‹ Histoire de BordeauxChapitre 10 sur 143 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

on raarait considérée comme étant l'expression du devoir, et Bordeaux en aurait éprouvé d'heureux résultats.

Le parlement fut transféré hors de celte ville , en vertu d'une déclaration du roi , qu'il enregistra le 20 du même mois. Cette déclaration portait textuellement : a Que dece puis les lettres d'amnistie , le peuple avait repris les arec mes en différentes occasions ; que la dissimulation , en (( ce qui concerne ces derniers désordres , serait très-pé- (( rilleuse, et encore plus dommageable à l'autorité de (( S. M. que le crime méme> et qu'il est absolument né- (( cessaire que ceux qui n'ont pu être retenus par le respect (( et. la révérence qu'ils doivent à leur roi , le soient au (( moins par les marques publiques de son indignation; c( qu'en conséquence il a jugé à propos de retirer de Bor- (( deaux son parlement et de le mettre dans un autre lieu , (( afin que les officiers aient une entière liberté dé rendre (( dorénavani la justice en toute sûreté; qu'à cet effet, il (( transférait cette compagnie à Condom (*) ; qu'il annulait (( l'arrêt de surséance qu'elle avait rendu le 29 marsdernier, « et rétablissait les impôts suspendus par cet arrêt; qu'il <( supprimait et révoquait les exemptions antérieurement (( accordées pour les droits de convoi , de comptablie , de (( grande et petite coulume, et voulait qu'à l'avenir la ville (( fût imposée à quinze mille livres par an pour le taillon, (( et autant pour la subsistance , au lieu de six mille et de (( deux mille livres qu'elle payait précédemment pour ces (( deux objets ».

La cour des aides partagea la disgrâce du parlement ,

f ) Le parlement Gt Touverture de ses audiences dans cette ville , le 3 décembre suivant. Deux mois après il obtint d'être transféré à Marmande , et en 1678 à La Réole, où il siégea pendant douze années consécutives.

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quoiqu'elle n'eût pas été impliquée, comate iui^ dans la dernière sédition. On reprochait à celte cour de n'avoir pas songé à la réprimer , ses fonctions l'obligeant de prendre éonnaissance de tout ce qui concerne rétablissement des impôts y et de sévir contre quiconque en empêcherait la perception. La cour des aides fut immédiatement transférée à Liboume , et son exil dura aussi longtemps quecelui du parlement.

Le 23 du même mois , le gouverneur rendit une ordon'«* nance pour faire démolir les portes de Sainte-Croix et de Saint^iermain , avec cinq cents toises des murs de ville joignant ces portes, et pour faire transporter au Château- Trompette les cloches des églises de Sainte-Croix-; de Saint- Michel , et de Sainte-Eulalie, parce que' ces cloches avaient servi à sonner le tocsin lors de la dernière sédition. Pea après « un ordre particulier du roi prescrivit la démolition du clocher dé Saint-Michel , et chargea expresséfnent les |urats d'y faire procéder immédiatement ; mais ils ne purent faire exécuter cet ordre. Vainement ils publièrent plusieurs proclamations pour inviter à entreprendre cette démolition ceux qui voudraient s'en charger. Il ne se présenta personne pour offrir d'abattre cet édifice qui faisait un des principaux ornements de Bordeaux par la beauté de sa construction et par sa grande hauteur. Sa destruction et lé motif qui y donnait lieu étant également affligeants pour la ville , aucun habitant ne voulut contribuer, par cette démolition , à l'avilissement de son pays. Un souverain qui fait abattre les édifices publics d'une ville de ses états commet un acte du plus inconcevable vandalisme.

Les peines alors infligées à cette ville par le gouvernement ne furent pas les seules qu'éprouvèrent lès habitants. Ils (urent exposés, pendant six mois, aux ve^^ations

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