‹ Histoire de BloisChapitre 6 sur 25 · DR BU>IS · texte numérisé non relu

DR BU>IS

, Ces victimes expièrent leur opposition trop ma^ nifeste au parti dominant* D'autres Blésois, tout aussi irréprochables, mais plus prudents, surent échapper à la proscription par des démonstrations de circonstance, telles que la fréquentation assidue des clubs, la coiffure en bonnet rouge et Tusage du Yooabulaire républicain ; ce jacobinisme de parade, très-inaffensif en soi, et justifié par le sentimeaàt de la conservation personneUe , sanva plu-* sieurs personnes, gravement compromises»

L'émigraition était un autre* moyen de salut; beaucoup, de nobles du département prirent ce parti extrême; leur liste officielle, dressée par Tadministratioa départementale , contient des noms qui peuvent encore intéresser quelques familles du pays: voici les plus remarquables: Âmdot, mar* qm du Gué4^éan, exrcapitaine de cavalerie» — Le marquis de Beauxoncles. — Le marquis Be^iado. d*Avaray, fils aine du duc d*Avaray, mort en Angleterre m service de Louis XYID» ^^Belot l'ainé, de, Lalleu. — Boutault de Rnssy. — Le marquis César de Gourtajpvel, exilieutenant-colonel,. député du dépaitement de Loir-et-Cher sous' la Restaura* tion. -^ €o;iirtin de Clénor. —D'Auvergne fils, da MUusaes. — ^De Fontenay^ dbevalier da St^-Loiûs» depuis directeur du collège de Blois, -^^De Passac, cb«vaUer de St,-Louis, de Vendôme* -- Guérîn de Beaumont, chevalier de St.-Louis. — Guyon de

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Montlivault, officier d'artillerie, depuis préfet du Calvados. — Héritte la Gautrie fils, bourgeois de Blois. — Guy Le Coigneux de Belabre, seigneur d'Oucques. — Maussion de Candé. — - Poisson de Malvoisin, petit neveu de madame de Pompadour, mort dans Tarmée vendéenne. — Rangeard de Villiers. — Taillevis de Jupeaux. — Jean-Louis Te»er, officier mort en émigration. — De Trémault. — Ferrand-Yaillanty membre du conseil des Anciens sous le Directoire. — Bergeron, prêtre. — Druillon , ex-chanoine de la cathédrale de Blois. — Le marquis de Saumery. — Du Juglart, etc. , etc.

Une confiscation immédiate atteignit tous les individus portés sur la liste des émigrés : heureusement, le désordre qui régnait alors dans le travail des bureaux administratifs^ occasionna un certain nombre d'omissions; plusieurs familles durent à ces erreurs salutaires la conservation de leurs biens patrimoniaux.

En même temps que la Terreur désolait Blois, le mtmmumf dont Texécution commença au mois de novembre 4793, y produisait une affireuse disette. Cette loi fimeste s^appliquait aux denrées, aux marchandises^ aux journées de travail et aux salaires des ouvriers. Si le papier-monnaie eût conservé sa valeur primitive, l'application des taxes aurait rencontré sans doute moins d'obstacles. En d'autres temps, les prix du tarif eussent été accep-

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0B BLOI$. 220

tables ; par exemiple, le taux de vingt francs que la toi attribuait à Thectolitre de blé froment, satisfe^ raif aujourd'hui le vendeur et Facheteulr; mails, forsque les valeurs monétaires variaient continuel^ lement, c'était une injustice et une contradiction moDstriïeuse de prétendre limiter les prix commterdcaux : cette fixation d'un côté, ces fluctuations de Faûtre, produisaient l'état lê plus anormal que l'on puisse imaginer. Du reste, la dépréciation du papier-monnaie abolit par le fait le maximum ; car Vietftôt il fallût livrer des valeurs énormes en assignats pour obtenir les moindres objets ; eiïcore les détenteurs ne s'en dessaisissaient-ils que difficilement, et souvent après de violentes menaces.

Lé'discfédit des assignats rendait le maximum très préjudiciable aux vendeurs; car les valeurs réelles de ces signes monétaires étaient bien inférieures à celles des marchandises. A Tépoque même de l'établissement de cette loi ruineuse, les vingt livres en assignats, prix de l'hectolitre de froment, ne valaient déjà plus que dix livres en argent; parla suite^ elles valurent encore bien moins : à la fin de l'année 4795, ce prix devint purement fictif; recevoir alors en paiement un assignat de vingt livres, c'était à peu près donner sa marchandise pour rien: aussi les possesseurs de grains refusaient-ils de les amener au marché, et lorsqu'ils s'y résignaient, c'était par crainte d'être pillés à domicile : ils ven-

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23d HISTOIRE

daietit OU plutôt iU donnaient leurs produit», pour se soustraire aux dangers de Témeute. Il en fut àe même des autres denrées ; car leurs prix de taxe devinrent également illusoires. Le peuple» que la Convention prétendait soulager par le maximum, se trouva bientôt manquer de tout , et les mains pleines d'assignats, put à peine se procurer les choses de première nécessité ; il maudit avec raison une loi qui s^était annoncée comme devant ramener Tâge d*or.

Dans ces jours de pénurie on manquait même de pain. Les portes des boulangers étaient sans cesse assiégées par une foule tumultueuse ; mais les distributions n avaient lieu qu a certaines heures de la journée, en présence d*un officier de police, assisté de la force armée. Chaque ménage était strictement taxé, suivant le nombre des personnes. Pour recevoir leurs rations quotidiennes, les che& de Emilie se rangeaient deux à deux, et faisaient queue comme au spectacle; chacun passait à son tour, et n'obtenait que la quantité fixée d avance ; le commissaire tenait la liste nominale de cette taxe, et criait au fur et à mesure : citoyen iV... , tant de personnes. . tant de livres I. . . Les boulangers se gardaient bien d'en donner davantage ; car la populace eût à l'instant fait justice de toute préférence. Les citoyens disparaissaient au plus vite avec leurs quole-parts d un pain chaud, lourd et souvent

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DE BLOAS. 8S1

ûoip : e&care ébàentHis etpùsés à perdre cette pro^ ipi&ion inwftsante, 8'ils n'avaient pas la force de lutter contre les assaillants qui les attaquaia^it en cbemiil; plusieurs fois, dams ces rixes déplorables, on iFÎt des malheureux défiNidre jusqu'au sang le moi^^eafl de pain que leur allouait la municipafité.

Uautoribé, o-aignant la fomine, avait établi un grenier d'abondance dans les bâtiments de là Visî^ tition {aujourd'hui la préfecture) ; on voit par on oompte nmnieîpaU que, du 4<^ octobre 4793 m i" janvier *801, il y fut vendu 78,697 bois- «eatix de blé« Les achats destinés à l'a^ravisioanement de ce dépôt mrent lieu en partie au moyen de aouscr^itions charitables q/fù suppléèrent à l'insuffisance des ressources de la ville, trop pauvre éon pour faire elle-même les avanoes nécessaires.

Les derniers jours de 1793 offi^nt un incident honorable pour la population. Le 30 décemihre, un convoi^ composé de 432 prisonniers nantais ique le farouche Carrier «nvoyait au tribunal révolu tioB- OMre de Paris^ arriva dans nos murs ; ces iiifortu-' nés trouv-èrent à Blois plM de oommisération et d'égarèb qu en d'autres villes ; une Wochiire àe fépoque, publiée en leur nom^ rekte ainsi les tm^ 4X»nstinoes de ce passage : c Deux officiers munici- > paux de Blois vinrent au-<)evant de nous lors de

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m HISTOIRE

» notre entrée en cette ville ; lew présence <fit » cesser les injures et les menaces dont nons ne V cessions d'être assaillis. Nous fumes logés à la » maison des Carmélites. Nous reçûmes à Biois des 9 paroles de paix et de consolation ; nous y vîmes » des républicains sensibles à nos malheurs. »

Ces procédés humains et bienveillants semblaient protester contre le crime tout récent du Château- Gaillard.

Au commencement de féwier 4794, 6n vit avec dégoût arriver une douzaine d'étrangers de haute taille, de figure sinistre, mal vêtus, et parlant Targot des clubs ; ils se disaient commissaires delà section du Bonnet Rouge de Paris ; leur mission, qui avait pour objet Tarrestation d'une femme sans dé^ fense, était digne de ce titre ; ils envahirent Thôtel de madame la marquise de Flamarens, nièce de feu M. dePhelippeaux, archevêque de Bourges, et conduisirent cette dame estimable au tribunal révolutionnaire de Paris , qui heureusement n'eut pas le temps de lui faire son procès avant le 9 thermidor. Cet enlèvement brutal, que l'on ne pouvait expliquer par aucun motif politique, fut généralement attribué à des vengeances particulières; beaucoup de persécutions exercées à cette époque n'eurent pas d'autre cause.

Quelques jours après, Blois reçut la visite d'un autre proconsul, Gamier de Saintes. Ce nsFiiveau

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rq)résetttant était loin d'approuver la conduite des terroristes, et repoussa même ceux qui cherchaient à le circonvenir , entre autres, Rochejean, naguères conseiller intime de Guimberteau ; Garnier ne vit en lui, suivant ses propres expressions, qyinnvBtd^. gant et un dénonciateur.

A l'exemple de son prédécesseur, le proconsul tint, le 23 février, 1 794, dans le temple de la Raison, une séanee d'épuraiion. 11 destitua d'abord les. administrateurs de département qui avaient assisté à la séance de Carra ',. en déclarant toutefois ^'ils canservaienl ietlime du pesuple. Plus modéré que Guimberteau » il réintégra certains fonctionnaires, destitués par œ représentant. Les diverses administrations subirent tour-à-tour le système épuratoire ; tous les prêtres , notamment Fouchard et^ Dupont, furent éliminés, sousprétextodeTincorapatibilité du ministère ecclésiastique avec les emplois civils ; Velu cessa d'exercer les fonctions de juge de paix; Gidoin, receveur du district, accusé d'avoir supplanté son prédécesseur par d'odieuses manœuvres, fut révoqué et rais en prison. L'assem^ blée s'occupa ensuite des suspects détenus dans les rgHitres; plusieurs, tels quedom Garrelon,ex-béné-. dictin, directeur du collège de Pont-Levoy, et M. Jousselin de Blois, obtinrent leurliberté; d'au»

' M. Alardct père, depuis conseiller de prcfrclurc, était du noqibre^

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TU lUSTOmS

tre», parmi lesquels on remarque MM. P^urdesa» pàreel DÎKoebaUt restèrmi sens les venreux^ stat gré tes Tives réclamatioiis de leurs amis^ L'extrait suivant du: procès-ye^bal donnara une idée de h manîène dont ees quesjtkms permnAoHeii étaient traitées:

Un membre ^ cherché à intéresser la sensibilUé du peurpie, en fhisant considérer Dinochau comme un homme plus êgvté que coupable, qui avait d^eôUeurs suffisamment expié 869 £auites par une déiention de cinq mois^ et ^ peuple umr jottrs bon se fût laissé entraîner par sa propension naturelle à ce sentiment de pitié <ju'on voulait lui inspir^r^ si le représentant du peuple, en lu! rappelant les malheurs auquels Binochaa rayait exposé,, ne lui e,ût fait sentir la nécessité de pmiir œu^ qui, i^ant tous les moyens possibles de faire le bien et de ser^^ vir la chose publique en affermissant les bases de notre révolution, n'en ont fait usage que pour la renverser, et (fae la clémence en pareil cas serait un amtstiiua contre la répubUquêr Enfin le peuple , reprenant l'attitude fière qui convient^ à des républicains, a proposé la continuation de la détention da Dinochau, et le représentarjt Ta ordonnée jusquà la paix '.

La môme assemblée modéra plusieurs taxes ré^ yolutionnaires, prononcées par GutniJwrteau sous l'influence d'animosités persoBnelles.

Gamier ùnt une autre séance où il propom {c^ér tQiit ordonner ) une contribution patriotique qui produisit 20^000 livres environ. La liste imprimée des souscripteurs contient deji mm que I9 pru*

* Terme alori iiitiéfini.

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W BLOIS. 2$ft

dtence seule y porta sans doute ; car, bien que cette cotisation fût qualifiée de t?oIonfiiîre, un refus offi*art les plus graves dangers; et après tout, il valait Riieux s'inscrire spontanément sur la liste patrioti-^ que, que de s'exposer à être porté aux tables de^ proscription. Le chiffre de Foffirandse était proportionné au diegré déf suspicion; plus un citoyen se trouvait mal noté par la police révolutionnaire, plus il devait payer cher l'indulgence du parti démocratique; c'était en quelque sorte une rançon. Voici les taxes les plus élevées que prononça Gar* nier : Bourguignon^Bei^evin, 600 fr. , Boucherat, 6,000 fr. , Butel , 1 JOO fr. , Bergevin , notaire ,. 4,000 fr., Dubin, ex-prêtre, 1,025 fr., Guérin-d'Ogonières , 2,400 fr. , Guercheville, de Suèvres,, 600 fr, , Hurault de St.-Denis , père , 650 fr. , Hurault de St.-Denis, fils, 600 fr. , La Saussaye, 400 fr. , Rangeard la Boissière, Juglart et Maupas, 4,400 fr., plus un cheval estimé 4,600 fr. , Romieu, 50 fr. et une épée d'argent, Réméon,. t,050 fr. , Riflfeult, notaire, 1,000 fr. , Rabineau, 1 ,000 fr. , plus un cheval estime 555 fr. , Turpin, 600 fr. Toutes ces sommes étaient payables en assignats *. Une partie du produit des cotisations fut laissée à la ville ; Garuier eut l'heureuse idée d'avec-

' L'assignat de 100 livres ne valait plus aloii» que, 16 livres en argent.

ter 10«000 iiyres au sojolageineni des pauvres; cet emploi charitable obtint l'asseDtîiOi&nt de tous I^ partis.

En quittant Blois, le représentant du peuple se r^endit au Mans, où raccompagnèrent plusieui^ membres du club, chargés d'une mission bizarre, ainsi rapportée par le procès-yerbal de la séa^ca tenue après leur retour :

Un des commissaires près Gamier de Saintes a fail un rapport sur la commune du Mans, laquelle, dit-il, est maintenant à la vraie hauteur ; il s'y joue des pièces analogues aux circonstances , et cela par de vrais sans-culottes; on n'y vqix ni muêcop din ni mutcadine. Il a été arrêté que nous nous mettrons à la hauteur de la commune du Mans ; on a nommé à cet effet une commission de sept membres.

Garniar de Saintes, quoique modéré au foi]id , affectait toute Texagération des formes révolution-r naires ; aussi reprocha-t-il à notre ville Turbanité trqp aristocratique de ses mœurs, en lui faisant sentir le besoin d'une rudesse plus républicaine ; heureusement elle n'acheva pas cette éducation à rebours.

Dans la même séance du club, certain démolis*seur proposa de faire abattre les châteaux deChaumont, 4e Cheverny et d'Onzain, comme élafif de$ forts dangereux à la liberté; rigoureuse application de la maxime favorite : guerre aux châteaux ILesrévolutionnaires observaient moinj; fidèlement la

seconde partie de leur devise, qui promettait la faix aux chaumières. Cette motion barbare n'eut pas de suite ; on comprit la futilité des motifs allégués par TorateuF.

La même année, lorsque Robespierre eut fait décréter les dogmes de l'existence de TÊtre-Suprème et de Timmortalité del ame, la ville de Bloi$ célébra pompeusement cette protestation officielle eontre lathéisme qu'une minorité insensée avait tenté de mettre à l'ordre du jour ; nous transcrivons ici le compte-rendu de la fête ;

Aujourd'hui 20 prairial ap ii de la république française, une et indivisible, à quatre heures du matin, une musique guerrière parcourant les rues a annoncé au peuple le lever du soleil, et préparé les âmes à célébrer la féie de V Étemel ^ au même instant, chaque citoyen a laissé flotter une banderoUe tricolore à l'extérieur de sa jnaisQr. es portes étaient ornées de guirlandes de verdure, A cinq heures, l'airain a tonné. A neuf heures, une seconde salve a indiqué le moment du rassemblement. l^ espérance 4e la patrie est arrivée ; elle a formé sur le quai un l>ataillon carré. Vingt-cinq jeunes flUes , vêtues simplement et la tête ornée de fleurs, sont sorties , accompagnées de leurs mères ; les filles portaient des corbeilles de fleurs, les mères avaient un bouquet à la main. Vingt-cinq père$ de famille 9ccompagU£^ienl leurs fils, armés d*une épée; les mis et les autres tenaient une branche de chêne. Le cortège s'est dirigé vers l'arbre de la liberté. La force armée, composée de la gendarmerie, de la garde nationale et d'une partie de la garnison, ouvrait la marche. Deux colonnes se sont avancées ; les pères de famille et leurs fils d'uu côté , les mères de familles et leurs filles de l'autre. La musique marchait à la tête du bataillon carré. Les autorités constituées étaient entourées par Tefifancft

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Mft mSTOlRB

ornée <iefieaFS dm ehamps, par l'adolescence omée^de myrte p, par la virilité ornée, de chêne», par la vieillesse ornée de laurier. Chaque magistrat portai^ à la main un bouquet d*épis de blé, de fleurs et de fruits. Au centre des autorités constituées, quatre bœufs couverte de festons et de guirlandes trahiaient un char sur lequel o» voyait le^ instruments des. arts et 1er productions de la république. |»a foroe arn^ée fermait le coi^ tége. Au pied de Tarbre de liili)>erté ét^it 'élevé un amphithéAtre sur lequel la musique a exécuté différents morceaux de^ chant En fiice du pont était m. are de triomphe , le cortège » passé dessous pour se cendre an temple, pai^ la Grande-Rue,, la porte Ghartraine, la rue Beauvoir et la rue du Palais. Au temple ', le maireafoit une invocation à TÊtre-Suprôme. A la sortie du temple, la marche s'est dirigée sur la» Grande^èce où la musique a exécuté une strophe en Fhonneur des héro$ morts pour la liberté. Le cortège s'est acheminé ensuite vers la montagne^ ci-devant butte des Gapucins, en passant par la rue d'Angleterre, les Fossés, la place de Justice ^^ et le chemin des ci-devant Capucins. Cette montagne formait l'autiBl de la patrie ; sur la cime s'élevait l'arbre de la liberté. Les magis-. trats se sout élancés sous les rameaux de l'arbre ; les pères avec leurs fils, les mères avec leurs filles, se sont groupés sur la pente de la montagne. La musique a exécuté plusieurs airs ; les pères avec leurs fils ont chanté une strophe dans laquelle ils ont fait le serment de ne poser les armes qu'après avoir anéanti les ennemis de la patrie ; tout le peuple a répété ce serment ; les mères avec leurs filles ont chanté une strophe dans laquelle elles ont promis de n'épouser jamais que des hommes qui auront bien mérité de la patrie. Le peuple entier a chantp'

* C'était Téglise Saint-Louis. Au-dessus delà porte on lisait Tinscription fameuse : Le peuple fronçais reeormatt l'exiêtence <twH Èire iuprême et l'immortalité de l'âme.

* C'ett la place f/c« Jésuites; on rappelait place dé Jiuticc, parce qu« les exécutions à mort venaieçA d'y être transférées.

vae i^niM 1^ U louanga de rÉtre-SuprêiM. L» Mrléf e es^ 0»* suite retourné à 1|^ maison CQmmmie. De$ danses ont teiviiné cette fSte,

L'abolition du ouHe éphémère èes Déesses^Rai-» son date de lu même époqae; alors les rendions décadaire3 perdurent tew caractère retigieui^ et ne (arent flu^ qoe de& aeserablees politiques et aémi^ nistraliTes : ainsi modiêées, etle^ eontinuèitatifa^ Toiflieu dans Téglise Saint-Louis jwquà la fin du Directoire,

L'exécution désastreuse d'une mesure révolu-* timmaire suivit de près la fête religieuse du 20 pr^ûrial, époque ou le conventionnel Ferry ' vint à Blcâs avec la mission de requérir Im fen de luxe; Hé^me , â^ent national du district, chargé d'exécuter les ordres du représentant, leur donna une extension déplorable; les ferrures des fenêtres, les balcons, les rampes même des escaliers de la promenade du Mail ^ furent compris dans la réquisition. La municipalité demanda grâce pour les baleons, maie faiblement, et de manière à ne rien obtenir; la lettre qu'elle adressa au proconsul

' Ce personnage, l'un des derniers membres de la Convention, est mort seulement en 1845. Les autres proconsuls dont nous avons parlé s'existent plus depuis long-temps.

' Ces rampes ne furent rétablies qu'en 1803 ; pendant toute la période révolutionnaire, la ville était ai pauvre c|u'ellc ne put trouT«r aucuDS fonds pour cette dépense.

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Na IRSTOIRE^

Feny, se terminait par cette phrase obséquieuse : « 91 nous ne sommes pas assez heureux pour te » convaincre, nous te prouverons qu'en véritables 9 républicains nous savons obéir. »

La réquisition de fer produisit daBS tout 1^ district de Blois une ma^se métallique du poids de 51 ,800 livres, dont 1 i,1 1 0 furent laissées à la dis^ position des communes font fabriquer des instru-^ ments aratoires.

C'était le temps où Robespierre, aspirant à la dictature,^ proscrivait les factions capables d entraver ses desseins. Après avoir fait périr un certain nombre de Conventionnels et les membres les plus exaltés de ta commune de Paris^ il voulut appliquer aux provinces le même système d'épuration. Desmaillot, ex-procureur au Châtelet de Paris, vint accomplir dans Blois cette nouvelle mission : son arrivée suivit de quelques jours seulement le départ de Ferry. On fut bien surpris d'entendre l'agent de Robespierre prêcher le modérarUisme ; mais Tétonnement redoubla, lorsqu'on le vit faire arrêter Rochejean, Yélu et consorts, et les expédier immédiatement au tribunal révolutionnaire de Paris. En voyant s'éloigner de nos murs les plus dangereux suppôts du Jacobinisme, on se prit à espérer des jours meilleurs: peut-être en efiTet le futur dictateur de la république française méditait-il une réaction salutaire; mais la Convention ne lui laissa

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DE BLOIS. Ui

pàs lé temps dé réaliser les derûiers secrets de sa politique sanglante.

Le 9 thermidor arriva ayant que les terroristes blésois passassent en jugement ; mais s ils recouvrèrent alors la liberté , ils ne purent ressaisir le pouvoir, et Blob ééhappa pour toujours à leur do-

La chute de 'Robespierre annonçait la fin d'un r^ime oppressif ; notre municipalité applaudit à cette grande catastrophe par une adresse que la Convention reçut avec éloge. Le même corps donna une leçon sévère aux terroristes, en leur refu*^ sant, dans les termes les plus flétrissants, les certifia cats de civisme qu'ils sollicitaient pour échapper aux poursuites judiciaires. Ces hommes, si funestes au pays, subirent à leur tour de cruelles représailles; le ressentiment de leurs excès provoqua de toutes parts une réaction violente. Velu, l'un d'eux, qui après son élargissement passait à Orléans dans une voiture publique, ayant été reconnu, on le con^ traignit de descendre pour recevoir à genoux^ au milieu de la rue Bannier, un seau rempli de sang d'animaux ; nul n'osa le protéger contre cette manifestation in&mante de la haine populaire.

Aussitôt après le 9 thermidor, le comité départemental de Loir-et-Cher, qui avait commis tant d'actes vexatoires, tomba au grand contentement de la population; les prisons s'ouvrirent; les sus^

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t*t mstomË

pectA lurent teùduÈ à leurs ALOiUtes; tes geâs àt

bien, reprenant courage, sortirent enfin de Tinertie déplorable qui faisait toute la Ibrce d'une minorité andacieuse.

Blois oommaiçâit k entrevoir des jours meil** leurs, lorsque la brusque abolition du mMinUm vint exciter de nouveaux troubles. Le passafesulite d un état de eontrainte à une MDerté illimitée ne pouvait s'opérer sans perturbation. Les détentews de grains, voulant se dédommager d'une longue stagnation, exigèrent des prix excessifs; le peuple 6e révolta contre leurs prétentions, et bientôt Té* meute produisit la disette. Les rigueurs de la saison vinrent augmenter la misère et par suite Texaspé^ r^ion des masses; car Thiver mémorable de 1794 à 179S, presque aussi dur que celui de 89, sévissait alors avec une extrême âpreté. Les extraits sui^ vants de rapports officiels sur trois marchés consc* ctttifs, feront comprendre toute la gravité de cette eriset

Aigourd^tti 13 nivûse an m (I^^ Janvi^ 1795), l'ouTerture du marché ayant été publiée, le peuple s*est jeté sur les poches, sans qu'il ait été possible aux membres de la commune ni à la force armée» ^'protéger etieacement le laboureur venâev. liMûnidé par les ^ris du peupte, Tun d*eax aU^el oa a demandé combien il voulait vendre son grain, a répondu .* ce que rot» toudrex; un citoyen lui en a offert quatre livres du boisseau, le laboureur a répondu: je h veux bien; et lorsque le prix pai>«H»t convenu^ des voix ont crié i à tnm Uvrui Le hàtiwr

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Ùt BlOIS. M

reur a eocore ré^ohdu : je y vmx 60»; et U diâtribuiion s*^ faite sur ce dernier prix

La garde nationale et la getidariDerie n'eussent pu contenir ie peuple sans verser le sang*, ce que les autorités constituées ont cru devoir éviter.

Au marché suiyant, Tautorité prit de toouVelle» précautions, qui malheureusement produishrent peu d'effet, comme le démontre cet autre rapport :

Nou«9 membres du conseil génial de la commune, noua sommes transportés au marché de ce jour (19 nivôse an ui)^ décorés de nos écbarpes, pour y maintenir la police, accompagnés d*une garde suffisante ; oh étant sur les dix heures d^ matin, nous avons vu avec une peine infinie la place du marché couverte de quatre mille personnes au moins, et pas un seul grain exposé en vente. Nous ilous sonunes dispersés au milieu du peuple, qui bientôt s*e$t mis à nous suivre et à faire cercle autour de chacun de nous, se plaignant avec amertume et néanmoins sans mouvements violents, de n*avoir point de grains A midi, nous avons vu arriver dix à douze quintaux de blé ; le conseil général de la commune a ordonné Fouverture des poches, autour desquelles tous ses membres se sont rangés. La garde nationale s*est avancée ; le peuple a été averti d*être modéré ; nous avons remarqué que les vendeurs intimidés n*osaicnt approcher de leurs grains. Malgré nous, le peuple s'est porté avec tant de violence sur les poches, que ne pouvant plus soutenir le choc de la foule, nous avons été obligés de nous mettre un peu à Técart. La force armée n'ayant pu contenir le peuple, le grain s'est vendu sans qu'il nous ait été possible d*en constater le prix. Nous avons entendu le peu pie gémir, se plaindre de la disette, de l'avidité des laboureurS| de régoîsme des gens de campagne.

Malgré tout son zèle pour l'approvisionnemeiit

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des halles, la municipalité ne put rassurer les détenteurs de grains, que la crainte des émeutes éloignait de nos marchés ; cependant Tirritation du peuple allait toujours croissant> et ses plaintes inutiles prenaient un caractère de violence attesté par ce passage du troisième rapport :

Aujourd'hui 9 pluviôse an m (28 janvier 1795), nous membres du conseil de la commune de Blois, nous sommes transportés au marché, où nous ayons vu avec douleur qu*il n'existait point de blé, et où nous Avons trouvé environ. trois miUe personnes qui murmufaiônt et gémissaient en disant avec fureur: Il font \ione nous fairt mowriri Ensuite une affluence de citoyens et citoyennes s*est portée à la maison commune, où ils oiit vociféré des menaces contre la municipalité ;'un groupe de femmes s'est fait remarque^ par la violence de ses cris : « Nous allons périr, disaient-eUes, puisqu'il faut payer le pain » sept ou huit francs la Uvre * ; encore nous n'en avons pas ; » et par surcroît nos hommes montent souvent la garde. »

Alarmée de ces désordres, la municipalité adressa à la Convention une pétition qui peignait vivement la détresse du peuple et sollicitait une avance de 200,000 livres pour acheter des grains ; cette supplique contient les passages suivants :

A peine avez-vous décrété la liberté du commerce, que le laboureur avide a commencé par fermer ses graûges ; les gens de la campagne, inquiets, se sont portés chez lui, et ont acheté ^ tout prix des grains qu'ils ont eux-mêmes battus ; non contents de cet approvisionnement, ils ont encore osé se présen-

* Ces prix étaient payables en assignats, monnaie qui alors avait fcréu presque toute sa Talcur.

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DE BLOIS. tit»

tar dans noire marché, pour partager avec nos concitoyens des subsistances si insuffisantes. Soumise avec respect k toutes les loiSi la commune de Blois n*a jamais montré que la confiance Il plus étendue dans la Conyention nationale ; mais qui peut répondre que» la disette se faisant sentir, le peuple se contien-* drt« qu*en voyant sans cesse passer des grains destinés aux défenseurs de la patrie, il ne sera pas tenté par ses malheurs t

Dans le sein du conseil une souscription a été ouverte , et a produit une somme de 40,000 livres ; nous devons le dire, ce n*est pas peu pour une commune sans commerce et sans ressources, déjà épuisée par des circonstances qui vous sont connues. Bientôt les citoyens les plus aisés de la commune se sont Joints à nous pour fournir des fonds. On a adieté des grains à tout prix en dehors du district ; mais cet état violent ne peut subsister ; les efforts de Tadministraiion vont devenir impuissants ; nous avons tout lieu de craindre ; nous recourons aux pères de la patrie 1

Cette demande n'eut point de succès; le gou- Tcmement, écrasé de charges, n'était pas en position d'y satisfaire. Réduite à ses seules ressources, la ville ouvrit un emprunt auquel tous les habitants aisés s'empressèrent de concourir, et qui produisit une somme de 600,000 livres^ssignats ' : les prêteurs firent preuve de désintéressement; car la situation financière de la ville ne leur offrait aucune garantie; ils couraient risque de n'être pas remboursés, et tel fut en effet le sort du plus grand nombre.

A cette époque, la Convention, qui semblait

' L*assigoat perdait alors 75 pour 100.

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vouloir revenir aux saines idées de gouvernement, envoya un de ses membres les plus modérés, pour épurer nos administrations, non plus révolutioiV' nairement^ mais dans te sens de Tordre et de la moralité. Laurençot, Tun des proscrits du 31 mai 1793, accomplit à Blois cette œuvre tant désirée; la population laeeueillit comme ua Ubéraleur ^ Il destitua plusieurs fonctionnaires nommés par Guimberteau et Garnier, et réintégra les victimes de leurs épurations. La ville lui dut aussi le désarmement des terroristes, la fermeture des clubs, Fapprovisionnement des marchés, la cessation de la disette et des troubles qu elle occasionnait. Enfin il ordonna la réouverture des églises, qui depuis h fin de 1793 étaient fermées même aux prêtres constitutionnels; ce prétendu rétablissement du culte ne fut qu'illusoire ; car peu de catholiques se rallièrent à des ministres déconsidérés, et la plupart continuèrent de suivre les cérémonies clandestines des insermentés.

La municipalité, secondant les vues sages de Laurençot dressa la liste des individus auxquels fut appliquée la mesure salutaire du désarmement; cette nomenclature^ que nous nous bornons à in-

^ Seul de tout les eoa?eotioi»el8 eut oyé» en mitêioB ëant le département de Loir-et-Cher, Laurençot n*avait point voté la mort du

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dîquttr S est accompagnée de not^ înatructives sur la condoite personnelle des acteurs du drame révolutionnaire.

Une réaction énergique éclata contre les coryphées du parti déchu ; le procureur général de ladmimstration départementale de Loir-et-Cher «oivit l'impulsion du sentiment public, en dénonçant les principaux d'entr'eux * comme coupables ftaurpation de jmwoirs, àt voh, de dilapidations, de eonenssions, d'être favteun d^assasmats jvtidi^ (jm, etc. Plusieurs qui se trouvaient alors à Blois, forent immédiatement arrêtés, et conduits dans cette même prison des Carmélites, où ils avaient Élit incarcérer tant de suspects ; un attroupement se ferma sur leur passage ; la fotile demandait â grands cris leurs tètes, et se serait jetée «ur eux; sans l'intervention généreuse de citoyens honorables qu'ils avaient naguères injustement dénoncés. Le tribunal criminel de Loir-et-Cher fut saisi des diffiérentes accusations portées contre eux ; mais les circonstances politiques suspendirent bientôt le coors de la justice. La Convention, craignant pour ellcf-mème les suites du mouvement de modérant tisme qu'elle avait paru encourslger après le 9 thermidor, lit un dernier appd aux passions de 9» ;

* Elle M trouve aur le registre des délilniratious municipales, à U date du 34 floréal an m.

* Séance du 29 messidor an m.

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dans ce but» elle envoya à Blois le représ^itant Sevestre, ardent montagnard, spécialement chargé de raviver la terreur. Le tribunal criminel faisait alors le procès aux individus accusés du meurtre des prisonniers vendéens ; la population attendait avec impatience une condamnation exemplaire; mais le représentant ordonna leur mise en liberté, et les choisit même pour auxiliaires de sa mission : tous ceux que l'administration départementale avait dénoncés, obtinrent la même impunité ; cette amnistie déplorable consterna tes bons citoyens, et ranima un instant Tespoir des démagogues. Sevestre, en quittant Blob, fit distribuer des fusils à tous les individus désarmés par Laurençot. De tels actes présageaient une réaction qui heureusement n'eut pas lieu.

Du reste, si les coupables échappèrent à la vengeance des lois, lopinion publique leur imposa une flétrissure méritée. Repoussés par la population, ils s'éloignèrent de nos murs ; plusieurs eurent une fin malheureuse; d'autres, honteux de leurs antécédents, changèrent de nom> et protégés par l'incognito, vécurent tranquillement loin du théâtre de leurs excès. Les Blésois, qui auraient voulu oublier aussitôt les terroristes, ne suivirent point leurs traces ; de là vient que, dans le pays, on ignore la destinée de plusieurs d'entr'eux après leur départ de Blois ; respectant l'obscurité de leurs vieux

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DI BLOIS. 34t

jears» nous n ajouterons point de nouvelles révélations aux griefs déjà si nombreux qui pèsent sur la^ mémoire de ces hommes trop connus*

Nos élections de Tan iv (septembre 95) donnèrent gain de cause au parti de Tordre, malgré les efforts désespérés du Jacobinisme expirant. Les assemblée» primaires de Blois, qui s'étaient préalablement ràinies pour nommer les électeurs, firent cause commune avec les sections de Paris, et signèrent, à leur exemple, plusieurs protestations politiques contre les actes de la Convention ; ce mouvement courageux Ait le résultat d'une coalition des modérés et des royalistes.

Après la fameuse journée de vendémiaire an iv, la réaction républicaine se fit sentir à Blois ; la débite sanglante des sections de Paris rejaillit nécessairement sur celles des villes de province. Un décret terrible de la Convention victorieuse, la trop célèbre loi du 2 brumaire, qui excluait des fonctions publiques jusqu'à la- paix les parents d'émigrés et tous les membres des assemblées électorales si-' gnataires d'arrêtés prétendus liherticide$ , atteignit plusieurs citoyens honorables,. bien dignes degçrec les affîiires du pays. MM. Bucharon-Cheron, Huart, Guillemin de Savigny, Guyon de Montlivault, Ferrand-Yaillant, et autres,. qui avaient été présidents ou secrétaires des assemblées primaires de Blois, furent frappés par le décret; mais cette exclusion

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fut dans Topiaon générale plutôt un titre d honneur qH'iABe flétrissure.

Peu de temps après eurent lieu la clMure de la Convention et Tavènement du Directoire, qui semblèrent marquer le terme de ranarchie. Le nouveau gouvernement rallia d aberd la majorité des modérés; la haine du régime déebu et le besoin d'ordre, plus qu'un attae^ement sincère au pouvoir directorial, produisirent ce résultat momentané. Les fêtes qui furrat alors instituées répondaient au mouvement Uen prononcé de lopinion publique ; tel était Vcmnivermire de la chute du lyrcai fiofteipierre; voici le cérémonial de cette solennité que les Blésois célébrèrent avec joie :

Aujourd'hui 9 thermidor an iv.... Le cortège s'est rendu sur la place du Château, derant Tautel de la Patrie. Le président de Fadministration municipale a proBoncé un disccnurs ; puis il a pris un flambeau allumé sur Tautel, et s'est cendu à Tautre extrémité de la place, où paraissait un trône couvert d'un manteau aux trois couleurs et surmonté des emblèmes de la tyrannie décemvirale, avec un cahier sur lequel était écrit : Constitution de 1793 ^ y après avoir levé le manteau tricolore , il y a mis le feu, aux cris répétés de haine à la tyrannie I vive la Liberté! vive la République! Le président, de retour près l'autel de la Patrie, y a placé le livre de la Constitution de l'an m dont M a (ait lecture ; après quoi le peuple a crié : «lee la ConttilisHon ! vive la RépMique ! etc.

* Précédemment, on brûlait la constitution de 1791. Les différents pactes nationaux de la p<';riode révolutionnaire furent tour-i-tour décbirés et foulés aux pieds par ccux-mémea qai les avaient compotes.

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]>i BLois. m

K la BièBM époque, on remplaça les saturaales révcintiQiHiaîres par les fêles de Tenfanee, de la jeunesse, de la vieillesse, ées jeunes époux, et par d'aotres maiiif<»tatio9iB semblables qui annonçaient u& retour aux seotiments doux et modérés. C'était uae heureu&e idée de célébrer par des solennités pubiqpes les prinoipades époques de la vie humaine ; TexU^iât suivant fera comprendre Tà-propos et les ingénieux détails de >ces sortes d'exhibé tbiis(il sa^t^'une fête de k vieillesse) :

Aujourd'hui 10 Iructidor an v, quatre yi^iUtrds dés^nés ^f radminîstratîon, accompagnes de jeunes gens des doux sexea qui le matin avaient orné de feuillages les portes de ces vieillards, se 0cwit rendus sur la place de la Grande-Pièce où étaient réunies toutes les autorités oonsiiiuées. Le piësiâ^nl de la municipalité a posé une couronne de voi^dure sur la tèt^ des vieillards. Le soir, les vieillards ont été conduits au spectacle dans ime place ornée de feuillages et d'inscriptions.

Le eoup d'État de fructidor an v troubla lunion et la sécurité qui avaient régné pendant la première anaée du Directoire. La disgrâce de notre député FerraRd-VaUlant, Tun des proserils de cette fatale journée, rejaillit sur la population qu'il représentait. Une autre circonstance irrita vivement les Jaeobins. Les déportés de fructidor passèrent à Blois avant d'être embarqués pour Cayenne ; notre ville hospitalière les accueillit avec les égards dus à des hommes tels que MM. Barthélémy, Barbé-

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MarboU , et autres personnages distingués ' ; cette manifestation réveilla les haines d'un parti plutôt attéré qu'anéanti. Bientôt les passions terroristes eurent occasion de reparaître avec une nouvelle audace. Le Directoire ordonna qu'il serait prêté dans toute la république un serment de haine iter^ ndle à la royauté. Cette cérémonie eut lieu à Blois dans l'église Saint-Louis, temple décadaire; un grand théâtre s'élevait au milieu de la nef; sur les côtés siégeaient les administrateurs du département, ceux de la commune, et les principaux fonctionnaires de la ville ; lun d'eux, placé au centre, faisait l'appel ; chaque citoyen montait à son tour sur le théâtre d'où il prononçait à haute voix la formule républicaine ; les nobles et les suspects, qui venaient péniblement accomplir cette dure formalité, étaient, à certains signes convenus, hu^ et insultés par la populace. Plusieurs magistrats donnèrent leur démission pour ne pas prêter un sèment qui répugnait à leur conscience.

Peu de temps après, l'apparition de la chouannerie vint troubler le département de Loir^t-Cher. Un comité royaliste, correspondant avec la Vendée,

* Cas proscrite, parmi lesquels on remarquait Barbé^Bfarbois, Barthélémy, Ramel, Pichegru, Rovère, Bourdon de TOise, Tronaon du Coudray, etc., arrivt'rcnt à Blois le soir du 36 fructidor anr, furent logés dans la prison des Carmélites, et repartirent le lendemain à •nie heurts du matin pour Rochcfort.

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86 réunissait à Bk>îs dans l'tiôtel des Trois-Marchands, situé rue du Poids-du*-Roi ; plusieurs personnes considérables du pays en faisaient partie. Beaucoup de jeunes gens de la ville s'enrôlèrent dan» Tarmée royaliste^ les uns par conviction, d'autres pour échapper aux réquisitions du gouvernement républicain : M. Pardessus, lun d'eux, fut tué auprès du Mans.

Sous le Directoire, la proscription des nobles, des émigrés et des prêtres insermentés, continua d'être à l'ordre du jour; mais la modération de nos administrateurs mitigea souvent l'exécution des décrets. Cette louable indulgence déplut au gouvernement, qui destitua en masse les deux administrations centrale et municipale par un arrêté du 6 octobre 1 797, ainsi motivé :

Considérant que le département de Loir-et-Cher est un dt ceux où rinexécution des lois contre les prêtres et les émigrés a le plus encouragé dans leurs manœuvres criminelles les ennemis de 1â république, qu*ils abondent dans ce département, et que les prêtres y exercent impunément le culte catholique dans des rassemblements proscrits, que les pièces de théâtre les plus propres à ranimer les haines et les divisions sont représentées à Blois, et que lu persécution et Toppression des ennemis de la république y sont, sinon encouragées, au moins tolérées, etc., etc.

Les officiers municipaux protestèrent en ces termes contre une décision prise ab irato * :

^ Séance du 8 brumaire, an ti.

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2dé mSTOlRE

Le pr^ndfnt a dit qoe le presiier devoir des (oflcUonnatree publics était d*obéir aux lois et aux ordres du gouyernement, qu'en conséquence il déclarait au nom de Tadministration s'y soumettre, observant cependant que le gouvernement a été Iroai^ sur les motifs qui ont donné lien à la destitaitieii de la municipalité, notamment sur le fait qui lui est imputé d'avoir désarmé les républicains et remis leurs armes aux amis de la royauté, puisqu'il est constant qu'aucun citoyen n'est armé dans la commune de Blois, et que les armes ont été indistinctement retirées des mains de tous les indindus auxquels elies avaient été confiées, en exécution d'un ordre du ministre de la guerre. Les membres de la municipalité osent se flatter de n'avoir point démérité de la confiance de leurs concitoyens ; ils pouoriéant répondre avec avantage à ions les faits qui leur sont imputés ; mais ils ne connaissent que l'obéissance, et ils n'ont que le désir de voir les nouveaux administrateurs parcourir avec plus de succès leur carrière.

Ce langage modéré contraste avec la violence du décret de destitution.

Chaque parti éprouva tour-à-tour la fluctuation de la politique incertaine, justement appelée systè'^ me de bascule. Après avoir proscrit les modérés, le Direetoîre frappa les révolutionnaires ; un arrêté de ce gouvernement variable interdit le cercle constitutionnel de Blois, réunion dangereuse fréquentée par des Jacobins «t devenue le diernier refuge des passions anarchiques.

Vers la fin de 1799, la chouannerie causa de nouveaux troubles ; à cette occasion, la municipalité de Blois se déclara en permanence S la garde

■ Délibération du i brumaire, an fin.

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