propriété légllime tout ce qu'il emprunte des anciennes aaiorllés , et se déclare spolié lorsqu'on les die après lui. En admcitant même que œ soit d'aprÈs lid , ce qui serait ua gage de coaâance , pent-em cet écrivalD' deirait-ll tenir quoique compte des Éloges qu'on lui accorde eu le clunl. Car , Il faut que H. de la Saussaye se le persuade , la réputalion , Bile du mérité quel* quefols {el c'est à ce tllre qu'elle lui esl acquise) , ne se réalisa que par le bruiL" Or, la dignité d'académicien est, de nos Jours, peu relenUssante ; nos corjis savants abMiriMBt tes lualèreai Us la réfliltot raremeBl. .
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c'était une œuvre utile; ce fut une mauvaise spécolation : cela se voit tous les jours.
Une nouvelle tentative d'association fut faite en 18S5, avec aussi peu de bonheur qu'en 1823 : H. delaSaussaye, lui-même, nous apprend , dans une Notice intitulée : Histoire littéraire du BlésoiSf que des discussions politiques amenèrent la dissolution de cette société.
Hais la persévérance ne manqua point aux amateurs du savoir et des lettres dans le dépai-tement de Loir-et-Cher : vers la fin de 1833, des éléments d'organisation plus compatibles leur permirent de fonder enfin l'institution académique de Blois sur des bases plus solides. M. de la Saussaye , dans la notice sus-mentionnée , fait modestement au corps médical les honnears de cette nouvelle réunion ; mais nous devons dire que cet écrivain en fut le principal organisateur, puisque le premier plan du travail qu'elle avait adopté fiit rédigé par lai. Du reste, la liste des fondateurs offre les noms ci-après: HH. Amaury , Beaussier père , Beaussier fils , Blau , Gelliez père, Celliez fils, de là Saussaye, Desbrosses, Desfray, Duplessis, Leroy , Naudm et Reoon.
La société des sciences et lettres de Blois se compose de vingt membres titulaires , et de membres honoraires ou correspondants, en nombre illimité. Si la liste des sociétaires résidents n'offre pas l'étincellement de noms précisément illustres , quoique plusieurs aient une valeur scientifique ou littéraire digne d'estime , un bon nombre d'illustrations figure sur la liste des membres honoraires ou correspondants. Nous citerons entre autres HH. Augustin et Amédée Thierry, Pardessus, Guérard , Spencer Smith, Eloi Johanneau, de Gaumont, Laurentie, Julien de Paris, etc. Les membres titulaires sont divisés en deux sections : une section scientifique et une section littéraire; néanmoins la société n'élit qu'un seul président et un seul secrétaire, nommés pour un an , au scrutin secret et à la majorité absolue. La société se réunit le vendredi de chaque semaine; ses séan-
jyGooglc
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ces soDt secrètes. Une sÉ«nce publique a lieu annuellement à la fin d'aoAl.
L'association qui nous occupe compte douze années d'existence, et les mémoires qu'elle a publiés ne forment encore que trois volumes. On devait attendre davantage du zde des membres qui la composent : cette attente était d'autant mieux fondée que , par les mémoires mis en lumière , on peut reconnaître que ni le talent , ni l'inspiration n'ont manqué aux sociétaires. Nous avons surtout remarqué dans les recueils imprimés les Notices intitulées : Essai sw la population de Loir-et-Cher , Origine et progrès de la féodalité, et Notice sw la vie et les ouvrorges d'Abel Branyer, par M. de Pétigny. — Essai sw l'origine de la ville de Biois et ses accroissements , et Précis de l'histoire des sciences et des lettres dans le Blésois, par M. de la Saussaye. — Notice sur h vie et les oiœrages de Piare de Blois , par H. f Duplessis — Des divers moyens de commanicatton , à l'usage des sourds-muets, par M. Alphonse Laurent.— Jhi Burlesque, et Etudes littéraires pour servir à l'Histoire du Blésois et de Blois, par M. de Salaberry. —Notice sur le château de Bury, par M. Naudin. — Notice sur Denis Ihipont, par M. Leroux. — Notice tw Diiacheau, par M. Vallon. — Coup-d'ml sw quelques anciens systèmes philosophiques , par M. Cler. — Lettres écrites d'Orient, par M. Aucher-Eloi, — Mémoire sur les inscriptions latines de la ville de Blois auœ M." et MU.' siècles , par M, Eloi Johanoeau.l — Enfin , Notice aw laviez les ouvrages du père Jean Marin, par H. E. Godîu. ■ Depuis la fiu de l'année 1790, il n'avait point existé à Blois de journal politique, et nous avons vu que la carrière du Courrier de Madon avait été éphémère. Sous l'empire , la politique était une sorte de noli me tangere: les préfets maintenaient soigneusement la lumière sous le boisseau. Durant cette période , on publia à Blois le MémoriiU de la Préfecture et les Petites affiches, deux feuilles d'une innocence candide quant aux matières de gouvernement. Sous la Bestauration , les hostilités du champ de bataille ayant cessé , toute l'activité des esprits se ré-
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fugia dans uoe pdémique ardeote, et ceUe>ci s'atlacba à toat ce qui pouvait l'alimenter. Louis XVUI dous avait donné d«6 institutions anglaises; nos publicistes empruotèrent à leur tour de l'Angleterre, Vopposiiion , t:eUe puissaoce si utile lorsqu'elle émajoe des consciences pures d'ambition ou de mauvaise loi. Le pouvoir, souvent attaqué, eut besoin de sedéfeodre; les défenseurs, on le conçoit sans peine , ne hii manquèrent pas : la profession était bonne et le serviliEme se rencontre partout. Hais le Blésois ayant offert, de 1815 à 1830, ime honu^énéité à peu près euphonique d'opinions, il ne s'établit point à Blois de journal conservateur : là où l'attaque n'existait pas, la défense eût été superflue.
Hais après la révolution de 1630, les esprits, mime dans le Mésois , furent «sus par révénement qui v«uaît de changer la dynastie : le trAoe de Juillet, en s'envirounant d'espéraDcsB eut ses sympathie ; le trône de la Bestaunation , en s'écreolant, avait laissé des regrets sur ses débris; enfin les opinions radicales, en 1832, peu satisfeites de lamairche du gouvernement demandèrent à la presse des sirganes et des échos. Trois jeurnaux furent fondés presque simultanément è Biws. Uoelewlle, uniquement consacrée aux atmoiices , était publiée ftar l'imprimeur Jahyer; il songea à transformer , sous le titre du Biaisais, cette publication, en un joamalEemi*quolidien,«tà1ui donner un caractère politique et littéraire. H. Henri CellieE, jeuoeav^ cat dont l'avenir littéraire s'était déjà révélé par des écrits remarquables , accepta la rédaction du nouveau journal. Alors les questions sociales, comprises à la manière des éronomisl^s et des SainlrSimoniens, étaient acoueiilies par bon nombre d'esprits supérieurs : M. Henri Cellirz en était profondément imbu ; et dans sa rédaction , tous ses efforts, par l'entraîne ment d'une vîv« conviction, tendirent à substituer la disciisEion des maliéres sociales h celle des matières politiques. Le BicÙMis était donc une feuille vraiment radicale, mais trop exclusive mant au point de vue de cette sociabilité fabuleuse , qu'au sein de nés
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bvlUaDtes oorroptioDS , rêvaient ks prosélytes de iSaint -Simon. PloB lard, M. CeUiez, mieux conseillé par l'expérience , a reconnu que la poAitique, ayant pour objet de résoudre les qœ»tions sociales, ne pouvait *tro séparée de ceUes-ci sans les rendre insolubles.
Un autre joAH-nal , fondé 'vers la même cpoque , Le Conatituticnnel, de;HB8, Le Gourrio" de Zoir-et-Cher, se déclara le cbampion des iuetitatioiis de Joillet dans toule leur intégrité. L'ac* lion énergique de cette fenîlle fut telle que il'admituBtf atiou locale ^(oava le beattinde lui opposer un organe conservateur : LeJomttal de iMr-^t-Œter descendit dans la lice pom- le ministère. Noue ne prononcerons point sur la tâche politique que poursuit cibaaan de ees journaux ; nous ferons remarquer seule* ment que Le Courrier de Loir-et-iOfter repésente un pcinoipe, et que Le Journal de Loir-et-Cher accomplit ose miseion.
Le Blatsois, qui avait cessé de paraître en 483i, reparut, en 4835 ou 1836, sous la direction de Mi Alphonse Laurent; mais durant oatte renaissante carrière , tffl'minée depuis quelque temps, il fut consacré aux intérêts industriels, agricoles et ioteUactuels, pais aux annonces légalra, k l'exolusion de toute matière politique.
Vers le même temps encore, UM. do la Saussayeet Cartier (de Tours), fondèrent à Blols La Revue de la Numismatique fnmçmse , qui manquait aux sciences historiques , a une époque où, par des fouilles iotelligeotes , la Gaule souterraine c<Hmmençait a être explorée avec autant de persévérance que de talent. Ce recueil, plus encore que Le ChûteoM deBlois, Le Château ée Chambord, La Numismatique de la Gauk narbmaaise et La Volayne teOique et rcnnaine , vient d'ouvrir les portes de l'Institut à H. de la Saussaye : depuis le milieu de l'année 48iS, cet écrivain est membre de r.4cBdéinie des inscriptions et bey«s-lettres. Quant à la croix de laLégion-d'HonBour qui Lui a été donnée peu de jours après son tiectioo , c'éuit le complément obligé de la broderio d'académicien. On n'exf^ique i^us
depuis long-temps , on constate seulement la présence de cette distinction', que l'empereur Napoléon n'accordait qu'au mérite transcendant ou à la valeur éclatante. Ajoutons que H. de la Saussaye eût pu la mériter dans tous les temps.
An mois de septembre 1836, uae solennité scientifique eut lieu à Blois , oil elle avait été préparée par les soins combinés de la Société d'agriculture et de la Société des sciences et lettres : le Congrès scientifique tint en cette ville l'une des sessions qni , conformément aux statuts de cette belle institution, doivent tenir dans les villes importantes du royaume, afin d'appliquer aux localités les recherches des hommes éminents réunis au congrès. Combien l'histoire surtout ne doit-elle pas profiter d'une telle institution , elle encore si aride , si pauvre , fente d'avoir pu se livrer h l'observation des moeurs locales , à l'étude des monuments et ou dépouillement des archives, dont les liasses poudreuses sont encore, sur plusieurs points, vierges de toute investigation.
11 ne nous reste à consigner dans ce chapitre , comme événement digne de mémoire, que la mort de H. Philippe-François de Sausin, évéque de Blois, décédé au mois d'avril 18i(, dans sa quatre-vingt-dixième année, et l'avènement au siège devenu vacant par ce décès , de H. Fabre des Essarts , vicaire-général près du même siège. H. de Sausin laisse de viTs regrets aux habitants du département de Loir-et-Cher : c'était un prélat chei lequel la plus haute piété n'altérait point cette douce tolérance , cette charité sans restriction , qui est la véritable réalisation du saint esprit de l'évangile, et le plus noble attribut de la morale chrétienne. M. Fabre des Essarts , depuis long-temps témoin des vertus de son vénérable prédécesseur , en continuera , sans nul doute, l'exercice ; et les lumières qui le distinguent, à un âge oil la foi est aussi puissante que profonde , garantissent aux fidèles du Blésois un gouvernement apostolique exempt de blâme. La pompe qu'on a déployée lors du sacre de H. des Essarts ne peut manquer de lui avoir révélé la sympathie avec laquelle
son installation était accueillie; car nous ne voulons voir aucune influence étrangère à ce sentiment, dans la présence à Blois, en cette occasion , des archevêques de Paris, de Tours, et des évéques d'Orléans et de Chartres. Tout nous porte donc à l'espérer, si l'épiscopat de H. de Sausin reste dans les' traditions heureuses du pays , les qualités éminentes de son'successeur consoleront ses diocésains de sa perte.