‹ Histoire de Blois et de son territoire, depuis les temps les plus reculés jusqua̕ nos joursChapitre 24 sur 27 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

lies TiHefl 9 CliftteaitiK et autrefs monmiieiits duBlësois.

Nous- ii'av©os jusquUci pe^lé, dans cette histoire, des villes d» Késois, autres que la capitale de Tancieiï comté; nous n'ayons inentiosiné les monuments de Blois même qu'autant que cette mention se rattaebail aux faits bistopîques que nous deyions rapporter; nous réservant de revenir, dans un chapitre spécial, sur de» détaiis et descriptions qui formeront le compléiDenI de notre composition.

La viBe de Blois conserve encore, dans sa partie int^eure, la physionomie, sinon du moyen-ège, au moins des phis vieux temps de la période moderne. Cette cité , jadis royale, ne se recommande ni par la beauté de ses rues , ni par l'élégance des constrodlonâ parSiculières : on peut la classer , sous ce double rapport , au nombre des villes tes plus arriérées de la France.

Il en est peu assurément d'aussi mal percées , d'aussi désagréablement mon tueuses. Depuis quelques années on remarque dans la Grande-Rue et la rue du Pont , d'assez beaux magasins , simulant, sans trop de désavantage, l'attrait des étalages parisiens ; mais ce faste commercial est disgracié par Taspect des maisons séculaires et même deux fois séculaires qu'occupent les établissements. Soit économie , soit attachement aux anciennes habitations de famille, les propriétaires semblent se tenir en garde contre le goût aujourd'hui si général des bâtisses. L'administration municipale, il faut se hâter de le dire, fait tous les efforts qui sont en son pouvoir pour tirer la population aisée de ce statu quo : des plans de voierie ont été dès long-temps tracés pour l'élargissement des rues , surtout de la rue principale ; mais , nous le répétons , l'ambition locale incline peu vers les splendeurs architecturales. Cependant, par un contraste singulier , les habitants de Blois recherchent l'élégance fastueuse des ameublements : on est surpris , lorsqu'on pénètre dans l'intérieur d'une habitation, souvent hideuse à l'extérieur, d'y trouver tout le luxe devenu l'un des besoins impérieux de nos vanités contemporaines. Nous pouvons aflBrmer qu'en parcourant tous les quartiers de la ville , le quai excepté , on n'y compterait pas dix maisons nouvellement bâties. Le quai est donc la parure de Blois : large et bordé de constructions assez remarquables, « c'est, comme l'a dit l'auteur d'une description nouvelle , le fard couvrant les rides d'une coquette surannée , ou , si l'on veut , c'est une décoration de théâtre , cadiant de hideux châssis. » Un très beau Mail, planté de sycomores, coin* plète cette coquetterie superficielle. Le faubourg de Vienne n'a pas, jusqu'à ce jour, été plus favorisé que la ville, quant au renouvellement des vieilles constructions ; la tristesse de ce quartier ne se dément un peu que sur la route du Berry, qui le traverse.

L'historien Bernier , amant passionné de sa ville natale , lui applique avec une trop expansive tendresse , cette désignation

pompeuse : Nullus in orbe Blesis locus prœlucet amœnis. Mais on s^explique Tenthousiasme de cet écrivain , en se représentant rimposant ampithéâtre qu'offrait de loin la cité , avec ses nombreux clochers, ses tours formidables, son château royal couronnant le tout, enfin , avec la Loire, bordant d'un large ruban d'ondes limpides , ce tableau jeté par l'industrie humaine sur la plus séduisante contrée du royaume. Mais la révolution, en abattant les flèches , en démolissant les temples eux-mêmes , a diminué singulièrement le charme de la perspective exaltée par Bernier : Tamphithéàtre ne présente plus que de prosaïques toitures , et les siècles, en dégradant Fédifice royal, ont terni l'éclat de ce diadème de pierre savamment travaillé.

L'ancienne muraille d'enceinte a presque disparu : on en voit cependant quelques parties vers le nord-ouest ,' et bordant la rue , ou plutôt le chemin creux qui descend du Bourg-Neuf à la place dite des Jésuites. Les portes qui donnaient l'entrée dans la cité environnée de murs , ont été détruites au xvni.« siècle : les quatre principales étaient la Porte-Côté , la porte Guichard , la porte du Pont et la porte Charlraine. Cette dernière , que nous avons vue dans notre enfance, a été détruite la dernière, c'està-dire durant la révolution. 11 y avait encore la porte SaintrJean, la porte Saint-Solenne , et la porte Garnaud ou Madeleine , que les historiens du Blésois mentionnent quelquefois. Nous avons vu que les comtes de Blois avaient fait graver à la face de ces petites forteresses plusieurs de leurs chartes.

Avant d*aborder la mention des monuments de Blois , nous devons dire que ni les limites, ni le caractère de cette histoire ne nous permettent des descriptions minutieusement archéologiques ou artistiques : en nous attachant à révéler, autant que possible , rage des édifices , notre plume ne s'attachera point à mesurer l'are aigu d*une ogive, la proportion d'un meneau , ou les découpures d'une arcade; elle ne suivra pas davantage les enroulements d'une arabesque ; enfin , nous abandonnerons à d'autres le mètre du toiseur. Ces détails, utiles sans doute, ne

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peaveni è^e suffisamment produite que dans des <;ompositious spéciales ; ils encombreut et déca^actérisent les ouvrais historiques proprement dits.

Après l'aqueduc présumé romain , dont nous avons parié au .commencement de cette histoire , le i^hàteau de Blois est le plos ancien monument de la ville , quoiqu'il n'existe plus aucun vestige de sa construction primitive , ni même des travaux qui ont pu succéder immédiatement à ceux des Romains. La tour dite du Foix, située au sud du château ei dominant ie faubourg dont elle a reçu le nom^ nous paraît être , au moins dans sa base , la partie la plus ancienne des constructions : peut-^re existait-elle dès le X.* siècle * mais il est aisé d'y remarquer des restaurations , qui peuvent avoir été exécutées lorsque Catherine de Médicis Ht de cette tour son observatoire. Delà plate-lorme ménagée près de la disgracieuse baraque sur laquelle on liiUraniœ sacrum j se développe le panorama ravissant des bords 4e la Loire, dans une étendue de huit a dix lieues. A gauche, les ilèches délicates et sveltes du château de Ghambord percent les cimes de la forêt de Boulogne ; visrà-vis, l'œil se repose sxxv les S(wiibres massifs du bois de Russy , que blanchit sur un point le village de Saint^ervais , d'où l'on tire la crème délicieuse dite de Blois * ; puis glissant à droite , entre deux coteaux couronnés de vignol>les et d'agréables villas , la vue va se perdre , avec le cours majestueux du fleuve , dans un horizon que Ton voit s'évanouir avec regret. Mais le regard , en s'attachant au coteau de la rive droite , s'attriste à voir l'opuleot vignoble des Grouëts sillonné par oelte ligne blanchâtre que doivent parcourir au premier jour les râpées wagons. Le prc^rès atteint ïÀ&n. des intérêts avant de devenii* géuéralement utile.

Après la tour du Foix , les plus anciennes constructions sont celles situées au nord du château, à droite du bâtiment cons-

* L'établissement au chemin de fer Ta permettre enfin de transporter à Paris ce produit ^ digne <ie figurer sur nos taJ»Les les plus aristocratiques.

ET DE SOK TEIDRITQIRE. 3S9

tfuit seras Françcflâ !.•' : l^archéologue reconnatt le caractère du XHL* siôde aux robUsies murailles sur lesquelles s'élève la salle dite des Etats ; dans Tintérieur même de cette vaste salle , quelques chapiteaux de colonnes confirment l'âge de cette partie d'éiËfice. Do même côté, mais à l'autre extrémité des constructions de la renaissance , se trouve enclavée la tour de Chàteanrenault OM de$ Oubliettes , qui remonte aussi au xiil* siècle* On peut dcMac^ sans hasarder beaucoup une conjecture , supposer que la salle des Ëtats et la tour des Oubliettes formaient les deux extrémités d'une aile remontant aux comtes de la maison de Châtillon , et qui fut démolie pour élever, sur ses fondements , Faile du xn.* siède. Vers le sud, et au pied de la tour du Faix , s'étendent des Mtiments peu remarquâtes , dus aux premiers comtes de la maison d'Orléans : travaux en pierres et en bri- <iues, dont les plus anciennes parties ne nous ont pas paru antérieures aux premières années du xv.® siècle. Leur ensemMe , d^un aspeot peu flatteur , a cela de particuli^ , que les pignons à degrés qm en forment la façade , rappellent l'architecture de ia Flandre et des Pays-Bas , qu'on ne' trouve nulle part ailleurs dans le Blésois. Ne pourrait-on pas en conclure que si , en eflet, la maison d'Orléans fit commencer ces constructions , elle pourrait avoir accepté et suivi les plans de celle de Châtillon, qui aurait transporté le style flamand aux bords de la Loire.

La chapelle du château , remplaçant l'ancienne église de Saint- Calais , et construite par Louis XII , est située derrière ce bâtiment à la physionomie flamande. Cette chapelle , qui appartient à la belle époque ogivale , en oflFre le style élégant et l'ornementation si éminemment artistique. Toutefois, on y remarque , enclavées dans les murs de la nef, quelques vestiges de travaux du XII.® siècle, peut-être conservés par la vénération du royal constructeur. L'intérieur (à l'exception du sanctuaire) , abandonné aux besoins du casernement^ a été divisé en trois étages. Espérons qu'au moment où l'on s'occupe de la restauration artistique du château , l'autorité ressaisira cette délicieuse

chapelle, pour la rendre, sinon au culte, du moins aux arts.

Une aile, élevée aussi par les comtes de la maison d'Orléans, occupait l'espace sur lequel s'étend aujourd'hui la partie d'édifice appelée la Galerie , et qui fut construite par Louis Xn, dans les premières années de son règne, ainsi que nousTavons dit ailleurs. Rien de l'ancienne construction n'avait été conservé ; il est aisé de reconnaître ici le style de la fin du xv/ siècle. La Galerie est bâtie en pierre jusqu'à une certaine hauteur; au-dessus , c'est une combinaison de pierres et de briques d'un effet austère qui, toutefois, contribue à faire ressortir les délicatesses du ciseau prodiguées aux chambranles des fenêtres , aux balcons , aux lucarnes , dont le travail délicat tranche heureusement sur la couleur foncée des ardoises; enfin, jusque sur les cheminées, annexes utiles d'un édifice, qui le déparent ordinairement , et qu'on dirait ajoutées au bâtiment que nous décrivons pour compléter son élégance. On ne saurait trop admirer la riche variété d'inspirations déployée dans ces sculptures par les maîtres de pierres vives, comme on appelait au moyenâge les sculpteurs; seulement on voudrait qu'ils eusseni communiqué moins de vivacité aux petites figures sur lesquelles s'appuient les retombées de Tencadrement des fenêtres supérieures. On peut s'étonner que la reine Anne de Bretagne , princesse fort chaste , selon tous les historiens , ait laissé exécuter soûs ses yeux des sujets aussi scandaleusement hostiles à la décence. Dans l'intérieur de cette aile , on trouve aussi , sous Tencorbellement d'une tourelle appuyée au grand escalier , un groupe d une expression plus excentrique encore , et que la vertueuse bretonne pouvait voir de plus près. Apparemment il était , de son temps , avec la pudeur comme avec le ciel , des acccomodements.

La principale façade du bâtiment qui nous occupe regarde la place jadis appelée Favant-cour jdu château ; au milieu s'ouvre l'entrée principale de l'ancienne demeure royale , entre deux colonnes engagées , dont les fîits sont couverts de fleurs de lys et

d'hermines sculptées dans des losanges formés par des nervures croisées. Au-dessus de ce porche, un nimbe en pierre, d'un travail admirable, renfermait autrefois la statue équestre du bon roi Louis XII, fondue en bronze, doré et se détachant sur uh fond d*azur, semé de fleurs de lys d*or. On lisait au-dessous de cette figure ces quatre vers :

Hic , ubi natus erat dextro Ludovicus Olympo ,

Sumpsit honoratâ rcgia sceptra manu ; Félix qu» tanti fulsit lux nuntia régis ,

Gallia non alio principe digna fuit \ FAUSTDS 1498.

L'effigie du souverain qui mérita le titre de Père du Peuple , a été renversée, et Tinscription efiFacée dans la révolution. Mais le poète retrouve, il anime la figure du bon roi à la dernière fenêtre de gauche ouverte dans cette façade, et qui éclairait la chambre à coucher de ce prince. Là , en efiot , s'appuyant sur un balcon ouvré comme une dentelle, il se plaisait à s*entretenir , le matin , avec Georges d'Amboise , son premier ministre , placé à la croisée d'un hôtel voisin.

La façade qui regarde la cour intérieure présente une suite d'arcades soutenues par des colonnes richement sculptées. Ces arcades régnent entre deux pavillons formant avant-corps aux extrémités de la galerie, et renfermant chacun un escalier. Celui situé au nord, et qu'on appelait la grande vis avant l'existence du bâtiment delà renaissance, est remarquable par sa noble et solide construction , par Télégance des ornements qui le décorent, et que les artistes ne trouvent pas cependant d'une entente irréprochable.

Selon Du Cerceau et le père Félibien , le corps-de-logis cons-

♦ Ici, par la faveur céleste , Louis prit naissance 5 ici aussi il prit d'une noble main le sceptre royal. Heureux le jour qui amena la venue d'un aussi grand monarque ; la France ne pouvait trouver un prince plus digne d'elle.

36^ HerroiRE de blois

Iroit sous Louis Xn était couvert en plomte dorés, découpés en festons et semé» de fleurs de lys et d'hermines. Le imut du toit seul offre aujourd'hui une bande de plomb sur laquelle on peut distinguer encore des h^nodiues dorées; au-dessus, règne une crête à jour. Rien ne couronnait mieux on monument que ces gracieuses découpures , laissant voir, à travers leur filigrane, l'azur d'un beau ciel. Convenons que les architectes du moyenâge entendaient noblement l'effet général d'un édifice.

L'intérieur de Taile dite de Louis Xïi est entièrement dénaturée : on y chercherait en vain des traces de la splendeur avec laquelle le bon roi Tavait ornée.

Nous ajouterons même que cette partie du château ne fut jamais assez vaste pour recevoir la cour nombreuse de ce monarque; quand on se rappelle toutes les magnificences qui marqijièrent la réception de l'archiduc Philippe , en 4 504 , on n'en conçoit pas le dépioîement snr un tliéâtre aussi resserré; et l'on se confhrme dans l'opinion qu'une grande partie des appartements royaux était comprise dans le corps-de-logis dont la salle des Etats et la tour des Oubliettes marquaient les extrémités. D'abord négligée par François !.•' , l'aile de Louis XD fut à peu près aJsandonnée par ses successeurs qui, comme lui, préférèrent les somptuosités de Vaile élevée aa nord du château. Lorsque la cour eut cessé de v^r à Blois, même passagèrement , certains particuliers privilégiés obtinrent des logements dansf le bâtiment de lafin du xt.» siècle; et quand le somptueux édifice de François L*^ devint une caserne, quelques ofiiciers de fortune occupèrent plusieurs des aj^)artement8 situés au rea-de-chaussée. Maintenant rofficier du génie en résidence à ffiois jouit de ces appartements ; et les anciennes cuisines du roi servent de logement au concierge du château. Quant aux chambres des étages supérieurs , elles sont consacrées aux besoins du casernement.

Jusqu'à ce moment, l'aile de Louis XII n'a point été comprise dans les projets de restauration qui déjà slexécutent sous Tha-

bile direction deM. Duban, Pune des Illustrations de l'architecture moderne ; mais on doit espérer que , sur ses représentations , cette partie de l'ancienne demeure royale ne sera pas définitivement négligée. Ce n'est pas seulement ^un monument précieux par le souvenir de sa première destination ; c*est aussi le type complet de l'architecture purement gothique à sa plus belle époque : type où sont constatés même les écarts et les licences de l'art contemporain ; et cette page de pierre est plus qu'on ne le pense un chapitre de moeurs.

L'aile dite de François I." , construite en retour d'^querre de celle que nous venons de décrire , s'élève au nord du château et par-delà les disgracieuses masures renfermant l'ancienne salle des Etats. Nous retrouvons dans cette construction Fordonnance grandiose déployée à Chambord , avec plus de délicatesse encore dans les détails , plus d'intentions coquettes , si l'on peut s'exprimer ainsi. Les deux façades, malheureusement disgraciées par le temps ,• offrent avec prodigalité tout ce que la renaissance avait conçu de sculptures tour-à-tour savantes , malignes, capricieuses, bizarres même, mais toujours morigénées par le gcÀt , et rigoureusement assujéties aux lois de l'eJSet général , auquel on ne pouvait reprocher qu'un peu trop d'ambition. Si l'on s'arrête devant un édifice des trente premières années du xTi.« siècle , on est tenté de comparer ce chef-d'œuvre luxueux à l'un de ces marquis du temps de Louis XV , dont le costume eût plu davantage avec moins de broderies et de paillettes.

La fiaçade qui s'étend sur la cour se compose de trois ordres superposés, dans l'ornementation desquels figurait surtout, ingénieusement combinée avec des arabesques variées , la fameuse salamandre que François L«' avait prise pour emblème. L'esca- Ker, renfermé dans une tour pantagone, formant une forte saiUie sur l'édifice, est extérieurement et intérieurement, un chef-d'œuvre vraiment incomparable d'architecture et de sculpture : c'est la pièce capitale du monument. Par malheur , on pimrrait croire que là où l'art a semé le plus de richesses , les

861 HISTOIRE DE BLOIB

mutilateurs se sont le plus attachés à détruire. Ici Ton reconnaît les outrages de 93 , plus loin les coups de baïonnette du soldat désoccupé ou mécontent de son sort; ailleurs les noms, profondément gravés au couteau , des voyageurs oisifs ; enfin , çk et là , les dessins barbares d'un Gallot enrégimenté. Mais consolons-nous de ces mutilations : Fintelligence à laquelle Paris doit la restauration de sa Sainte-Cbapelle, restituera aux parois de l'escalier qui nous occupe toute cette délicieuse broderie qu'aimait à faire courir sur la pierre Félégante fée qu'on nomme la Renaissance.

La façade extérieure de Paile septentrionale n'est pas moins remarquable que l'autre : peut-être les ornements y étaient-ils plus prodigués encore; mais le temps Fa bien plus outragée. Elle présente trois étages dans la moitié de sa longueur à partir de l'est, et deux seulement du milieu de la façade jusqu'à son extrémité ouest. Les fenêtres qui éclairent l'édifice de ce côté sont ouvertes en arcades ; entre ces fenêtres sont pratiquées des niches destinées sans doute à recevoir des statues. Quatre tourelles à pans , faisant relief sur la façade , ajoutaient singulièrement à sa décoration , par les délicieuses arabesques dont elles étaient couvertes , et par les bas-reliefs sculptés sur les culs-delampe formant la partie inférieure de ces tourelles. Tous ces ornements sont frustes aujourd'hui ; il faudra étudier leurs vestiges avec toute la sagacité de l'artiste pour en obtenir la restauration ; mais l'architecte ingénieux auquel ce travail est confié se rendra maître aisément de cette difliculté. Au-dessus de l'entablement règne un attique s'élevant jusqu'au toit, et formant uùe galerie soutenue par des pilastres légers. Des balustres à hauteur d'appui fermaient cette galerie et donnaient passage à des gargouilles de formes bizarres , mais étudiées pour être en rapport avec le style de rédifice, et compléter son couronnement. Tout cela est dégradé et défiguré par des massifs de maçonnerie, par de misérables plâtras, par des ouvertures carrées pratiquées dans les fenêtres en arcades. C'est ici que le talent

du restaurateur doit surtout se déployer, afin de rendre au monument sa physionomie primitive et toutes les délicatesses de ciseau que le temps a détruites. Alors la façade que nous venons de décrire et qui , malgré tant de dommages , n'a pas perdu toute sa grandeur, redeviendra digne de la nouvelle destination assignée à cette partie du château dans laquelle, dit-on , doit être formé un musée. Cette institution , si elle se réalise , offrira des collections variées , dans lesquelles domineront surtout des objets appartenant à l'antiquité ou au moyen-âge , que plusieurs notabilités du département possèdent, et qu'elles s'empresseront, nous en avons l'assurance, de déposer au musée. Cette fondation aura donc un caractère archéologique qui conviendra parfaitement au monument.

Malheureusement il faudra toujours se résigner à voir cette page d'architecture élégante flanquée à droite par le pavillon massif qui la termine , et que Tarchitecte de Gaston semble avoir accolé à l'aile de la renaissance , pour faire ressortir la gracieuse ordonnance de celle-ci par un lourd contraste.

D'après une étude approfondie de l'aile de François I.*', M. Duban pense qu'elle n'a pas été terminée par ce prince,' au moins dans sa décoration intérieure. Ici , comme à Ghambord , Henri II aurait continué mais non pas même accompli l'œuvre de son père , et les peintures , toujours selon l'opinion de M. Duban , ne seraient pas antérieures au règne d'Henri HI. Au surplus, si le roi-chevalier fit quelque séjour dans le corps-de-logis qui nous occupe , il ne dut guère s'y accomplir que des scènes de galanterie et de plaisir. Il n'en fut pas ainsi sous les petits-fils de ce monarque : plus que jamais sans doute la corruption y prit ses scandaleux ébats ; mais on y médita aussi le crime ; et les lam» bris de ce fastueux intérieur furent plus d'une fois ensanglantés.

Il est difficile aujourd'hui de reconnaître les appartements d'Henri 111 et de Catherine de Médicis , à travers les dégradations que leur a fait subir un demi-siècle et plus d'habitation de la troupe. Les appartements d'Henri III étaient situés au-dessus

de ceux de la reine-mère ; ils communiquaient avec ce» derniers par un escalier dérobé : M. Dubau a cru reconnaître que cet escalier continuait jusqu'en bas. La salle des gardes , proprement dite , appartenait au premier étage; mais il en existait m second une autre, qui servait jAus ordinairement à la réunion du conseil. Elle communiquait directement avec le grand esca* lier d'une part, et d'autre part, avec la chambre à coucher du roi , éclairée , vers la place des Jésuites, par quatre grandes fené^ très. Un passage étroit , que Ton voit à droite de cette pièce, conduisait au cabinet neuf d'Henri III , où Ton remarque un grand nombre d'issues. La chambre du roi communiquait également avec son oratoire , près duquel se trouvait une pièce carrée , qu'enveloppent maintenant des constructions faites par le génie militaire : on appelait cette chambre le vieux cabinet. C'est en levant la portière qui en couvrait la porte , que le due de Guise fiit frappé , selon le témoignage des historiens de l'époque. Peut-être , en décrivant cette horrible catastrophe , ontils erré quant à l'espace que le malheureux prince parcourut en chancelant pour venir expirer dans la chambre royale : les traditions diverses peuvent avoir déplacé les scènes de ce drame higubre. On doit au moins considérer comme une supercherie des cicérones successifs du château , l'exhibition de cette tache d'un sang toujours vermeil , qu'ils mcmtrèr^t pendant deux cents ans imprimée à la muraille.

Cette partie d'intérieur offre encore quelques vestiges de dé» coration : dans l'embrasure des croisées de la chambre à coi»cher, on peut distinguer des restes de peinture à firesque; le l^fond est divisé en caissons peints de diverses couleurs i à quelques-uns des compartiments sont attachés des lambeaux de cuir doré , dont la dorure conserve encore de l'éclat. Ces débris de décoration appartiennent en effet à la fin du xvi.* siède, plus évidemment qu'au premier tiers de cette période.

Les appartements jadis royaux compris dans Tédifioe de Fran* fois L*' n'étaient plus, depuis la fin du xtiu.^ siècle, que d'xm-

ET os S0M TEKRITOIEE. 367

moïses galetas, garnis de râteliers d'armes ^ deplanc^s à pain et d'huinMes châlits ; dorant cinquante ans , on n'entendit ré> sonner dans les cabinets , dans les oratoires, que les grosses saillies et les jurons formidables du soldat : vie nK»^e sans frein , qui, du reste, n'avait de jdus hideux que la com* des Valois, qu'une expression franchement grossière. Depuis quelques années cependant, et à la sollicitation des sociétés archéologiques et historiques, on a séparé du casernement l'oratoire de la reine,, dont les lambris en bois, sculptés ayec une exquise délicatesse , étaient recouverts d*un horrible badigeon, sous \eqael avait disparu ce chef-d'œuvre du ciseau. La chambre dite de Catherine , décorée dans le même genre, mérite et a sans doute obtenu au moment où. nous écrivons les mêmes dispositions de restauration. Au surplus, le bâtiment entier a été récemment évacué par la garnison, qui devra désormais être casemée exclusivement dans le corps-de-logis qu'éleva Gast<m d'Orléans et dans' qudques annexes situées au pied de la tour du Foix.

Bonneur aux corps savants qui , secondés par l'administration locale, par les sollicitations de feu M. le duc d'Orléans et de la princesse , son épouse , enfin et peut-être plus particulièrement par M. de la Saussaye, ont déterminé le gouvernement à tirer de ces ruines l'un des chefs-d'œuvre architectoniques de la renaissance , et, nous aimons à le présumer, l'aile de Louis Xli, qui ne mérite pas moins d'échapper à la destrucUon.

La quatrième partie du château, située à Touest, est due, nous le répétons , au frère de Louis XIII , d'après les plans du célèbre Mansard. Cet édifice , qui remplace des constructions âevées par les comtes des maisons de Ghâtillon et d'Orléans , appartient à cette époque où l'architecture, lasse des coquetteries combinées de l'art gothique et du style de la renaissance, recherdiait la majesté dans l'importance des masses. Mansard préluda aux nobles mais froides merveilles de Versailles par l'aile de l'ouest du diâteau de Kois, conception d'un style lar|^ et correct, que les enthousiastes de l'art gothique où des

beautés de la renaissance ont critiquée d'une manière trop absolue. Gaston croyait aborder le véritable progrès en âevant cette bâtisse; et tout porte à croire qu'il commençait ainsi Texécution d'un projet dans Taccomplissement duquel eussent été sacrifiées j et Faile de Louis XII et celle de François I/' Les arts mêmes semblaient avoir été entraînés par Ronsard dans les voies de Técole grégeoise ou grecque , avec prétention aux efiFets grandioses.... C'est ainsi qu'on peut résumer l'ambition, visant au grand style , qui fut quelquefois heureuse sous Louis XIV.

Du Cerceau , dans Ses plus excellents bâtiments de France , a donné les dessins du corps-dé-logis que remplace celui dont nous abordons la description : il faut convenir qu'il s'harmoniait beaucoup mieux que la construction du iyil* siècle avec l'aile de François I.*' , et plus particulièrement avec celle de Louis XII. Il est à remarquer même que ce monarque avait imité , quoiqu'avec plus de richesse , le style de l'aile située à l'ouest. En avant de celle-ci, se trouvait le Perche aux Bretons, espèce de terrasse fermée d une grille, où se tenait la garde bretonne amenée par la reine Anne. De la façade opposée partait une galerie dite des Cerfs , communiquant avec les jardins du château.

Avant que le duc d'Orléans construisît sur ce point , Marie de Médicis avait déjà fait quelques additions aux anciennes constructions : une inscription découverte récemment apprend qu'une première pierre fut posée par lai royne-mère en 4647, c'est-à-dire dans les premiers temps de son exil à filois.

La façade extérieure du bâtiment de Gaston présente , au milieu, un avant-corps saillant, et à chacune de ses extrémités, un gros pavillon formant une plus forte saillie que l'avant-corps sur le surplus de l'ordonnance. La façade ofi're de ce côté deux étages , décorés chacun d'un ordre distinct : celui d'en-bas est dorique; celui du haut, corinthien. Si l'on examine l'édifice de la profondeur de Fancien fossé , au-dessus duquel cette construction s'élève à une grande hauteur, on se laisse volontiers imposer par la majesté presque toujours attachée aux masses

puissantes. Celle-ci , bordant une sorte de ravin profond , inspirerait quelque eflroi, si l'on n'était rassuré tout d'abord par Tadmirable solidité de la partie de fortification servant de base à cette masse.

La façade qui regarde la cour , plus riche d'ornementation que Fautre , présente trois étages , y compris le rez-de-chaussée. Elle se terminait par deux ailes en retour, se développant en demi-cercle , jusqu'à la hauteur du premier étage , par des terrasses que soutenaient de chaque côté neuf colonnes doriques accouplées : double colonnade d'un efiFet gracieux, et qui s'harmoniait heureusement avec les colonnes du même ordre figurant au centre. L'élégance de l'ensemble était complétée par divers groupes en marbre espacés sur les terrasses, et dont l'exécution faisait honneur au ciseau de GuiUain. La double colonnade a disparu il y a quelques années.

La mort surprit Gaston d'Orléans avant que les intérieurs de ce bâtiment aient été achevés ; ils ne le furent jamais. On ne peut donc citer comme digne de remarque , que le grand escalier conduisant au premier étage , et dont l'entente générale est majestueuse. Quant aux sculptures dont la cage de cet escalier est décorée , la supériorité de leur exécution laisse regretter qu'elles appartiennent à une ornementation visant déjà à ce goût dégénéré qui devait, sous Louis XV , multiplier les rocailles, les guirlandes soutenues par des amours bouffis , les corbeilles chargées de fruits [et de fleurs : attributs malheureux du genre Trumeau. Félibien rapporte que près du grand escalier , destiné à conduire seulement aux appartements d'honneur , on devait en construire un pour monter aux étages supérieurs. Malheureusement ce projet n'a pas été exécuté; et pour satisfaire aux nécessités du casernement , le génie militaire a fait construire un escalier de la plus monstrueuse conception , et dont la physionomie déplorable dépare même un intérieur de caserne. Quoique MM. les ingénieurs militaires traitent assez généralement la question d'art avec peu de vénération, et que,

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dans leurs mains , la règle sent le seeptre tyrannîcple da cisean, nous aimons à penser que la création étrange de Tesealier dooal il s'agit n'émane point de leurs inspirations;... aussi nous a-ton assuré qu'une influence municipale s'était pronoBoée en ceci et rendue prépondérante ;... à la bonne heure* 1

Le complément des travaux de restam^U<m .commencés an château de Blois , sera de séparer la partie de l'édifice destinée à recevoir le musée , du bâtiment -de Gaston , abandonné au ca^ sernemetit; et pour cela, chacun de ces établissements aura son entrée particulière.

Jusqu'au moment où Paile de Louis XII sera ds^raite du casernement pour être restaurée, te porte principale du château servira d'entrée à la troupe; et l'cm pénétrera dans l'édifice de la renaissance par une porte ouverte dans sa £açade ext^ieure. Plus tard , la caserne aura son entrée vers le Êiubourg du Foix.

La principale dépendance du cbâteau était ce qu'on appelait anciennement l'avant-cour , qui, dans les temps modernes, a reçu le nom de Place du Château* Autrefois oet espace, ccmipris dans les fortifications qui protégeaient cette demeure royale^ en formait en efiet l'annexe imm^édiate. L'avant- caour était environnée d'hôtels occupés par des seigneurs attachés à la oour : tout près du château se trouvait, comme nous l'avons dit préoé-^ ' denunent , la maison qu'habita le cardinal d' Amboîse y mi^ nistre de Louis XII; elle fut habitée, dans les temps modernes, par madame de Chatulé. Â la partie méridionale et la plus haute de la place, s'élevait la collégiale de Saint-Sauveur, c^èbre par divers fastes historiques , et dont Texistence remcmtalt an XL* siècle. Cette église, qui avait été restaurée à plusieurs ^90ques, fot démolie durant la révolution : on n'en reconnaît plas l'emplacement, couvert aujourd'hui d'habitations particulières. Les chanoines de Saint-6auveur étalait tous logés frès de la

* P«ut-étre doit-on voir aussi uneexciise de cette erreur aretiilecCtirale dans la nécessité de coBserYer Tesealler de Gaston ; èmèMU

ET IHS Sœr TERRrrOIKE. 37i

basilique qu'ils desserraient : leurs maisons, d'un aspect modeste extérieurement, offraient à l'intérieur toutes les aisances de la vie; nous avons vu que Jean de Montfort, duc de Bretagne , avait pu trouver une hospitalité digne d'un prince souverain , chez un de ces prébendiers.

L'élise de Saintr-Martin s'élevait au^si à l'orient de ravantcour du diâteau; ainsi que la collégiale, die a été démolie pendant la rév(^ution , et sur le terrain qu'elle occupait on a ouvert une communication avec la ville , par une rampe assez rapide, déjà projetée du temps de Gaston d'Orléans. Une autre rampe , ouverte en^e l'extrémité de l'aile de Louis XH et l'ancien hôtel d'Âmboise , conduit au tobourg du Foix* Enfin , à Fautre extrémité de la même aQe , une dernière issue est ménagée sous une voûte qui jadis aboutissait à un pont-levis , défendu par deux tours. Là l'eiK^inte du château se joignait,- mm knn de la Porte-Côté , aux ouvrages qui défendaient la ville. Si Von pénètre dans les makons qui envircmnent la Place du Ghà*tcau, on y remarque encore des fragments de muraille ayant appartenu à cette enceinte.

Les jardiifô du château étaient divisés en jardins hauts ^ jardins bas : ces derniers s'étendaient sur l'emplacement de la place, de l'élise et du bâtiment d'habitation des Jésuites; les jardins hauts occupaient un vaste terrain , de Tautre côté du chemin creux conduisant au faubourg du Foix. On s'y rendait du château par une arcade partant du pavillon qui se joint à l'aile de la renaissance. Nous avons vu cpie les jardins dont nou^ ve- MXDS d'indiquer la situation offraient , au xvn/ siècle , les plus riches collections de ]^ntes médicinales qui existassent en France. Des jardins bas , où Catherine de Médids avait logé les Capucins à leur arrivée à Blois, on passait dans une promenade appelée les Allées , aboutissant à la forêt de Blois.

Une autre dépendance du château était le terrain appelé les licet, sur lequel s'exécutaient les joutes et tournois dont nous avons dté un exemple sous le règne de Louis XIL Mous crain-

drions d'errer en précisant la position de ces Lices , qui, selon les anciens historiens de la localité, se trouvaient au-delà du fossé, et, selon toutes les apparences, derrière les jardins hauts.

Le château de Blois fut afiFecté au casernement vers la fin de 1788 : les régiments de Royal-Comtois, de Rouergue , de Roussillon et deBassigny y tinrent garnison jusqu'en 1792. Durant la révolution , plusieurs bataillons de volontaires y furent casernes : ceux de Loir-et-Cher y reçurent leur organisation , en 1793 , lorsqu'on leva la première réquisition. En 1810, l'empereur ayant concédé aux villes la nue-propriété des bâtiments militaires , le château de Blois fut acquis à la ville, qui demeura chargée de l'entretenir , ce dont le corps municipal s'occupa , il faut en convenir, avec un oubli complet du sentiment de Fart. Toutefois , MM. les officiers du génie , nous aimons à le constater, tempérèrent, autant qu'il fut en eux, cet oubli.

En 1825, on eut un moment l'intention de placer la préfecture au château : le bâtiment de Gaston, alors encore considéré comme la plus noble partie de l'édifice , devait recevoir le premier administrateur du département , et l'on se proposait aussi d'y établir les corps judiciaires. Dans l'exécution de ce projet , l'aile de Louis XII, ce bijou de l'ère gothique, devait être démolie et remplacée par une grille. Heureusement cette profanation n'a point été accomplie. En 1833, le conseil municipal ayant eu l'ambition de loger au château un régiment entier , ce qui ne s'était point encore vu , et n'a pas même eu lieu depuis , l'aile de Gaston fut livrée au casernement , ainsi que l'était , depuis 1788 , l'aile de la renaissance. Plus tard , on eut à se féliciter de cette disposition, parce que le bâtiment duxYii.* siècle , ayant pu suffire à loger la garnison , celui du seizième put être restitué aux arts , qui vont restaurer ce chef-d'œuvre si long-temps dégradé.

On regarde encore comme une ancienne annexe du château , l'édifice servant aujourd'hui à la manutention des vivres de la guerre, et qui conserve le nom de bains de Catherine de Médi-

cis. A part quelques fenêtres d'architecture gothique des derniers temps, ce monument se recommandé peu à l'attention de l'archéologue; et rien, àVintérieur, ne rappelle l'établissement dont il a retenu la désignation.

La tour de Beauvoir, servant aujourd'hui de prison, ne fut point , comme l'ont prétendu plusieurs historiens, la demeure primitive des comtes de Blois ; encore moins sa construction remonte-t-elle à la période gallo-romaine : l'assertion sur cette dernière origine est une de ces fables accréditées dans les derniers siècles par l'ignorance des soi-disants antiquaires qui faisaient bâtir le Ghâtelet de Paris par Jules-César. La tour de Beauvoir porte le caractère d'un monument du xn.« siècle. En 4.256, Louis de Châtillon Tacheta de Jehan de Saint-Brisson , qui la tenait d'Hervé de Beauvoir , seigneur d'Herbault , dont elle retint le nom. Pour établir la maison d'arrêt dans ce vieux édifice , on y a joint les bâtiments d'un couvent.

L'édifice ou siègent les corps judiciaires , en attendant qu'on mette à leur disposition le nouveau palais de justice , dont la construction se termine , présente des parties qui remontent au XIII.* siècle : il est facile de reconnaître le style de cette époque aux chapiteaux des colonnes qui soutiennent la voûte du rezde-chaussée. Les comtes de la maison d'Orléans firent continuer ou reconstruire ce monument; toutefois, les travaux furent exécutés avec une telle lenteur, qu'ils n'étaient pas terminés à la fin du XVI.* siècle, puisque Henri III y mit la dernière main. Cette longue suite d'interventions ne produisit en définitive qu'une construction disgracieuse, qui donne un aspect austère a l'extrémité ouest de la place Saint-Louis. C'est dans ce bâtiment que siègent , depuis l'année \ 429 , les diverses juridictions de Blois : là se trouvaient réunis autrefois le bailliage , le présidial , l'élection , les eaux et forêts et la chambre des comptes; l'éphémère conseil supérieur, créé par Meaupou , y siéga aussi ; enfin , depuis la révolution , les tribunaux de première instance , de paix et de commerce sont réunis dans ce local , où

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