PRÉFECTURE
La translation de la préfecture et de la bibliotbè-
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que communale » conséquence nécessaire de la res-titution du palais épiscopal, donna lieu à divers^ projets qui eurent un grand retentissement dans le^ pays. On proposa d'abord de placer la préfecture à Bourg-Moyen , le collège et la bibliothèque dans les bâtiments conventuels de la Visitation; une ordonnance royale du 11 août 1824 avait même autorisé ce projet qui paraissait très convenable ; mais bientôt des influences contraires vinrent entraver son accomplissement, et remettre tout en question. Alors surgirent de nouvelles peopositions ; toutes eurent leurs défenseurs et leurs adversaires. Les uns voulaient que l'on transférât la préfecture à Saint-LaumerJ où était THôtel-Dieu, et que Ton réunit les deux hospices dans les bâtiments de la Visitation. D'autres indiquaient pour la préfecture et la bibliothèque les bâtiments de Gaston, au château ; ceux de la Visitation pour la caserne; le conseil municipal donna la préférence à ce dernier projet qui utilisait un édifice demeuré jusque-là sans emploi \ Le conseil général n'accueillit aucune de ces idées : plus préoccupé de considérations personnelles que des véritables intérêts du pays, il décida que la préfecture serait établie au couvent de la Visitation. Cette solution fut généralement împrouvée; on se récria, et avec raison, contre Té-
I OcUbératiou du 7 mai 182û.
loignement du local choisi préférablement à d'autres édifices plus rapprochés. N était-ce pas, en effet , une choquante anomalie de placer à Fextrémité de la ville, dans un lieu inhabité, et pour ainsi dire à la campagne, une administration centrale vers laquelle rayonnent toutes les populations du département? Aucun des motifs allégués en feveur de cette translation déplorable ne soutiendrait aujourd'hui la discussion : les prétendus avantages qu'elle devait réaliser, sont demeurés à Tétat de vaines idées; une expérience de vingt années a démenti toutes les hypothèses du conseil général, celle-ci par exemple ' :
Si ce projet est adopté, il est probable que la ville de Blois lui devra un jour son agrandissement, par le dév^oppemeiu d^uM MuoeUê indiutrie. Tout le coteau est occupé; k déiir de jouir de la vue de la Loire y a groupé, entasU les mations * ; les rues y sont étroites et tortueuses ; aucune fabrique n'y trouverait d'emplacement pour s'y établir ; et si Blois, favorisé de tous les dons de la nature, est resté stationnaire, on ne doi^ l'attribuer qu'à sa position en amphithéâtre. A côté de la préfecture, un nouveau quartier^ composé de maisons agréables, de rues régulières, peut être formé; les vastes terrains qui l'environnent, et qui sont situés sur les bords d'une grande et belle route, acquerront une grande valeur. Une nouvelle source de richesse est créée; un nouvel essor est donné aux spéculations
' Elirait de la délibération du 22 juillet 1S25.
* Ainti le conseil général^ par une aorte de ( ontradietion , reconnaissait lui-roémc la préférence naturelle des habitants pour les quartiers bas rapprochés du fleuve.
Peu de personnes partagèrent ces illusions chimériques ; nous pouvons bien, sans trop de sévérité, les qualifier ainsi ; car, depuis rétablissement de la nouvelle préfecture, le quartier de la Grande- Pièce ne s'est ni augmenté ni embelli , tandis qu'au contraire les parties basses de la ville, notamment la levée du Foix et le faubourg de Vienne, ont vu s'élever, depuis dix années surtout, un grand nombre de maisons neuves. Aujourd'hui, comme par le passé, les constructions se portent principalement sur les rives de la Loire. Le voisinage de la préfecture n'a point modifié le penchant naturel de la population à se rapprocher du fleuve, dont les bords furent toujours préférés au sol aride d'un plateau peu accessible. Trois autres établissements publics nouvellement construits au même lieu (le grand séminaire, l'hospice des aliénés et le palais), n'opéreront pas non plus le déplacement que l'on avait rêvé : les combinaisons administratives ne sauraient prévaloir contre les agréments du site : maintenant plus que jamais, on recherche les quartiers bas, dont le facile abord offre des avantages généralement appréciés ' ; Tusage habituel des voitures,
' Ces observations rétrospectives peuvent également être opposées A de nouvelles conjectures, tout aussi peu fondées, qu*a fait naître dans certains esprits rétablissement du chemin de fer. D*ailleurs Texpénence d^autres localités parait décisive en faveur du statu quo. Les Yilles où passent déjà les rails-ways n'ont éprouvé aucun de ces déplacements de population que Ton entend chaque jour prédire
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jadis bien plus rares, est une des causes de cette préférence qui chaque jour se révèle par des fait» incontestables.
La première pierre de Tédifice destiné au logement du préfet fut posée le f5 juillet 1826. Les bureaux furent établis dans une partie des anciens bâtiments conventuels ; on conserva, sans Tutiliser» la modeste chapelle des Visitandines. Les travaux^ terminés en 1830, coûtèrent 315,000 firancs. Pour subvenir à cette dépense, le conseil général vota d'abord un impôt extraordinaire de 7 centimes, payable en deux années. On pensait que le gouvernement suppléerait, par une forte allocation sur le fonds commun, à rinsuffisance de ce vote : cet espoir était fondé sur des motifs légitimes ; car la cession gratuite du palais épiscopal épargnait à TÊtat les frais qu'eût nécessités le logement de 1 evèque» et quelles lois placent dans le budget général (section du cuUe diocésain). Le concours du gouvernement à la construction de la préfecture n'eût été que la compensation d'un sacrifice bénévole. Cependant le conseil général n'obtint, après de lon-
parmî nous. A Orléans, par exemple, nulle construction importante u% 8*cst, depuis la mise en activité du chemin de fer, élevée aux abords de Tembarcadère : celui de Blois restera sans doute dans le même isolement ; d*autant mieux que dans une cité comme la nôtrt^ les distances sont trop courtes, pour que les rives do la Loire et les quartiers bas puissent jamais perdre leurs avantages imniémo-
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gaes et vives réclamations , qu'un faible secours , bien inférieur à la valeur réelle des bâtiments de l'évêché* £n définitive, la restitution de cet édifice, mesure plausible en soi, mais devenue préjudiciable pour n'avoir pas été subordonnée à la condition d'une juste indemnité, lésa les intérêts pécuniaires du département, qui après s'être dessaisi volontairement et gratuitement de sa propriété, supporta la plus forte part des dépenses de l'établissement d une nouvelle préfecture. Le résultat financier fut aussi malheureux pour le pays que le choix de l'emplacement.