‹ Histoire de Blois et de son territoire, depuis les temps les plus reculés jusqua̕ nos joursChapitre 16 sur 27 · HlKDQiaiL os B£.0IS · texte numérisé non relu

HlKDQiaiL os B£.0IS

ot eut la garde de tous les beaax ouvrages de peinture auxjquels le prince faisait travailler, a Monsieur, dit la grande Dèîn^ )) selle dans ses Mémoires , avai4 fait un testament par lequel ià » donnait ses médailles , ses livres et ses oiseaux ao rery : c'était )} des livres de miniatures pleins de toutes sortes d^oiseaux ^ ce » qui est très curieux ; il y avait aussi des ikurs y des plantes » et des coquilles de toutes les manièi^es. » Or, ces peintures, exécutées sur veiin , sous la direction de Br unyer fîte y se voient encore au Muséum d'histoire naturelle , et depuis, Fart n'a rien produit de plus parfait. Le travail dirigé par Abel Brunyer forme à peu près la base d'une collection composée aujourd'hui de quatre-vingts cartons, et renfermant six mille dessins originaux. Ceux provenant du cabinet lormé piar Gaston, à Blots, ^Èicent encore , par la vivacité du coloris , dit l'auteur de la notice ou nous puisons ces renseignements, les modernes chefsd'œuvre de Van-Spaëndooftek et de Redouté»

Louis XIV ,. dans la vieillesse de Brunyer père ^ lui avait accordé des lettres de noMesse : étiquette d'^ustration souvent trompeuse , et qui pour les hommes d'un mérite reconnaest {dusqu'une superfluité , en ce queceslettrespeuvent faire croire que ce mérite a besoin d'être corroJwwré *. Brunyer second fut- peut-

* Nous prioBS ceux de nos lecteurs à qui cette réflexion paraîtra trop radicale , xTexaminer dans le passé quelle a été ta renommée des hommes illustres anoblis. MoHère et Voltaire , £es graiYds génie», s'afflfgèrent plus d'une fois ée leur lustre ^ blason , souvent terni par une critiqae amèce , qiai n^eûl jamais atteint leacs envrages. On conçoit Fanoblissement des finanders: leur charge n'avait rlea que de vulgaire ; il fallait lui prêter un peu d'éclat. Mais quant aux hommes d*une varleur réelle, les savonnettes à vilain ne faîsafent qu'encrasser Teur généalogie. Loin de nous l'intention de rabaisser la noblesse' héréditaire, dont Korigme altnrenta les premiers fastes de la patrie ; efaaque génération des aueiennes famflles de la monarckie planta, daiès l'espace des temps, un jalon auquel elle attacha k» titres d'une gloire contemporaine ; cl de cette succession d'exploits guerriers ou

de services éclatants , résulta la bonne, fe véritable noblesse Peut-être , dans

les Cemps modernes , fut-il donné à une seule génération d'obtenir les prérogatives de pluâeur&sièckes ; eh biea! on aUncUna devant rUkatration dea konunes pio-

ET Dfi SON TBRRITOIBIU âS3

être peu flatté de ce paasag<Ê des lettres du grand roi : < Nous » avons pris également en considération les service rendus » par son fils aîné pendant viogt amiées auprès de nostre dit » onde le duc d'Orléans , en la conduite et la garde de tous les » beaux ouvrages de miniature et autres pièces rares et eu- » rieuses de son «cabinet, desquelles nostre dit onele nous a f> fait préseot , et qui sont présentement dans le nostre au cbâ- » teau du Louvre. »

NoBS avons vu que parmi les objets carimx confiés à la garde d'AbelBfunyer ffls^ il y avait une suite préei^isiB de médailles. Les deux coileetions les plus complètes qui existent en France aiçottrdliui : ceQe du Muséum d'histoire naturelle et celle du Cabinet des médailles, ont été en grande partie commencées au château de Blois par les deux Brunyer. Au menant m les médaubes et les estampes enlevées du château de Afonsieur furent transportées à Paris, l'abbé Bruneau^ bibliothécaire de ce prince , fut nommé conservateur du Cabinet royal des antiques, et Brunyer fils, en dépit de sa ôoblesse, mais en raison de sa croyance , resta sans emploi comme son père.

Nous devons ajouter que ces deux savants , tant que Gaston avait vécu , n'avaient jamais cessé d^avoir en lui le plus affectueux protecteur, Brunyer père était môme si sûr de l'attachement que Monsieur lui portait, que sa franchise avec lui allait qudquefoi&jusqu'à la rudesse. Un jour , dit Tallemant de Beaux, que le prince se promenait dans ses jardins de Blois , accompagné de son vieux médecin , il lui racontait , avec une insoucieuse hilarité quelques-unes de ses sottises politiques,... Toutà-coup , changeant de sujet , son altesse se tourne vers Brunyer, et lui demande quel fruit produit l'alizier : ce qui prouvait que le Salomon nouveau de la botanique n'était pas d'une force prodigieuse dans cette science, a Monseigneur, répondit brus-

digieux qui méritèrent les titres de princes , de ducs , de comtes , de barons ; od ne cnk pas â^ bur aubkne, au peint de yue des ▼kUles Idées.

» quement le savant interpellé , les aliziers font des alizés , » comme les sottisiers font des sottises. » Pour nous, qui jugeons le sieur Tallemant de Reaux un chroniqueur d'une véracité suspecte, il nous sera permis de croire cette réponse apocryphe.

Gaston d'Orléans ne protégeait pas seulement les sciences , il prétendit s'ériger en protecteur des lettres; mais ce royal Mécène ne fut pas très heureux dans le choix des poètes qu'il encouragea. Si l'abbé de Bois-Robert fit quelque honneur à l'Académie française par son esprit saillant; si le blésois Paul Véronneau mérita quelque célébrité pour son Ode au tabac, et pour certaine tragédie de l'Empereur d/ Ethiopie , que les écrivains de la localité ont déclarée belle; si enfin Duvivier , garçon deBkis, avait fait une comédie en vers digne de quelque attention; les sieurs de Blot et de Neufgermain furent de pitoyables f imeurs. Voici un échantillon de la poésie du dernier :

J'ai tant rimé , tant rimonné , En bay enrrti, endon, eudin; Sonné.', sonnets et sansonné , Que ma rime tarit soudain.

On peut juger d'après ce quatrain , si Despréaux avait tort de reléguer chez Fépicier les œuvres de Neufgermain ; et si luimême ne s'était pas légitimement qualifié de poète hétéroclite de Monsieur. Cependant le fils d'Henri IV avait choisi ce Virgile burlesque pour son professeur en poésie, et voici ce que le maître obtint de son royal élève :

Bien que Je sois un poète neuf y Qui ne rima oncques en ger^ Je veux parler Jusqu'à de fMin Des vertus du grand Neufgermain,

Au moins y avait-il dans ces quatre vers boiteux une sorte de

difficulté vaincue; et nous sommes tenté de croire que Técolier avait plus d'esprit que le régent. Aussi les œuvres de ce dernier ne purent-elles être imprimées que par l'exprès corn- > mandement de mondit seigneur.

Le duc d'Orléans protégea avec plus de bonheur l'industrie blésoise. Dès le règne de Louis XII , deux genres de fabrication avaient de l'importance à Blois : celle de la ganterie et l'horlogerie. Durant la résidence de Gaston , les gantiers , par Fimportance des affaires et la qualité des produits , l'emportèrent sur ceux de Yendéme , qui jusqu'alors avaient eu dans la province et dans toute la France moyenne une sorte de monopole. Ce commerce, dont il ne reste au chef-Ueu du département de Loir-et-Cher que de tristes débris, alimentait un cours de capitaux assez considérable dans la capitale du comté. L'horlogerie entretenait à Blois une autre source de richesses : nous ne savons quel était, du temps de Gaston , le nombre des horlogers fabricants établis dans cette ville; mais en 4670 , on y en comptait encore trente-huit, ayant le titre de maîtres; ce qui donne lieu de supposer que les ouvriers attadiés à leurs fabriques étaient nombreux. En 1686, c'est-à-dire dans l'année qui suivit la révocation de i'édit de Nantes , il n'y avait plus à Blois que dix-sept maîtres en horlogerie. Au moment où nous écrivons , on compte sur cet ancien foyer d'une importante fabrication , sept à huit marchands de montres et de pendules , et dont pas un seul ne fabrique le moindre objet d'horlogerie. La coutellerie de Blois eut aussi quelque renom au xvu.' siècle , et même encore dans le cours du dix-huitième ; cette industrie est tombée comme les deux autres.

Nous l'avons dit , Gaston d'Orléans ne prit part aux événements de la Fronde que pour y donner de nouveaux témoignages de sa faiblesse et de sa versatilité. Le ridicule dont il s'environna dans cette guerre civile ne fut surpassé que par celui de sa fiUe , mademoiselle de Montpensier , qui ne fit pas accuser seulement alors les écarts de sa radson. Louis XIV , devenu majeur ,

■ISTOnai ML BLMS

étant rentré à Paris en 465S, exila paliaieiit soft onde à Bioîs j et dès-lors- il ne repamt presque plus à la coar , où le jeune toi le recevait avec froideur.

Cependant Gaston d'Ofléans et Marguerite de Lorraine, depuis leur réunion, viraient au sein des épaneheoieots d'une tendresse mutu^e, que madame de Motteville a signalée ooDune un sujet de raillerie pour ]es jeunes gens de k cour. Cette dame mémorialiste , si soigneuse de vouer ainsi au ridicule im sentiment légitime, eût exercé plus justement sa critique, en ceuTranl d'un voile moins complaisant Taventore peu mystérieuse , d^ailleurs, arrivée à la reine Anne d'Autridie, dans les jardins d'Amiens , avec le tendre et audacieux Buckingfaara : quand on a toléré le péché , il ne faudrait pas noircir la vertu.

Las des agitations d'une vie d'intrigues qui hri avait peu profité sous tous les rapports, Gaston , durant les premières années du règne réel de Louis XIV, ne songeait plus qu'à s'assurer une vieillesse tranquille dans son chAteau de Blois, qu'il faisait embellir, sdon ses idées, depuis qu'il s^y était retiré. Nous disons selon ses idées, parce que la partie de ce palais qu'il fit Mtir est loin d'hier les corps des bâtiments élevés sous Louis Xlî et François I." Dans la première moitié du xvn.* siècle , rarcbilecture , renonçant tout-à-fait aux formes gothiques et grecques, que l'art de la renaissance avait heureusement combinées, était devenue lourde, en recherchant k grandeur imposante des masses. Mansard , dans les travaux de ce qu'on nomme le château de Gaston , fit sans doute preuve de condeseendance , sans abjurer toutefois le goût qui distinguait ordinairement ses inspirations. Nous reparlerons pkis tard de eette construction , qui , du moins , augmenta la popularité que Monsieur s'était acquise, en employant un grand nombre de bras, en mettant à l'oeuvre le talent de beaucoup d'artistes.

Au milieu de ses calmes occupations et entouré d'une popolation qu'il comblait de bienfaits , Gaston d'Orléans ne put conquérir la tranquillité à la<{uette il aspirait. Sorti des intrigues

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poliliques, il se vii accablé de tracasseries domestiques , égal troublèrent ses dernières aimées. Mademoiselle de Mon tpensier, que son père aidait par malheur habituée aux péripéties d'une vie aventureuse, ne s'était pas aussi volontiers que lui résignée aux donceurs du repos et de la retraite. Cette prineesse ne voyait sa belle*-mère qu'avec une contvainte chagrine ; eHe se plaisait à la contrarier ^ cpapdquelcns et Fhnmilier , et les deux filles cftt'elle avait données ài Mensieur étaient pour Mademoiselle des objets d'antipathie. Gaston aimait beaucoup sa femme, coimne noi» Farons dit ; mais il ne eraignaîl p«s moins sa Me aînée , dont il oâflnaâssaît l'humeur remuaivte et tracassière. Ce n^était pas sans raison : exilée à Saint-Fargeau et s'indignant de son oisiretié, lyfoâeaioiselle se fit frpndeBSe dans sa fanriHe , ne pouïvant pliis l'être dans Tétat. Les comptes de tutelle que CTasten avait à luiroidre lui parurent un su^et propre à teni^ son aet»* vite en haleine ; die se prit à plaider eontre l'aoteur de ses jours* Monsieur , pour conserver la paix , eut foit toutes les conees*sicus^ que sa fiJle lui demandait ; mais lâaâ&me^ dans- l'intérêt de ses enfants y le décida à souterôr le procès ; il dura trois ams. La plaideuse sérénissime ns^ait dan» le» délices &vsïe procé* dore fécondie ; ^àe se sentait vivre, comme elle avait coutume de le di^eeUe-môme. Mais le roi ^ fatigué d'on débat judiciaire entretenu au. sein de sa famille , et d'un fort mauvais exemple poiHT ses sujets ^ déclara à sa eonsine qu il ne consentirait à la cessation de son exil, qu'à la condition expresse d'un accommo^ defioent entre etle efi Monsieur. Si, eu eSet^ la grande Madeix»)iselle se sentait vivre, il manquait pourtant k son existence, loin de la cour ^ ces plaisirs vifs et s&uYent peu châtiés qui rem^ plissaient alors les loiairsdesi grands aulour (hi trône. La prineesse consentit à une transaction , en demandant pour arbitres le comte de Béthune et le duc de Beaufbrt. Ce dernier, exilé luimême à Vendôme, aeeepta avec joie cette mission, qui allait, au moins poar un moment , faire diversion an repos qu'il sup» portait impatiemment.

Ce fut par rintermédiaire de Bninyer fils que furent portées auprès de Gaston les premières paroles conciliatrices : elles furent écoutées avec faveur , ainsi que le prouve la lettre suivante écrite le 7 juin i655, par Fexilé de Vendôme , au savant qu'il avait chargé de cette mission délicate. « C'est avec toute sorte » de seing que vous vous estes acquitté de la prière que je vous » avais faite. U fait bon charger un homme ponctuel comme vous » de quelque chose. Ce petit rencontre fait ïvoir qu'à tm plus » grand on aurait grande satisfaction de le mettre entre vos » mains. Je vous remercie du seing qu'en avez pris et vous prie )) de croire que je suis d'amitié et d'estime serviteur de toute » vostre famille. »

Le style de ce billet afiec(;ueax et Forthographe que le petitfils d'Henri IV y avait mise , révèlent avec quelque netteté le caractère de ce chevalier des vieux temps, attardé dans un siècle c[ui n'était rien moins que chevaleresque. Nous n'avons eu jusqu'à ce jour que des portraits ou trop chargés , ou insufSsamment esquissés du prince populaire que l'on croyait insulter du surnom de Roi des halles; M. de Pétigny, en traçant son Histoire du Vendùmois, que l'on publie en ce moment, va trouver le duc de Beaufort dans le château de ses pères; cet écrivain distingué nous offrira, sans doute, une peinture vraie et vigoureusement colorée de celui de tous les descendants du vaillant Béarnais, qui rappela le mieux sa bravoure et la vivacité de son esprit , quoiqu'on ait dit le cardinal de Retz.

La transaction entre Gaston et sa fille fut signée à Orléans, vers la Fête-Dieu 4655; et cependant l'autorité royale dut de nouveau intervenir pour mettre un terme aux chicanes que Mademoiselle avait trouvé le moyen de soulever. Les choses en étaient venues au point que le duc d'Orléans , sorti enfin de sa longanimité, menaçait de feire jeter par les fenêtres les suppôts de la chicane que sa fille lui enverrait, lorsque celle-ci, par un ordre du roi, dut mettre fin à ce scandale. La princesse, éga* lement par ordre , fit une visite à son père, au château de Blois«

OÙ le duc et la duchesse d'Orléans lui firent un accueil affectueux. On va voir l'effet qu'il produisit sur elle : « Tout ce qu'ils » faisaient en intention de me plaire, dit-elle dans ses Mémoi- » res, me mettait au désespoir, et j'avais envie d'en pleurer. » On ne reprochera point à l'altesse mémorialiste de ne s'être pas peinte en déshabillé.

Les réconciliations forcées sont rarement sincères : Mademoiselle fut quatre ans sans reparaître à la cour de Blois ; elle n'y revint, en i659, que parce qu'elle faisait partie du cortège de Louis XIV , se rendant à la frontière d'Espagne pour épouser Marie-Thérèse, fille de Philippe IV. La cour voyageuse s'arrêta peu à Blois; les solennités qu'on y avait préparées à cette occasion passèrent , comme un brillant météore , sur cet intérieur rendu triste et languissant par l'état de souffrance habituel du prince. Une cause si légitime , qui put répandre quelque tristesse , jeter quelque embarras sur la fête elle-même , ne fut point , aux yeux de Mademoiselle , un motif d'indulgence ; elle plaisante de cette réception avec toute la grâce que le sieur Segrais , rédacteur de ses Mémoires , a pu obtenir de son style naïf et incorrect. « Gomme les officiers dé mon père, dit-elle, n'é- » taient plus à la mode , quelque magnifique que fût le dîner , » on ne le trouva pas bon; les dames de Blois, qui étaient en » grand nombre , étaient habillées comme les mets du repas , » c'est-à-dire point à la mode. » Parmi ces dames , aussi mal habillées que les mets, se trouvait une jeune demoiselle qui, deux ans plus tard, devait^ pour les habillements comme pour tout , donner le ton à la cour de France et la voir à ses pieds. Louis XIV vit chez son oncle Louise de Lavallière, dont la mère avait épousé en secondes noces M. de Saint-Remy, maître-d'hôtel de Gaston. Mais rien ne fait présumer que le jeune Dieudonné ait , dans cette circonstance , emporté le souvenir de celle qui devait un jour lui inspirer une si vive passion. L'amour, ainsi que tant d'autres goûts , est enfant de l'occasion : supprimez de la ^de du grand roi Tattente de quelques instants dans l'antichambre de

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sa belle-gœur à Saint^teud, «t Louise ûe Lavallière, «qui lui tiût compagnie et fit admirer au moAarqae :sa cafideur vii^* Dale, ne sera jamais duchesse et quam-souyeraiae à YensaOles.

L'année suivante, Charles II, futur rai d'Angleterre, passa au château de Blois ; Gaston lui présenta TEcossais Horisson , auquel le monarque en expectative promit sa protection alors très peu royale. La chute de Taudacleux protectorat des Gromwell féconda cette promesse, et Morisson fut comldé dans sa patrie des bienfaits du descendant des Stuart^ dont il avai4 épousé la mauvaise fortune.

Le bruit des fêtes célébrées en Thonneiar du prince anglais retentissait encore au château de Blois-, loirs(|ue le duc Xîaston, accablé d'infirmités ^ quoique âgé de cinquante-deux ans à peine , succomba aux suites d'une affection locale, que le médecin Valat appelait une fascheuse huppe. Abel Bnunyer, par des soins assidus, avait arrêté long-temps les progrès de cette excroissance; mais elle finit par triompher de ses efforts, auxquels, dans les derniers temps , s'étaient rénnis ceux du célèbre GuenauU, premier médecin de Louis XIV^ et de Bellay, savant praticien de Blois. Gaston d'Orléans expira le 2 février 1660. Son corps fut porté à Saint^Denis; mais son coeur, qu'il avait légué à la ville de Blois^ resta déposé dans l'église dés Jésuites , bâtie à ses ù*ais«

Gaston, durant les années de sa retraite, avait reconquis, par de bonnes actions et de nombreux bienfaits, Festime générale , qpi'îl avait perdue autrefois dans une suite d'attentats politiques d'autant plus répréhensibles , qu'ils ne s'étaient jamais élevés jusqu'à cette audace d'exécution qui , du moins , révèJe une ame forte. Le second fils d'Henri IV, après avoir compromis ses partisans, les abandonnait dans la fâcheuse position ok ils s'étaient mis pour le servir, et faisait sa paix avec la cour, 3aos'oser solliciter la grâce de ces hommes dévoués. Froissé par d^ échecs multipliés, â la suite desquels l'humiliation ne lui avait point été épargnée ; parvenu d'ailleurs à un âge où les va-

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Hilés de rambitâ©B perdent lair éclat, le duc d'Orléans, comprit qu'A valait mieuK se foire aimer que de se faire craindre ; et de cette salut^re réflexion data rémission constante des belr les qualttàj dont il était réelleiaent doué. Sans convenir ici que ce prince ait été l'un des orateurs les plus éloquents du parienent, nous dirons qu'il s'exprimait avec élégance et fecilité; il ne manquait pas d'^struction , et son esprit, dans ses bons moments , était vif et enjoué. Enfin , le duc d'Orléans, dont la vie s'était épurée et ornée d'une muttitude d'actions honorables , bienfaisantes surtout, fut vivement regretté dans l6 Bfesois, comme dans toute l'étendue de son duché.

Marguerite de Lorraine kd avait donné deux fiUes , que la grande Demoiselle s'efforça de couvrir de ridicule, et un fils , mort en ^652 , âgé d'environ deux ans. Malgré les deux mariages de Gaston, la première branche de Bourbon-d'Orléans s'éteignit donc en hti définitivement, mal^é l'ardent désir qu'eut un peu plus tard Mademoiselle , de l'enter sur im sauvageon de Gascoy[ie. Mais déjà la seconde branche de celte illustre maison existait dans la personne de Monsieur, frère de Louis XIV, lequd devint apanagiste du duché d'Orléans , et conséquemment du comté de Blois, qui s'y trouvait réuni.

Après la mort de son mari , la duchesse douairière se retira au palais du Luxembourg, où elle finit tristement ses jours, en butte aux tracasseries de sa belle-fille , qui lui disputa même la possession de ce palais, dentelle se fit adjuger la moitié. Le vieux Bruayer , qui n'avait pas quitté la princesse, était logé près d'elle au Luxemboui^ , où fréquemment il recevait des témoignages de la confiance que les habitants du Blésois accordaient à son savoir.

Ainsi M. de Pétigny , dans sa Notice sur le célèbre docteur y cite une lettre du duc de Saint-Aignan, que nous croyons devoir faire l'objet d'une note *, Nous regrettons de ne pouvoir offrir à

* M Monsieur, pardonnez , s'il vous plaist , à un père de famffle, si le soin qu'il

nos lecteurs la réponse que Brunyer dut faire au duc quatre années avant l'époque [i 668) à laquelle il n'avait encore été importé en Europe que cent livres de thé. L'opinion médicale du savant docteur sur Tusage de cette feuille exotique devait être encore peu fixée.

Brunyer premier cessa de vivre sept ans avant la duchesse d'Orléans : ainsi que nous l'avons dit, il mourut en 4665, dans sa quatre-vingt-douzième année, et le 6 avriH 672 seulement, madame de Sévigné écrivait : « La Vieille Madame est morte » d'une vieille apoplexie qui la tenait depuis un an. »

doit avoir de sa santé le rend importun , et à un bomme qui est pressé de retourner à La Ferté (La Ferté-Saint-Âignan , Loir-et-Cber ) par quelques affaires, s'il vous escrit au lieu d'avoir l'honneur de vous voir. Le thé a des effets si considérables, que je soubaitterais fort de savoir où il se trouve, de quelle façon il se preûd, s'il oblige à s'en servir souvent, sy l'on le peut quitter après l'avoir commencé , sans craindre de s'en trouver incommodé ; s'il empescheles vapeurs de monter en bault et s'il est stomachal ; n'ayant jamais d'incommodités que desdites vapeurs , et hors cela ne me trouvant mal d'aucune chose que je fasse. Je voy bien , monsieur, que vous direz que je vous engage à une longue lettre , et que j'abuse avec assez d'incivilité des bontés que vous avez pour moy ; mais souvenez-vous , s'il vous plaist , lorsque ces pensées vous viendront , que vous estant tout acquis , je reconnaîtrai ce soin obligeant par tout ceux que je veux avoir à jamais des choses qui vous regarderont. Ma femme vous supplie, monsieur , d'y vouloir adjouster si les femmes peuvent user du thé comme les hommes. » Votre très humble, etc.

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