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de Montigoy foraiait uoe plage sablonneuse (ou grève) ; le nom de la maison conventuelle^ dédiée à Saint-Jean, rappelait cet ancien état d^ choses.
CUBTIÈRES V
Autrefois rinhumatioq dans les églises n'était pas, comme aujourd'hui, le privilège du haut clergé; toutes les personnes notables obtenaient cet honneur moyennant quelques legs pieux. Le grand nombre de cercueils amoncelés dans les caveaux de Téglise Saint-Louis, prouve l'extrême facilité avec laquelle on accordait cette triste distinction. D'ailleurs il suffit d'ouvrir les anciens registres mortuaires pour se convaincre de la multiplicité de ce? sépultures intérieures: en les compuIsa.nt, nous avons remarqué beaucoup de bourgeois obscurs et même d'humbles artisans parmi les morts du vieux Blois qui furent ainsi inhumés.
Chaque paroisse de la ville avait un cimetière particulier. Celui de Saint-Solenne, situé derrière les murs de ville, occupait le mail actuel de la porte
* Il importe de bien connaître la position des anciens cimetières pour s'expliquer les amas d'ossements que Ton troure parfois dans l'intérieur de la tille.
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DK BLOIS. 54S
Clouseauli ; le terrain fut exhaussé decinq à six pieds, et les fossés de ville furent comWés, pour létablis^ sèment de cette place^ tellèqu'on là'voit aujourd'hui. Du côté opposé aux murs, le cimetière était bordé de maisons dont plusieurs existent encore ; on com'prend quelles devaient être la tristesse et FinsalU'^brité d'habitations si rapprochées de Fasilé des mortSi
Le cimetière de Saint-'Honôré se trouvait auprès de Téglise sur la place actuelle ainsi nommée ; cette paroisse se servait également d'uii cimetière attCHnant à la chapelle Champbourdin. Celui de Saint- Nicolas joignait l'église paroissiale. Celui de Saiht- Martin, contigu au couvent de Bourg-Moyeîi, odcur pait une partie de l'émplac^emént où se trôiiVe aujourd'hui la halle aux légumes. Celui de Vienne fut anciennement placé auprès de l'église, sUr l'enclos maintenant planté de jeunes tilleuls; ensuite on le transféra dans la rue Cléranceriè où il était aii commencement de la Révolution; enfin, Vers Tannée 4808, on l'établit au lieu actuel. Le cimetière de l'Hôtel^Dieu fit d'abord partie de l'enclos même de cette maison ; il occupait la cour de recréation de l'école mutuelle et l'emplacement d'une habitation neuve située en face : de là on le transféra au faubourg du Foix où il se trouvait en 1789. L'hôjpital de Vienne enterrait ses morts dans les jardins de l'établissement. Plusieurs maisons religieuses, telles
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que Saintr-Laumer et Saint-Lazare, avaient anssi des cimetières particuliers attenants à leurs cloitres. Auprès du Sanitas il y en avait un spécial^onent affecté à l'inhumation des pestiférés; m cas de besoin celui de Champbourdin servait au même usage. Tous ces enclos funèbres, la plupart situés dans rintérieur de la ville, étaient une cause permanente d'infection; c'est principalement à leur voisinage dangereux que l'on doit attribuer la fréquence et l'intensité des maladies pestilentielles dont nos pères eurent tant à souffrir.
En 4777 on eut le projet d'établir dans les jar* dins du château un cimetière commun pour l'Hôtel* Dieu, pour les paroisses St.-Martin et St.-Laumer; mais la ville ne put obtenir du Domaine la concession des terrains. Le cimetière actuel, commun aux deux paroisses Saint-^Louis et Saint^Nicolas , fut disposé en 1 806 ; il occupe une partie de l'ancien enclos des Capucins, ainsi que l'emplacement de leur maison. Par suite de cette translation^ l'élise conventuelle fut convertie en chapelle funéraire; l'administration civile voulait même que Ton y amenât les corps directement , sans les présenter aux églises paroissiales, et que le clergé vint y faire les offices mortuaires * ; mais ce projet, contraire à un usage immémorial, futgénéralementi roprouvé ,
* Délibération du conseil municipal du 4 mai 1807.
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et n eut point d'exécution; les cérémonies continuèrent d'avoir lieu en chaque paroisse. On remarque dans ce champ du repos les tombes de M. Rousseau, évêque d'Orléans, de M. de Corbigny ', de madame Lefebvre, mère du maréchal de Dantzick; plusieurs monuments de famille, entre autres celui de la famille Âucher^^Lemaignen, sont d^une belle structure.
Le cimetière a été agrandi en 4838 par l'acquisition d'un terrain situé au sud-ouest : mais bientôt il sera encore trop étroit pour contenir les restes pressés des générations blésoises; on aura même beaucoup de peine à l'étendre à cause de la proximité du chemin de fer. Les abords de cet enclos sacré ont pris un aspect peu en harmonie avec sa destination lugubre. Les administrateurs qui établi-rent le champ du repos en ce lieu jadis calme et solitaire, ne se doutaient pas qu'il dût un jour devenir le centre d'activité d^une locomotion bruyante, que le passage des v^agons et le mouvement de l'embarcadère viendraient troubler le silence des tombeaux : nul ne pouvait prévoir en 1806 ce voi^ sinage disparate, créé par les merveilleux progrès de l'industrie moderne.
' Ce tombeau fut érigé aux frais du département en mémoire des senrices rendue par Tadministratcur distingué dont il renferme les reste».
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tfBJUËVXBJI OBL
Lorsque la cour résidait à Blois, les grands seigneurs et les dignitaires de l'Ëtàt y affluaient : pIUsieuris, se trouvant logés trop à réti*oit dans les maisons de Tanciennë ville, firent élever des hôtells plus dignes de leur position sociale et de leur* fortune. Ces résidences aristocratiques participèrent sans doute à Fillustration de leurs fondatèui^ et de leurs premiers hôtes ; mais le temps, qui fespecta leurs murs, a emporté presque tous leurs souvenirs : les titres encore existants (et ils sont rares) concernent plutôt la propriété qu'ils n'intéressent Thistoire ; aussi, malgré les communications officieuses des possesseurs actuels, n apportons-nous
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que des renseignements fort incomplets sur l'origine, les destinées et les vicissitudes des hôtels du vieux Blois. La plupart, nous devons le dire, ont malheureusement perdu beaucoup de leur caractère archéologique^ par suite de réparations et de constructions exécutées à une époque où Ton se préoccupait peu de l'intérêt monumental. Aujourd'hui les considérations d'art ont repris faveur ; une réaction salutaire s'est opérée pour le culte des antiquités, et les propriétaires eux-mêmes, malgré l'empire des idées positives, sont assez soigneux de les conserver : au lieu de les détruire, ils aiment en général à les restaurer.
L'hôtel du Petit-Louvre, situé rue Saint-Martin, au bas de la rampe du château, est le seul dont les titres, remontant à une époque éloignée, offrent une série d'indications précises. Le plus ancien, daté de H77, nous apprend que l'hôtel fut bâti peu de temps avant cette année-là. Un siècle après, le chancelier Hurault l'acheta et l'agrandit considérablement; entre autres constructions, il fit élever le col-de-lampe adossé à un angle de la cour : ce cabinet suspendu avait vue dans 1 église Saint-Martin, sur une chapelle fondée par le chancelier et ornée des armes de la famille Hurault. Le mur de l'hôtel était mitoyen avec l'église, de sorte que le propriétaire pouvait, sans sortir de chez lui, assis-
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ter aux offices àfi sa paroisse. Le nom de Peti^ Loy/ore fut probablement une allusion significative à rinfluence politique du chancelier Hurault; ce possesseur illustre n'était-il pas assez puissant pour que Ton comparât son hôtel au palais de nos rois? Le comte de Limours, un de ses fils, hérita du Petit-Louvre; mais bientôt, par suite d un de ces revers de fortune qui frappaient si souvent les grands seigneurs de Tancien régime, Tbôtel fut saisi et adjugé au marquis de Sourdis; Henri Hurault, frère du comte dépossédé, le recouvra par T^ercice du droit de retrait lignager. En l'année 16iS| il le revendit à Mathurin Daniel, garde de$ varetmeM d^ comté de BUns. L'héritier de cet acquéreur eut contestation avec l'église Saint-Martin au sujet de la fenêtre du cul-de-lampe : la fabrique voulut faire boucher ce jour incommode ; le maître de rhôtd soutint au contraire que la servitude devait être maintenue. Toutefois, avant de s'engager dans un procès dispendieux, il demanda la communication amiable des titres que la fabrique invoquait à l'appui do sa prétention,; comme on refusait de les lui montrer, le rusé personnage prit un détour, et arriva à son but en se faisant nommer marguiUier de Saint-Martin, dignité qui lui donnait accès dans les archives de la marelle : ses recherches actives l'eurent bientôt convaincu que le droit était précaire, comme il l'avoue lui-même dans un mémoire écrit
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DE BLOIS. Ml
de sa main. Le marguUlier profita de ce» rendetgnements subreptiees, et consentit à une transaction qui lui assura, sa vie durant, la jouissance du dit regard; après sa mort on boueba la fenêtre IHigieuse.
Parmi les anciens possesseurs du Petit-Louvre, on remarque plusieurs membres de la &miUe Uésoise des Rangeard de Yilliers (de 1749 à 176&).
Au point de vue archéologique, cet hôtel offire des parties intéressantes, telles que la voûte d'entrée et le cul-de-Iarope déjà mentionné. La voûte est posée avec hardiesse; ses arcs surbaissés pro* duisent le meilleur effet; le luxe des sculptures, naUienreusement dégradées, démontre tout d'abord qoe cette avenue monumentale conduisait à una grande et noble maison. Au-dessous du ree^ de-chaussée, on voit les restes d'une chapelle indi^ qpiée par les titres du XVP siècle. L'intérieur n'a GOBservé d'autres traces d'andenneté que plusieurs portes à rainures, et u» petit cabineff (font la boî^ série peut remonter au XYII* sîècie. N'oublions pas le célèbre distique gravé en caractères gothiques, aU'-dessuB de la porte de Tescalier :
Spêctdê, tum htmrili par hœ(f, sed bclla sttperbo, Et vUa ex noêtro vuUiere nex-quâ venit,
< Ces dards sont un signe de paix pour les hum* blés, de guerre pour les superbes, et leurs piqûres donnent la vie aussi bien que la mort. »
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Cette inscription, qui servait autrefois de devise à un porc-épic sculpté, prouve que le Petit-Louvre existait déjà sous le règne de Louis XII ; car Temblême du porc-épic ne survécut pas à ce prince, François P% son successeur, ayant adopté une salamandre avec la devise : Nutrisco^ extinguo.
De nos jours on a achevé de faire disparaître les sculptures qui ornaient la façade donnant sur la rue Saint-Martin ; ce côté de l'édifice, jadis si remarquable par sa physionomie antique, n'offre plus maintenant que l'aspect monotone d'une maison moderne.
Entre les bords de la Loire et la ruelle de la Tupir nière, se trouvait un vaste bâtiment appelé la Graineterie, siège principal d'un fief dépendant autrefois du couvent de Marmoutiers, et en dernier lieu de l'archevêché de Tours, auquel cette abbaye avait été unie. Ce domaine féodal et religieux dut son nom aux redevances en grains qui formaient la majeure partie de sa dotation ; il était habituellement affermé. On voit par un bail de 1 444, rédigé en latins que le bâtiment principal était couvert en ardoises , matière encore très rare à cette époque. En 1750 la ville loua les greniers et magasins de cette maison pour y loger des prisonniers hollandais, envoyés en dépôt à Blois par Louis XV.
* Archives d<ipartcmentales.
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DE ULOIS. S5»
En 1752, M, Charles Turpin, notaire à \illetard, prit à bail le fief de la Graineterie, moyennant 7,500 livres' : cette somme, considérable pour le temps , démontre assez quelle était l'importance du domaine en question. Pendant la Révolution» M. Guillon Tacheta comme bien national , et remplaça les vieux bâtiments par l'hôtel de la Bouie- (TQr^ que feu M. Guillot, propriétaire du château de Cheverny, fit reconstruire dans l'état actuel, il y a environ vingt années. L'arrière bâtiment conserve encore quelques restes de l'ancien édifice de Marmoutiers, notamment une voûte ogivale.
L'hôtel d^Alluye^y situé rue Saint-Honoré, fut bâti au XVI* siècle par Florimond Robertet, ministre des rois Louis XII et François P^, le même qui fit élever le château de Rury, près Rlois. L'architecture de l'édifice atteste l'opulence et le luxe du fondateur; on remarque surtout une galerie^ et une chapelle situées au premier étage. Nous mentionnerons aussi une belle cheminée dont le style
* Titre des archives départementales.
' Ce nom lui vient de la baronnie d'Âiluye eu Perche, possédée par la famille Robertet à Tépoquc de la construction de Thôtcl.
' Ces galeries à jour que Ton trouve dans beaucoup de chftteaux et de malsous monumentales du XVI* siècle, furent empruntées à Farchitecture ultramontaine ; mais, on doit le dire, elles étaient peu en harmonie avec la température indigène ; pour mettre d^accord Tart et la nature, il eût fallu transporter également dans nos contrées le beau cirl et le doux climat de Tltalic.
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et lornementation appartiennent évidemment au règne de Louis XIT. Robertet, Tun des personnages les plus considérables de son temps, voulut que lien ne manquât à cette habitation : l'existence d'nne diapelle particulière, privilège alors réservé aux grands seigneurs, suffirait pour démontrer la hante position du propriétaire : ses armes ' et celles de Micfaelle Gaillard, son épouse, apparaissent en plusieurs endroits de Thôtel. Pendant les seconds États de Biois, tenus en 458S, la somptueuse demeure des Robertet fut habitée par le cardinal de Guise. Le matin du 23 décembre 1588, le malheureux prélat, mandé au château, sortit de cet hôtel pour ny plus rentrer; car bientôt il tomba,
ainsi que le duc son frère , sous les coups des sbires du roi Henri liï.
La 'famille Robertet s éteignit au commencement du XVIP siècle; son immense fortune n'eut pas une plus longue durée, puisqu'à la même époque, Thôtel d'AUuye fut vendu par expropriation à la
* Bcrnicr (p. 26), rapporte ainsi Tongine^dc la devise des Kobeitet, telle qu'on la voit dans Thôtel d*Alluye: « Le roi Louis XU ■ s*étant un jour écrié que toutes les plumes le volaient, ce sccré- » taire des (luanccs qui portait un vol pour armoiries sur la baode » de son écusson , répondit en même temps , avec une présence » d'esprit admirable : fort ungne, » Cette plume unique , que Florimond Kobertet excepta de la réprobation générale , était la sienne : Louis XU , en lui permettant de prendre pour devise cette heureuse répartie, honora la probité ministérielle du seigneur dWlluye.
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DE DLOfS. f^^
barre du présidial de Blois. En 1789 il appartenait à M. Louet de Terouane, président de ce même IribunaL
 quelques pas de Tbôtel d'ÀIIuye, se trouve une maison que fit construire et qu'babita le jurisconsulte Denys Dupont, savant commentateur de nos Coutumes. L'escalier tournant est d'une architecture élégante; on y voit sculptés sur les parois et sur plusieurs portes de l'époque le paon et le bouc, pièces principales des armoiries de Dupont et de Marie Barbes, sa femme. Dans l'intérieur de l'édifice on lisait jadis leurs devises respectives ; celle de Dupont était : Virtm sine fortunâ manca (la vertu sans la fortune est manchette) , triste vérité dont il fit peut-être Texpérience personnelle ; celle de Marie Barbes, Chauffâtes (T ardents désirs, témoignage naïf de l'amour d une tendre épouse. Dupont eut à défendre sa propriété contre l'envie d'un voisin puissant et impérieux ; car, dit Bernier, < ayant bâti un assez joli logis fort proche de » Florimond Robertet, secrétaire d'état, il ne vou- » lut jamais Fen accommoder pour en accroître » l'hôtel d'Alluye, ce dont il reçut quelque mécon- 9 tentement. » Malgré les importunités et les ti*acasseries du grand seigneur, l'avocat blésois conserva sa maison , qui rappelle une de nos gloires locales et qui offre en même temps quelque intérêt archéologique.
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Îk56 HISTOIRE
La Tournl' Argent dépend d'uae maison située dans la rue du Pont ; ainsi que nous Favons déjà remarqué, c'est un reste de Fancien hôtel monétaire des comtes de Blois, supprimé en 1315 ; cette date seule prouve Tancienneté de la tour, qui sans doute fut construite bien avant la suppression de l'établissement affecté à l'exercice du droit féodal de battre monnaie, droit exorbitant usurpé par les fiers barons du moyen-âge.
A peu de distance de la Tour-d' Argent, à l'angle des rues du Pont et du Change, on remarque une ancienne maison occupée par un magasin d'étoffes ; elle s'appelait autrefois le Temple^ et s'il faut en croire la tradition, elle aurait appartenu aux Templiers. En effet, il y çut à Blois une maison de cet ordre religieux et militaire ; le quartier de la Poissonnerie et de la rue des Trois-Marchands en dépendait à titre féodal '. Après la condamnation des Templiers, leurs biens furent attribués à l'ordre de Saint- Jean-de-Jérusalem (devenu ensuite ordre de Malte) ^ qui, par suite de cette concession, exerça les droits féodaux sur le quartier du Templç à Blois, et sur le territoire de Villejoint. (Ce hameau, voisin de la ville, avait également appartenu aux Templiers; l'ordre de Malte le possédait encore en 1789).
* Fournicr. Essais sur Blois , p. âU.
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La maison du Poids-le-Roif dont nous avons expliqué précédemment l'ancienne destination , se trouve à l'angle de la rue ainsi nommée et de la petite place de l'Ave-Maria; une fontaine publique est depuis longtemps adossée à cette vieille demeure.
L'hôtel Jassaudf situé à l'angle des rues de la Fontain&-des-Ëlus et de Veauvert, porte sans doute le nom d'un de ses anciens possesseurs. Presque toutes ses antiquités ont disparu depuis une vingtaine d'années; un porc-épic grandiose ornait jadis sa façade et rappelait l'époque de sa construction. Au-dessus de la porte d'un escalier donnant sur la cour se trouve une sculpture de bon goût qui représente Jacob et Rachel. Les petits carreaux d'un corridor conservent quelques traces de figures peintes; ce genre de luxe, autrefois à la mode, est tombé depuis longtemps en désuétude.
Une maison voisine ' , située dans la rue du
• On n'est pas d*accord sur sa véritable dénomination. Les uns rappellent hôtel d^ Atonale (Un duc d'Aumale, cousin de Guise le Balafré et £ameux ligueur, habitait Blois pendant les États Généraux de 158S; peut-être occupa-t-il cet hôtel). D'autres l'appellent hôtel Sardigni, nom d*une [famille italienne qui vers la fin du XVI* siècle possédait le château de Chaumont'Sur-Loire y et qui jouissait d'une grande faveur auprôs de Catherine de Mcdicis.
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P«it8-0hâlei, conserve un reste prédetix 4'ornementd^tion intériénre. Dans un petit caMnel servant laMtfefoîs d'oratoire se trouve une fresque à sujet neligieuiL (Jésus-Christ entre les deux larrons) ; les tM)Stumes des personnages appartiennent an temps de la Renaissance, anachronisme qu'autorisait Tosage de cette époque; en face on voit plusieurs L ooQronnés, initiales du nom de Louis XII. Ces si- :giies d'antiquité ne laissent attcun doute sur l'époque de la Conrtructioû de l'hètel: quelles sculptures extérieures , malheureusement dégradées, et la forme ogivale d'un fragment de voûte, nous portent aussi à lui assigner pour date la fin du XV"* siècle. C'était le temps de splendeur artistique, loù Louis XH faisait élever la'partre orientale du château» où de grands seigneurs, à son exemple, bâtissaient magnifiquement dans la ville et aux environs. Ces belles constructions attirèrent plu* sieurs artistes renommés qui ornèrent les murailles de fresques; mais ni le château, ni les autres anciens hôtels de la ville, n'offrent plus aucune trace de ces regrettables peintures ; la fresque de l'hôtel Sardigni ou d'Awma/e mériterait , ne fût-ce qu'à cause de la rareté locale de ces sortes d'ouvrages, d'être soigneusement restaurée.
L'hôtel d'Amboisc, situé sur la place du château, fut habité par le cardinal Georges d'Âmboise, mi*
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aistre 4e Louis XII ; on y voit encore une fenêtre en beîs d'où cet bomme d'^état causait babitoellement arec le roi son maître, qm «e tenait à la croisée d'une chamteedH dUiteau placée tont vts-à-vis. La foçade de oet hôdeU (kmnant sur la rampe du Foix, est "d'un bel aspect. L'édtfioe parait èlre de la m&mt qpoque que l'aile du diiteav, bfitîe sous le règne dt Louis XII. Dans la oour on remarque une petite galerie ouverte, dont les sculptures légères appartiennent bien au stjle de la Renaissance.
A côté se trouve l'hétd d'Epemon, ainsi nommé parce qtte le -duc d'Epemon , Tun des favoris de Henri i!I, le possédait en 1588 pendant le séjour de la eour. Le roi , en quittant Blois (mars 1589), lui confia le commandement miiita'u*e de la ville, dont les Itgueufs tentaient alors de s'emparer : par suite de cette mission, le duc continua d*habiter son iiôtel de la place du château jusqu'à ce que la ville fât hors de danger.
L'hôtel de Bretagne^ situé au-dessus des fossés du château (habité aujourd'hui par le directeur des domaines ) , joignait immédiatement l'ancienne église paroissiale de Saint-Nicolas. Sa dénomination nous porte à croire qu'il fut originairement construit par quelque officier d'Anne de Bretagne pendant le séjour de celte reine au château de
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Blois; on peut d'autant plus vraisemblablement le supposer, que les communications de ce quartier avec le château étaient alors fadies au moyen du pont jeté sur les fossés : les grands personnages qui habitaient Thôtel de Bretagne se trouvaient ainsi à proximité de la cour ; cette position leur convenait parfaitement, et Ton ne doit pas s'étonner qu'ils l'aient choisie de préférence à toute autre.
L'hôtel Gaillard fut bâti par Michel Gaillard ^ personnage issu d'une noble famille de Blois, qui exerça, sous le règne de Louis XII, les premiers emplois de finance ' ; une partie de cette ancienne habitation forme aujourd'hui le presbytère de la paroisse Saint-Nicolas; on y voit une ancienne tourelle appartenant , suivant toute probabilité, à la construction primitive, et une fenêtre ornée de sculptures légères dans le goût de la Renaissance. De cette habitation dépend une cave dont la voûte ogivale et les piliers méritent d'être remarqués: quelques cariatides assez bien conservées offirent des types curieux de ces figures grimaçantes auxquelles lart gothique aimait à faire supporter le poids de logive. Du reste, ces sortes de souterrains monumentaux ne sont pas rares à Blois ; on en trouve dans plusieurs anciennes maisons ; leurs sculptures annoncent l'opulence des fondateurs,
* Bcrnicr p. iAi.
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qui pouvaient mettre du luxe jusque dans les cénacles les plus obscurs.
Derrière l'hôtel Gaillard, dans la rue Saint-Lubin, se trouve une maison antique (habitée par un fripier) dont le portail en bossage offre un aspect bizarre. On prétend qu'il exista autrefois un atelier monétaire dans les caves; cette vague assertion nous semble bien hasardée.
Non loin de là, le café de la Paix présente plusieurs signes extérieurs d'antiquité. Suivant une tradition populaire, Louis XII y serait né : car on raconte que Marie de Gèves sa mère, comtesse de Blois^ passant par la rue Saint-Lubin, fut prise tout-à-coup des douleurs de l'enfantement, et qu'elle entra dans cette maison, où sa délivrance inattendue s'opéra presque sans douleur. Si l'anecdote était vraie, ce serait un bien grand souvenir pour l'humble café de la Paix ; mais rien ne la justifie, et l'on peut au contraire lui opposer avec raison un témoignage historique qui paraît irrécusable. Avant la Révolution on lisait au-dessus de la porte du château quatre vers latins, dont le premier ainsi conçu :
«c Hic ubi oatus erat dextro Ludovicus Olympo. »
attribuait évidemment à cet édifice l'honneur d'avoir vu naître le bon roi. L'inscription, placée du vivant même de Louis XII, ne laissait aucun doute
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'jȕ HISTOIRE
sur le fait attesté par un poète contemporain ; d^ailleurs raccouchement subit que Ton raconte est peu yraîseniblaUe; Marie de Glèves sans doute ne se serait pas exposée à une pareille surprise.
L'bôtel Pheiippeaust, situé rue des Rouillis (maison actuelle des rdigieuses Carmélites), appartiat jadis à Tune des plus illustres familles dû pajys Ué* sois, à cette grande race des Phelippeaux qui iut pour Tancienne monarchie une ventile pépîmère de ministres. Cet hôtel était la maison àe Tille des opulents seigneurs d'Herbanlten Sok^cdbntb château fui le beroeau^ de leur lignée.
Sur la place Saint-Louis on aperçoit le pignon aigu d une maison isolée, qui porte encore les maiw ques nombreuses de la mitraille des Huguenote ^ : une fenêtre de derrière a conservé les aculpturee et même les panneaux de Tépoque.
Entre les grands degrés de Saint-Louis et la rue des Papegauts se trouve une ancienne maison (ap* partenant à M. Renou): son style distingué annonce qu'elle fut bâtie par quelque personnage iiihportant du XVP siècle.
L'hôtel Sauniery, situé au haut de la rue Pierrede^BhnSy porte le nom de ses anciens maîtres ,
* V. êuprù p. 70.
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DE CLOIS. ft6S
qui longtemps 'pos3édièrent héréditairement les deux charges de bailli de Blob et de gouyerneur du château de Ghambord; aujourd'hui il apjpartient à M. Biaageard-Butel, descendant d'une autre famUle du pay3 qui a honoré jadis la magistrature Uésoise. Cet hôtel» febâti depuis la Révolution, n'offre plus rien de remarquable; et», ce n eût été son nom historiqpe, nous ne l'aurions pas mentionné. Les sculptures m bois de la maison contigue fixent l'attention des archéolog^ies. Nous leur recompaandouf^ awisi la porte d'une maison située au ba^ d^ Ift mi^me rue^ à L'angle de celle des Juifs : on lit au frontispice la maxime incontestable: um xMera nova; le propriétaire quî fit graver cet hom« mage concis, rendu a la puissance du temps> prévoyait sans doute que soa habitation n échapperait pas à la loi. commune^ Le peUt trèfle sculpté au mèn^ bâtiment dénote une ancienneté assex reculée; car ce genre d'ornement a cessé depuis long^ temps d'être en usage.
Au haut des degrés de la rue Chemonton se trouve l'ancienne demeure du duc de Guise, le même qui périt assassiné au château de Kois ^i 158S. D'intéressants souvenirs se rattachent à cet h^l , devenu méconnaissable depuis qu'on l'a transformé en pensionnat. Le séjour momentané de l'ambitieux Guise y faisait affluer les ligueurs dont
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ii était le chef; c^est là que ce personnage donnait ses audiences, réunissait ses partisans, et ourdissait les ténébreuses intrigues qui devaient, dans sa pensée, lui frayer le chemin du trône. Son hôtel aspirait à devenir un palais ; mais , un jour de colère, le château royal reprit le dessus, et le monarque terrassa le téméraire sujet.
Dans la même rue, un peu plus haut , s'élève le vaste hôtel du Gouverneur ^ maintenant occupé par un pensionnat de demoiselles. À lepoque où Blois était fortifié et soumis au régime militaire , le gouverneur de la ville logeait dans cette maison , située sur la ligne d'enceinte, contiguë aux remparts, et fortifiée d'une tour qui existe encore : de la terrasse, d'où la vue s'étend assez loin, il pouvait, en cas de guerre , diriger toutes les opérations qu'exigeait la défense de la place ; il pouvait également, aux jours des grands périls, se retrancher dans cette position inexpugnable.
L'hôtel de la Chancelleriej situé vis-à-vis, au coin de la petite rue du Lion-Ferré, appartenait à la famille Turpin, dont un membre distingué , lieutenant criminel au bailliage de Blois, l'habitait en 1789. Le nom de cette vaste maison lui vient de ce qu'autrefois elle était oc^îupée par la chancellerie du présidial, bureau public où l'on scellait les sentences et autres actes de cette juridiction. Une sculpture placée au-dessus de la porte , représen-
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tant la justice avec son glaive et sa balance , atteste encore Tancienne destination de Tédifice.
On s'étonnera peut-être que les fondateurs de ces hôtels aient choisi un quartier de si difficile accès ' ; mais à une époque où l'usage des voitures de luxe était fort rare , les sites escarpés offraient bien moins d'inconvénients qiie de nos jours. Au XVP siècle, les gentilshommes, les princes mêmes, allaient encore à pied dans notre ville ; les premiers carrosses de la cour ne parurent à Blois que du temps de Catherine de Médicis , et sans doute les grands personnages qui l'habitaient, n'adoptèrent pas aussitôt cette mode dispendieuse. Les difficultés de terrain, si contraires aux habitudes de l'aristocratie moderne, préoccupaient bien peu les sommités du vieux Blois, et leur genre de vie s'accommodait volontiers des pentes les plus abruptes.
Une maison , remarquable par son architecture , située à l'angle de la rue Neuve et delà Grande-Rue, s'appelle aussi la Chancellerie. Elle parait fort an^ cienne ; une de ses sculptures, enlevée depuis quelques années, semblait remonter au commencement du XVI* siècle : ce bas-relief, qui représentait une hermine, emblème de la reine Anne de Bretagne, décédée à Blois en 1514, avait sans doute été
* La même observation s'applique aux hôtels d*A11uye, de Bre» tagne , etc.
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exécuté de son vivant ; car, après sa mort , Therrnine cessa de figurer dans le décor des édifices , d'où il résulte que la construction de Tbôtel serait antérieure à Tannée ^514. La façade donnant sur la rue Neuve présente un grand luxe de sculptures, la plupart endommagées : le vestibule est magnifiquement voûté en ogive ; ce style grandiose annonce le faste que les grands seigneurs de 1 époque mettaient dans leurs constructions particulières, régis ad exemplar; les gentilshommes, comme les princes qui faisaient alors reconstruire le château de Blois, ne reculaient devant aucun sacrifice pour embellir leurs nobles demeures, et déployaient k l'envi tout^ les richesses de l'architecture, toutes les ressources de rornementation.
Nous devons mentionner aussi un ancien hôtel, situé dans la rue Haute (habité par M. Suppligeau). Une cordelière très bien conservée orne une des fenêtres de la cour ; cet emblème du veuvage ' fut introduit à Blois par la comtesse Valentine de Milan qui vint, après l'assassinat de son époux Louis d'Orléans, finir dans nos murs son existence désolée. Un magnifique porc-épic, naguères placé audessus de la porte de cette même cour, fait mainte-
* Il était fondé sur un jeu de mot , et faisait allusion â la liberté des femme veuves qui ont le corps délié par suite de la rupture des nœuds matrimoniaux.
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nant partie de la précieuse oollectton d'aaliquités de M. de la Saossaye. Les sujets de ces sc^ptures hér^ddiffues, empruntés à d'augtt$tes blasons, fout présnoier i)iie Tbotet de la rue Haute fut bâti par quelque graqd persoanage du temps de Louis XU.
Ou rex&arque sur le port Saint-Jean une grande maison que AL Leray , possesseur du château de Chaumont-sur-Loire, fit construire vers 1770 pour y déposer les blés dont il faisait commerce avec 1^ États-Unis. D'après cette destination primitive , elle ne se composait que de magasins et de greniers; depuis quelques années seulement, le propriétaire actuel a rendu habitable ce vaste corps de bâtiment, qui naguères offrait le plus triste aspect au milieu d'un quartier populeux et animé.
Enfin nous mentionnerons les plus anciennes hôtelleries de la ville , et d'abord celle de la Galère , située sur la levée du Foix. Longtemps cette maison eut le privilège d'héberger les princes et les grands personnages qui passaient à Blois; nous avons vu par exemple que les petits-fils de Louis XIV y logèrent en 1700. Elle fut bâtie en 461 1 sur UH terrain que l'abbé de Saint-Laumer avait , en 1477 ', vendu pour le modique prix de 2 sous 6
* Gel emplacement dépendait alors des grèves incultes que les rcli-^ gi«ux de Saint-Laamer possédaient devant leur monastère.
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&«8 mSTOIRE
deniers de rente '. On peut juger par ce chiflfre si minime, combien la valeur de l'argent et celle des terrains se sont accrues depuis le XV' siècle. L'hôtel de la Galère a perdu son ancienne destination en devenant , il y a quelques années seulement, une habitation particulière.
Un hôtel non moins ancien était celui de YAmbasmdeur du roi de Pologne ', situé au nord de la halle au blé, sur un emplacement où Ton expose aujourd'hui les condamnés; le puits de cette maison existe encore.
L'hôtel d'Angleterre, qui date de l'ouverture de la rue du Pont, prit le nom d'une de nos plus anciennes rues : sa situation avantageuse lui a de tout temps procuré une clientelle considérable et distinguée.
Un hôtel des Trois-Marchands, exista longtemps au Foix, dans la rue qui a conservé le nom de cette enseigne; la maison appartient aujourd'hui à M. Lemaignen-Barrault. Après la construction du
* Titre des archives départcmentalei.
* Cette dénomination semblait rappeler les relations diplomatiques que la France eut avec la Pologne au XVI* siècle. Henri HI, n'étant encore que duc d*An}ou, fut élu roi de Pologne, et traversa Blois au retour du camp de la Rochelle pour aller prendre possession de ce trône étranger : la ville, lors de son passage, lui fit une réception oflSciellc, réglée par délibération du 20 juillet 1573 : peut-être l'embassadcur du nouveau roi logea -t-il à cette occasion dans l*h4tel de la rue des Rouillis.
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quai du Département et de la levée du Foix, la rue des Trois-Marchands cessa d'être le passage des voitures allant à Tours ou en venant, et son hôtel éprouva une décadence sensible; bientôt même il fut complètement fermé. Alors il s'en établit un autre, avec la même enseigne, dans la rue du Poid^le-Roi, quartier plus central et plus rapproché des nouvelles voies de communication.
Pendant la Révolution et au commencement du Consulat, ce second hôtel des Trois-Marchands fut, on se le rappelle, un des rendez-vous de la chouannerie blésoise. Plus tard, il changea son nom en celui d hôtel de France ; aujourd'hui c'est une habitation particulière.
L'auberge de la Cremille, en Vienne, avait beaucoup d'importance lorsque la grande route de Paris passait de ce côté : elle existait déjà sous le même nom au XVP siècle, et logea une foule d'étrangers de distinction pendant les divers séjours de la cour à Blois.
L'hôtel des Trois-Rm, situé sur la même ligne , dans la rue de la Chaîne, participait également aux avantages de cette position. En 1577, il portait pour enseigne les Trois-Maures , ainsi que le démontre un document cité plus haut (page 355):
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Jusqu'en 1776, les travaux des routes s'exécutèrent par corvées. Un édit de Louis XVI abolit ce mode vicieux, et lui substitua une contribution pécuniaire, moins vexatoire et plus également répartie. Maigre cette grande réforme, Tentretien des routes continua d'être insuffisant; leur état de ruine à Tépoque de la Révolution prouvait peu en faveur de l'ancienne administration des ponts et chaussées. Depuis cinquante ans, les travaux de voirie ont suivi les progrès toujours croissants de la circulation; de nouveaux besoins ont nécessité rétablissement de chaussées plus solides et la construction
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UISTOIRË DE BLOiS. 571
d'un grand nombre d'ouvrages d'art. Enfin le sys* terne de Mac-Adam est venu remplacer avec avan^ tage les anciens procédés d'encaissement et de sablage. Grâce à cet ingénieux perfectionnement et à l'activité de l'administration , l'état actuel des routes laisse peu à désirer.
Il n'entre point dans notre plan de nous occuper des nombreuses voies qui sillonnent le territoire du pays; historiens de la ville, nous nous bornerons à queues renseignements sur les routes partant de Blois et formant les principales avenues de notre cité.
Route d'Orléans par la rive gauche. — Autrefois elle faisait partie de l'ancienne route postale de Paris à Bordeaux. De Blois à Saint-Dvé , on suivait le val par le chemin bas qui commence à la métairie de la Bouillie, d'où il se dirige sur SaintrClaude et MontUvauIt. Les crues l'interceptaient souvent; maiB à une époque où les communications étaient peu actives, on pouvait se contenter de cette voie incommode^ qui ne suffirait pas assurément aux besoins de la circulation actuelle. Cette route fut peu fréquentée après l'établissement de celle de la rive droite par Beaugency et Menars ; les postes cessèrent alors d'y passer, et furent transférées sur la nouvelle ligne ; on négligea même d'entretenir l'ancienne communication , devenue
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bien moins utile. La route actuelle, établie sur la levée de Blois à Saint-Dyé, est préservée des crues; mais elle a rinconvénient de ne point desservir directement les bourgs de Saint-Claude et de Mont» livault que traversait Tancien chemin.
Route de Blois à Lœhei. — Cette route feisait suite à la précédente, et, comme elle, dépendait de la grande ligne postale de Paris à Bordeaux. Arrivées au faubourg de Vienne, les voitures traversaient les rues de la Chaîne et de la Croix-Boisée, détournaient à gauche par le chemin qui conduit au cimetière actuel, passaient les ponts Saint-Michel, montaient le tertre de Saint-Gervais, et suivaient jusqu'au bourg de Chailles la forêt de Russy où Ton reconnaît encore le pavé de Tancienne chaussée. Les postes abandonnèrent cette direction en 1740, et adoptèrent la route de Tours par la rive droite de la Loire. Après ce changement, on laissa tomber en ruines une voie de communication qui néanmoins était encore fréquentée. La nouvelle route départementale de Blois à Loches fut d'abord refaite jusqu'à Montrichard (vers 4824); la lacune qui restait est terminée depuis cinq ans seulement. Le service de poste a été rétabli sur cette ligne , qui abrège de vingt lieues environ le trajet de Blois à Poitiers ; mais les avantages et les agréments de la grande route qui passe par Amboise
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et Tours compensent bien cette légère différence. Aujourd'hui la route de Loches a moins d avenir que jamais, par suite de l'établissement du chemin de fer de Paris à Bordeaux.
Bûute (TOrléans par la rive droite. — Le pays doit cette communication au crédit d'une célèbre favorite. Madame de Pompadour , maîtresse de Louis XV, la fit ouvrir vers Tannée i 761 , en considération de sa belle terre de Menars, et voulut même qu'elle traversât le parc du ehâteau\ Aupara-
' De nos jours on a prétendu rattacher i une anecdote assez connue l'établissement de la route dont il s'agit. ÂTant que le pont ac- |Uel d'Orléans fût liTré & la circulation publique, madame de Pompadour le traversa en chaise de poste, se rendant ft Menars : parmi les hommes du peuple qui la regardaient passer se trouvait un paysan franc-parleur : « Mes amis, dit-il à un groupe de curieux, la solidité » de notre pont est maintenant à toute épreuve. — Comment cela?... n — Ne vient-il pas de porter sans fléchir le plus lourd fardeau de 9 France ? » Or, ajoutent certains narrateurs, cet heureux à-propos étant parvenu aux oreilles de la favorite, elle ne voulut plus jamais passer sur le pont d'Orléans, et fit en conséquence percer une nouvelle route par la rive droite. Cette explication n'est pas sérieuse: quelle que filt la susceptibilité de la marquise , nous ne pouvons admettre qu'elle ait poussé aussi loin le défaut de son sexe ; d'ailleurs elle avait tant de bonnes raisons d'établir une route directe d'Orléans à son château, qu'il n'y a aucune apparence de lui supposer un motif aussi puérile. La première grande-dame de France devait bien peu s'inquiéter de la boutade d'un rustre mal content : n'était-elle pas asses haut placée pour mépriser les vains bourdonnements de la plèbe ? en paraissant les écouter, elle leur eût donné de l'importance, et certes madame de Pompadour n'était pas femme à commettre de pareilles maladresses.
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vant la route par Saint-Dyé était la communtcation ordinaire de Blois à Orléans. Le terrain de la nouvelle chaussée , à l'issue du port Saint-Jean, disait partie des enclos du Séminaire et du Sanitas. L'ancien chemin de Menars existe encore; il passait devant les tuileries et suivait la levée.
L'embranchement qui conduit de la Patte-iTOie à la Grande-Pièce, date de la même époque que la route de Menars. Les ormes , abattus de 1830 à 1 838, avaient été plantés par les riverains, auxquels Tancien gouvernement imposait cette obligation.
Route de Bloi$ à Tours par la rive droite. — C'est la première route qui ait été établie sur nos levées. Anciennement elle quittait la turcie vers Chouzy, suivait dans le val une direction appelée encore aujourd'hui chemin de Paris ^ traversait Chouzy et plusieurs villages situés à une certaine distance de la levée. Avant la confection du quai du Département, les voitures partant de Blois arrivaient à la route de Tours par la rue étroite du Foix.
Route de Blois à Vendôme. — Cette communication exista de toute ancienneté. Sous le règne de Louis XYI, on commença à refaire la chaussée qui était en ruine. En 1 789 les travaux ne dépassaient pas la Chapelle-Vendômoise ; ils furent terminés vers 1812.
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DK BLOIS. S75
Aoule de la Salogne et du Berry. — Anciennemeat cette route partait de la rue actuelle des Ponts- Ghartrains, et travarsait ces ponts pour aller rejoindre le boui^ de Yineuil. Après la construction du pont neuf de Bbis (4724)^ on comprit la nécessité d'éteblir une communication qui fît suite à ce nouveau passage, comme autrefois la rue Croix-Boisée au vieux pont ; mais raccomplissement de cet utile projet fut différé jusqu'en 1770. M. Roger, membre d'une famille blésoise, ingénieur en chef de la généralité d'Orléans, dressa les devis, et dirigea les travaux de la chaussée ainsi que ceux des ponts de Saint-Gervais, de Clénord et de Cheverny, qui furent exécutés par les sieurs Huet et Fauconnet de Blois, entrepreneurs; le seul pont de Saint-G«pvais coûta 24,000 livres'. 11 fallut faire de grands terrassements depuis Vienne jusqu'à Saint-Gervais, pour élever dans le val une chaussée qui fût préservée des crues : malgré cet exhaussement considérable, une portion déprimée est encore sujette aux inondations; dans ce cas, la circulation s établit momentanément par les levées des Pingres et du Déchargeoir.
Les relations amicales -de M. le comte Dufort, seigneur de Cheverny , avec M. de Cypierre, intendant de la généralité, contribuèrent à doter le pays
* Ayant la confection de ce passage , il fallait traverser les ponts Saint-Mîchcl pour arriver directement de Blois à Saint-Gcrvais.
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de cette ligne, importante. On avait d'abord songé à suivre Tancienne direction parles ponts Chartrains; les Phelippeaux, possesseurs de la terre d'HerbauIt (commune de Neuvy , en Sologne), traversée par Tancienne route , appuyaient ce projet, plus favorable à leurs intérêts personnels ; mais Tinfluence contraire de la famille Dufort prévalut, et Tadministration adopta un nouveau tracé. La route ftit ouverte en face du pont à travers la rue de la Chaîne; on abattit toute une rangée de maisons, que Ton remplaça par un quai établi au niveau du pont. Ces travaux déblayèrent les abords de Vienne , et changèrent complètement Taspect du faubourg. À la même époque, un négociant de Vienne, M. Bûcheron , fit élever sur remplacement de l'ancien hôtel du Grand-Cerf, la maison qui se trouve visà-vis le pont du côté du couchant. Un de nos préfets les plus actifs , M. de Corbigny, voulant embellir le chemin neuf, fit planter une allée de peupliers, depuis les dernières maisons du fauboui^ jusqu'au pont de Saint-Gervais : la partie de cette plantation , située en-deçà de la levée de Garde , a été abattue depuis quelques années.
Le faubourg de Vienne a pris beaucoup d'extension du côté de cette route; il est malheureux que les nouvelles constructions n'aient pas été disposées de manière à former un ensemble régulier , une prolongation de rue; car, on doit le dire, elles. n'of-
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frent guère qu'une suite de maisons de campagne sans alignement. Des trottoirs seront prochainement établis depuis le bout du pont jusqu'à l*octroi, pour embellir cette avenue, qui est aujourd'hui une des promenades les plus fréquentées.
Route de Châteaudun par Oucques. — On pense que cette communication faisait partie de l'ancienne voie romaine de Chartres à Bourges, figurée sur la carte de Peutinger. Le nom païen d'un village qu'elle traverse, de Pontijou (Vontes JovisJ, peut s'interpréter comme un souvenir des ponts romains, vraisemblablement établis pour le passage de cette voie. Plusieurs médailles trouvées lors des terrassements de la chaussée actuelle sembleraient aussi justifier la même hypothèse.
A l'époque de la Révolution, cette route si nécessaire au transport des blés de la Beauce, était peu praticable ; on en jugera par cet extrait d'un mémoire que les habitants d'Oucques adressèrent en 1788 à l'intendant d'Orléans, pour solliciter des réparations devenues indispensables ^ :
Les voituriers ou fermiers qui transportent clés grains k Blois dans rhiver, sont obligés de partir d'Ouc^des le vendredi matin pour arriver le samedi , et comme il n*y a sur toute la
* Archivas départementales.
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route ni village ni auberge pour les mettre à Tabri , ces malheureux passent la nuit entière sur leurs charrettes, exposés comme leurs chevaux aux frimats, à la neige, à la pluie et à toutes les injures du temps. Combien de fois n*en a*t-on pas tu mourir de froid , ou essuyer de longues maladies ? Les diamins sont si affreux, qu*ils sont obligés d*atteler six à sept chevaux à une charrette pour porter à peine un muid et demi de blé , tandis que dans le beau temps ils en chargent trois muids et ne mettent que trois chevaux.
Telle était autrefois l'extrêine difficulté de la plupart des chemins ; sur beaucoup de points les communications entre localités voisines offraient des dangers ou même des impossibilités; on sent combien Tagriculture et le commerce devaient souffrir d'un pareil état de choses ; cet obstacle majem* nous expUque en partie leur longue stagnation sous l'ancien régime : de nos jours^ le perfectionnement des voies de communication leur a ouvert de nouveaux débouchés, et leur a imprimé un mouvement fécond que les chemins de fer promettent de développer encore.
Rouie de Châleaurenault. — La chaussée de cette ancienne communication a été remise à neuf, comme les précédentes.
L'établissement de la voie de fer a changé son point de départ : au lieu de suivre , comme autrefois, la rue du Pont-du-Gast, la route de Châteaurenault traverse maintenant les Allées; ce nouveau
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chemin est également destiné au serwe de Tembarcadère.
CHEMIN DE FER D'OBLÉANS A TOIBS.
Le projet d'établir un chemin de fer d'Orléans à Nantes ftit conçu en 1833, et misa l'étude pendant plusieurs aimées. Deux tracés, l'un par la rive gau* che, Tautre par la rive droite, firent l'objet de plans et de discussions contradictoires. Une com» pagnie s'étant formée d'abord pour exécuter celui de la rive gauche, le conseil municipal de Blois, au nom de k ville, prit deux actions. Les habitants du &ubotœg de Vienne souhaitaient l'adoption de cette ligne ; l'espoir qu'elle obtiendrait la préférence, détermina même la construction d'un certain nombre de maisons au bord du chemin Neuf^ sur des terrains jusque là consacrés à la culture; la proximité du chemin de fer eût en effet donné une grande valeur à ces habitations. Des motifs d économie militaient en faveur de la rive gauche, dont le sol, généralement assez uni, exigeait peu de terrassements et d'ouvrages d art ; mais à cet avantage on opposait avec raison le peu de consistance du terrain humide et sablonneux de la Sologne, le
580 HISTOUIE
danger des crues et surtout le rang secondaire des localités qu*eùt traversées la voie de fer. Le plateau de la rive droite offrait au contraire la hauteur et la solidité désirables , outre que le chemin en suivant cette direction devait desservir bien mieux les communes populeuses de Meung , de Beaugency, de Mer , la ville de Blois enfin. Les ingénieurs des ponts et chaussées se prononcèrent pour ce dernier tracé qui fut adopté définitivement par la loi du 1 1 juin 1842. Deux des grandes lignes comprises dans le réseau que cette loi établit, intéressaient particulièrement nos contrées ; c'étaient les chemins de Paris à la frontière d'Espagne et à TOcéan : un crédit de 17 millions fut affecté à la confection immédiate de la section d'Orléans à Tours '. Dans la traversée de la commune de Blois les terrassements furent commencés vers le 15 avril 1843, et les travaux d'art à la fin de Tannée suivante; les uns et les autres ont eu lieu aux frais de l'État.
La longueur du chemin est de 49,561 mètres dans le département de Loir-et-Cher, de 8,401 mètres dans la commune de Blois. L'acquisition des terrains a coûté 1,068,434 fr. dans le premier de ces parcours, 398,000 fr. dans le second : en général ils ont été payés fort chers ; plusieurs proprié-
' En 1844 deux lois spéciales ont alloué des fonds pour la prolongation de ce chemin jusqu*à Bordeaux et jusqu*à Nantes : les travaux se poursuivent actitement sur ces deux lignes importantes.
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DE DLOIS. 581
taires des Groix notamment ont reçu des indemnités considérables pour de mauvaises vignes plus onéreuses que productives. Les frais de terrassements s'élèvent à i ,71 5,000 francs dans le département, à 632,000 francs dans la commune de Blois ; ceux de travaux d'arts, y compris les passages à niveau, les embarcadères et les stations^ à 2,162,000 d'une part, et 1,115,400 de l'autre: l'embarcadère de la seule station de Blois ' coûtera 45O4OOO fr. Ces travaux, dignes des Bomains par leurs proportions grandioses, ont été exécutés avec tout le soin possible. Les ponts surtout sont admirables de régularité et de force ; nous citerons, dans le parcours du département: le viaduc à trois arches de 3 mètres 40 centimètres d'ouverture Sur 1 3 mètres de hauteur, établi à Mer^ le viaduc des Basses- Granges à Blois, large de 1 5 mètres et haut de 12 mètres *. Autour de la ville, en quittant le plateau de la Beauce , le chemin suit une direction très sinueuse : les tranchées profondes et les remblais considérables de cette partie de la voie ont coûté beaucoup. En outre» la rencontre inévitable des trois routes de Châteaudun, de Vendôme et de ChâteaurenauU, des chemins des Hautes-Granges, des Basses-Granges et des Groix, a nécessité Téta-
* Cet vastes b&timeDts, que Ton achève de construire, furent corntaencés au mois de mai 1845.
■ Ce bel ouvrage a coûté environ 190,000 fr.
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blissement dispendieux de quatre ponts, d'un viaduc et d'un passage à niveau dans le court espace compris entre Saint-Lazare et la butte des Capucins. Il a &llu également exécuter un grand nombre d^ouTTsges d*art aux Groix, pour les besoins du vignoble et pour Técoulem^t des eaux : la traversée de ce coteau oflfre^ à des distances fort rapprochées, six ponts, dix aqueducs et quatorze buses ^ Aux environs de Blois et sans sortir de Tarrondissement, on remarque la fondation du viaduc de Mer dans une vallée tourbeuse, l'ouverture en plein rocher des tranchées de Menars, de Saint-Denis et de la Chaussée. Tous ces passages, ainsi que celui de la ville, offiraient d'immenses difficultés de terrain ; mais rhabileté des ingénieurs les a toutes heureusement surmontées *.
Au cours de ces grands travaux plusieurs compagnies s'organisèrent dans le but de soUidter la concession du chemin : l'une d'elles fut fondée par un. Mackensie , capitaliste anglab, Lusarche, ancien maître de forges à Tours, et Laurent, banquier à Blois. Le crédit de ce dernier contribua à propager dans le pays la souscription qai forma le fonds social; les capitalistes de Blois
* Grands tuyaux de fonte.
' Nous aimons à mentionner ici MM. Foulon, ingénieur en chef de la ligne, et Damar, ingénieur à» 1« section da départcmeot de Loiret-Cher, qui ont dirigé les travaux avec m talent et hm activité dignes d'éloges.
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prirent ausssitôt un assez grand nombre d'actions ; ee concours était remarquable dans une ville où les spéculations nouTcUes inspirent généralement peu d'enthousiasme et même de confiance. Les Blé^ sois, contre toute attente, s'associèrent volontiers à cette entreprise; l'opération leur parut avanta* geùse, et le fut en effet pour plusieurs qui ont déjà réalisé des bénéfices conûdérables en vendant leurs actions. Au mois d'octobre 1 844 la compagnie Mackensie, Lusarche et Laurent fut déclarée adjudicataire de l'exploitation du chemin pour le temps de S7 ans 278 jours S à charge de feire les ensablements, de poser les rails et d'établir tout le matériel. Après l'expiration du terme de jouissance, l'exploitation devra retourner à l'État qui remboursera à la compagnie la valeur de la voie et du matériel. Le capital social est de 65 millions, divisés en 130,000 actions de 500 fr. Après l'adjudication ces actions eurent une grande faveur; leur plus haut cours jusqu a présent a été 800 fr. environ.
Une des voies était posée à la fin d octobre 1 845. Le 30 de ce même mois les administrateurs firent un premier voyage d'essai ; la distance d'Orléans à Tours fut franchie en trois heures. Pendant tout
' Ce délai ne commencera à courir que du jour où la circulation s'établira sur la ligne entière d'Orléans & Bordeaux, qui a été comprise dans une seule et même adjudication.
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Thivér, des convob de matériaux ont parcouru la ligne , et Ton s'est occupé de terminer les travaux. L'inauguration solennelle a eu lieu le 26 mars 1846; LL. AÂ. RR. les ducs de Nemours et de Montpensier ont honoré de leur présence cette fête industrielle à laquelle assistaient un grand nombre de notabilités. Enfin le service public a commencé le 2 avril, jour impatiemment attendu par les populations riveraines : cette date, quoiqu'il arrive, sera toujours pour Blois une époque mémorable , et nous la constatons comme le point de départ des changements que l'influence de la nouvelle voie va sans doute opérer dans le pays. L'établissement de ce mode prodigieux de locomotion est un des faits les plus graves et surtout les plus extraordinaires que notre histoire locale ait enregistrés.
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VMifiVS.
La ville est environnée des trois forêts de BknSj, de Boulogne et de Russy, qui contiennent, la première 2,71 5 hectares, la seconde 3,968, et la troisième 3,207. Elles étaient bien plus étendues avant la fondation des bourgs circonvoisins dont elles couvraient le territoire \ L'histoire ne fait point connaître leurs défrichements successifs : on sait seulement que depuis trois siècles elles ont à peu prés conservé les mêmes limites.
* Une charte du XU* siècle, insérée dans les preuves de Bernicr f, Tii, mentionne comme faisant partie de la forêt de Blois le climat de la Queue, aujourd'hui défriché. La même foret comprenait autre fois dans son enclave le lieu de VHermiiagc, siège d'un ancien pricu- '^é conventuel.
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Ces trois forêts, anciennes dépendances du comté de Blois, ont suivi toutes ses vicissitudes. Possédées d'abord par les différentes familles de nos comtes , elles furent réunies à la couronne en 1 498 , lors de ravènement de Louis XII. Ce monarque généreux fit abattre plus de 2,000 arpents de la forêt de Blois, et donna les bois de charpente à ses oiBciers et aux bourgeois de la ville, pour élever de nouvelles constructions, aimant mieux, disait-il , loger des hommes que des bàes. Son successeur, François P , passionné pour la chasse, établit à Blois une capitainerie^ préposée à la conservation du gibier ; les offices de cette juridiction furent confiés à des gentilshommes du pays. M. Charron, marquis de Menars, beau-père du ministre Colbert, la présidait sous le règne de Louis XIY, époque où Bernier écrivait (p- 3) : « Les forêts de Blois sont remplies » de cerfs, de biches , de chevreuils , de sangliers » et d'autres espèces de bêtes &uves , et sont con- » servées comme estant des plaisirs du roi, sous la » direction de M. le marquis de Menars. »
La cour ayant tout-à-fait abandonné la résidence de Blois, les forêts environnantes cessèrent de servir aux plaisirs dix roi; la capitainerie, devenue inutile, fut supprimée en 1739.
La maîtrise^ autre juridiction forestière établie au moyen-âge par les comtes, subsista jusqu'à la Révolution ; nous en parlerons au chapitre de IVdre judiciaire.
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