CHAPITRE DOUZIEW
la ville l'odeur extrêmement forte et àésagréable qu'elles exhalent. Pour consoler 1^ habitants ()e cette rue, étraQ-. gers à ce commerce, le3 marcbaads de saline disaient qu^, la peste , qui était autrefois fréquente dans cette, ville ^ n'avait jamais pénétré, dans le quartier de la Rousselle. Il, fut un temps où les négociants q^uî habitaient ce quartier étaient les hommes ids plus en crédit de Bordeaux; et beaucoup d'anciennes familles de cette ville devaient leur illustration à des lettres d'ennoblis^emefit, à des charges, et à des terres titrées, achetées avec les fortunes qui avaient été faites dans la rue de la Rousselle. ^lle sert dç débouché à une impasse qui porte le nom dé Montaigne. Cette dénomination rend probable ce qu*on lit dans le Scaligeranaj que le célèbre auteur des Essais descendait d'un pêcheur breton , qui s'était fait vendeur de morues à la Rousselle, ai Scsiiiaev.
La première maison où le calvinisme tut prêché dans Bordeaux en 1S6S était située dans la ru£ de la Rousselle: elle appartenait au président de Caries. Le ministre qui desservait ce prêche, comme on disait alors, était un jeune Bordelais plein de talents, nommé Pierre Cluzeau , fils d'un huissier au parlement. , . ,
Il y a dans la rue delà Rousselle une source d^eau nîinéralé à laquelle on a attribué plusieurs prcq^riétés médicales , jusqu'au milieu du siècle dernier. On l'appelle le puits ^e Copi/. Cette eau est singulièrement déchue de son ancienne réputation , comme le commerce de la saline qu'on faisait autrefois 5ivec de grands avantages dans la même rue. .
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Arrêt ^^ conseil qui ca^ im^ éélibéraiicm ffis^ par lei
M^ de Toumy.
BXTUAIX DB8 RB6I8TRBS DU CONSEIL D*iTAT, BU l^f ^TiML 17^.
le roi ëtant intormé qu'au préjudice des arrêts et rè* glèmenis de squ conseil ^ qui dëfendenî; aux oîjScier$ municipaux 4^ villes , bourgs » .et paroiss/es , de nem çutirer premire. d'important dans Tladministratîon des affaires de» coipmigi^autçs à La tète desquelles ils .se trouveiit ^ .sans l'autorisation des intendants et commissaires départis po^r rexécution des ordres de 3. M. , Ibs jurats de la villes de Bordeaux auraient pris^ le i9 février dernier i vue déUbération en conséquence de laquelle ils Qptjtait suspendre» de leur autorité privée , et sans l^avea du sieur de Tour^y, intendant de la généralité , une partie des ouvrages publics cominencés par son ordre et de leur tonsenteraent , tant en dedans qu'au debors de ladite ville; et S. ^. voulant réprimer une entreprise si contraire au bon ordre et aux règles les plus communes delà subordination ;
Vu la délibération susdite ;
Ouï le rapport du sieur Moreau de Sécîielles , contrà-r leur général des finances;
Le roi étant en son conseil a cassé et annulé , casse et annuUe la délibération prise par les jtirats de Bordeaux, le 15 février dernier, au sujet des ouvrages publics de ladite ville; ordonne qu'elle sera rayée et biffée sur les registres de la maison-commune ,■ et le présent arrêt transcrit en marge; fait défense auxdits^ jurats d'en prendre à
ravenir de semblables^ sous telles i^eiaes que de droit ; au surplus, ordonne que les ouvrages qu'ils ont fait suspendre en exécution d'iceile y seront continués ^ suwoKt^ue le jugera à propos iedit sieur de Tturn^ ; intendant/ auquel S. M. enjoint de feliir la main à l'ëiécutibn du présent arrêt. - .V . ;,
Fait au <;onsell d'état du roi , ^ M* y étaot , tenu à Versailles, le !•' avril 1785.
laerîs-Vrbaïn Albert , tihevàïier , iriàt^ufe Ûk iPournyt baron de Sélongey , seigneur de Prc^Sîligny /^èrfeej^, tafaMse, Ciarcassiitme, et lairtf ck ^Itfeti:^ , conseiller ^^êtàt ; intendant de justice, police , et financée, en la igénéralîté flè Bordeaux; ' ' ' ' '• ;" '•'' ' ;' '■"''[ ' Vutarrêt du conseil d'état d-dessus , en daté dû f*^de ce mois , noas ordonnons que ledit arrêt sera exécuté sefod Kifcrae et teneur. ' ' "' ' '•' •
ï^îtàT>ari5,ïe28avrfl 1788. ' .^^ •> fi ^'»: ^
. . (Signé) AjpçfErv W JW^^fX^'- d
Et pîûsT)»;' par Monseigneur, ' ' ' •
(Signé) Dupin pe Lsziçs*
Nota. Les jurats s'étant pourvus au conseil a état pour faire rapporter cet arrêt , il fut confirmé par un autre • du 23 septembre suivant.
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416 HISTOIRB DE BORDEAUX.
M'' IU9 page tftl.
Arrêtés pris par le parlement de Bordeaux àroçca9i(m des treize édits du 8 mai 1788 , qu'U refusa d'enregistrer.
BXTRAIT PB8 RBGISTEBf DU PÂBLBtfKrT , DU 6 MAI 1789.
La cour , toutes les chambres assemblées , ayertie par les coups d'autorité qu'elle a éprouvés, de ceux qu'elle a encore à redouter ; mais plus e£frûyée des dangers auxquels est exposée la constitution nationale que de l'orage qui parait la menacer; ,
Considérant que depuis que les déprédations et les prodigalités ont occasionné un déficit immense dans les finances de l'état , l'administration tente tous les moyens de combler ce vide , et d'augmenter l;es impô^ dpnt le peuple est accablé;
Que l'opposition des cours au système fiscal est le seul crime des magistrats ; que leurs représentatipns respectueuses sont restées sans réponse; que leur conduite, prescrite par Thonneur et le devoir, a été calomniée aux yeux de la nation ; et qu'enfin , après les avoir acpusés de désobéissance, on veut les rendre victimes de leur fidélité ;
Que si les ministres des lois étaient accessibles à des motifs d'intérêt personnel , on ne les verrait pas lutter contre le despotisme ministériel qui les opprime; que les magistrats qui sacrifient leur fortune , leur temps, leur liberté, et toutes les plus douces propriétés de l'homme , ne peuvent être soutenus , dans un dévouement aussi généreux , que par des principes de devoir, de conscience , et d'honneur; mais qu'ils seraient de lâches prévaricateurs si, abandonnant à la fois les vrais intérêts du monarque et