‹ Histoire de BloisChapitre 21 sur 25 · DE BL · texte numérisé non relu

DE BL

sans prétendre Timposer à la foi de nos lecteurs^ Saint Solenne, évêque de Chartres , mourut le Si septembre 507, à Mailla (aujourd'hui Luynes) , en Touraine, où son corps demeura plusieurs années. Les Chartrains firent enlever ces restes précieux qu'ils destinaient à leur cathédrale : les porteurs passèrent à Blois, quoique ce ne fût guère leur chemin ; surpris par la nuit , ils déposèrent le corps dans Téglise Saint-Pierre; mais le lendemain matin, ils ne purent Tôter de place; une force surhumaine avait enchaîné le cercueil. Cette résistance miraculeuse les obligea de laisser à Blois le corps de leur évêque ; ils pensèrent d'ailleurs que telles étaient la volonté de Dieu et celle du saint prélat. Un manuscrit du XP siècle , inséré dans la collection des Bollandistes , raconte une suite de prodiges opérés dans Téglise Saint-Solenne par la vertu de ces reliques, que les Huguenots jetèrent au vent. Le diocèse de Blois célèbre encore, le < 3 janvier de chaque année, la fête de leur tran$lation.

L'église Saint-Solenne fut rebâtie au commencement du XV* siècle; k cette époque, on jeta les fondements de deux tours ; mais on n'en construisit qu'une seule; encore ne fut-elle achevée que long- * temps après (vers 1609).

Pendant la nuit du 5 au 6 juin 1678, un orage affreux renversa l'église Saint-Solenne ; le registre

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Mff HISTOIRE

manuscrit des ebof^ mémorable$ de Sainl-Lawner ' ofÈre une relation circonstanciée de ce triste événement, relation ainsi conçue :

Le sixième jour de juin 1678, sur les 9 heures et demie au plus du lundi, Pair s*ëtant troublé assez promptement, il s'éleva un grand vent accompagné d'une pluie fortement poussée par le rent qui s'augmentait toujours : la pluie, changée en grêle de la grosseur d'une noix, dura une bonne heure , avec une telle impétuosité d'un vent du midi , qu'il brisa toutes les vitres tournées à cet aspect , découvrit les toits des églises et maisons du même côté, renversa le clocher qui était sur le chœur de l'église de Vienne, et porta le coq jtuque dcm le jarém de VhôpUal, fit de grands dégâts dans les vitraux et toits de l'église et bâtiments neufs de Saint-Laumer; mais plus que tout eela, cette tempête sans foudre et sans tonnerre abattit l'église de Saint-Solenne, bâtie au quartier d'en haut de la ville de Blois, qui, fort délicate dans sa structure, belle, agréable et bien éclairée, mais peu solide, n'avait qu'un lambris en façon de voûte ; et comme l'impétuosité du veut et de la tempête la prenait en flanc où étaient tous ses grands jours , les vitres de ce côté furent cassées par la grêle. Vautre eâté %'a povu de mal , parce que tout forage venait du midi. Il souleva en même temps les poutres et tout le toit qui, tombant sur les piliers de pierres blanches et tendres, les abattit et fit tomber, et ensuite tout le reste , excepté la grande tour d'en bas et les muraiUes d'alentour de l'église. On retira ensuite le Sainte-Sacrement auquel rien n'avait touché^ Et peu de temps après, on députa an roi M. le prieur de Saint-Solenne et M. le lieutenant-général, qui ont obtenu pour un article * 30,000 livres; mais on attribue cette faveur, avec fondement et justice, an pouvoir de M. Col- '

* Archives départemeDtalef .

* Ce passage semble indiquer qu'il y eut d\iutref allocations subséquentes.

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bert et à son crédit, ce ministre ayant été marié en cette église, et Madame* déplus y ayant reçu le baptême.

En effet, c'est aux sollicitations de madame Colbert et à la munificence du grand roi, que Blois dut la reconstruction de l'église dans son état actuel. Après l'établissement de l'évêché, la nouvelle cathédrale fut placée à Saint-Solenne, et consacrée le 9 juillet 1730 par M. de Caumartin, second évèque de Blois, sous le titre de SaintrLouis, destiné à rappeler le double bienfait de Louis XTV , qui donna des fonds pour relever cette église , et la dota en outre d'un siège épiscopal. A l'occasion de cette grande cérémonie, on plaça sous le maitreautel une relique donnée par Stanislas, roi de Pologne, alors résidant au château de Chambord; c'était, dit le procès-verbal, une partie de la mâchoire de sainte Brigide^ ; elle se trouve encore à la même place. Le diocèse de Blois célèbre^ comme fête locale, l'anniversaire de la dédicace de 1730, fixé au dimanche qui suit l'octave de la Saint-Pierre. L'office du jour fait mémoire des circonstances ci -dessus rapportées; la quatrième strophe de l'hymne des vêpres contient cette mention histori-

* Marie Charron , fille de Jacques Charron, seigneur de Menars , gouYemcar et bailli de Blois, où elle était née.

' L'église Saint-Louis possède aussi quelques parcelles des reliques de saint Vital , martyr, qui étaient autrefois dans la chapelle des Minimos de Blois.

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que : « Notre évèque consacre avec le saint chrême » la mère-église de Blois, qui, rebâtie par les dons » et les soins du monarque, portera toujours désor- » mais le nom royal de Louis. »

Depuis cette dédicace jusqu'à la Révolution, les offices paroissiaux, les baptêmes, mariages et cérémonies funèbres se firent dans la chapelle Saint- Solenne qui existe encore (c'est la première à gauche de la grande porte ). Le maitre-autel, dédié à saint Louis, était réservé aux offices de Tévêque et du chapitre ; tous les dimanches on y célébrait une grand'messe, après celle de la paroisse qui se disait à huit heures dans la chapelle Saint-Solenne.

Le clergé constitutionnel, qui en i 791 occupa la cathédrale, fit plusieurs changements à Tintérieur.

En 1793, Grégoire supprima dans le diocèse la solennité toute française de Saint-Louis, comme étant j dit le mandement qu'il publia tout exprès, un sujet de triomphe pour les royalistes et un talisman capable d'éblouir les peuples. L'église devint ensuite un temple de la Raison; à ce culte transitoire succédèrent dans le même lieu les cérémonies des décades; le maître-autel, qui gênait les assemblées décadaires, fut porté au fond du chœur. Après le rétablissement du catholicisme, l'église Saint- Louis exige-a beaucoup de réparations. Sa restauration complète date seulement de l'époque où fut érigé le nouvel évêché (1823). C'est alors que l'on

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neflt à neuf les boiseries du chœur et les grilles ; en même temps le maitre-autel fut redoré et rétabli au milieu du chœur ; à la place momentanée qu'il occupait depuis la Révolution , on éleva le trône épiscopal.

L'édifice actuel conserve quelques constructions des XV* et XVP siècles , notamment la partie inférieure de l'ancienne tour qui a servi de base au nouveau clocher. On voit aussi au-dehors plusieurs sculptures dans le goût de la Renaissance. Le rondpoint (du côté de la cour de levêché) semble être de la même époque : suivant le moine de Saint- Laumer, cette partie, moins exposée au vent d\i midi qui poussait l'orage, échappa à la destruction. Les bases des murs et des piliers appartiennent également au précédent édifice.

L'église Saint-Solenne, rebâtie vite et sans goût après le désastre de 1678, offre des défauts choquants, tels que la largeur disproportionnée de la nef, l'excès de clarté, l'absence complète d'ombres, et conséquemment le manque d'illusion, de prestige. La plupart des temples modernes méritent ces reproches; leur lumière chatoyante favorise peu le recueillement^ et n'inspire aucune des graves pensées qui naissent sous l'influence du demi-jour, à l'ombre des voûtes gothiques ! Quelle différence de ces salons éblouissants aux sévères basiliques du moyen-âge, par exemple à la vieille église des Bé-

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nédictins de Saint-Laumer ! Sous aucun rapport artistique, Saint-Louis ne pourrait soutenir la comparaison avec cet édifice vraiment religieux et monumental.

La reconstruction de la façade et du portail ne fut que provisoire. Une fenêtre carrée, ouverte dans le bas-côté du midi, faisait sans doute partie d'un plan définitif qui eût régularisé le prospect de Saint- Solenne par des entablements à style grec. Malheureusement cette partie essentielle de Tédifice demeura inachevée. Les dernières réparations exécutées au portail, loin de corriger le défaut d'ensemble, ont encore rendu plus disgracieuse l'entrée d'une église dénuée de tout caractère architectural.

Quelques années avant la Révolution , M. de Thémines avait cx)nçu le projet de Êiire continuer sa cathédrale; le nivellement seul du terrain nécessaire eût été fort coûteux; mais la faveur dont ce prélat jouissait auprès de Louis XVI fiaiisait espérer qu'il obtiendrait des allocations suffisantes pour l'exécution de ses plans grandioses*

L'une des anciennes chapelles latérales, dédiée à saint Gilles, avait jadis quelque renom dans le pays. Le l*' septembre, jour de la fête du patron de cet autel privilégié, et dernier jour légal de l'ancienne foire de Blois, les mères y amenaient de fort loin leurs enfants malades, dans l'espoir de les guérir; ce pèlerinage, tombé depuis en désuétude, avait

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DE BLOIS. Wt

Ëdt donner à la foire du mois d'août le nom de k Saint-GiUes.

Les caveaux funéraires (!reusés sous Féglise contiennent une multitude de cercueils entassés pèl^ mêle ; Fancien clergé de la cathédrale et les familles notables de la paroisse Saint-Solenne ont pmplé ces catacombes, où règne une étrange confusion. Sous le chœur se trouve un petit caveau réservé pour la sépulture de nos évèques. MM. de Bertier, de Caumartin et de Termont y furent inhumés. En 1793, quelques jacobins exaltés jetèrent au vent les corps des deux premiers , et traînèrent celui de M. de Termont sous une gouttière de l'église, où il demeura plusieurs années, jusqu'à ce que M. Gallois, curé de Saint-Louis, Teût réintégré dans le caveau, ainsi que le constate une inscription placée sur le cercueil du prélat. En 1844 le corps de M. de Sausin a été déposé au même lieu.

Peu de temps avant la Révolution, Robin, peintre blésois, avait entrepris de composer pour la cathédrale une série de tableaux représentant les principaux traits de la vie du saint patron : six dé ces toiles historiques ornaient déjà l'église Saint- Louis, lorsque les circonstances politiques vinrent interrompre le travail de l'artiste. De ces divers ouvrages, on n'a conservé que le tableau de saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vin-

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cennes, tableau actuellement placé au fond du chœur ^ Depuis quelques années les chapelles latérales se sont embellies dé toiles modernes exécutées par des personnes du pays, notamment par mademoiselle Malherbes, dont le talent a obtenu des éloges mérités.

La cathédrale possédait autrefois une magnifique sonnerie composée de quatre grosses cloches; trois furent descendues en 1793; le bourdon seul, pesant dix mille, demeura au beffroi : cette masse énorme est entrée dans la fusion de quatre nouvelles cloches qui furent bénies en 1821, et dont laccord produit une agréable harmonie.

Il parait que, lors de la reconstruction rapide de

' Il fut momeDUnêment remplacé par un tableau de PragODard queU gouyernement envoya ft la ville. Cette toile, d*une belle exécution, représente la reine Blanche délivrant dea serfs que les chanoines de Notre-Dame de Paris tenaient renfermés, et qu'ils avaient refusé de mettre en liberté ; Thistoire ajoute que Blanche enfonça elle-même à coups de bAton la porte du cachot. Le sujet déplut au cl^é blésois, qui fit bientét disparaître le tableau malencontreux. On aurait tort de bUmer cette exclusion , car il est d'usage et de convenance de n'admettre dans les églises que des peintures dont le principal personnage a été reconnu pour saint ; or la reine Blanche , malgré ses émiaentes qualités, n'a jamais obtenu les honneurs de la canonisation ; et même, ses relations intimes avec le comte Thibault de Blois ont laissé des doutes très sérieux sur sa fidélité conjugale. La belle oomposition de Fragonard occupe maintenant le vestibule de la bibliothèque ; ce lieu sombre et resserré convient peu aux proportions d'un tel ouvrage ; la place, sans doute plus avantageuse, qui lui est assurée dans notre futur musée, permettra de mieux l'apprécier.

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Saint-Solenne^ le clocher ne fut pas établi bien so- Kdement; car, depuis quelques années, ce dôme élevé donne des craintes sérieuses^ justifiées par la chute de plusieurs pierres. Le gouvernement vient de pourvoir aux réparations nécessaires, en allouant pour cet objet une somme de 12,000 francs" : les travaux sont commencés.

Saii«t-Hoiior£. — Cet édifice, démoli depuis la Révolution, occupait une partie de la petite place ainsi nommée ; il fut bâti, vers Tan 1500, des dons de Florimond Robertet, ministre de Louis XIL le même qui fit construire Thôtei d'AUuye, situé dans la rue Saint-Honoré, presque vis-à-vis Téglise. Le bienfaiteur et sa femme Michelle Gaillard reposaient dans le caveau d'une chapelle latérale; Clément Marot a décrit, dans une naïve élégie, les cérémonies de l'inhumation de Robertet; on le mena^ dit ce poète.

Dedans Féglise au bon Saint-Honoré , Là où Dieu fut pour son âme imploré Par Augustins, par Jacobins, et Carmes, Et Cordeliers. Puis avec pleurs et larmes Enterré Tout ses parents et amis.

Barthélémy Du Pré, secrétaire du roi, person-

* La cathédrale, comme rôtéché, appartient au département ; mais il eiitte au budget de TÉtat, section du culte diocésain, un fonds spécialement affecté à Tenlreticn des édifices de cette catégorie.

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nage blésois (d une famille noble étante depob longtemps), autre bienfaiteur de l'église Saint-Honoré^ choisit une sépulture plus humble, et voulut être inhumé sous le porche de Téglise, où l'on voyait son mausolée orné de bas-reliefs, représentant b Religion et la Charité, vertus que le défunt pratiqua toujours, malgré les tentations du pouvoir.

De temps immémorial, un escalier conduisit de l'église Saint-Honoré au PmU-durQwxrtier. En 4 762 il fut refaii dans un goût nouveau (texte du devis), aux frais des seuls habitants de la paroisse Saint- Honoré qui s obligèrent à l'entitetenir. Eji 1839, ees degrés, dont le goût nouveau avait singulièrement vieilli, ont été refaits et élargis.

Saint- Martin -des-Choux. — Cette église, adossée contre le rocher où s'élève le château, joignait l'hôtel du PetiInLouvrej qui avait un droit de vue dans le chœur. On y conservait plusieurs reliques du patron , envoyées en i 258 , ainsi que le constate un titre dont l'original existe encore aux archives départementales \ Au XVP siècle, le pape Léon X, sur la demande des paroissiens, accorda des indulgences plénières à tous ceux qui visite-

* Ces reliques, doDDécs par Fabbô de Marmoutiers-lès-Tourt (couvent foDdé par saint Martin), consistaient en divers objets, parmi lesquels on remarquait, au dire de la lettre d'envoi, plutieun poiU de la barbe du bienJi^ureux saint Martin.

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raient TégUse ' : le produit du pèlerinage,. recueilli par la fabrique, fut employé à acheter des ornements et à faire des réparations considérables.

Un marché aux légumes tenait devant cette ^lise, appelée pour ce motif Saint-Martin^des- Choux.

En 1 783 on eut le projet de la raser pour agran-* dir le marché ^ ; mais les paroissiens s'y opposèrent formellement. Dix ans après, M. Guillon, adjudicataire de l'édifice, exécuta ce dessein. Une portion de son emplacement est occupée par la rampe du Qiâteau, communication qui existe depuis Tannée

Ancienne église Saint-Nicolas. — Ce vieil édifice, démoli pendant la Révolution, était situé vis-à-vis la maison actuelle dixRefuge^ à côté de l'hôtel de Bretagne. Saint-Nicolas, paroisse du Foix, des Groix et des Granges, avait Thumble apparence et la simplicité intérieure d'une pauvre église de campagne.

Saint-Saturnin. — Cette église paroissiale du faubourg de Vienne fut bâtie des dons de la reine Anne de Bretagne. La taçade tournée au couchant,

' Bulle de 1518 richement encadrée ; c'est une des pièces les plus belles des Archires dép.arlementalcs.

* Registres de la ville.

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le portail , les portes surbaissées des bas-côtés , la petite tour latérale et les piliers de la nef, appartiennent en effet au style architectural de cette époque; l'ornementation est la même que dans laile orientale du château , bâtie également sous le règne de Louis XII. A Textérieur, on voit deux inscriptions tumulaires du XVP siècle; la première, entourée d'une cordelière, est gravée en caractères gothiques sur une pierre incrustée dans la petite tour ; elle s'applique à Jehan Chartier \ décédé en 1523; la seconde inscription, qui se trouve auprès, porte la date de 1590.

La chapelle de la Vierge, fondée par Catherine deMédicis sous le vocable de Notre Dame des AydeSy était autrefois un lieu de grande dévotion et de pèlerinage assidu. On voit au-dessus de l'autel le tableau commémoratif de la fameuse peste de 1 631 . Un autre tableau, quia disparu depuis la Révolution et dont la perte est regrettable, représentait les habitants de Vienne implorant la divine miséricorde, après la chute désastreuse du pont de Blois en 1 71 6.

Le chœur de la même église est orné d'une Ascension, peinte du temps de Louis XIII : un des douze apôtres (le premier à gauche au bas du tableau) est représenté sous les traits bien reconnaissables de ce monarque. On prétend même que Louis XIII,

* Membre d^unc famille ancienDC de Blois.

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étant à Blois, renouvela le vœn célèbre de 1638 qui consacrait la France à la sainte Vierge, et qu'à cette occasion le pieux roi fit exécuter le tableau dont nous venons de parler. Cette tradition ajouterait au mérite artistique de l'œuvre le prix d'un souvenir rdigieux et national.

Gaston d'Orléans affectionnait particulièrement l'église Saint-Saturnin, sans doute à cause du voisinage de l'hôpital général qu'il avait fondé. La fabrique dut à cette prédilection pieuse le don d'une rente annuelle de 24 livres, pour lentretien d'une lampe d'argent qui devait être allumée jour et nuit devant l'autel de N. D. des Aydes ' ; Loflis XFV confirma cette disposition du prince, son oncle^ par un titre de 1702, où Ion remarque ce passage: « La-

> dite ^lise est celle où toutes les processions g:é-

> nérales se font; et tous les habitants de la ville

> ne cessent points Uyus les samedis de Vannée^ de » s'y rendre avec beaucoup de dévotion *. »

Avant la Révolution, Saint-Saturnin possédait trois belles cloches d'une parfaite harmonie. L'une de celles qui existent aujourd'hui appartient à l'ancienne sonnerie, elle date du dernier siècle, et eut

* Titre de 1642, aux Archives départementales.

' Allusion aux stations que les habitants de la ville accomplissaient régulièrement en Téglisede Vienne. Ces anciennes pratiques étaient déjà tombées en désuétude au moment de la Révolution.

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pour parrain , en 1737, M. Jean FesneaaS docteur en Sorbonne, curé de la paroisse ; Tautre cloche a été fondue depuis quelques années seulement.

En face du portail se trouve un vaste cloitre, dépendant autrefois de la fiibrique. On y enterrait, moyennant certains tributs, les personnes notables de Vienne ; cette sépulture privilégiée distinguait les familles qui ne voulaient pas être confondues dans l'égalité du cimetière commun. L'édifice pa* rait être de la même époque que Téglise ; le style de sa grande porte ogivale n'indique pas une moindre andenneté. La charpente, très bien conservée, est d'un trffvail remarquable. Les sculptures des piUers n'ont pas entièrement disparu ; les murailles même conservent quelques restes des pe'mtures qui les décoraient jadis. Aujourd'hui le funèbre ^cios de l'aristocratie viennoise appartient à l'hôpital général qui en a fait une buanderie.

Notr£-Dam£-de-Champbourdin. — Cette chapelle, située dans la rue des Minimes, aujMrès de la rampe qui descend à la place des Jésuites, portait le nom du fondateur ; car, suivant une vieille légende, le sieur Bourdin de Blois l'avait fait bâtir dans le champ même où il trouva en labourant une vierge de bois d'ébène, conservée, dit-on, jusqu'à

^ Membre d*unc aocicone famille de BloU, qui hibite eacore Vienne.

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Fépoque de la Révolution. L'édifice, vendu comme bien national, existe encore en partie ; il est maintenant occupé par un tonnelier. Ce fut à Ghampbourdin que les prêtres constitutionnels recommencèrent en 1795 à célébrer publiquement l'office divin, interrompu pendant quinze mois environ dans toutes les églises de la ville.

Sainte-Catherine. — Cette autre chapelle for^ mait un bénéfice simple ; on n'y disait chaque année qu'une seule messe, le 25 novembre, jour de la fête patronale. La rue où elle était située porte encore le nom de Sainte-Catherine.

Saint-Nigolas (ancienne église des Bénédictins). — Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle passe pour être un monument remarquable; en 1646, Fauteur de l'histoire manuscrite de labbaye exprimait ainsi l'admiration que son aspect grandiose inspirait aux antiquaires du XYII® siècle :

Qu*y a-t-il deplosbeou, après Marmoutiers, sur les mes de la Loire? Je yeux bien accorder de cette église qu'elle ne soit bâtie mignonnemerUf mais solidement; c*est en quoi je l'estime et ai sujet de la louer ; car combien de temps a-t-il fallu pour taiUer toutes ces pierres dures si bien arrangées les unes sur les au^s, et qui composent un si excellent édifice I queUe grandeur et largeur de ce temple (je vous prie) ! quelle hauteur des Toutes et quelle forteresse en icelles , lesquelles, après avoir été découvertes l'espace de 40 ans , ont été si peu endommagées ! N'avez-vous jamais considéré ce dôme si artistement éla-

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bore, que to%u Ut ma/Urei arefdtectei viennent voir pair admiraUonf comme ti c'était un petit miracle du monde? Qui a jamais tu dans une église tant de chapiteaux, et si divers, que Tun ne se rapporte nullement à Tautre? Mais surtout qui n*admirera ces quatre piliers soutenir ces deux pesantes tours, Tune desquelles n*a été achevée^ etc., etc.

Sans doute il faut se tenir en garde contre Tenthousiasme du moine Bénédictin qui, animé de Tesprit de corps, écrivait pour la plus grande gloire de Saint-Laumer; cependant, à travers la phraséologie admirative de Fauteur, on distingue plusieurs appréciations judicieuses que ne désavoueraient pas nos modernes archéologues.

L'édifice , commencé en 1 1 38, était terminé en 4 1 85, année où , suivant une charte authentiques les reliques de Saint-Laumer, patron de Fabbaye des Bénédictins de Blois , y furent transférées avec pompe. Les guerres de religion lui causèrent de grands dommages : lors du siège de < 568, les Huguenots le découvrirent, ne laissant que les murs et une partie des voûtes; tel était son triste aspect, lorsque la municipalité prit Tarrêté suivant, qui tendait à le défigurer encore davantage (20 juillet i 569) :

Il faudra à une nécessUé mettre à Saint-Laumer un corps^egarde, afin que Tennemi ne se puisse loger entre les gros piliers où il pourrait mettre plus de cent hommes; élever dans

• Preuves de Dernier, p. ti.

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DB BEOIS. 5ir

laâiio église Saint-Laumer tm petit rempart pour y mettre des arquebusiers et faire des canonnières eirtre les gros {«liers ; porter force pierres sur les Toutes des diapelles et dans la grande tour, pour jeter entre les piliers si Tennemi venait à 9-y retrancher.

L^lise, transformée en poste militaire, devint un centre d'opérations stratégiques ; cette déplorable destination ajourna la restauration de Saint- Lamner, commencée seulement après la pacification des troubles. Vers Tannée 1600 on refît fa grande rosace au-dessus du portail, on démolit les épaisses murailles qui entouraient le choesur, et on les remplaça par une grille de fer. Les jours de fêtes» cette grille était recouverte de riches tapisseries, dont la perte est bien regrettable. Le registte de$chose$ mémorables de Tabbaye^ rapporte qu'au XVII* siècle , il fut question de placer des statues entre les colonnettes du chœur , mais que ce projet n'eut point de suite.

Au' moyen-âge , les Bénédictins ornaient leur église de magnifiques draperies; on voit encore auiL piliers les anneaux de fer qui les tenaient suspendues; la hauteur de ces attaches donne une idée grandiose des tentures; suivant une chronique, elles furent, au XY® ^ècle, emportées par les Anglais, dont les bandes ennemies infestaient alors le^ pays Blésois.

' Archives départementales.

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ftli HISTOIRB

En 1 6 iS, oa rouvrit le grtnd portail qui aytit été bouché pendaut les guerres de religion. La petite place du parvis fut £aiite en 1645 sur les ruines de masures horribles. Le rétablissement du portail fut autorisé par lettres-patentes de Gaston ainsi conçues :

Gaston fils de France, comte de Blois» à tous ceux qui ces présentes lettres yerront, salut; nos chers et bien aimés les religieux, prieur et couvent de Tabbaye de Saini-Laumer de nostre Tille de Blois, nous ont faict dire et remonstrer que depuis plusieurs années le portail de leur église auroit esté à cause des guerres muré et couvert de terre, Thumidité de laquelle nonseulement endommage si fort les muraiUes de la dicte église que Taisle du costé du faubourg du Foix est entièrement menacée de ruine, mais aussi la rend si mal saine que les dicls reUigieux en sont souvent malades , en sorte qu*il leur seroit très nécessaire de faire ouvrir le dict portail pour y donner de Tair et faire cesser Tincommodité qu'ils en reçoivent, joinct que cela servira beaucoup à la décoration de la dicte église, et que les habitants du faubourg et les personnes qui logent en passant es hostelleries d*iceluy en recevront une commodité tout aultre qu'à présent pour y aller ouïr la messe et vacquer à leurs dévotions ; nous supplians très humblement leur en vouUoir donner la permission, à la charge de faire refermer et clorre le dict portail ainsi qu'ilestaprésentàleursifrais et dépens toutesfois et quantes qu'il leur sera par nous ordonné ; sçavoir faisons que désirant bien et favorablement traicter les religieux, tant pour Testime singulière que nous faisons de leur bonne vie que pour les convier d'autant plus de nous rendre participans aux prières qu'ils font journellement en leur dicte ^lise, nous, leur avons accordé et permis, accordons et permettons par ces présentes de faire l'ouverture du portail de leur église, à condition qu'en temps de guerre la ville pourra leur faire murer

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et obsiacter le dict portail, et qu'ils serout aussi tenus, lorsque les autres portes de la ville seront gardées par police pour empescher rentrée des passans et vagabonds, de faire garder soigneusement cette nouvelle porte aussi à leurs dépens ptr ëes personnes qui seront approuvées par les officier» de la dicte ville, comme aussi seront obligés, quand il y aura' ordre de fermer de nuit les autres portes de la ville, d*envoyer les clefs de la dicte nouvelle porte au sieur gouverneur bailli de Blois, etc.

Donné à Blois, le 5« jour d'avril 1642.

La flèche aiguës qui s élève au-dessus du rondpoint où se trouve la chapelle de la Vierge, date du même siècle : la charpente de ce clocher fut prise dans le parc de Madon, dépendance de Tabbaye ; ou posa la croix, le 23 janvier 4688, suivant procès-verbal dressé ad hoc.

Uéglise Saint-Laumer offre toutes les conditions du gothique pur ; on y trouve dans de moindres proportions, le même style, la même ordonnance qu'à Notre-Dame de Paris ; plusieurs parties de la basilique blésoise pourraient même soutenir avec avantage la comparaison; telles sont les colonnettes légères qui soutiennent comme par enchantement la voûte du chœur. Jadis une croyance populaire , que la hardiesse du travail excuse jusqu'à un certain point, attribuait leur construction à la baguette des fées.

Parmi les curiosités archéologiques du monument nous remarquerons deux tableaux de pierre.

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plaqués aux piliers de la deuxième arcade de la nef. Le premier, délicatement sculpté, représente la mort de la Sainte-Yierge. L'autre porte une inscription commémorative de fondations pieuses faites par Pierre de Morvilliers , gentilhomme blésois, aïeul maternel de la' famille La Saussaye, inhumé à Saint- Laumer en Tannée 1 383 ' ; en voici le texte :

Feu Pierre de Monrilliers, duquel le corps ci-dessous repose ', fonda trois messes estre célébrées perpétuellement en ceste chapelle , présent le couvent ', chacune sepmaine, tantost ^ après la messe Nostre-Dame, Tune de requiem a note * au lundi , Fautre du Sainct-Esprit à note au mercredi, et la tierce de Nostre-Dame sans note au yeadredi. Item fonda à perpétuité deux torches pour ardoir ® chascun jour à la lévacion du corps de Jhésucrist de la grant messe de ceste église, jusques ad ce qu*il soit usé. Item fonda six anniversaires k perpétuité estre célébrés solemnellement chascun an en ceste église, le premier commaincant % le premier jour d*aoust, pour feu Jehan de Morvilliers son aïeul, le secont, le premier jour d'octobre pour feue dame Gile de MorviUiers son aïeule, le tiers * le premier jour de décembre pour feu Jehan deMorvilUers son père, le quart le premier jour de feuvrier pour sa feue mère, le quint le premier jour d*avril pour feue Jehannette sa suer *, et le

* Bernier, pt§e 487.

* Autrefois cette pierre tumulaire se trouvait dans la chapeUe de . la Vierge, où le défunt fut inhumé.

' Ce8t-à*^ire que les religieux de Saint-Laumer devaient assister aux messes.

* Aussitôt.

' C*éUit une messe chantée.

• Brûler.

'' A partir de Tan prochain.

• Troisième.

• S«ur.

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M BLOIS. Ml

sixiesmelepromierjourde juing, pour l« diçt (oadeur /. Die^u doint * à tous eulx paradis» amen.

Au bas de cette inscription se trouvent les armes de la famille Morvilliers, dont la principale pièce héraldique était une kie passante.

En 1791 , la paroisse SainU-Nicolas tut transférée dans relise des Bénédictins , qui prit alors ce nouveau titre. Deux ans après, une société démagogique y tenait séance ; on voit encore les traces de plusieurs dégradations commises par les assistants; les nombreuses mutilations d'un bas-relief sculpté au mur du bas-côté à gauche du maitre-autel n'ont pas d'autre origine; tels étaient en 93 les amusements des vandales du club.

Depuis dix ans» l'intérieur a reçu de remarquables embellissements; les belles grilles du chœur aont dues en partie à la générosité de feu M. le euré Hue , qui fit beaucoup de sacrifices pour orner son église : malheureusement ces grilles avan^ cent trop dans la nef et produisent de ce côté - un effet disgracieux.

Saint-Nicolas a été classé parmi les monuments historiques. Par suite de cette distinction , le gouvernement alloua des fonds pour la restauration et Tachèvement des tours ; le département, la ville.

* Fondateur.

* Donne.

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ô!t2 HISTOIRE

et la Êtbrique s'obligèrent à concourir aux dépenses. Les travaux, commencés il y a environ quatre ans « ^ont interrompus depuis dix-huit mois. L'a4judication importante de 430»000 fr., qui a eu Ueu au mois de juillet dernier, est jusqu'à présent demeurée sans résultat; des difficultés d'intérêt continuent de suspendre l'exécution de Tentreprise , et peut-être faudra-t-il recourir aux tribunaux pour arriver à une solution.

L'église possède trois cloches neuves qui rappellent l'harmonieuse sonnerie des vieux Bénédictins ; elles ont été bénies le 4 janvier 1844 par feu M. de Sausin ; ce fut la dernière fois que notre vénérable prélat officia pontificalement. Le gros bourdon de 7»000 livres , dont le métal servit à composer ces cloches, avait été fondu en 1 547 pour l'église collégiale Saint-Georges de Vendôme , et transporté à Blois depuis la Révolution; il s appelait Opportune y parce que, disait sa vieille inscription , sonnant en temps opportun, il éloignait les tempêtes ; allusion puérile à une vertu aujourd'hui fort contestée, mais qui au XYP siècle semblait presque un article de foi.

Couvent de Saint-Laumeb. — Ce monastère, constipait au X^ siècle, fut entouré de murailles et fortifié à l'époque de l'invasion anglaise; Louis de Châtillon, comte de Blois, autorisa les travaux stratégiques en 1 367.

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Dfi BLOIS^. 5S3.

A Tépoque des guerres religieuses, on répara les fortifications de Saint-Laumer , et l'on construisit un petit bastion à Textrémité de ses murs, au coin de la rue des Trois-Marchands, dont la . partie inférieure était alors un lai^ge fossé. Dans le dernier siècle, cet inoffensif bastion servait de belvédère aux Bénédictins : il a disparu en juin 1845 ». pour faire place aux nouvelles constructions de THôtel-Dieu ; mais on Fa démoli avec précaution ^ de manière à pouvoir le rétablir dans un autre endroit de la ville. Une partie des murs d'enceinte a été détruite pour la même cause.

Les Calvinistes ruinèrent les bâtiments clau&fraux de Saint-Laumer, en même temps que Féglbe. Après Tintroduction de la réforme de Saint- Maur, qui rétablit le bon ordre dans les affaires de la communauté et augmenta ses ressources, les Bénédictins s'occupèrent de reconstruire leur monastère. La première pierre de la façade actuelle fut posée le 1 4 avril \ 6S6 ; rien ne fut épargné pour donner à cet édifice des proportions régulières et grandioses.

Outre les bâtiments conventuels il existait dans la rue des Êcuries-du-Roi une maison dite manse abbatiale S affectée au logement de l'abbé : la justice sâgneuriale de Saint-Laumer siégeait dans une

< Elle appartient aujourd'hui A M. Pouhé.

^2i BISTOIRE

de 868 salles ; les prisons de cette justice étaient contiguës au petit bastion ci-dessus mentionné.

Dans la cour du couvent se trouvait un vivier destiné à recevoir les plus belles [ûèces des vastes étangs possédés par les religieux, qui faisaient un fréquent usage de poisson^

L'espace qu'occupent aujourd'hui les bains pu^ blics et une maison située auprès de la grille de l'église Saintr-Nicolas , faisaient partie de l'enelos de Saint-Laumer. Ces terrains n'auraient jamais dû êtrie démembrés de l'Hôtel-Dieu dont ils formaient les dépendances naturelles : la cession de l'emplacement des bains est d'autant plus regrettable, que les hospices l'échangèrent pour de maur vaisesterr£tç situées dans la commune deLancômeS Dernièrement, lorsqu'il s'est agi d'agrandir l'Hôtel- Dieu et de tracer le plan des nouvelles construiv tions, les administrateurs ont éprouvé les graves inconvénients de l'aliénation consentie par leurs prédécesseurs, et ont subi dans leurs projets les conséquences inévitables de cette jBaïute.

La sortie forcée des Bénédictins laissa sans emploi ces vastes bâtiments. En 1793 on y logea par intérim des prisonniers autrichiens ^. }a même

' Délibération de U commiMion administrative du 1) brun^aire

' Un procès- verbal du 6 janvier 1793 constate que ces prisonniers étaient alors au nombre de 189.

M BLOiS. 525

année, la ville les échangea avec TÊtat pour ceux de l'ancien Hôtel-Dieu, et les affecta au logement des pauvres malades. En 1808, quand reparut le projet de réunion des deux hospices, conçu jadis par M. de Thémines^ on proposa de transférer le collège à Saint-Laumer ; en 1 823 plusieurs étaient d'avis d'y placer l'évèché ou la préfecture ; mais aucun de ces projets n'eut de suite, et les bâtiments des Bénédictins conservèrent une destination charitable qui s'accorde très bien avec les pieux souvenirs du monastère.

Jusqu'à présent il avait été fait peu de constructions au nouvel Hôtel-Dieu; mais en 18iS on a commencé des travaux dont l'adjudication s'élève à 222,931 îr. sur l'emplacement d'un gros mur d'enceinte et du petit mail Germonière ^ que la ville a cédé aux hospices. Grâce à cette heureuse impulsion, l'Hôtel-Dieu 3era bientôt aussi complet que rhôpital de Yiehne, et les pauvres auront sur chaque rive du fleuve un asile vraiment monumental.

BouRG-MoTEN. — Le quartier où fut établi cet ancien couvent de chanoines réguliers, se nommait jadis Bourg^Moyen^ à cause de sa situation entre

* Cette pe^te place, où s^élerait jadis une croix de mission, portait le n jm de M. Rangeard-Germonièrc, adjoint au maire, qui l'avait fait niveler et planter d'arbres en 1804.

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536 tHSTOIM

les deux bourgs (ou faubourgs) de Saint-Jean et du Foix.

La iaçade qui donne sur le jardin fot commencée en 1650, époque où les GénoYéfains de la congrégation de France, nouvrilement installés dans le monastère» lui firent subir une transformation complète. En 1 790» Bourg-Moyen devint le siège des administrations du département et du district. La rue actuelle du Département ^ ainsi nommée à cause de la première de ces institutions transitoires, fut ouverte en 1 797, à travers le jardin et la cour du couvent. Après rétablissement de la préfecture, les bureaux restèrent deux années encore dans le même local ; mais en 180S ils furent transférés à réyèché qu'habitait déjà le préfet. Bientôt Técole communale remplaça les bureaux administratifs à Boui^- Moyen, où elle est toujours demeurée mdlgré les projets de déplacement conçus à diverses époques'. Après quelques années de jouissance provisoire et sans titre, le domaine céda les bâtiments à la ville en vertu d'un décret impérial. La prospérité actuelle

' En 1807, on indiqua^ pour la translation du collège, les bâtiments de Saini-Laumer; en 1822, ceux des Saînte-Marie ( la préfecture actuelle ). En 1840, oa reTÎnt à Tidée de TétabUr sur U Grande- Pièce, et la ville acheta dans ce but une maison située vis-&-Tis le nouveau palais de justice ; mais elle renonça bieutèt à ce déplacement. Du reste racquisiflon ne sera pas inutile; car le terrain de cette maison a été choisi pour la construction prochaine d^nne nouvelle halle aux grains.

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de rétablissement et l'espoir d'obtenir bientôt son érection en collège royal, exigeaient de nouvelles constructions. Une seconde aile latérale, en rapport avec les autres corps de bâtiments , vient d'être élevée ; cet édifice remarquable , pour lequel la ville a voté une somme de 420,000 fr., complète heureusement l'œuvre des chanoines Génovéfeins. Au nord de la maison conventuelle, sur l'emplacement des petites boucheries et de la halle aux légu« mes, s'élevait jadis une église gothique à nef et à bas-côtés, flanquée d'une grosse tour carrée semblable à celles de Saint-Laumer : les religieux de Bourg-Moyen l'avaient bâtie,, vers la fin du XIII* siècle , à l'aide du produit des indulgences accordées par le pape à ceux qui visiteraient une sainte épine de la couronne sanglante de N. - S. Jésus- Christ^ précieuse relique dont le roi saint Louis avait enrichi cette maison. Pendant la Révolution, l'église de Bourg-Moyen servit d'écurie aux régiments de cavalerie qui passaient à Blois, et de lieu de dépôt pour les chevaux malades. On l'a dànolie en 1806: elle était si solidement construite que pour abattre les gros murs il &llut faire jouer la mine. C'est la dernière qui ait été détruite dans Blois ; quelques restes du chœur attestent encore sa place. On doit d'autant plus regretter cet édifice monumental, qu'il aurait pu servir de chapelle au collège, qui n'a malheureusement aucun local pour la célébration du culte.

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Saint-*Jacques. — Entre la place dit Puîto-du-* Quartier et la Grande-Rue, espace appelé autrdiMs cofwr Saint-Jacquet, se trouvait une collégiale de chanoines séculiers. Cette communauté fitt obligée, sous le règne de François I^, d'aliéner une psurtie de ses bâtiments pour payer sa quirte-purt de la rançon du prisonnier de Pavie. L'église» située auprès de la fontaine actuelle, fut démolie yers 1700, par suite de la translation du chapitre Saint-Jacques dans la cathédrale ; sur son emplacemrat on construisit une maison (aujourd'hui possédée par M: Péan-Petit), où se voient encore les restes de la sacristie voûtée en ogive.

Les Ck)RD£Li£RS. — Ce couvent, situé entre les rues d'Angleterre et Beauvoir^ dépassa d'abord l'enceinte fortifiée; mais en l'année 1464, les murs de^ ville ayant été reculés, les bâtiments des Corddiers s'y trouvèrent renfermés. L'église, démolie en 180& pour l'agrandissement des prisons, était riche eit objets d'art ; une série de tableaux repipésentant les principales circonstances de la vie de Jésus-Qirist,. ornait le chœur ; un superbe tabernacle décorait le maUre»autel. Ses caveaux furent longtemps la sépulture privilégiée des meilleures familles de Blois : sur plusieurs pierres tuipulaires on lisait les noms des La Saussaye, des Mesnard, des Courtin» des

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DE DLOIS. 520

B^on. Au milieu du chœur s'élevait un monument de marbre que le chancelier Pompone de Bellièvre avait fait ériger au garde des sceaux MorviUiers, personnage blésois inhumé dans cette église : le buste de bronze qui surmontait ce magnifique mausolée, fut l'œuvre de Germain Pilon» sculpteur du XYP siècle ; il a été donné à la ville d'Orléans dont Morvilliers occupa le siège épiscopal, et se trouve maintenant à l'évèché de cette cité. La £uneuse dame Guyon, amie de Fénélon^ et coryphée des QuiàiOes (aïeule des Guyon de Montlivault et de Guercheville) fut inhumée dans la même église : son cercueil de plomb a été pillé pendant la Révolution, et l'on n'a pu retrouver le corps de cette femme célèbre.

En 1787 lesNouoelles Catholiques remphcèrent pour quelques années, dans le couvent de la rue Beauvoir, les Cordeliers supprimés par M. de Thémines. £n 1793 cette maison conventuelle servit de caserne à une compagnie dlnvalides. Depuis 1806 elle est réunie aux prisons.

Les Jacobins. — Avant 1274, année de la fondation du couvent des frères frécheurs^ il existait en ce lieu une chapelle de Saint-Gervais, mentionnée dans quelques chartes du XU^ siècle.

Le vaste réfectoire des Jacobins fut choisi pour la tenue de plusieurs assemblées mémorables. Cest

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là que les trois ordres du bailliage de Blois rédigèrent nos Coutumes en 1523, et que le clei^ des États de 1588 alla tenir ses séances. L'église contenait plusieurs curiosités» notamment un Christ auquel on attribuait la vertu des miracles. Pendant la Révolution, cet édifice fut occupé par les clubs; ensuite on le démolit pour faire place à des constructions particulières. Un reste de Tentablement de la nef existe encore et sert de corniche à une maison située vis-à-vis la gendarmerie; cette ornementation est d'un style moderne. Dans la maison contiguë (appartenant à M. Roger-Coué) se trouvent quelques vestiges de constructions bien plus anciennes. La rue dei Jacobins 9 conduisant de la petite place de TAbattoir au quai du Département et à la rue Madeleine, a été percée sur Fenclos et à travers les bâtiments ' des religieux dont elle porte le nom. La place ne fot déblayée qu'en 1806; auparavant elle formait un ilôt de vieilles maisons dépendant de IHôtel-Dieu. La gendarmerie est établie depuis 1819 dans les bâtiments conventuels des Jacobins : elle occupa d'abord une maison située à l'angle des rues du bourg Saint-Jean et de la Levée. Avant la Révolution l'ancienne maréchaus-

* Les deux parties du corps de bâtiment qui a été coupé pour Touyerture de cette communication , existent encore auprès de la me lladeleinc ; Tune dépend de la Gendarmerie, Tautre d*uiie maison particulière.

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sée logeait dans une maison de la rue Neuve, maintenant habitée par un notaire.

Les Capucins. — Leur modeste église fut bénie le 8 mars 1611 sous Finvoeation de la sainte Cone&plion. On y voyait jadis plusieurs tableaux de Jacob Bunel et de Jean Mosnier, artistes Blésois. Le Poussin, passant à Blois dans sa jeunesse, peignit pour les Capucins une assomption, qui ornait leur église avant la Révolution et que possède aujourdliui un habitant de la ville : cette petite toile est un des tableaux les plus remarquables qui existent à Blois ; son authenticité est attestée par tous les connaisseurs \

Pendant la Révolution, les bâtiments des Capucins servirent de prison aux prêtres insermentés que leur âge exemptait de la déportation. En 1795 on y établit un asile provisoire d'aliénés et de malades incurables : puis le gouvernement les abandonna à la ville qui les démolit pour établir le nouveau cimetière et pour faire un chemin latéral (1806). L'église, en partie conservée , devint alors une chapelle funéraire.

* Ftiibien la cite dans ses Entretiens sur les ouvrages de» peintres; suiTant cet auteur , le jeune Poussin , alors dénué de ressources, allait de yille en ville pour exécuter les ouvrages qu*on lui commandait, et ce fut à cette époque nécessiteuse de sa vie que, passant ft Bloii , il y peignit le tableau des Capucins.

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&32 mSTOIRC

Les Minimes. — Ce couvent fut bâti sur un terrain donné par une dame de La Saussaye. Marie de Médicis en posa la première pierre pendant son exil à Blois. Le maitre*autel de l'église était d'un beau travail ; on y voyait plusieurs châsses renfermant de précieuses reliques. L'ancien enclos de la maison est aujourd'hui traversé par la rue Frandade^ ouverte depuis la Révolution, et par la rue des Minimes. Le petit séminaire occupe les bâtiments conventuels depuis 1819; on vient d'y exécuter de nouvelles et vastes constructions*

Les Jésuites. — Âpres leur installation au collège de Blois (1623) les Jésuites résolurent d'y bâtir une chapelle. Malheureusement le seul terrain propre à cette construction ne leur appartenait pas; c'était un jardin possédé par un gentilhomme protestant. Le huguenot ajant refusé de céder sa pro<priété à des voisins qui lui étaient peu agréables^ Henri ( Hurault fils du chancelier [de Cheverny), bailli de Blois, zélé protecteur des Jésuites, acheta le jardin en son nom personnel, et l'abandonna gratuitement aux bons pères. En mémoire de cet acte généreux, la famille Hurault eut une chapelle patrimoniale dans la nouvelle église. Le préambule de la donation, d'où sont extraites ces particularités, annonce que les habitants de Blois souhaitaient vivement la construction projetée, fourU grand inté-

W mois. 5S3

rit qu'Us awùient d'ouyr les prédications des pères JésuUes et de faire leurs dévotions en icelle église.

^architecte Fratiçois MaDsard, le même qui avait dressé \e& plans de la partie neuTC du diâteau, dessina également Téglise des Jésuites. On jeta les fondements de Tédifiee vers 1&S6 ; mais les travaux longtemps suspendus, ne furent repris qu'en i^&û, année où Gaston donna aux Jésuites uùe coupe de la valeur de 50,000 livres à prendre dans les forêts de son apanage ' ; ce bienfait paya en partie les frais de construction^ Au-dessus dé la porté fut posée une inscription commémorative, ainsi conçue f « Ludovico Francofum régi Gasto Frandœ potuit. » L'église prit en effet pour vocable le nom du roi rêvant, neveu de Gaston , et conserva jusqu'à la Révolution le titre de Saint-Louis. La plaque de marbre où se trouvait cette inscription, a été brisée en 1793. En mourant, Gaston légua son cœur à la nouvelle église ; Mademoiselle de Montpensier le fit embaumer par te médecin Beriiiér , notre historien, et déposer dans une urne à côté de Tautel '. La princesse s'occupa, conformément aux désirs paftemels, de faire terminer l'édifice : par ses soins, lé chœur fut embelli de statues, de médaillons et d'écussons aux armes de France. Les deux groupes du maitre-autel , exécutés en belle pierre blanche ,

* L«ttres-pa tentes du 17 juin 1655 (archives départementales).-

• Ëemier, Hist. de Blois, p. 334.

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sont dus au ciseau de scnlpteurs habiles : celui de gauche est une représentation allégorique de la Piété en prières, qui semble offrir au ciel la fondation religieuse de Gaston; Tinscription : Deo tem-plwn et in teniplo cor snum dicavil Gaslo Frandœ , anno domini 1 660, explique la pensée de Tartiste. La statue du côté droit est une personnification filiale que Ton s'étonne d'y trouver ; elle représente Mademoiselle de Montpensier elle-même , Tamante de Lauzun , le coryphée sentimental de la Fronde. Placer dans le sanctuaire, et de son vivant, l'image toute profane d'une femme plus célèbre par ses manœuvres politiques et sa galanterie que par sa dévotion, nous paraîtrait aujourd'hui une étrange hardiesse ; mais Tusage autorisait jadis ces sortes de reproductions; les princes et princesses les moins exemplaires jouissaient alors du privilège incontesté de poser pour la sculpture religieuse. Cette statue peu édifiante est accompagnée de l'inscription : Aram ChristOj patri monumeniim pomil Anna Maria Ludovicaj GasUmis filiaj anno domini 1677. Mademoiselle a les yeux fixés sur la place où était l'urne funéraire de Gaston ; en 1793, cette urne fut brisée , et le codur du prince jeté au vent, malgré tous les souvenirs de bienfaisance qu'il avait laissés dans Blois.

En 1722, une princesse polonaise, mère de Stanislas Leczinsky et aïeule de Marie Leczinska ,

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m BLOIS. 5«jr

mourut au cliâteau de Blois » et fut inhumée dans Péglise des Jésuites. Quelques années après , Stanislas , qui habitait Chambord, loi fit élever un magnifique tombeau de marbre» brisé pendant la Révolution : on a seulement sauvé deux bafr-reliefe représentattt, lun la Mémoire, Fautre la Méditation ; ees sculptures remarquables orneât maiiitenant une chapelle de la cathédrale. La destruction dti royal mausolée ne fut pas le seul attentat commis par le vandalisme de 93^ dans cette pieuse enceinte ;• en doit regretter aussi la viotatitin du petit monu*ment de Gaston, Tenlèvement d'un carrelage de marbre en mosaïque, et de la belle grille du choeur, enfin la dévastation des chapelles latérales. L'église ainsi saccagée devint un club de Jacobins , 'puis une écurie et un magasin de fourrages. Elle a été rendue au culte en 1828, sous le titre de Saint-Vineent-de-Paul, patron des sœurs du Bureau de Ken- (aisance, dont elle joint immédiatement la charitable maison.

Le style extérieur de l'édifice ne manque pas de correction et d'élégance ; mais on y aperçoit les tendances maniérées d'une époque où l'art comme la société, inclinant à la coquetterie, puisait ses inspirations dans les caprices et les fantaisies d'une cour prétentieuse. La position de la façade (au midi) est un fait assez remarquable ; car ordinairement les églises sont tournées à l'ouest, de manière que le

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prêtre qui officie au maître-autel regarde FOnent. On prétend que la plupart des églises des Jésuites offirent la même particularité, et sont bâties sur des dessins k peu pi^ès uniformes , comme si cet ordre exceptionnel avait voulu se distinguer jusque dans ses constructions, imprimer même à Farchitecture religieuse le cachet de sa profonde originalité ! Les groupes et les bas -reliefs du chœur sont d'une belle exécution* Le badigecTn, si fatal aUx monuments gothiques, a pi'oduit tin meilleur effet dans cette chapelle moderne; mais Fétat de dégradation de la Toùte forme encore uii triste contraste avec la blancheur des murs ; il serait à désirer qu'on replâtrât également ce plafond disparate.

Les bâtiments du collège des Jésuites, occupés par le Bureau de Bienfaisance depuis 1 804, sont du même siècle que Féglise; leur construction suivit de près Farrivée de ces pères à Blois. Pendant la Révolution ils furent convertis en salpêtrière ; audessus de la porte on lisait cette inscription de cir^ constance : Tremblez , tyrans I La foudre s apprête I Le Domaine les céda ensuite pour l'établissement de FËcole communale; mais la ville, effrayée de la dépense qu'eût nécessitée ce projet^ aima mieux placer son collège dans les bâtiments de Bourg-Moyen, qui exigeaient bien moins de réparations. Par suite de cette détermination, elle rétrocéda au Bureau de Bienfaisance l'ancienne demeure des Jésuites , et

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Bfi BLOJS. S»T

reçut en échange le bâtiment où se trouve la tuerie publique.

En 1826 et 1827, on a bâti dans le jardin du Bureau de Bienfaisance pour loger les aliénés du département: ce dépôt sera bientôt transféré dans un hospice spécial qui a été commencé en 1840, et que l'on termine.

Les Véroniques. — Leur enclos joignait celui des dames de la Visitation. Une partie de ce vaste emplacement est traversée par la rue d'Artois ^ qui conduit du Bourg-Neuf au chemin de la Grande- Pièce.

Une communauté d'Ursulines occupe maintenant la maison des Véroniques; de nouvelles constructions, en rapport avec le nombreux et prospère pensionnat que- tiennent ces religieuses, ont été exécutées depuis une dixaine d'années ; la chapelle neuve a été terminée en 1839.

* Nop) donné en 1814 par allusion. à Monsieuvy comte d'Artois. Ce piînce passa à Blois quelques années avant la Révolution, et reçut alors les hoaunages dus A son. rang. On lui attribua un mot plaisant que noua rapporterons au risque de compromettre la gravité de rhis- - toire. Sa voiture s*étant arrêtée pour relayer à l'hôtel de la Galère, un officier d'ordonnance s'approcha de la portière, et dit bien haut que Içs éckevinê désiraient complimenter Monseigneur; S. A. R., à moitié endormie, crut entendre parler de chevaux et s'écria: qufon les attelle! Cette équivoque, peu flatteuse pour notre corps municipal, fit beau* coup rire les Blésois, et fut soigneusement recueillie par leâ amateurs de. quiproquos.

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^9$ uisToine

Les dames de la Visitation , ou les SaipitE' Marie. — Pendant la Révolution, les bâtiments de cette communauté servirent de prison pour les détenus politiques, de grenier d'abondan^ce et d'ar^ senal. Plus tard le projet d*y transférer Thôpital de Vienne fut pendant quelque temps à Tordre du jour (1 802). Vers 1 804, la gendarmerie y fut momenta-^ nément casemée ; lorsqu'ensuite elle s'établit dans une maison de la rue de la Levée, on proposa de /convertir les bâtiments des Sainto-Marie en dépôt de mendicité , et le domaine les abandonna au département pour cet usage; mais le projet ayant échoué, ils servirent à loger provisoirement les aliè^ nés et les incurables. En 1 826 , après de longs débats, le conseil général décida que la préfecture y serait transférée; nous avons rapporté les phases diverses de cette mémorable affaire, dont la solution fut et sera longtemps encoris lobjet de justes critiques.

Les UiisuLUSEs. — Leur maison se trouvait visà-vis celle des Véroniques ; son emplacement est traversé par la rue de la Paix, qui joint le Bourg- Neuf à la rue Franciade. Marguerite de Lorraine , épouse de Gaston, bienfi^itrice des Ursulines, avait posé en 1655 la première pierre de ce couvent. Pendant la terreur on en fit un repaire de mspecU. En 1801, leDomainp le céda au Bureau de Bienfai-

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DE BLOIS. 5St^v

tance , qui bientôt après Téchangea avec le local actuel de la tuerie ; cet échange fut presque immédiatement suivi d'un autre par suite duquel les bâtiments de l'ancien collège passèrent au Bureau. La maison des Ursulines, devenue ainsi propriété particulière , ne tarda pas à être démolie ; son emplacement servit à l'ouverture d'une nouvelle communication entre le Bourg-Neuf et la rue des Minimes.

Les Carmélites. — La rue où était situé le couvent de ces religieuses en a conservé le nom. La maison des Carmélites, devenue propriété nationale, fut pendant la Révolution le principal repaire de suipecU. En 1807, le Domaine la concéda à la ville, pour y transférer le collège qui depuis quelques années était placé provisoirement à Bourg-Moyen. A peine le décret de concession était-il rendu, qu'un inspecteur des haras , passant à Blois, visita ce même locale le trouva convenable pour un dépôt d'étalons et le signala comme tel à l'attention du gouvernement : déterminé par son rapport , le ministre de la guerre obligea la ville à rétrocéder aussitôt au département la maison des Carmélites et à recevoir en échange la propriété définitive de Bourg-Moyen. Cette conclusion inattendue troubla tous les projets municipaux , et re* mit en question le placement de diverses adminis-

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4j^ ms^ToiM

étions. Câfut alors que Ton proposa de mettre le fxMége à Saint-Laumer, le tribunal de commerce » )a bourse, et les deux justices de paix à Bourg- Moyen ' ; mai^ aucune de ces translations ne s'effjectua. Le h^ras fut établi au)^ Carmélites en 4 81 1 .

NouvELLiÊis Catholique^, -t- Ce couvent, fondé ^n Puit^u-Quarliçr vers 1690, s'étendait jusqu'à la rue Saint-Jacques ^ qu'il rendait excessivement étroite. En 1787, la ville fit abattre la maison conyentuelle et Féglise pour rétablissement du Marché-Neuf. Quelques années après (1 791), M. Guillon fit çpnstrube la longue façade a4ossé^ au rocher.

Prieure de SainttLaza^, — Cette agréable villaf située à l'extrémité du Bourg-Neuf, était primitivement un hôpital de lépreux. Les bâtiments de fondation, élevés sur un terrain donné par Pierre de Rutaye qt s^ fen^me , personnages blêmis ^ fui;ept brul^ en 1190, un siècle environ ^pi:ès leur construction, l^ientôt on les remplaça par de nouveaux édifices qui eux-mêmes ont disparu depuis longtemps. L'église , bâtie au commencer paent du XIII* siècle et démolie en 1 807 , ouvrait

< DélibératioD municipaU du 24 octobre 1807. * Cette rue, où les voitures avaient peine à passer , joigpait le (]uartier du Mal-Assis à la rue Basse.

? PrettYCs d« Bemier, p. x? .

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BK BLOiS. S41

sur la route de Châleaudun ; on reconntit encore dans un mur de ciôtufe la plsice qu occupait sa principale porte. La maison actuelle (moins le pavillon neuf) fut construite pendant le XYIP siècle.

Saint-Lazare, qui en 1789 formait un prieuré conventuel de Génove&ins, fbt vendu comme bien national, et depuis, cette propriété a subi un grand nombre de mutations. Parmi ses possesseurs transitoires, on remarque le conventionnel Chambon , médecin en chef des armées de la République , maire de Paris en 1793. Rendu à la vie privée par une disgrâce politique, Chambon vint habiter Saint-Lazare, et durant ce séjour momentané conçut le projet, approuvé par Tadministration municipale ' d'établir à Blois un cours public et gratuit de médecine, heureuse idée dont le départ du savant docteur empêcha laccomplissement Plus tard (vers 1820) nous rencontrons à Saint-Lazare le général Hugo avec son fils, le jeune Victor^ qui dut peut-être au recueillement de cette solitude quelques-unes de ses premières inspirations : des hauteurs du manoir paternel, le futur chantre de Marion de Lorme planait sur le vieux Blois , tout laid, tout sale ^; il pouvait, de son cabinet de travail,

* Délibération <la 10 prairial an ti.

* Epitbètes peu bienveillantes que' Tautcur du drame de Marion de Lonne adonnées ànotra ville. La belle-mère de Victor Hugo, veuf«du

• général, kabite encore Blois.

apercevoir les tours gothiques de Saint-Nicolas^ qu'il a désignées par le yers suivant :

Ces clochers même ont l'air gauche et provincial •.

Les hôtes passagers de Saint-Lazare y firent à peine les réparations indispensables; l'un d'eux, cédant à de mesquines considérations d'intérêt , démolit l'église, monument regrettable sous le rapport archéologique.

Enfin, depuis une dixaine d'années, ce domaine, si longtemps négligé , appartient à un homme de goût, quin a rien épargné pour le restaurer et l'embellir. La construction récente de l'aile du couchant a complété I édifice des Génovefains. Au premier étage du nouveau bâtiment est une magnifique galerie de tableaux ; les différentes écoles sont représentées dans cette collection , la seule qui existe à Blois : plusieurs grands maîtres y figurent par des œuvres dignes de leurs noms illustres. Après avoir admiré ces belles compositions, le visiteur s'arrête avec intérêt devant une vue de Saint-Lazare, prise au commencement du XVIIP siècle, reproduction fidèle et unique du vieux couvent des Génovefains; cette toile, médiocre comme objet d'art , mais précieuse comme document historique, méritait d'être restaurée , ainsi qu'elle Ta été , avec soin et luxe. Le jardin de Saint-Lazare n'est pas moins remar^

' Vf» du même drame.

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DE rtOlS. 545

quabie que riotérieur des bâtiments ; déjà les espèces rares et variées de cette collection horticole ont obtenu plusieurs médailles de la société d'agriculture.

Il nous reste maintenante indiquer Torigine probable d'une assemblée qui a lieu .chaque année, le jour de Pâques-Fleuries, dans la rue du Boui^-Neuf aux abords de Saint-Lazare.

L'an 1102, le comte Thibault, bienfaiteur de la léproserie blésoise, lui donna les produits d'une foire fixée au vendredi delà semaine de la Passion'. Par laps de temps , cette réunion industrielle, qui avait lieu auprès de Saint-Lazare, tomba en désuétude ; mais la promenade, reste populaire de l'institution primitive , n'en continua pas moins d'avoir lieu ; seulement elle fut remise à un jour de loisir, au surlendemain qui était le dimanche des Rameaux : c'est ainsi qu'un rendez-vous commercial se transforma en assemblée de pur agrément, en festival joyeux et frivole.

Prieure pe Saint-Jean-en-Grève. — A l'extrémité du bourg Saint-Jean, à mi-côté de Montigny, se trouvait un prieuré conventuel dont l'église devint, au cours du dernier siècle, la chapelle du grand séminaire. Avant la confection des levées, l'espace compris entre le lit de la Loire et le coteau

* Preuves de Beroier, p, xt.

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