‹ Histoire de Blois et de son territoire, depuis les temps les plus reculésChapitre 9 sur 24 · flUTQHtE DG BLOIS · texte numérisé non relu

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le dédain de son Ttdage é^raus , et partagea sa priêoa , pour fan prodigœr , avec les [Jus teodres soins , des témoignagCE incessante de rangélique oubli du mal qu'il lui avait fetit. Ce n'était pas tout; dès qu'elle avait aecain[di cette pieuse mission d'une charité qui ne cessa pas de se heurter contre un cœar de glace, Jeanne , rentrée dans «a chambre , rariseait de kngaes heures au repos de chaque nuit pour écrire au roi , son frère , et solliciter fervemment de lui la grjt% du prisonnier. On ponvait voir, k>ng-tempe itprée minuit, l'étrroite fenêtre près de laquelle veillait cette princesse, dessiner son ogive lumineuse sur la vive muraille de la tour; femme déjà digne du nom de sainte qu'eUe devait recevoir un jour , Jeanne de France ne voulait pas, même pour uu bienfait de plus, enlever un instant aux heures qu'elle passait près du moins reconnaissant des époux*. »

Les sollicitations de la ducliesse furent vaines p^idant trois ans : chaque soir, sans doute à l'insu du roi, Louis d'Orléans, * premier prince du sang , héritier présomptif de la couronne , était eufermé dons une cage de fer.... Si l'on doutait encore que la vengeance d'Anne de fieaujeu émanât d'un amour méprisé , cette rigueur sans exemple envere le premier personnage de la monarchie après le roi serait suffisamment confirmative. Enfin, en 1491 , Jeanne de Valois, eu longs babils de deuil, les cheveux épars et le visage noyé de pleurs, se présente devant Charles Vni, elle se précipite à ses pieds, et lui crie d'une voix déditmulie : « Grâoe pour mou épous. » Le roi , ému jusqu'aux larmes , relève la princesse , l'embrasse avec transport et lui dit : « Consolez-vous , m» sœur; vous (^tiendrez ce que vous » souhaitez si ardemment; fasse le ciel que vous n'ayez jamais j) à vous en repentir, »

Cependant Charles VIII , jusqu'alors soumis à l'autorité de la régente , n'osa pas exercer sa clémence ouvertement. Sous prétesle d'une partie de diasse , il s'approcha de Bourges , en-

• La Loire mstori^e , tome 10 , page IBS.

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Vâva deux de ses «tLambdlane délivrer son beaa-frère , et l'a(- .iendit dans un chiteaa voisin de la ville. Le duc acoourt , veut embrasser les genouK du monarque ; mais c^ui-ci le reçoit dans ses bns. Dèa-lore commença entre ces deux princes lUke tkBaitié qui , selon pktsieurs historiens , ne se dém£ntit jamais.

Le duc d'Oriéans , réconcilié avec son beau-frère , obtint te gouvernement de Normandie, et oe fut un témoigna^ «datant de confiance; car dauB la guerre de 1&87, il avait trabilee istéréts et la gloire du pays même , jusqu'à invoquer l'aUiance de l'Ang^terre. Il faut le dire ici , ce n'est pas avant le règae de Louis Xn , que l'on trouve les premiers motifs des >U6teg éloges accordée à ca mémoire. Louis , par un acte de dévouement plus difficile , se chargea d'intercéder auprès de la jeune Anne âe Bretagne , afin Ôe la décider k s'unir au rià. « L'exemple du » saci'iâce qu'il faisaU , dit à cette occasâoa Anquelil , fut l'ari gument persuasif qu'il employa prte d'elle pour lia déter- B miner. » ^ en effet cette princesse aimait Le duc d'Orléans, oe «acrifioe dut lui paraître peu ilatteur; matis co priuoe était homme à se ménagerdes réserree.

Voué désM-BiaiB .auE intérêts de la .cour, Toémesvee le gouveraeaieot d'Anne de Beaujeu , gouverocaient que le leane i^i remit de nouveau auK Kuiins de sa aœur lorsqu'il entrerprit l'aventureuse expédition de Maples , le duc d'Orléans ouvrit ^itrieusement eette campa^ie , ea i ifii , À la tête d'uae flotte qui battit plusieurs fois <celle que le roi Alplionse d'Aragon avait armée , et l'obligea à rentrer dans le port de Naples. Louis fut moins heureux et surtout moins fidèle à la fin de cette guerre. Vainqueur à Fornoue et pourtant fugitif, Charles Vlll espérait trouver le duc d'Orléans à Asti , avec des renforts envoyés de France et qui devaient pr-otéger le itetour de l'armée. Ce prince y était venu en effet ; sais «e veyani à la tête d'un corps de troupes imposant, il oublia sa destination et songea à s'en servir pour s'emparer du Milanais , auquel il avait des droits par Valentine, son aïeule, Loms était déjà maître de Navarre, et œe-

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naçait Milan , lorsqu'il Tut assiégé lui-même daus la première de ces places par Ludovic Sforce. Alors , au lieu de secourir Charles VIII, le duc eut besoin d'être secouru par lui, et reconnut mal ce service , en se liant d'intrigues avec les Suisses , de manière à compromettre jusqu'à la personne du roi. Cette conduite , qui touchait de près à la trahison , blessa vivement le jeune monarque : c'est un des actes que Louis XII eut à racheter dans l'opinion des hommes, pour être réputé l'un de nos meilleurs souverains.

Le duc, retiré à Blois, y vivait dans une nouvelle disgrâce, quand , le 7 avril 1 498 , un message, parti d'Amboise , annonça à ce prince la mort de Chartes VIII , que ses quatre enfants avaient précédé dans la tombe. La couronne appartenait donc sans conteste à Louis II , duc d'Orléans et comte de Blois. Saint- Gelais raconte qu'à la réception de cette nouvelle , n il se preint » h pleurer et en feit un grand deuil , en disant tout plein de » bien du roi Charles. » Pour nous, qui pouvons apprécier avec plus de liberté , et le peu d'accord qui régnait entre le prince du sang et la cour , nous sommes tenté de croire , avec M. de Sismondi, que l'altesse , élevée au trône d'une manière aussi prompte qu'inattendue , pouvait bien , en ce moment , affecter une douleur un peu théâtrale. Le lendemain , la mort de Chartes vni ayant été annoncée officiellement au duc par le sire Du Bouchaye , il se rendit immédiatement à Amboise pour ordonner les obsèques du monarque dont le destin venait de lui léguer la couronne.

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