‹ Histoire de BloisChapitre 10 sur 25 · NOMS DES RUES · texte numérisé non relu

NOMS DES RUES

Avant l'introduction des numéros, qui sont dV rigine moden^e , les principales maisons de la ville étaient distinguées par des wiblèmes pmnts ou sculptés sur leurs feçades ; quelquefois même ces enseignes servaient à désigner les rues où étaient situées les maisons ; c'est ainsi qu'on peut expliquer les dénominations bizarres de nos rues des Trm-MaiUets, des Trots-Clefs, du ChanU-des-Oiswm , du Griffon , du Mouton ^ du Ldon-Ferré,. des

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VtoleUes, du Grainrd'Or, du PùinçonrRenverd^ de Vea/u/vert; probablement les figures que rappdlmt leurs désignations, existaient sur quelques unes de leurs anciennes maisons.

On doit s'étonner qu'une ville si riche en illustrations de tout genre ne les ait pas insorites au moins sur les plaques de ses rues; cependant en aimerait à y lire les noms des Phdippeaux, des HwrmU, des Dupont, des Papin; ce seraient des sou* Tenirs flatteurs pour les^^ familles et pour la citév tandis que la plupart des noms actuels n'offrent au^ cun intérêt, souvent même aucun sens connu. D autres viUes ont mieux compris le devoir d'honorer leurs célébrités par des mentions officielles ;^ on ne peut y faire un pas sans lire des noms chers à la pMrie, preuves simples et palpables de la recon-^ naissance publique. Espérons qu'un, jour Blois adoptera ce mode d'instruction populaire ; en scru*tant ses annales , la ville trouverait assez de gloires pour composer une de ces nomenclatures bis*, toriques.

L'édilité blésoise a subi Tinfluence momentanée d^ idées révolutionnaires. Lorsque les déinagagues de 93 abjuraient des noms de famille ou de baptè-^ me susceptibles de rappeler l'ancien régime, les administrateurs de l'époque imposèrent pareils, changements à plusieurs de nos rues ; une délibération municipale , prise à cet effet au mois de sep^

tembre 1793, fut rigoureusemeiik exécutée. Dèslors la rue du Paids-durRoi s'appela rue du Poié^ NaUmai; la rue CroiohBoisée rue de b jRat^on ^, les rues de la Chahs et de la porte BastiUey dont les dénominations choquaient les oreilles républicakies, reçmrentle titre delaLiierl^. Les noms religieux des rues Saint-Jean , Saint-Martin, Saint- Lubm, et autres de la même catégprie^ perdirent une^ épitbète proscrite par le culte-raison. La place Sûnt- Louis prit le titre de la Montagne que Ton y avait élevée pour célébrer les fêtes montagnardes. Ces traits caractéristiques de Tatticisme révolutionnaire disparurent avec le régime transitoire qui les avait inspirés; les rues, comme les familles, reprirent leurs anciens et légitimes noms : puisse-tron désormais, par respect pour l'histoire et pour les souvenirs du pays , ne plus toucher à ces traditions inoffensives!

Nous passons maintenant aux renseignements historiques qui concernent particulièrement chacune des principales rues de Blois; ici se placera naturellement Texplication étymologique de leurs noms. Les causes premières de ces désignations spéciales n'apparaissent pas toujours distinctement ; aussi faudra-t-il quelquefois suppléa par des con-

* Une autre délibération du 24 brumaire aa it énonce que cette substitution eut lieu sur la demande des sans-culottes de la rue Croix- Boisée.

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jectures à Finsuffisance de données positives. Dans cette revue scmunaire, nous suivrons Tordre alphabétique, plus £icile pour les recherches '.

Rue Basse. — Ainsi nommée par opposition à la rue Haute qui lui est parallèle; entre les deux se trouve la rue Minette j passage étroit et rapide dont le nom exprime Texiguïté. Yis-^à-vis cette dernière ruelle s'en trouve une autre non moins étroite et plus longue qui conduit à la Grando-Rue. Ce quartier, où n'ont point encore pénétré les améliorations modernes, est un bien triste reste du vieux Mois.

Rue BsAUVom. — L'élévation du site et l'étendue du paysage que l'on découvre du haut delà tour Beauooir, expliquent suffisamment ce nom pittoresque. Dans plusieurs titres des XVII* et XVIII^ siècles , cette rue est appelée BeauvaU , vicieuse altération du mot primitif qui était en latin ^ Bdlùvidere (Belle-Vue).

Rue BoESNiER. — C'est le nom de l'honorable maire qui administrait la ville de Blois en 1789 , et dont les enfants habitent encore le pays.

Rue Bourreau. — Cette rue, ou plutôt ce che-

* Nous ne parlerons pas ici des rues dont les noms se trouvent expliqués dans les autres parties de cet ouvrage.

* Ce mot latin est employé dans la charte de llttft déjiî citée.

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dM HISTOIRE

min, monte à Tun des points les plus élevés de la côte des Groix; son nom parait dériver du ceititîque barrow (hauteur); étymologie d'autant plus vraisemblable, que la rue Bourreau conduit au monument gaulois appelé BiUle des Capucins.

Rue Bretonnerie. — Anne de Bretagne, épouse du roi Louis XII, durant son séjour à Blois, avait une garde bretonne, casernée dans le quartier qui a conservé le nom de ces hôtes passagers. Cette garde faisait ordinairement le guet sur une terrasse du château qui s'appelait la perche aux Bretons^ et qui fut démolie lors de la construction de l'édifice de Gaston.

Rue des Chalands. — On appelait ainsi de grands bateaux plats, en usage sur la Loire; peut-être cette rue, située au bord de la rivière, doit-elle son nom à Texistence de quelque chantier, autrefois établi pour leur construction ; au swplus, le grand nombre de mariniers qui 1 habitaient jadis, suffirait pour justifier sa dénomination technique. En 1839, lors de la prolongation de la rue Croix-Boisée , on remblaya l'extrémité de la rue dçs. Chalands pour élargir le quai et le mettre de niveau avec la cour de l'hôpital.

Rue de la Chaîne. — On prétend qu autrefois la> chaîne des forçats passait en Vienne et logeait dans une maison de cette rue. Cette étymologie étant

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peu satisfaisante» nous donnerons une explication moins douteuse. On sait que , dans les temps de troubles, il était d usage de tendre des chaînes aux principales avenues des villes ; or, si jamais Tautorité blésoise employa ce moyen extrême, ce dut être aux abords d'une rue qui faisait suite à l'ancienne route de Paris, et que les voitures venant d'Orléans devaient nécessairement parcourir pour entrer en ville, ou bien pour gagner les ponts Saint- Michel et la route de Bordeaux ; car les quais de Vienne datent seulement du dernier siècle ; aupa-' ravant ce n'étaient que des grèves impratica-* blés.

Rue du Change. — Au moyen-âge la monnaie des comtes de Blois était la seule qui eût cours légal dans la ville ; ce privilège donna lieu à une industrie particulière dont le nom est resté à la rue anciennement habitée par les changeurs ; ils avaient choisi à dessein le quartier le plus populeux et le plus commerçant du vieux Blois.

Rue Ghemonton. — Cette dénomination pitto^ resque nous semble être un abrégé de chemin mon^ tant ; elle s'applique en effet à Tune des rues les plus escarpées de la ville. Vers le milieu du dernier siècle, on imagina, nous ne savons pour quel motif, de l'appeler Chèvre-Mouton; mais bientôt elle reprit le nom que lui assignent tous les anciens

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titres. La rue ChemotOon est figurée avec ses degrés sur le plan de 1573.

Rue Croix -Boisée» (en Vienne). Une croix de bois, qui existait au bout de cette rue, donna lieu à sa dénomination. En 1793 les Jacobins de Vienne obtinrent de la municipalité Tautorisation de remplacer le signe religieux par une colonne en pierre, surmontée du bonnet de la liberté, et sur laquelle furent gravés les droits de rhomme *. Après le rétablissement du culte, ce monument civique fut transformé en croix ; il conserve encore cette pieuse destination bien opposée à la pensée des fondateurs.

En 1839 la rue Croix-Boisée a été continuée en ligne droite jusqu'à ia levée, et Ton a établi des trottoirs sur ce prolongement. Quoique la partie neuve n'ait reçu officiellement aucun titre spécial , on l'appelle rue Maigrem^ nom du maire actuel qm l'a fait ouvrir.

Rue des Ëcuries du Roi. — Au XVI* siècle on ne pouvait arriver en voiture sur la place du château ; car le chemin qui conduit des Fossés à la voûte n'existait pas: la cour, obligée de subir ^t inconvénient, laissait ses é(piipages et ses chevaux dans lefauboui^ du Foix, et montait à pied la

* C'est à tort qu'on écrit BoUsée,

* Délibération du 34 brumaire an ii.

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