‹ Histoire de Blois et de son territoire, depuis les temps les plus reculésChapitre 23 sur 24 · HI8T0I&B DB BL0I · texte numérisé non relu

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particalièrement aa chœur, acbèveot le désaccord des différentes ères architectoDiques , sans que , toutefois , l'aspect gé— aérai de l'édifice soit disgracieux. Oa remarque à l'intérieur quelques sculptures de l'époque romane : l'enfance de l'art se révèle dans un bas-relief représentant saint Eusiee dans son oratoire. Quelques débris des bâtiments d'babitation présentent les ca ractères variés de l'architecture , du xi.' au ivii.* siècles.

L'Hdtel-Dien , situé sur la place de Selles , vis-à-vis l'église paroissiale , est un édifice du xvti.' siècle , dû en grande partie à la munificence de la maison de Bétbune. II élâit desservi jadis par des Frères du bienheureux Jean-de-Dieu , auxquels des Sœursont succédé. Q y avait autrefois à Selles un couvent d'Ursulines.

La ville de Selles n'est le centre d'aucune industrie importante: conséquemment le commerce n'y fleurit point. Seulement quelques mariniers , possesseurs de petits bateaux appelés dans le pays pillards , font la navigation sur le Cher et la Loire jusqu'à Nantes. Ils transportent soit du bois merrain , qui descend aussi le Cher par flottaison , soit les produits de l'usine métallurgique de Luçay ( Indre ) ; et rapportent des salaisons ou de l'ar doise. La route de Blois à Châteauroux traverse la ville ; celle de Tours à Nevers passe à l'extrémité de son faubourg, de l'autre côté du pont : ni l'une ni l'autre ne favorisent sensiblement la population. Aussi l'aspect de Selles est-U fort triste. Les rues sont d'ailleurs mal pavées, mal bâties : le goût des constructions élégantes ne se prononce pas plus chez les habitants de cette localité que chez ceux de Blois.

Un médecin de Selles, H. le docteur Bourgouin, possède un cabinet fort curieux , que ses connaissances en archéologie et son goût pour les antiquités l'ont mis à même de former. Ce savant , membre correspondant de la Société des sciences et lettres de Blois, a hérité de son père, aussi docteur en médecine , de l'amour des recherches archéologiques et des commencements de collections qu'il a beaucoup enrichies. Si, comme

on doit l'espérer , le Musée de Blois , placé dans le château restauré , se forme prochainement , tout porte à croire que M. Bonrgouin s'inscrira parmi ses fondateurs.

Selles , chef-iieu de canton , renferme une population de quatre mille deux cents âmes.

Nous avons dît déjà quelques mots de l'antique Gabris, située au-dessus de Selles, sur la rive gauche duCber, et comprise aujourd'hui dans le département de l'Indre , sous le nom de Chabris. Getle situation rend ce lieu étranger à notre sujet ; mais de l'autre côté et vis-à-vis l'ancienne ville mentionnée par Peutinger, se trouve Gièvres, qui parait avoir été une dépendance de Gabris, dont ie nom aurait été différemment corrompu. En effet, on trouve sur la rive droite du Cher, précisément en face de Chabris , des ruines et des débris considérables : il y a vingt-cinq ans on y découvrit un cimetière romain. Il existait évidemment de Gabris è Gièvres {Gebris) , un pont sur le Cher (Carq Brivœ), dont il reste peut-être encore des vestiges dans le lit de la rivière ; et la tradition locale a conservé à ce passage, quasi-fantastique maintenant, la désignation de Grande-Voie, en souvenir de la route gallo-romaine se dirigeant d'Orléans (Genabum) à Argenton {Argentomagus). Quant à la voie de Bourges (^uaricum) à Tours (Cœsorodunwm), soit qu'elle se dirigeât de Mehun, où l'on en voit les traces, sur Gabris , par la rive gauche du Cher , pour le traverser en ce lieu; soit que depuis Vierzon ou Mennetou elle suivit la rive droite, un fragment trouvé dans une vigne, au nord de Selles, révèle évidemment la continuation de celte voie par Nucetum (Noyers) et par Tasctaca (Thésée).

Nous ne quitterons pas le canton de Selles sans dire un mot d'un joli château qui réunit, dans son aspect, la physionomie imposante d'un manoir féodal aux coquetteries du style dont les seigneurs français s'étaient inspirés en Italie depuis l'expédition de Charles VIII, Sous te règne de ce monarque et durant sa hasardeuse entreprise , Pierre Du Moulin se trouvait au nombre des

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chevaliers qui l'entoiiraieiit. A la faatailie de Forooue, ce gentilhoœiDe défendit , de sa bonne épée^ la personne du royal aventurier , et lui donna son cheval pour remplacer celui qui veoait d'être tué sous lui. Daos l'église de la commune de Lassay, on voit le tombeau de Pierre Du Moulin , avec la figure de ce preux coodiée sur le mausolée. Le chÂteau du Moulin est un des mon umen 15 remarquables de la Sologne blésoise.

L'arrondissement de Bomorantin qui , presque tout entier, appartient au comté de Blois , s'étend sur cette partie de la Sologne que les Romains occupèrent niilitairement dans une intention politique très ratioanetle. Cette contrée , qu'une nature peu fertile interposait entre deux grandes nations de la Gaule, les Carnutes [Camutes) et les fierruyers [Bilwriges] , était une position favorable pour empêcher la réunion de ces deux peuples, ou plutdtde ces deux confédérations, contre le vainqueur commun. Aussi le pays présente- t-il, sur divers points, des traces du séjour des Romains. Pour ne parler que de la Sologne blésoise , nous citerons Salbris , Salâo Brivœ ( pont sur Sauldre ) et So<an. ÏAs environs de la première de ces localités ont offert et offrent encore tous les jours une mnUilude d'objets antiques, pour peu qu'on s'y livre à la moindre investigation; et no] doute que des fouilles intelligentes n'amenassent des découvertes intéressantes. Soaiu se recommande plus particulièrement encore sous ce rapport : tout porte à croire qu'en ce lieu se tint non-seulement un corps d'armée considérable , une léfpon entière peut-être , avec un de ces chefs que l'on choisissait ordinairement parmi les premières familles de Rome. Les objets qu'on a trouvés et qu'on trouve encore autour du lac de Soain révèlent le passage de personnages jouissant de toutes les aisances de la vie : ce sont des fragments de vases d'une forme pure, deâ médailles, des objets ayant fait partie d'élégantes parures. Deux tumvii d'environ cinquante pieds de diamètre attestent d'ailleurs que des hommes élevés en dignité ont été lafaumés sur ce territoire ; et peut-être le lac profond qu'on y voit.

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et sur lequel les populations environnantes délitent des fables merveilleuses , avaiHl été creusé pour procurer à qoelqoe général le spectacle d'une naumachie.

M. de la Saussaye a commencé la publication d'un travail important sur l'antiquité de la Sologne blésoiae : il esl à désirer pour cet écrivain, si digne d'encouragement, que le public, détournant enSn son attention des niaiseries prétentieuses du roman- feuille ton , cette superfétatiou soi-disant littéraire , sans règles , sans lois , sans limites , sans pudeur , revienne a la lecture des compositions dont l'intérêt ressort de leur utilité. 11 y aurait à cela récompense d'un noble labeur et profit pour une génération qui , ne visant qu'à s'amuser , finira par amuser les étrangers de son ignorance et de sa futilité.

RojiOBAifTiH , principale ville de la Sologne blésoise, est, par l'importance de sa population , la troisième cité du département de Loir-et-Cher. Elle est située sur la Sauldre. Ces rêveurs qui pâlissent à la recherche des origines inconnues , comme l'alchimiste sur le creuset oil il s'évertue follement à vouloir faire de l'or, ont trouvé que le nom de Romorantin devait venir nécessairement de Roma mùtor ( petite Borne ) , et que celte ville devait avoir été fondée par Jules-César. Ceci a pu sembler fort ingénieux à ces investigateurs à travers le vide ; mais comme une petite rivière appelée le Moretitin coule sur ce territoire , Bivus Morentimis nous parait une élymologie fort logique du nom de Romorantin , parce que Ro nous offre un dérivé assez naturel du mot celtique ru, riau ou ruau (petite rivière, ruisseau). Quoi qu'il en soit, il n'y eut originairement en ce lieu qu'un fort, romain peul-ëlre , situé dans une Ile formée par la Sauldre. Au commencement de l'ère chrétienne , cette forteresse dépendit de la paroisse de Lantbenay , éloignée d'une demi-lieue. Plus tard , quelques habitations ayant été construites autour du cbâteau, une chapelle s'éleva au milieu de ce petit bourg, qui s'agrandit successivement, et devint lui-même le centre d'une paroisse. Mais l'histoire est muette sur les destinées de Romo-

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rantin jusqu'à la fio du xii.° siècle ; ce n'est qu'en i 200 que percent les premières lumières historiques touchant cette localité. Selon les historiens du Dtésois , elle dépendait déjà du grand fief <ie filoLs; mais cette terre était sans doute inféodée. En 1391 , la seigneurie de Romorantin subît le sort du comté de filois luimême, en passant des mains de Gui 11 de Châtillon dans celles du duc Louis d'Orléans.

Avant celte époque, Romorantin avait été inscrit dans les annales du royaume pour un événement majeur : en < 356 , les Anglais, commandés par le prince Noir, fils d'Edouard III, assiégèrent cette place ; au rapport de Froissard , ce fut là que les hommes d'armes français entendirent pour la première fois tonner l'artillerie. Le roi Jean se trouvait alors a Chartres; il accourut au secours dei Romorantin, en fit lever le siège, et poursuivit le prince anglais jusqu'à ce champ de bataille de Poitiers, où les désastres de Crécy eurent un funeste pendant, plus la captivité du monarque français.

Dans les partages de la maison d'Orléans, Romorantin fut donné à Jean, comte d'Angoulêmc, second fils de Louis I."; puis il échut à Charles d'Angoulême , père de François I." Ce jeune prince passa ses premières années dans cette ville, où Louise de Savoie, sa mère, s'était retirée. Nousavons vu qu'Anne de Bretagne y donna le jour à Claude do France, en ii99. Le roi-chevj(lier , dont l'enfance s'était écoulée à Romorantin, emiiellit et augmenta d'abord le vieux château que les comtes de Btois possédaient dans une lie de la Sauldre ; plus tard il voulut le faire reconstruire. Ce projet eut même un commencement d'exécution : on reconnaît encore les fondations d'un corps de Mtiment qui devait', prolonger l'édifice existant... Alors Françoise de Foix , comtesse de Chateaubriand , habitait le petit cbàleau de Monceaux, situé assez près de la demeure royale. Devenu inlîdéleà cette beauté, le galant monarque le fut en ménae temps au séjour qu'il avait habité près d'elle. L'amour ne laisse guiire d'affections derrière lui ; il faut que tout ce qu'on aime

lui fasse corl^e : les passions qu'on éprouve avec loi ne sont que ses satellites. François 1.", épris, comme nous l'avons dit , de la belle comtesse de Toury , trouva charmante ^la solitude boisée de Gbarabord , parce qu'elle était voisine du château de cette dame ; et les magnificences projetées à Romoranlin se réalisèrent à Chambord.

Romorantin fut réuni à la couronne de France lorsque François d'Angoulôme monta au trAne ; Henri II y fit quelques rares séjours; François II y parut une seule fois en 1560; et là , sur la proposition du chancelier deL'Hdpital, il rendit le fameux édit de Romorantin qui, en attribuant la connaissance des crimes d'hérésie aux évèques, sauva la France des fureurs de l'inquisitioD. Trois ans plus tard , les calvinistes , maîtres de Romoranlin, dévastèrent l'élise, qui avait été déjà pillée par les Anglais , sous le règne de Charles VII. Ou croit que ces religionnaires eurent un prêche à l'entrée du fauboui^ Saini-Roch , dans une maison sur la feçade de laquelle on Ut :

Qui s'étudie i user de bllaee , En ma maison ne Irouiera place.

Après sa réunion au domaine de la couronne , Romorantin perdit beaucoup de son intérêt historique ; mais l'importance manufocturière do cette ville avait ouvert dès-lors <t ses habitants des sources abondantes de prospérité. Antérieurement au XV.* siècle, des drapiers, établis à Saint-Genoux, transportèrent leur industrie à Romorantio, parce que les eaux de la Sauldre , mêlées à celles du Morentin , avaient la propriété de rendre le foulage plus facile. Parce motifou par d'autres causes, ta draperie de Romorantin acquit , dans les deux derniers siècles, un accroissement tel , qu'au moment de la révolution , ses produits égalaient en qualité et même en quantité ceux d'Elbeuf. Dans les temps modernes, l'adoption des machises apporta de3

dbangements majeurs à la fabrication dans la ville qui nons occupe. En 181 1 , on comptait encore à Romorantin cent quinze fabricants , qui employaient une forte partie de la population , et produisaient annuellement trois mille six cent cinquante pièces de drap. C'est dans cette situation que les nouveaux procédés ont trouvé l'industrie roraorantinoise : trois ou quatre mille personnes y concouraient ; pour se mettre au niveau du progrès , il fallait opérer nue sorte de révolution ; il fallait même f rwsser luen des intérêts. Cette réforme s'est cependant accomplie sans fiecouase et insensiblement. Quelques manufocturiers ont remplacé de nombreux fobricauts , sans que la fabrication ait sensiblement diminué. Les draps de Romorantin sont employés en général à l'habillement des troupes, à la garniture des billards , de l'intérieur des voitures , et à tous les usages qui nécessitenl (dutôt la solidité que la finesse des produits.

Romorantin est donc toujours une ville essentiellement commerciale; l'ancienne coudition féodale y a laissé peu de traces : . et les constructions du moyen-âge se réduisent ici à quelques hAteh, presqu'entièrement décaractérisés, et à la maison appelée la Chancellerie, qui omsacre le souvenir dune révolution dans l'empire de la barbe. François 1.", étant à Romorantin en 1 521 , trouva plaisant d'aller assiéger , dans l'hâlel de la Chancellerie , le comte de Saint-Paul , qui l'habitait. Tous les jeunes courtisans qui l'eavironnaîent approuvèrent , comme on le pense bien , ceUe idée de sa majesté , et s'associèrent è stm exécution. Soudain mille projectiles divers mais peu meurtriers vdent vers les fenêtres du bâtiment assiégé ; Saiat^Paal et ses amis , qui ne se doutent pas que le roi de France soit au nombre des fous qui les assaillent , ripostent par tout ce qui leur tombe sous la joi'uL Ce jeu durait depuis qudques instants, lorsqu'une certaïae agitaZien m fit remarquer parmi les assiégeants , et Saint-Paul apprit iMe&t^t, i son grand désespoir, qae François I." venait d'être atteint à la tête et au menton par un tison enflammé. U tallot couper la dievelure royale pour passer l'use

des blessures , et le roi laissa pousser sa barbe pour cacher la cicatrice de l'autre. Peu de jours après , toutes les têtes masculines de la cour étaient to&dues, et tous les courtisans étaient barbus.

On voit encore è Romorautin une construction aussi vaste que dépourvue de caractère artistique : elle appartient cependant à la brillante époque de la renaissance; car on lit sur nne de ses faces le millésime de 1530, avec cette inscription, dont le sens paratt un peu forcé ici dans son application : Seddtte quœ sunt. Cœsaris Cœsari , et quœ sunt Dei Deo. L'édifice dont il s'agit est l'ancien grenier h sel , et la sentence évangélique signifie qu'il faut payer exactement l'énorme droit des gabelles, que Tibère même se serait bien gardé d'établir

Le seul monatnent qui mérite quelque attention dans la ville de Bomorantin , c'est le château , où l'on peut reconnailre encore quelques vestiges de splendeur a rchi tectonique , bien qu'on n'y trouve plus que des constructions sans accord de style, défigurées par des réparations de diverses époques et des percements de jours outrageants. On a resserré dans le château la sousi>réfecture , le tribimal , la gendarmerie et la prison.

L'église paroissiale n'offi'c plus aucune partie de sa construction primitive; les traces file la reconstruction du ii.' siècle, détruite par tes Anglais , ont même disparu entièrement. Cette église est un édifice du xv.' sîèeîe , avec des parties moins anciennes. Pour fevoriser le rétablissement de ce monument religieux , le pape Eugène !V aocorda de grandes indulgences durant «ent jours aux fidèles dont les aumônes aideraient le clergé de Romorantin ; !a piété répondit à cet appel. Au ivi.' siècle , (es calvinistes pitlèrent la nouvelle église ; il fallut la réparer , et de là le désaccw-d que l'on remarque dans l'ensemMe de l'édifice. L'église de Romorantin était autrefois coll^tale.

Un couvent d'Ors u Unes, supprimé au itji.' siècle, existait à Romorantin depuis très lwig-l«mps; nous ignorons les causes de sa Buppressioa. En 4617, c'est-à-dire vers te temps où les

Ursulioes voyaient leur maison fermée , on établit dans la ville un couvent de Capucins; il exista jusqu'à la révolution. La fondation de l'Hôtel-Dieu de Romorantin remonte, dit-on , au XV.* siècle ; il fut enrichi en 1 C75 par H. de la Blandellière , ancien bailli de Hennetou, petite seigneurie des bords du Cher, que l'exiguïté de notre cadre ne nous a pas permis de mentionner. De Qos jours cet hôpital a été tranféré dans un bâtiment neuf.

Bomorantin possède depuis quelques années seulement une salle de spectacle ; malheureusement c'est une acquisition bien imparfaite : non-seulement cette salle est distribuée et décorée avec peu de go&t ; mais elle manque de solidité ; il a fallu letayer.

La ville renferme un collège communal , où l'on enseigne les langues anciennes , l'histoire, les langues vivantes , lesmathématiqueset les arts d'agrément. Une division do cette institution est consacrée à l'enselgueiuent des connaissances spéciales nécessaires aux jeunes gens qui se destinent au commerce et à l'industrie.

L'ancien mnrd'enceinte de Romorantin existe encore sur plusieurs points ; sa construction devait remonter au-delà dn iiv.° siècle; puisque la ville put se défendre en 1356 assez loDglemps pour donner au roi Jean le temps de venir à son secours. Mais les parties subsistantes de cette muraille et une porte encore entière , conservée au nord-est de la ville , sont d'une construction postérieure , et laissent reconnaître l'architecture militaire de la fin du xv.' siècle. Selon quelques témoignages 'historiques, l'enceinte dont il subsiste des fragments fut commencée sous le règne de Charles VllI et ânicajjssi tard que celui de Charles IX, La promenade se développe le long de ces débris de fortification et non loin des bords du Moreniin , ce vieux parrain de la ville.

Romorantin n'a plus ce sombre aspect qui en rendait jadis le séjour' disgracieux : des fortunes nouvelles, résultant de l'ia-

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dustrie exercée sur une grande échelle, ont permis à plusieurs habitants , manufacturiers ou commerçants, de tiâtir des maisons salubres, commodes et d'assez bon goAt; en un mot, la ville s'est presque entièrement renouvelée a son avantage. Il y règne maintenant une certaine animation qui signale la prospérité relative des diverses classes : les plus élevées s'enrichissent parla spéculation; les dernières dans la hiérarchie sociale se soutiennent par le travail. Les relations commerciales étant devenues importantes à 8'omorantin , on y a établi une juridiction consulaire. Cette ville , chef-lieu de sous-préfecture, renferme une population de sept mille deux cents âmes. £Ile communique , par de belles routes , avec Blois , Orléans , Vierzon et Tours.

Nous devons encore le répéter, la circonscription de notre tâche nous interdit la mention d'une multitude de localités où l'intérêt historique se uoie dans des détails trop exclusivement statistiques ; mais nous ne pouvons passer devant La Fertë-Beaw hamais sans saluer ce séjour d'nne noble et grande illustration des temps modernes. Nous avons dit ailleurs que ce petit chAteau fut le point de départ du voyage funèbre d'Alexandre de Beaubarnais en 1 793 ; et de là peut-être , vingt^un ans p\as tard, le prince Eugène , fils de cette victime de la terreur , écrivit à l'empereur de Russie cette lettre empreinte de magnanimité : « Sire, j'ai reçu les propositions de votre majesté; elles m'ont » paru sans doute fort belles; mais elles ne changeront point « ma détermination. Il faut que j'aie joué de malheur lorsque » j'ai eu l'honneur de vous voir , puisque vous avez pu garder ■ de moi la pensée qu? je pourrais , pour un prix quelconque, B, forfôire à l'honneur. Ni la perspective du duché de Gènes , ni a celle du royaume d'Italie ne me porteraient à h trahison : > l'exemple du roi de Nsples ne peut me séduire ; j'aime mieax B redevenir soldat qu'être souverain avili. L'empereur, dites- » vous, a eu des tors envers moi; je les ai oubliés, pour ne me » souvenir que de ses bienfaits. Je lui dois tout, mon rang.

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> mes titres , ma fo rtane , et ce que je préfère à toot , je lai dois

» ce que votre indalgeoce veat bien appeler ma gloire. Je le » servirai tant qu'il vivra; ma personne est b lui comme mon

> coeor. Puisse mon épée se briser entre mes mains si elle était » jamais infidèle & l'empereur et à la France. Je me flatte qae K mon refus, apprécié, m'assurera l'estime de votre majesté. * Signé EcGftin. >

L'historien le plus minutieux des localités ne parlerait pas du boorgde Contres, même en se rappelant que des envoyés de l'archiduc Philippe d'Autriche vinrent trouver en ce liea Louis XII , vers ^ K05 , et que ce souverain y conclut avec eux UQ traité , le S5 octobre. Hais à Contres naquit , dans la seconde moitié du xTin.° siècle , un des hommes les plus savante de la France moderne, H. Eloi Johanneau, l'uQ des fondateurs de l'Académie celtique, dont il fut secrétaire perpétuel, avant et après sa réorganisation sous le titre d'Académie des Antiqoai* res. H. Johanneau , dont ses collègues de la Société académique de Blois ne reconnaissent l'universelle érudition qu'avec d'ttssei amères restrictions, guida cependant bon nombre d'entre eus dans leurs études archéologiques et philologiques : i'esprit de rivalité devrait s'arrêter là oii commencent les devoirs de la reconnaissance. Peul-ètre U, Johanneau se montre-t-il trop eicluùf dans ses opinions scientifiques, et disposé trop rarement à reconnaître la sagacité des autres : oe serait alors le défaut de son caractère; il n'est pas juste d'en faire un motif de dépréciation pour ses talents.

Nous devons au château de Ckevtna/ , situé sur le canton de Contres , ce salut de l'admiration que nous avons donné à La Ferté-Beauharnâis. Là naquit, en 1538, d'une famille déjà illustrée par plusieurs de ses membres , Philippe Hurault de Cheverny, qui fut chancelier de France sous Henri 111 et Henri IV. Cet homme d'état , au milieu d'une époque agitée par toutes les passions mauvaises , sut éviter , à force de vertu et de talent , les écueils dont sa carrière était remplie. Retiré des affaires , il

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\int mourir an château de Cheverny, comme un vieua: lièvre en tongUe, a-t-il dit lui-même dans des Hémoires remplis d'inlérét qu'il a laissés. Les destinées glorieuses de la maison de Cheverny ne se sont point démenties chez les desceDdanls du chancelier, et de nos jours encore, M. lo marquis de Vibraye, ma-' réchat-de-camp, et l'un des grands officiers de la maison du roi Charles X, a laissé dans le Blésois des souvenirs honorables. H. le marquis de Vibraye, hts du précédeut, et propriétaire actuel du château de Cheverny , y a Tait des embellissements qui ont rendu à cet édifice de la première moitié du xvii.* siècle, toute la majesté dont il élait primitivement empreint, M. de Vibraye forme, dit-on, dans son château , diverses collections d'objets antiques et d'objets appartenant au moyen-âge. Ou se plait à espérer qu'une partie de ces collections , dignes sans doute d'un homme instruit et de goAl, seront un jour offertes à la ville de Bloîs pour son Musée, dont [^usieurs hommages de ce genre pourront hfller la formation.

Nous avons dit du château et du bourg des Montils tout ce qu'on en peut dire. Il n'y a plus là qu'une localité rurale, des ruines imposantes et des souvenirs qui sont lettres closes pour une partie de la population.

Madon, qui fut au moyen-âge une maison royale et dans les temps modernes la maison de plaisance des évëques de Blois , a eu ses fastes, que nous avons rapportées ailleurs. Hais nous devons dire quelques mots du château de Beauregard , situé sur la commune de Cellettes. Cette habitation seigneuriale, que Ronsard a célébrée dans ses vers, est construite dans le goût de la renaissance, et peut être citée parmi les monuments de cette époque, fieauregard appartenait, sous Henri II, au sieur Du Thiers, seigneur de Menars et secrétaire d'état. MH. Ardier père et fils possédèrent ensuite cette terre , qui passa postérieurement dans la maison de Gaucourt , illustre au moyen-âge , surtout par te sire de Gaucourt , qui commandait dans Orléans quand Jeanne-d'Arc yarriva. De nos jours, H. le général Pré-

val, officier distingaé, homtae d'état habile, a possédé la terre de Beauregard , où il avait établi une sucrerie. Ce domaine est passé dans les mains d'un nouveau propriétaire qui en a pris le nom.

Nous pensons que Jean Du Thiers fit construire le château que nous voyons aujourd'hui; mais le possesseur actuel a feit exécuter des restaurations qui ont singulièrement embelli cet édifice. La chapelle a été restaurée avec une entente parfaite de l'art, ainsi qu'une galerie dans la décoration de laquelle on re~ marque les portraits de plusieurs rois de France et de quelques personnages célèbres sous leurs règnes.

En général, la commune de Celleltes est habitée par des notabilités dont les noms ont retenti dans les fastes modernes : telle est la famille Berthier et M. le vice-amiral Duperré. Citer ce nom honorable, c'est clore dignement la tâche historique que nous avions entreprise, et de laquelle nous sortirons par un appendice rapide sur la situation aaucUe du Blésois.

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