Partie en est fouie **, partie en est tuée
N'a ne boef ne charue, ne vilain en arée *',
Ne vigne provignée, ne culture semée ;
Mainte église y a ja essiliée *^ e gastée
Si cette guerre dure, la terre iert *' degastée.
La mention spéciale de Blois par le poète chroniqueur^ prouve que le pays eut beaucoup à soufifrir des Normands. Enfin la cession définitive de la Neustrie fixa ces barbares dans une province éloignée, et délivra nos contrées de leurs fréquentes incursions.
' Poème en patois nonnand, composé au XII* siècle.
* Plat pays (plaine ). — 'De Blois jusqu'à Senlis. — * Biens. — * Bourg. — • Détruire. — ' Palissades. — * Femmes. — • Violent. — *^ Auprès de. — ^* Nul homme libre ne soufire volontiers cette honte. " Enterrée. — « Au labourage, -- >* Assaillie. — ** Sera.
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18 HtStOlRE DE BtOlS.
Âpirès riûvasion normande, on arrive aux désor^ dres de la féodalité qui prolongèrent les maux du pays; mais alors les faits et les documents devien-^ nent moins rares ; l'histoire n*o£Dre plus autant de lacunes qu'il faille remplir par des conjectures. Nous quittons les ténèbres et les écueils d'époques con« fuses pour entrer dans une routé mieux éclairée.
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CBJlMTBJB n.
IWhBlé.— CNites k No». —GeililiM des périmes ao lojei-Afe. (•erres seigieviales. — Croisaées.
Le pays blésois, qui sous la domination romaine et au commencement de la monarchie dépendait du comté de Chartres, forma ensuite un comté par^ ticulier*. L'époque précise de ce démembrement est incertaine. Le plus ancien comte de Blois que Fhistoire mentionne vivait au IX^ siècle. La séparation ne s'étendit pas au gouvemement spirituel, car
' Le DanoU, U Sologne et une pattiede la Beauce furent annexés ^ee comté.
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jusqu'en 1 698 le pays continua de faire partie du diocèse de Chartres.
Les comtes furent d'abord officiers amovibles f mais ils profitèrent de la faiblesse des derniers rois de la seconde race pour rendre leur pouvoir héréditaire et souverain. Alors le comté devint un grand fief, et ne se rattacha plus à la monarchie que par les liens d'une vassalité souvent illusoire. Ce changement ne fut point instantané, il résulta d'une suite d'usurpations inaperçues.
Les quatre premiers comtes de Blois appartiennent à la Êimille des rois capétiens; leurs noms illustres les feront assez connaître :
Guillaume, mort en 834.
Eudes, son fils, mort en 865.
Robert-le-Fort, neveu d'Eudes, mort en 867.
Robert, son second fils, roi de France, mort en 923.
Ces deux derniers furent en même temps comtes de Paris, de Tours, d'Orléans et autres villes.
Quoique le roi Robert eût laissé un fils (Hu" gues-le-Grand, père de Hugues Capet), le comté de Blois passa immédiatement à son neveu, Thibault P*" le Tricheur, fils de sa sœur. Cet avènement irrégulier a reçu diverses interprétations. Les uns pensent que Hugues-le-Grand abandonna ses droits à son cousin, d'autres le regardent comme un usurpateur. La recherche du père de ThîbauH
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DE BLOIS. a
n^a pds moins embairafisé les généalogistes ^ ; noue ne prononcerons pas entre leurs diverses opinions Clément inoertaines.
Thibaùlt-le-Tricheur, premier comte héréditaire et souverain de Blois, consomma une usurpation qui était sans doute déjà très avancée^ Les comtés de Chartres, de Tours^ de Saumur et de Beauvais lui appartenaient aussi : on tae yoit pas quels furent ses droits à la possession de tant de fiefs ; mais à cette époque de violence et de désordre, où Fautorité royale était si faible, tout seigneur audacieux pouvait impunément s'emparer de provinces &bh tières, et se créer dans l'état une souveraineté in-» dépendante.
Thibault épousa Leutgarde, sa cousine germaine, veuve de Guillaume Longue-Êpée^ duc de Nor-« mandie, qu'on l'accusa d'avoir assassiné. Il fut le chef de l'illustre maison de Champagne, l'une des plus puissantes du royaume au moyen-âge. Sa de^ vise était : Pastamnt H meUlof; énergique d^ jeté à quiconque oserait lui disputer le pas. Ses successeurs prirent pour armoiries : d'argent semé de crois reermetées. 11 mourut vers 978.
Eiides P% fils de Thibault-le-Tricheur, héritier das comtés de Blois^ Tours et Chartres , épousa
* Dubouehet^ Histoire de la maison de France — Chalmel. Ta^ Uettei chronologiques de Touraiae, p. 434.
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Berthe de Bourgogne, princesse d'une beauté re^ Hiarquable, dont ii aeit six en&nts. Il mourut k Tours en 996, et fut inhumé à Marmoutîers. Cest hii qui jeta les fondements du château de Giaumontrsui^Loffe. Rdb^, roi de France, ne dédaigna pas d'épouse sa veuTe, qu'il fut ensuite obligé de répudier pour cause de parenté.
Thibault U, son ûh aîné, nourut après huit ans de possession*.
Eudes II, frère du précédent, yécut plus longtemps. Ce feudatûre ambitieux usurpa la Champagne; dès^lorasa iamUle prit le nom de crtte grande province qui vint accroître considérablement la puissance des comtes de Blois. En même temps qull régnait sur ses vâstes seigneuries, Eudes , dit le Champenois » gouvernait le royaume comme principal ministre de Robert-Ie-Pieux , et Ait un des politiques les plus hid)il^ de son temps. Après une vie agitée, il périt m Lorraine dans un combat contre Raoul, roi de Bourgogne (1037)» Les auteurs contemporains Tout diversement jugé : Fun d'eux, moine de Tabbaye de Marmoutîers dont Eudes avait fait réparer Tégltse, le &it entrer direc*^ tentent au ciel par Tintercession de saint Martin, patron du monastère : Tapothéose nous semble un peu suspecte dans la bouche de cet historien.
Thibault III, né du mariage d'Eudes avec Ermen. garde d'Auvergne, nièce de Constance, seconde fem-
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me àxJL roi Robert, fit de grands doûs aui couvents du pays blésois, et mourut à Epetmy en Champagne (1089).
Henrî-Ëtienne, son fils auié^ épousa Adèle t fille deGuiUaiime-le-Conquérant, roi d'Angleterre. Le Tasse % quà a distingué ce seignelur entre tous lefc ch^ de la fNremière croisade, lui donne ees flatteuses épithètes : patente di coMiglio etprddi manu ^^uissantpar le conseil et vaillant par la main). Sous son administration, le pape Innocent II visita Kois. Ce séjour du souverain pontife, en Tannée 1 1 03 , don ne à penser nue la ville était déjà impor-* tante au XII® siècle*
A cette -époque, le pays subissait les conséquences de la féodalité. Ce régime déplorable avait non-seuleinent grevé la propriété et Findustrie de redevanca^ raineuses, mais encore ravi aux personnes les premiers droits de k liberté naturette. Tandis qu<3 le clergé et la nd[)Iesse absorbaient tous les biens e t les privilèges, la plus grande partie de la population , taillable et corvéable à merci, ne possédait riea, et vivait soumise aux lois du servage.
Les com tes de Bloô^, hauts barons, étaient souverams abt )olus de la ville et du pays. Les riches abbaye de! 3ourg-Moyen et de Saint-Laumer, dotées de lears bû 3nfaîts, exerçaient aussi à Bloîs une au-
* Jérusalem à élivréc.
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ti mstoiRfi
torité temporeffe, et jouissaient des droits féodacnc sur plusieurs quartiers de la ville. Aucune institu-^ tion municipale ne balançait encore ces pouvoirs illimités : heureusement les comtes firent un usage modâré du despotisme ; et tandis que les ^rrans de la féodalité opprimaient d'autres provinces , nos ancêtres curent des seigneurs cfôsez bienveillants pour les populations.
Plusieurs comtes de la maison de Cbampagne affiranchirent leurs sujets de droits onéreux que leurs prédécesseurs s'étaient arrogés ; niais ordinairement ce ne fut pas sans réserve; J)ar exemple, Etienne et Adèle renoncèrent au droit de 6utogre, à condition qne les habitants cloraient de murs le cbâteau deBlois (ou peut-être la ville, car le mot eastrrnn^ employé dans la charte *, comporte les deux interprétations ; dans cette dwnîère hypothèse, îes murs d'enceinte dont il exialte encore quelques restes, auraient été faits par c(*rvées des habitants).
Les glossâPteurs ne s'accordent pas sur le sens du mot butagivm. Les uns le font dériver de botta (bouteille), et supposent qu il désigne u^i droit sur le vin: vendu en détail; d'autres pensc^nt que le butagium était une corvée personnelle, consistant à remonter avec des butels les terres du ^ ^ignoble de
* Le texie est dans fternicr, p. 292. f
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k côte des Grouëts dont les comtes de Blois possédaient alors la majeure partie \
Le texte ladn fut long-temps gravé aux principales pwtes de ville ; cette publicité prouve Fimpor* tance que nos pères attachaient à l'exemption du hiage.
Le comte Etienne mourut en 1 1 02 laissant neuf fils dont Tainé, Guillaume^ exclu de la succession pour cause de folie, épousa 1 héritière de Sully ; cet. insensé ajoutait à ses titres celui de mgneur du 9oleil. Les Blésois furent heureux d'échapper à là domination d'un pareil personnage.
Thibault IV, second fils d'Etienne, célèbre par sa participation aux croisades et par ses guerres contre le roi Louis YI, joignit aux vertus guerrières une bienfaisance remarquable. Pendant une ianûne, il vendit tous ses meubles pour secourir les malheureux ; enfin, n'ayant plus rien à donner, il ^gagea un vase précieux ; ce Êiit démontre à la fob la charité désintéressée du comte et l'extrême rareté du numéraire. Thibault de Champagne, après de glorieuses vicissitudes, se fit moine et mourut dans Fabbaye de Clairvaux (H51 ); tel fut à cette époque l'humble dénouement de plusieurs grandes existences. Il eut de Mahaud, fille d'Engilbert, dqc de Carinthie, cinq fils et six filles, l'une desquelles
* Yoir Ducangc et une dissertation de M. Eloy Johanneau, t. Ul, . p. 298 des Mémoires de la société académiqae de Blois.
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S6 HISfOIRB
épouast Louis VU, roi de France : ce mariage ne fut point une mésalliance ; les comtes de Blois, possesseurs d immenses domaines, pouyaient marcher de pair avec le roi de France ; aussi disait-on d'Etienne^ pèro de Thibault IV, que le nombre de ses ehûtea/ua égalait celm deg jours de Vannée.
Un partage ratre les enfiinte de Thibault IV diminua cette puissance. H^ri, fils aine, eut le comté de Champagne , et devint le chef d'une branche cpii continua de posséder ce grand fief jusqu'au, mariage de Jeanne, dernière héritière, ayec Philippe-le-Qel, roi de Finance; Thibault V, second fils, eut les comtés de Chartres et de Bk)îsv liCs deux frères stipulèrent qu'à Favenit le comté de Mms rdèverait de celui de Champagne, en vertu du privilège d'ainesse. En 1388, Tun des descendants de Henri vendit au roi saint Louis ce droit de mouvance ; alors le comte de Blois redevint, comme auparavant, vassal direct de la couronne.
Thibault V, dit le bon, justifia ce titre honora-* ble par des actes qui intéressaient vivement la population. Nous traduisons une des preuves de sa bienveillance pour les habitants de Blois \
Le comte Thibault, sénéchal de France, et la comtesse Alix, pour Tamour de Dieu et pour les âmes de leurs ancêtres, ont fait la remise entière aux hommes de ce pays du droit de prise
< Voir le texte dans Bernier, p. 300.
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de chevaux ' et des tentes de toUes*f et pris sous leur garan^ tie les vignes, les prés, les vergers et les aubraies ; de manière que le comte aura pour Famende du délit commis dans les vignes dix sous, ou htm l^aretHe tnéme du déimquam^y 8*il ne peut payer ladite amende.
Il 66t triste èe Toîr une pane si rigoureuse ap* posée à cette concession; mais le bon seigneur su-» bissait riofloence malheureuse d'un siècle barbare.
Le priTÎlége de Thibault Y, comme celui d'Êtienne et d'Adèle, fot gravé sur la porte du pont, démolie vers 1775; l'inscription y demeura juscpi'à cette époque. Le même comte fit de grands dons à l'Hètel-Dieu de Mois, et mérita le surnom de pèt^ dm fmarrei. Deux religieux Prémontrés de sa suite eberdiûent journellemrat des pauvres et des Id^ preux à secourir; il leur avait confié cette fonction chrétienne. Les meilleurs mets de sa table étaient portés aux malades indigents. L'hivar, on disbv buait par ses ordres des vêtements et des fourrures. Un jour, ayant rencontré un malheureux transi de froid, il lui donna, nouveau saint Martin, son manteau et sop pourpoint^. Moins humain ravers les Jui& qui habitaient Blois, Thibault fit brùl^ sans pitié ces malheureux parias. L'horreur
* Grêlaient des réquisitions qui servaient & remonter la cavalerie de 1106 comtes, guerroyeurs infatigables.
* Autre genre de sëquisition applicable aux campements militaires.
' Peine très usitée au moycn-&ge.
^ Chcvart, Histoire de Chartres, t. II, p. 31.
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28 tfisTomc
que leur nation inspirait alors explique ce barbare QUlo-dorfé: On les accusait de forfaits abominables, par exemple de crucifier des en&nts le vradredisaint» en mémoire du déicide, et pour accomplir une afireuse cérémonie dans.laqueÛe il fallait du sang chrétien ^ Le compilateur Génébrard* impute ce crime aux Jui& de Blois ; mais on doit sie défier de pareilles assertions. Avant Tauto-darfé du comte Thibault, les Juife étaient assez nombreux; ils yi* Yaieot concentrés dans le quartier dont une rue porte encore le nom ; différentes industries qu'ils exerçaient disparurent avec cette race proscrite.
Nous regrettons aussi de trouver parmi les actes de Thibault cette convention sur les en&nts à nai^ tre de deux personnes serves:
Moi Thibault, comte de Blois et sénéchal de France, à tous présents et à venir savoir faisons : que Martin de MontUymilt, serf de Fabbaye de Bourg-Moyen, a éptousé Aremburge, sœur de Girard Courtin, ma serve, à condition ^ que s'il naît de leur mariage deux ou plusieurs enfants, Tabbaye en aura un, et moi les autres; que si au contraire il n'en ncdt qu*uji seul, je le prendrid par préférence.
Le droit féodal et les mœurs de l'époque autorisaient de pareilles stipulations ; les serfe étaient considérés comme propriétés privées, et leurs en-
* Basnage, Histoire des Juifii, Ht. 9, chap. t3.
* Auteur d*une chronologie écrite en latin au XVI* siècle.
' Les serb ne pouvaient se marier sans le consentement de leur seigneur.
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DE BUOIS. 29
lanti assimilés au croit des animaux ; lorsque le serf d'un seigneur épousait la serve d'un autre, les deui maîtres se partageaient d'avance les fruits du maiiage. Le partage n'était pas toujours égal, comme le prouve la charte que nous venons de traduire.
Thibault V épousa Alix, seconde fille du roi louis Vil. Louis P', son fils, qui lui succéda en M91 , devint comte de Clermont en Beauvaisis par mariage avec l'héritière de cette seigneurie. Quelques années après, il afi&anchit les serfs de Blois; la charte pr^ieuse, expédiée à cet effet, mérite d'être traduite et commentée, car elle fut le titre primordial de la liberté de nos ancêtres ' :
Moi Louis, comte de Blois, du consentement de la comtesse Alix ma mère, de Catherine mon épouse, de Philippe mon Irère, de Marguerite, Isabelle et Alir, mes sœurs, tantpréjuéke da dr(ntê du clergé et de la nobletee, je fais savoir que, pour l'honneur et Famour de Dieu, pour le bien du pays blésois, pour mon salut, pour celui du comte Thibault mon père d'heureuse mémoire, et de tous mes ancêtres, j'affranchis de taille et de toute exaction arbitraire tous les habitants de la riUe et banlieue de Blois ». Pour cette exemption', je perce-
I Vofr le texte dans Bernier, p. 26 des PreuTOS.
* Oa peut Toir dans le Commentaire de Fourré sur la Coutume de Blois, p. 541, les limites de la banlieue,'qui sont encore celles de la commune.
' C*esi-A-dire pour compenser la perte du produit de la taille dé* sormais supprimée. Auparavant les habitants de Blois étaient tatllables et corvéables & la volonté du comte.
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urai chaque année un droU de 5 sous de monnaie blésoisâ ' sur chaque maison située dans la ville et banlieue •; droit qu) sera payé chaque année le jour de Saint-Hilaire, sous peine du double. Tous les redevables seront solidaires, un seul pour tpus. Les pauvres gens pourront demander la décharge de ce tribut au comeil du notabUi qui auront Fadministration i^ la ville ^. En outre, j*affranchis sans réserve tous mes serfe ^ do la ville et banlieue. Tout habitant pourra vendre ses biens et quitter la ville; mais, s*il a commis quelque méfait, il devra avant son départ passer en justice. — Toute personne pourra venir demeurer dans la ville oo la banlieue en se soumettant aux us et coutumes du lieu. Les: habitants devront me fournir ,1 à moi et à la comtesse de Blois, des vivres à trois mois de crédU^, Tout accusé pourra obtenir sa liberté provisoire en donnant oaution, à moins qu*il ne s*agi8se de meurtre, trahison, détournement de trésor, incendie, rapt, vol. — Les biens situés dans Blois ou la banlieue ne pourront être confisqués sur les particuliers qu'en vertu de jugements définitifs. — Aucun habitant de Blois ne me devra le hrennage ou le eomage^, —
* Ces & sous vaudraient aujourd'hui 3 fr. 60 c.
' Ce droit, appelé fétage (fe$tagiwmj^ , subsistait encore an moment de la Révolution. Le mot fétage vient de fcAU (primitivement fetu)^ partie culminante de la maison, prise ))Ottr la maison "même.
* Ce passage autorise implicitement Titistitutîon de la municipalité 4ont nons parlerons au chapitre des Aétnmistratimu civiUi,
* Qvt de vMà serviU condithne ermU, l^e comte n'alfranchit que ses propres serfs ; eh effet il n'avait aucun d roit sur les honmies des autres seigneurs, par exemple sur ceux qu(; possédaient à Blois les abbayes de Saint-Laumer et Bourg-Moyen.
^ Ce terme assez court était un bienfo it ; car beaucoup de seigneurs jouissaient d'un crédit iUhnité, à Paide duquel ils se dispensaient du remboursement.
* Cette redevance pour la nourriture des chiens de chasse était considérable dans un temps où les seîgnoiuni entretenaient des neates nombreusai.
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DB BLOIS. Sf
Lesdito luibitMite coBiùmeroiii èe me suivre à la guerre toutes 1m î(m qa'âs en serQui requis' . — Les habitaiits de Blois et de la banlieue seront exempts du droit de gtte* . — Aucun revendeur ne pourra acheter des denrées que trois heures au moms après l'ouverture du marché'. — Je jouirai, comme de coutume, de mon haamn\ — Les meuniers rendront la farine poids pour poids'.
Les taverni^rs venchponl le vin au prix qui sera fixé par nous; (te plus, ils pourront prendre un dtmer par bouteilte pour le loyer de leurs tavernes, si elles sont spacieuses, et seulement une obaU si elles sont étroites.
Lors de leur entrée en fonctions, le prévôt de Blets*, les mgenis, et le gardien de la tour^ jureront d'observer fidèle-
* tes comtes de BIoîb avûent droit de lever de» troupes et de Ikire la guerre.
' ObligatioB de loger et nourrir greluiteiiient le seigoeur avec toute ta suite.
> Disposition prévoyante que la police moderne a conservée.
^ Droit qu'avait le seigneur de vendre lui seul pendant un certain temps le vin de êtfa crû, à Teiclosion de tous les aubergistes et cabaretiers.
' C'est-à-dire qu'ils rendront en ktmt leaiéme poids qu'ik auront reçu en blé, sans pouvoir rien retenir pour] leur salaire. Quoique le texte ne le dise pas , les meuniers se faisaient payer la ipiouture en argent; le prix variait suivant les conventions partieuUères. t^. coutume établ it un autrQ mode d'tademnité ; suivant l'article 340» les meuniers doivent rendre du, boiêseau de bled re% le bmêseau de farine combUy et irtUe pour dôme ; Texcédant leur deneurait pour la moutMre. Aujourd'hui deux systèmes analogues sont en usage aux environs de Blois« La plupart des meuniers retiennent un dousième en nature; dans certaines localités, ils rendent poids pour poids et reçoivent un sou par boisseau.
* Le prévét de Blois était alors le pHacipal officia du comte dans la ville et dans la banlieue de Blois. ^
^ Cuttoê turriê. Cette tour féodale, protégeait le vieux cbAteau de nos comtes. Aux XIV*, XV* et XVI* si^les, le gardien de la tour
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32 HfSTOiaB
ment et de maioteuir les présents privilèges. J*ai prêté ce ser. ment, et je Tai (ait prêter de même aux pM'sonnages dont les noms suivent : Geoffroy, Gontier (Cofiierttf),'Pierre de Villerbatan, Hugues de Gormeré * (de Cortnereio), Tmères {Tmeriis), Geofihroy Borel de Bury* {de Bwrreiaeo), Guillaume de Rilli' {RiUiaco), Philippe de Gartier, Hervé de Beauvoir, seigneur d*Herbault en Beauce; Garnier de Ruilly, Guillaume de Breville, Philippe de Landes^, Robert de Saint-Denis S Geoffroy de Pomeré, Renaud Maréchal, René Detcartes {Cartesnay. Furent témoins: m«d(res^ : Regnauld, prévôt de SaintrSauveur*; Guillaume Godin , Rognode d*Eschelles' (ife Scoiti); maître GeofiGroy, maître Gara, maître Guillaume, chanoines de Saint- Sauveur; Philippe, abbé de Sainte-Marie*®; Kang>S Guillaume de Prunelé , Garnier de Prière, Eudes Doyen (Xtooamif), Jean Grespin (CretpiMu)^ Yvonett Adam^.
l'appelait capitaine du ehàieau; office rempli aujourd'hui par le commandant de place.
* Bourg de Touraiue.
* Village aux environs de Blois où se trouvent les ruines d'an château, auquel M. Naudin a consacré une notice intéressante (t. II des Mémoires de la société académique de Blois).
' Bourg prés de Chaamont-sar-4<oire.
* Bourg aux environs de Blois (canton d'Herbault).
* Bourg sur la Loire en amont de Blois.
* C'est probablement un aïeul du célèbre philosophe* Bemier (p. 621) dit que cette famille, originaire du pays blésois, fut transplantée en Bretagne, et de là en Touraine où naquit à Lahaye le fondateur de la philosophie cartésienne.
^ Les chanoines et prêtres séculiers avaient le titre de Maître, celui de frère était aflfecté au clergé régulier.
* Église collégiale située sur la place actuelle du château, et dont la prévoté était la première dignité.
* Peut-être Pleseie^ÉcbdU, bourg de la Beauce. *® Bourg-Moyen.
*' Ce nom singulier parait écrit en abrégé.
<* Une famille de ce nom si commun existe encore à Blois.
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m BLOIS. ss
Fait à Blois pabliquement dans notre oour *. Le présent acte a été juré en commun et par acclamation du peuple de Blois ; puis confirmé par un serment solennel ' ; et pour que jamais personne n'ose porter atteinte à ces privilèges , nous les avons fait rédiger par écrit et sceller de notre sceau. Donné Tan 1196 de l'incarnation, le 7 jim, par la main de notre chancelier Thibault.
Pour que les dispositions de cette charte parussent bienfaisantes, il fallait que la condition des habitants f&t alors bien malheureuse. Aujourd'hui on ne comprend pas que des droits si simples, si imprescriptibles , aient jamais pu être contestés par les seigneurs.
Les successeurs du comte Louis maintinrent et même augmentèrent ces privilèges municipaux; aussitôt après leur entrée solennelle dans Blois, ils expédiaient une charte de confirmation.
Les abbayes, propriétaires de serfs, suivirent Fexemple du comte. En 1226, les habitants du Foix, serfs de Saint-Laumer, rachetèrent leur liberté au prix de 2,000 livres et d'un double cens payable chaque année ^. On ignore l'époque précise de TafiBranchissement des serfs que l'abbaye de Bourg-
* in curiA noêtrà ; le comte tenait sa cour féodale dans la grande •aile du cfa&teau.
' Ce ferment solennel (sacramemumj était prêté sur l'Évangile.
' Histoire de Tabbaye de Saint-Laumer, manuscrit de la bibliothèque de Blois.
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Moyen possédait anssi à Blois ; pr6bableiiként ce fut dans le même siècle ; car Timptilsion était donnée, et les seigneurs ecclésiastiques ou laïcs obéisssdent au mouvement de liberté qui se maniCéataît de toutes parts, il serait instructif de suivre tîhronologiquement les progrès de cette heureuse réaction dans toutes les seigneuries du pays blésois; mais la plupart des populations ont perdu leurs chartes d'aflSranchissement, et d ailleurs il en est qui obtinrent la liberté moins par titre que par possession.
Thibault YI, fils de Louis i«% dépensait ses revenus en fondations pieuses et charitables, il renonça au drbit de gite et à celui de mettre ses chiens dans les fanges des abbayes et prieurés de son domaine; ce dernier sacrifice dut paraître méritoire, à une époque où le luxe de la vénerie était poussé si loin.
Thibault VI étant mort sans enfants (1218), \t comté de Blois passa à Marguerite sa tante, fille de Thibault Y, mariée à Gauthier sire d'Avesnes, décédée en 1225. Leur fille unique, Marie d'Avesnés, épousa Hugues de Châtillon , famille non moins illustre que celle de Champagne. Cette maison, qui nous donna une troisième dynastie de comtes, portait pour armes : de gueules à trois pals de voir au chef d'or. Hugues fut surnommé le bon et le vaillant chevalier ; il méritait ces deux titres.
Après sa mort (1248), Jean V" devenu comte.
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affidÉdât les habitants des MontUs, bourg de son dooMÔiie, moyennant 5 sous de fôtage annuel sur chaque maison' . Ce fut lui cpii concéda aux habitants des paroisses situées entre le Beuvron et le Cosson les droits d'usage» dont ils jouissent encore dans tes forêts de Bbis malgré les contestations suscitées par le domaine^. Le dei^é dut à la muuificrace du même comte trms grandes fondations : la Gttîdie^ premier couvent de fournies établi dans k pays; les Jacobins et les Cordeliers de Blois. Le roi Philippe-le-flardi, qui estimait particulièrement JeaB de Châtillon, l'appela à la régence en cas de prédéeès de son frère comte d'Alançon. Décédé ea 1280 à Gbambord, ce seigneur fut transporté dans l'abbaye de la Guiche : ses funérailles coûtèrent trente-cinq mille livres ; c'était beaucoup au Xm^ siècle. Les dames de la Guiche firent élev^ à leur pieux fondateur un tombeau de marbre noir, détruit pendant la révolution. Jean de Châtillon fut le premier comte de Blois qui finit ses jours dans le pays. Sa veuve» Alix, fille du duc de Bretagne, décéda à Blois, au retour d'un pèlerinage en Palestine, et fut inhumée auprès de son époux ; son cœur fut déposé dans la chapelle du château desHontUs, paroisse où die avait fondé un hôpital.
' Titre de 1350 mentionné dans un inventaire des archives de la Tille de Blois, fait en 1577.
* T. infrà à la descriptiim historique.
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86 msTOtRE
Jean et Alix ne laissèrent qu'une fille no^^écj Jeanne» qui épousa Pierre de France, fils puîné de saint LouiSi Cette comtesse fut pieuse et bienfait santé. Ses dons aux monastères et aux hôpitaux du pays s'élevèrent à cent vingt mille livres^ somme énorme pour l'époque. Jeanne accorda aussi un privilège mémorable aux habitants des paroisses qui avoisinent les trois forêts de Blois. Ces malheureux villageois ne pouvaient, même pour se défendre^ tuer les bètes sauvages qui venaient les attaquer ou détruire leurs récoltes ; la bonne comtesse fit cesser un état de choses aussi préjudiciable à l'agriculture que contraire à la sûreté des personnes ; la charte de ce privilège, datée de 1288, contient les clauses suivantes \
Tous ceux qui habiteront les paroisses voisines de nos forêts, savoir : la banlieue de Blois, Candé, Chdilles, Seur, Collettes, Saint*Gervais, Vinetiil, Mont, Hoisseau, Tour, Bracieax^ Neuvy, Thouri, Dhuizon, Ghouzy, Ghambon, Saint-Sécondin^ Saint-Sulpice; tous ceux encore qui auront des propriétés dans lesdites paroisses, qu^ils soient nobles ou roturiers, pourront chasser en dehors des forêts et des terres de notre domaine qui les joignent immédiatement. Âu-delk de ces limites, il» pourront chasser avec chiens, jour et nuit, toutes sortes d'oiseaux et de bêtes, grosses ou gresles, telles que cerfs, biches, porcs, laies, chevreuils, daims, connins (lapins), lièvres. Ils pourront aussi prendre ces oiseaux et bêtes à quelque manière d^engins qu'ils voudront. Nous n'entendons point préjudicier aux
• Preuves de Bernier, p. 28.
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droits de gammi > des aatres seigneurs. Les profinétaires d'héritages ayoisinant nos forôts seront libres de se clore.
Cette concession est d'autant plus remarquable qu au moyen-^e les gentilshomoies seuls cbas*saîeat, à Texclusion des roturiers, jufés iadignes de ce noble en^cice.
Jeanne de Châtillen mourut mm postérité en 12d2f et fut inbumée à la Guidbie auprès de ses parents. Deux de ses cousins possédèrent ensuite le comté*
Le premier, Hugues de Châtillon , seigneur letr tré» fit composer plusieurs romans de chevalerie; comme ses prédécesseurs , il rqppsait à la GuicbOf sépulture adoptive des Châtillon (1 307).
Guy P', frère du précédent, exempta plusieurs artisans de Blois de divers services personnes qui les grevaient encore, malgré Taffirandiisaement de 1196. Les meuniars de Souvigny, d'Huisseaurfiikr'- Coason et de Croteaux lui durent aussi leur libération d'une servitude odieuse qui consistait à ex?èciiter les criminels. Dès-brs la justice bléspise eut un bourreau en titre; cet office ne demeura jamais vaamt ; les éxioluments de la fonction compensèrent rbcnreur qu'elle pouvait inspirer.
Le crédit du même comte à la cour du roi Phi^-
* On appelait ainsi le droit qu'a?ait un seigneur d*empécher la diasse à une certaine distance au-delà de ses bois, distance réservée ^r set pUtUirs.
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lippe-le-Bel profita au pays; Guy I*' obtint polif ses sujets blésois une exemption générale des subsides de guerre. Il mourut en 1342, et fut rahmné à la Guicbe» avec son épouse Marguerite de Valois, nièce de Philîppe-le-Bel, dont il eut, entre autres enfants, Louis P*^ de Châtillon, comte de Blois. Ce seigneur fit sa première entrée sans observer le cérémonial accoutumé ; les haletants, choqués de cette dérogation aux anciens usages, lui supposè«rent Tintention secrète de violer leurs franchises municipales; le comte Louis s'empressa de les rassurer par une déclaration bienveillante. Ainsi la boui^eoisie blésoise comprenait déjà ses droits , et savait les revendiquer au besoin. Louis I^ fut tué à la bataille de Créey (1346), et son corps rapporté au couvent de la Guiche. De son mariage avec Jeanne de Hainault naquirent trois fils qui furent successivement comtes de Blois.
Louis n Taftié fit des dons à FR^tel-Dieu de Blois, et fonda Thôpital Saint-Jacques pour les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Cornpo&teHe en Galice ; il tnourut en 4 372.
Jean II, son frère , habita'presque toujoiurs les terres de son épouse Marguerite de Gueldres; il finit ses jours au couvent des Carmes de Schonhove (1381).
Guy, troisième fils de Louis !•', époux de Marie de Namur , eut la douleur de voir mourir à la fleur
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DBBLOiS. S9
de t> sofi His unique, et décéda sans postérité. D'autres branches de la maison de Cfa&tillon fu-* rent plus vivaces; la dernière s'est éteinte depuis quelques années , en la personne de madame h duebesse d'Uzès, dernier rej^on de I illustre femiile des comtes de Blois.
A^iit de continuer rhistorique du comté et de la viUe^ nous croyons devoir nous livrer à une apprécaatîon spéciale du gouvernement des oomtes, et surtout de Leurs £sdts militaires , partie esseo* tielle d'une biographie intéressante pour le pays.
Pendant pinceurs siècles, ces iniatigables guerroyeuTB n'eiurent aucun r^os. Sans cesse on les voit harcrier les seigneurs voisins, notamment ceux d'Anjou , de Vendôme et de Chaumont. La proxi* mité des territoires, l'incertitude des limites, enfin l'humeur querelleuse des possesseurs, expliquent la firéquence de leurs collisions. Le pays situé entre Blois, Tours et Vendôme fut le théâtre le plus or^ dinaire de cm luttes interminables : les noms lugabres de certains cantons de ce territoire (tels que Ckiaiip^Ddenl, Chim^p'4e$'M(i^rt/ifrs^ rappellent encore \e passage funeste de la féodalité miWtsùikte^ Plusieurs fortes touns , qui pendant le mdyen^ âge furent élevées aux environs de Bkns, attestent le £dt d'un état de guerre habituel. La ville même
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a conservé sur sa ligne d'enceinte quelques-unes de ces constructians stratégiques, étabfies dans un but de défense ou d'agression.
Nos ancêtres prirent forcément part aux guerres de leurs comtes , qu'ils étaient obligés de servir e/Or vert et contre tous. Rien n'était plus arbitraire que la conscription de cette époque; rien aussi n'était plus fréquent. Nulle loi ne réglait les conditions ni la durée du service militaire ; l'incertitude résultant d'un pareil état de choses, jetait le trouble dans les familles, paralysait complètement T^griculture et l'industrie. Les populations, toujours mena* cées de réquisitions et de déplacements ^ n'osaient rien entreprendre, effet ordinaire du dé&ut de sécurité; d ailleurs les comtes furent trop occupés de leurs expéditions pour encourager les travaux utiles ; la guerre absorbait entièrement leur activité» et oHisumait sans résultat toutes les ressources dm
pays.
La lutte fut d'abord peu fav<mJ)le aux comtes de Blois ; leurs fastes militaires s'ouvrent par trois dé- &ites. La première eut lieu aux environs de Châteaudun, en 991 ; Eudes I^, vaincu par Foulque»- Nerra, comte d'Anjou, laissa sur le champ de ba» taille, une grande partie de son armée. En 401 6 Foulques remporta sur Eudes II, dans les plaines de Pont-Levoy, une nouvelle victoire qui lui assura la possession de Montrichard et du territoire
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toisin. Thibault III fut plus malheureux encore à Nouy ' ; tombé au pouvoir des Angevins , il ne reoDuvra sa liberté qu'ai cédant le comté de Touraine à Geoffiroy Skrtel, fils de Foulques-Nerm (4044 )« Un siècle plus tard les Blésois prirent leur revanche: excité par le comte d'Anjou^ le semeur de Qiitnmont avait refusé Thommage à son légitime suzerain ; Thibault lY vengea cruellement cet acte de félonie (1153); le rebelle vassal et ses eniants furent faits prisonniers au lieu delsiMott^Mindray^. L'année suivante , la journée de Fréteval vint mc^TB rehausser l'honneur des armes blésoisc^. Les comtes de Blois et de Yeodôme, trop rappro* chés pour vivre d'un bon accord, ne cessaient de guem^er avec un acharnement réciproque. Leui^ qu^rdtes prirent même un tel caractère de violence, que le roi Philippe de Valois cita devant le bailli de Vermandois le comte Guy P"" de Châtillbti peur répondre de ses méfaits^ notamment de ^nde eifikmde et dm^Mge di^ peuple ^. Grâce à cette intervention» les seigneurs ennemis conclurent la paix, et posèrent des bornes entre leurs territoires (1 323); on a prétendu que la pierre levée qui se trouve aux environs de Blois, sur le territoire de la commune
* Auprès de Saint-Martin-le-Beau, à quelques lieues de Tours. ' Entre Chaumont et Vallières^lrs-Grandes. ' PitniTCS d« BfTTvier, p. ^.
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de k Chapdle-Vmdâmoise, était un signe de cette ancâenne délimitation.
Ici de terminent les guerres féodales qui désolèrent nos contrées pendant trois siècles. Thibauk dit le TrûàeuTy premier comte héréditaire de Bloîs, ftit le type accompli des fiers barons du moyenne; son suifnom peu flatteur exjHrime tne vérité ccmflr*^ mée par ces vers du poète Wacce '.
Thibault li cuens ■ de Chartres fu fei et euguignour. ThibauH fu plein d'engein et pleitt fu <le fainiié.
Les descendants du Tricheur n*ont guères môn^ tré plus de bonne foi ni de modération dans lenrs guerres. Perfides et impitoyables à Tégârd dés seigneurs voisins, ils furent généralement as$ez débonna'u^ envers leurs sujets blésois; loin dabutor d'un pouvoir absolu, plusieurs, ainsi que nous Ta*vous vu> signalèrent leur administration par de& bienfaits.
Ces grands vassaux, véritables souverains, osèrent se mesurer avec le roi de France... Le monarque ne fut pas toujours le plus fort. Il serait superflu de raconter des luttes étrangères au pays blésois j et certes nous ne devons pas envier une triste c^ébrité aux provinces lointaines, théâtres de malheurs tels que l'incendie de Vitry '.
' Roman de Rou.
« Comte.
' Un de nos comtes, Thibault IV, attira sui la Champagne cette vengeance du roi Louis VII.
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Certain passage d'uoe lettre d'Eudes II à Bes^ ri I*' ' prouve qu*aIors nos comtes craignaient peu la royauté capétienne ; voici la traduction de ce document signiâcatif ;.
Je m'étonne beaucoup, mon seigneur^ que sans m^avok en* tendu, TOUS m'ajez jugé indigne de conserver mes possessions; car si vous aviez considéré ma naissance, vous auriez compris qu'elle me â(»uiait des droite béré^gtaires, et que f étais comi^ te par ia frâee de Pitm^ puisque je tiens mes domaines bob de . votre libéralité, mais de la succession de mes ancêtres.
Le comté de Blois était tme des seigneurie^ austr quelles s'apjdicpiait cette orgueilleuse proteatati^n^ Du reste la confiscation prononcée par Hcori l" n'eut pas de suite ; le roi re<(ula devant, les i^an^M^ du comte.
Malgré son attitude hautaine, ce vs^ssal àwoi^d^ la couronne devait à chaque mutaU^p porter e^ per* 8(mne la foi et l'hommage au monarque, usage res? pectueux qu'observèrent les seigneurs les plus in^ dépendants de l'autorité royale. On a conservé ^^ et nous allons traduire la formule du serment que Gauthier d'Avesnes, l'un de nos comtes,, prêta au roi en 1 S22, époque où le comte de Champagne était son suzerain immédiat ^ : i
Je jure à mon roi Philippe, que si m<m BAgû&ai ThiiauU^
• Bibl, patrwn, éd. Lugd., t. XVIII, p. 2t.'
* Anselme, Histoire des grands officiers c!c la couronne, t. Il, p.8S3.
' Celte mouvance transitoire eit expliqua i^ob bmU^
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comte à$ Champagne, manqua an bon et fidèle semce qu'il nous doit et à TobligaticMi de rendre la justice en sa coor, moi avec tous les fiefs^et les yassaux que je tiens de lui, je viendrai en aide au roi contre ce seigneur.
Après le droit de guerre privée, le monnayage fiit un des attributs les plus considérables de la souveraineté usurpée par nos comtes. Leur atelier monétaire remplaça celui que les rois carlovingiens possédaient à Hoîb ' et dont les curieux conservent plusieurs pièces. La monnaie seignetu'iale de Blois offre un type bicarré sur lequel on a beaucoup disserté. D'anciens numismates prétendirent y voir une lettre hébraïque. Bemier le considérait sim^ plement comme une tète informe; cette opinion, plus vraisemblable, a été adoptée par les savants modernes *. Cependant nous devons dire que sur les monnaies conservées la figure humaine est presque méconnaissable ; peut-être a-t-on perdu les pièces plus anciennes où le type estait sans altéra* tion.
Toutes les monnaies blésoises antérieures au comte Jean de Châtillon sont anonymes, et portent seulement le nom latin de Blois Bletis ou Blesùm; les autres furent frappées sous le nom de ce comte ou de ses quatre successeurs.
Long-temps la monnaie blésoise eut cours dans
* Bemier, p. 41.
' Cartier, Revue Numismatique de 1845» p. 136.
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DE BtOIS. 45
h viHe à Texclusion de celle des autres sei^eurs et de celle du roi; aussi la plupart des sommes stipulées dans les actes des XII^ et XIIP siècles qui intéressent desp^*sonnes du pays, sont-elles ordinairement payables en cette monnaie. Les changeurs seuls recevaient les autres espèces; ils habitaient une rue de Blois qui a conservé le nom de leur industrie si nécessaire sous l'empire des monnaies seigneuriales.
Les comtes affermaient ordinairement leur monnayage; on voit par le bail de 1 316 (manuscrit possédé par M. de la Saussaye) que pendant cette année rémission fut de 105,970 livres blésoises, valant 90,881 livres tournois' ou 1,829,734 fr. de monnsÂe actuelle; ces chiffres élevés prouvent Taetivité de la fal»rication ; le principal atelier se trouvait dans une maison de la rue actuelle du Pont, appelée pour ce motif (a Ttrn^' Argent. A 1 instar du roi, les seigneurs altéraient souvent leurs monnaies; on a calculé que, sur la somme émise en 1345, Hugues de Chàtillcm dut gagner au moins un sixième ^. Le roi Louis X rendit une ordonnance très sévère pour réprimer les abus des monnayages seigneuriaux ; les conditions de ce nouveau règlement étaient si rigoureuses que bientôt (1 d$B)
' La monnaie de Blois valait moina que celle de Tours; la proportion éUit de 12 ft 14.
* Retne Humismatique de 1834, p. 37.
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