CHAPITRE TREIZIÈME
IfOTICBS HISTOBIQDES, LITTÉRAIRES, ET STATISTIQUES, SUR LES TILLES DE LA GIRONDE ET SUR LES COMMUNES RURALES DE CE DÉPARTEMENT, QUI RENFERMENT DES MONUMENTS CURIEUX, OU QUI ONT ÉTÉ LE THÉÂTRE DB QUELQUES ÉVÉNEMENTS MÉMORABLES.
I. Recherches sur les lieux les plus remarquables de Var^ rondissement communal de Blaye. » II. Nécrologe des auteurs qui sont originaires de cet arrondissement. — III. Recherches sur l'arrondissement de Libourne. — IV. Nécrologe des auteurs qui en sont originaires, — V. Recherches sur l'arrondissement de La Réole. ^ VI. Nécrologe des auteurs et des artistes qui en sont originaires. — VII. Recherches sur V arrondissement de Bazas. — VIII. Nécrologe des auteurs et des artistes qui en sont originaires. — IX. Recherches sur V arrondissement de Bordeaux. — < X. Nécrologe des auteurs et des artistes qui en sont originaires. — XI. Recherches sur l'arrondissement de Lesparre. — XII. Nécrologe des auteurs qui en sont origi" naires. — XIII. Description de la tour de Cordouan.
Ce chapitre forme le complément de l'histoire de Bordeaux, en ce qu'il fait connaître, sous leurs rapports archéologiques et artistiques, les principaux lieux du département dont cette ville est la capitale. Quelque succinctes que soient ces notices, elles ne laisseront pas d'apprendre à l'habitant bien des particularités qu'il ignore, et d'appeler l'attention de l'étranger sur ce qu'offrent de remarquable les contrées qu'il visite. Ainsi l'un et
l'autre pourront apprécier d'un coup d'œil l'état ancien et actuel de ces mêmes contrées.
4® BLAYE , chef-Ucu du premier arrondissement Communal de la Gironde , est, après Bordeaux, la plus ancienne cité de l'Aquitaine. L'Itinéraire d'Antonin et la Table Théodosienne la désignent 'sous les noms de BUbia et de Blahuton, et la placent sur la voie romaine qui allait de Bordeaux à Saintes. Ausone l'appelle Bhma milù taris. Les Komaibs y araf eut probablement établi un poste militaire pour la garde du pays , comme on Ta pratiqué dans les temps modernes.
L'histoire rapporte que saint Romain , qui était venu prêcher la foi dans l'Aquitaine , fut inhumé à Blaye en 389 , le roi Cfaaribert en 630 , et le preux Rolland en 778. n n'existe aucun vestige des tombeaux de ces trois personnages. On voyait naguères dans cette ville deux sabres de forme antique, dont l'an , disait-on, avait appartenu à €hàrlemagne et l'autre à Rolland , dont l'empereur avait fait tran^orter le corps à Blaye après la bataille de Roncevaux où ce chevalier avait été tué par les (^ascoDs. Ces armes sotit actuellement an musée d'artillerie de Paris.
Il y avait à Blaye deux abbayes et un couvent. L'abbaye de Saint-Sauveur , ordre de Saint-Benott , fut fondée en 1060. Celle de Saint-Romain, érigée dans le siècle suivant , était oeeopétf p^r des chanoines réguliers deSaint-Augùstin. Des minimes habitaient le couvent , qui arvalt été établi en 1606. Geolfroi Rudel, camte de Blaye, et sa femme MabHle» fondèrent en 1257 l'hôpital qui subsiste «ncore , et qui est desservi par des sœurs de la charité.
La citadelle de Blaye , qui remplace un ancien chaton fort, a été construite par Vauban en 1682. On démolit alors eoviron deux cents maisons et partie de l'abbaye de
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SaioMtomain pour bâtir c«itte ciladelle. D/.autres m^ai^n^ furent abattues en 1688 pour continuer les dehors d^ J.^ place. £113 6*étend sur un rocher que baigne la Gironde à i'ouest , et est eavironnée de larges fossés du c6té de la terre.
U^^ la duchesse de Berri , que le gouverneuïieat avait faut arrêter à Nantes , comme fomentant des troubles dans la Vendée , fut transférée dans la citadelle de Blaye le iS novembre 1833. Elle y accoucha six mois après « et en sortU le 8 juin suivant, pour être envoyée à Palerme où habitait le comte Luchesi-Palli avec lequel la ducbesse déclara avoir contracté un mariage secret (*).
Indépendamment de Tétat^major de la place «Blaye possède tons les établissements civils qui sont attribués aux che&*lieux de sous-préfecture , sauf un collège commu*nal. Il y a de plus un tribunal de commerce. Le port de cette ville est fréquenté par les navires français et éiUrangers, qui viennent charger les productions de Tarrondissement dont filaye est l'entrepôt , principalem^eot des vins et des eauic-de*vie.
T On attribue commuiaément la fondaticm de BOURG à Ponoe^Paulin , pèr^e de Vévéque saint Paulin. Cette ville était fortifiée dès le cinquième siècle» si Toû iqa crg4t Sii-
f ) On trooYe à ce sajet la ptècesuirraate dans lô Momtewr mi»versel dn 2% février 1^33 , .parU.« officielle :
f( Pressée par les circonstances et par le^ mesures ordonnées par le • « gouvernement , et quoique j'eusse les motifs les plus gpraves cour « tenir mon mariage secret , je crois devoir à moi-même ainsi qu'à « mes enfants , de déclarer m*étre mariée secrètement pendant mon « séjour en Italie. * • *
« Be la «ItadcSle de Bliiye , ee 02 fétrtor 1819. i
f Signé) MJkWim^$^U!f» j^
464 HISTOIRE DE BOADEAin.
doine-Apollinaire , qui a composé une longue pièce de v&M 'latins >'Usin^ laquelle il vante ^importance et les agré- 'ueûtàde BÀiirgl* lîést'j^ermis (lè 'croire que icet auteur a usé d'une licence poétique dans cette descripl^iôfn^ en métamorphosant ainsi une villa de là famîlie Paulin ; car on voit par •'plusieurs ëhartés du treizième siècle que les rois • i*ân^ei6ttid aùtori^è^éàt Bourg a âe clore de murs, et qu'ils lui accordèrent lès privilèges dont jouissaient les tilles de Cfiiieâne'. Cette ville partagea avec les autres de la pro^vîtitfé les malheurs qu*y occasionnèrent les guérçes èrivifô^ et de rtefii{(ion; Le dernier des sièges que Bourg ait "sotttlenu 6!^ celn! de 1635. Dés i*^giments espagnols s'èlaîéttt eiapwês de cette ville pour favoriser les troubles que la Froocfé etettàit dans le pays.' Le 8 juin un détachement d<d rttrnliëè française les attaqua; et après huit jours de tranchée ouverte; ils capitulèrent et obtinrent la permission de rentrer en Espagne.
ir y avah à'Bburg un couvent de récolTets et un autre â'Urdùlihels ëtàblis vers 1640, avec une abbaye diCe à)d Saint- Vincent 'dont an attribué là fondation â Lo.uis'le bébonnaire. Les bâtiments de cette abbaye s^etant écroulés de vétusté en 1595, les chanoines réguliers de Saint-Augustin qui occupaient le monastère en vendirent les matériaux et se retirèrent ailleurs.
Lo^ d6S'âër)âfii9rà troubles de la Gùieiine , Louis XIV séjourna âvec toute sa cour pendant un mois à Bourg. Le cardinal Maearin , qui faToccupait des moyens d'attaquer Bordeaux où la princesse de Condé s'était réfugiée, tenait xm jour la carte de cette ville et s^en faisait expliqdé'r les positions' par lie maire de Bourg.' Gëlui-ci tout^n indiquant le plaoement des édifices de Bordeaux , terminait ses remarques sur chacun d'eux par ces mots : ' Mofiéetgiièùrs