CHAPITRE TREIZIÈME
rent bon nombre d'ennemis et obligèrent les autres à prendre honteusement la fuite.
7* MONTSÉGUR, petite ville sur le Dropt , d'abord érigée en bastide par Elétfnore de 6uienne« et à laquelle Edouard V* permît de se clore de murs en 130S et d'élire des jurats au nombre de douze. Son nom annonce que c'était une place forte où Ton trouvait sûreté. Cependant les principaux sièges qu'elle a essuyés prouvent qu'elle ne résista pas toujours avec succès aux ennemis qui l'attaquèrent. Montluc prit d'assaut cette ville en IS6Î. Ce barbare capitaine raconte ainsi la suite de ce siège : (c Je pris quatre- K vingts ou ceùt soldats , et m'en iailaî autour des mua railles; et tant il en sautoit par-dessus, cela estoit (( mort. La tuerie dura jusqu'à dix heures ou plus , parce (c qu'on les cherchoit dans les maisons; et en fut pris u quinze ou vingt seulement , lesquels nous flimes pendre , (c entr^autres tous les officiers du roy et les consuls avec « leurs chaperons sur le col. Mon naturel tendoit plus (( à remuer les mains qu'à pacifier les affaires , aimant (( mieux frapper et jouer des couteaux que haran- <( guer ».
Le dernier concile de Bazas fut tenu à Montségur en 1S79> dans le couvent de capucins que renfermait cette
ville.
8** CASTELMORON, petite ville du canton de Montségur, a pris son nom d'un château qui ne présente plus que des ruines , et qu'on prétend avoir été bâti par les Maures dans le huitième siècle. Son assiette sur un rocher qu'enveloppe un large ravin, son château et ses murs d'enceinte réparés en 1614 et dont on voit quelques restes , en faisaient une place très-forte avant l'usage de l'artiilerîe. Cette ville était le siège d'une sénéchaussée du
duché d*Albret, et son ressort comprenait vingt-trois jnridictiodB seigneuriales.
DUDON, théologien petit carme, né à La Réole en 1685. 11 est auteur d'un ouvrage de casuiste intitulé : Recmil de cas de conscience et de questions concernant les matières rfujwMie. Bordeaux, 1728, in-(2.
PAYE, né en 17S9 à Saint-Macaire où il est mort curé. On a de lui uni recueil d'Hymnes en forme de noêlSt composés d'après les poésies lyriques de l'abbé de Latour.
GAUDIN, né à La Réole et mort bibliothécaire de la ville de La Rochelle. On a de lui un livre qui fit beaucoup de bruit dans le temps, et qui est intitulé : Des inconvé" • nients du célibat des prêtres. 1781, in-8**.
GIBARDEAU. Lors dé l'expulsion des jésuites, il publia/ sous le titre de Macariennes , un petit poème qui égaya tous ses lecteurs, sauf les jésuites et leurs partisans. Cet ouvrage est écrit en vers , dans le patois que l'on parle à Saint-Macaire, d'où l'auteur était originaire. On peut mettre cette satire au rang des meilleures productions des muses gasconnes.
- MAURE , homme de lettres et imprimeur de La Réole , où il vivait au commencement du seizième siècle. 11 donna en 1517 un Traité latin sur les mots dérivés de la langue latine^ dans le genre du dictionnaire de Calepin. Cet ouvrage e&t sorti des presses que l'auteur avait établies à La Réole. 11 imprima en 1500 les^ Anciennes ordonnances synodales du diocèse de Bazas. L'impression de ces deux livres est en caractères demi-gothiques et bien soignée. Maure est le premier imprimeur connu dans l'ancienne
GHAPITRS 7EEIZIJSME; 485
province de Guieonet et qui ait en même temps cultivé les belles-lettres.
MAURES , professeur de médecine à Bordeaux , qui se fit bénédictin à La Réole , sapatrie. Il donna en 1628 deux pièces de vers latins , l'une sur la Prise de La Rochelle, et l'autre sur la Guémon de la peste. Il mourut en 1662.
PASCAL, prêtre, né à Sauveterre en iHSti j a publié en latin une Oraison funèbre d^Henri //, qui n'est qu'une mauvaise amplification de collège. Comme il était répandu parmi les beaux esprits de la cour de ce prince , il en avait obtenu une pension , sous prétexte qu'il travaillait à une histoire de France, qui n'a jamais paru. Les exemples d'un pareil charlatanisme ne sont pas rares.
PUJOULX , homme de lettres , natif de Saint-Macaire. Il a beaucoup travaillé pour les théâtres , pour l'instructiou de la jeunesse , et pour les recueils périodiques. Ses ouvrages sont purement écrits et contiennent une bonne morale.
ROLLE, bénédictin , né à La Réole. Il a édité quelques Opuscules attribués à saint Benoit , et est auteur d'une Dissertation sur la concorde des règles de son ordre. 11 est mort en 4627, âgé de quarante-quatre ans.
SËNSARRIC, bénédictin, natif de La Réole, mort âgé de quarante-sept ans. On a de lui quatre volumes de Sermons et un cours de rhétorique intitulé : VArt de peindre à Vesprit. Ces ouvrages sont faiblement écrits.
VERDIE , mort en 1820 , a publié plusieurs Opuscules en vers gascons, qui sont pleins d'imagination et d^originalité : il était vannier de profession. La nature l'avait fait naître poëte à Cauderot.
486 HISTCMiœ BE BOBDBAtJX.
vn.
i^ BAZAS , eheMieu du quatrième ai^roodifieaient de la Gironde^ petite yllle située dur un, rocber aUx.j^ieds duquel coule le ruisseau dé la Beitne, est le Goê$io de Ptolémée et le CtVtïas f^a$atas de Tltinéraire dé Boirdeaux à Jérusalem : Ausone réunit ces deux noms et rappelle Co9io Fasatum» D'après ropîoiou de tous les bistoriens, Bazas fut une cité romaine y eapitale d'un des peuples qui habitaient la Novempopulanie. Cette ville , comme toutes celles de rAquitaine, a éprouvé les fureurs deS différentes hordes de bai4)ares qui ravagèrent cette pi'ovince dôpuislecinquièmesSècle jusqti'au neuvième. Ces dévastations s'expliquent par le caractère féroce de ceux qui les com* mettaient et par le^ mœurs de l'époque. Mais ce qui doit surprendre , c'est de voir uil évéque d'Agen, qui faisait la guerre à celui de Bazas , au sujet des limites de leurs ^ocèses, venir.ineendi^r cette dernière ville «b 1136.
Bazas possédait un sénécbal-présidial qui comprenait dans son ressort trente-cinq justices royales ou sèigneu-^ rîales. C'était aussi le siège d'un évèché , dont le plus. ancien titulaire connu est Sextilius , qui assista au concile d'Agde en è*06. La cathédrale avait un chapitre, compaeé de vingt-quatre chanoines. Lesbamabites tenaient le séminaire diocésain et le collège depuis 1634. Le couvent des capudus avait été fondé en 1614 et celui des ursulines en .1640. Le pape Clément V plaça les cordeliers de Ba^eas dans une maison appartenante aux templiers doût il détruisit l'ordre en 13iâ.
Le plus imposant monument de cette ville sous le rapport de l'art est sa belle cathédrale , actuellemenl i'égBatf
CHU mtB nrxBifflÈiiiB.' . !m
paroissiale. Après cet édifice vient l'ancien palais épiscopal, qui a été reconstruit en 1^689, et qu'occupent la sous-préfecture et le tribunal civil.
2^ LANGON , petite ville , ehef-lieu de canton , que 6idoine-Apollinaife appelle ^Zmgonts fiôrftiii», et qui devait être au cînqnième siècle un port fréquenté. On n'y retrouve aucune trace de Péglise que, suivant ce poète, saint Paulin avait fait bfttir en cet endroit. Il j avait un couvent de carmes , un de capucins , et un d^ursulines : c'est dans le premier que Jean de Foix, archevêque de fior^ deaux , fut inhumé en 1829.
La ville de Langon , autrefois fortifiée , était une place d'importance que se disputaient les partis pendant les guerres civiles. En t887 , le capitaine Lasalle du Ciron fut tué en défendant cette place : « Quoique abando&né dés <( siens, dit Daubigné , excepté de sa femme , qui toujours <( à ses côtés IVpée à la nuiin , lui fournit d'armes et de <( courage tant qu'elle put ».
On appelle ordinairement vtnadé Lançon les vins blancs que produisent les communes qui environnent cette ville. Ils sont très-redierchés même chez Tétranger. Ceux de première qualité se recueillent dans les grands crus de Sauterne , de Bommes , de Prelgnac, et de Barsac. Le maréchal de Richelieu qui prisait beaucoup ces vins , les mit en réputation à Paris et à la cour, où il les citait comme supérieurs à ceux >d'Ëspagi»:et même de TodLai. Tout le monde approuva bientôt le bon goût du< courtisan en crédit, qui d'aaHeitrs (hissait pour avoir la meiltettre table deFrâfiee.
S*» VILLANDRAULT , chef-lieu de canton sur teCiroa, oir l'on vtoh les ruines Imposantes 4'iBiffûSte di&teaa qu'a* valtAil reeQB8lrUff0€lémraft¥ qui était n&en«et«lidi^oit
4^ . HISTO»Ë^ Wl BOm^liXL
Ce^fx^jétani mdlA<te,à. AY9gnoii>» ^sa: irisant taangporter daa$ son. pays popr respioer l'aiir 05taU Konrot «/Rôqne* maure près de Nimes , le 20 avril 13i4. Il 8ili inhumé n<m loi? 0e yiUandrault, (l*qs.;rôg|i^,4'V;40Bte,(m Âl^iiyait fo^çlé un. chapitre collégUl.. ,.. .v ., :.
4/* COURS, petite QaunnMne.ducdiikitpp de Grignol»» re^ ferjQi^. unç.«ouree minéralçi qu'on a.d4(Souve«t^ îl y a sept ans près le moulin dit de laRode. L*eaude cette source »e tarit jamais.. Elle est d'une parfaite limpidité, 4'ui)^légène odeur d'oeuf couvi, et d'un goût slypliqneass^ prononcé, sans avoir rien de désagréable. Sa chaleur est un ,pei^pl,^a élevée que celle de l'atmosphère- D'apr^l'analy^^ chimique, les eaux de CoursconUennent de fortes partiesde par* bonate de chaux, de carbonate protoxide de lei:, et de chlorure de sodiun). On leur reconnaît les mêmes, prçpriétés qù^âux eaux ferrugineuses ordinaires. Elles sont toniquea, et produisent des effets remarquables dans l'atonie des organes di^estifs^.dans les altérations chroniques desvjscères abdominaux, et dans les fièvres chroniques intermittentes. On les prend en bains et en boisson. Leur usage est déjà, en faveur dans le département : ce sont les premières eaux minérales qu'on y ait jusqu'à présent découvertes.
ÀÛSOINB , père du poëte^; bordelais , naquit & Bazas où il exerçait la'médecine,^et]dont] cette ville a conservé le souvenir par unejfontainejtqui porte son nom. ïi avait éci*ft «rfîîvre sur sa Iprofeision qaî s'est perdn , et dont s'eftlf siér^*! Vî*aiciaîius\ archiàtre de Valôhtînîen I*.
BENEL , habile mécanicien , né à Auros et mort à Cft« diitaoy^iii^^iO. ILaira^U 6xdeuié;<laB6^e«tte Ytile ^pioMefurs
GHJlPniM T»BI2tâME. 4^
mftehines tràsùngéniettslss atsnitout un appareil pour répéter l'ëxpérienee du >ecrf^olaiit électrique inventé ptfr le- «élèbre.Romas.
BERTRAND , médecin de Bâzas , a publié en lS7i la Dialectique française pour les chirurgiens. Ce livre e^t plus singulier qu'utile , attendu qu'il vaut mieux apprendre aux chirurgiens à opérer habilement qu*à bien parler français.
BOURRIOT, chanoine de Bazas, mort en 1794, possédait un beau cabinet de physique dont il avait lui-même exécuté les instruments. Il en avait inventé i^n très-ingénieux pour mesurer la réfraction de la lumière. On trouve dans le Journal des savants de 1772, la description d'un sphéromètre feit par Bourriot.
CLEMENT V, dit le pape gascon, né à Villandrault , est auteur de la partie du droit canonique qu'on appelle tes Clémentines. Cet ouvrage est écrit en latin très-pur pour le temps ; et l'on dit que les bulles dont il se compose avalent été rédigées par le pape lui-même.
DELOSTE , ancien chanoine de Bazas , a fourni sur son diocèse des notices archéologiques pour la dernière édition du Gallia christiana , dont les éditeurs de ce savant ouvrage disent avoir fait usage.
DUFOUR, savant théologien cordelier dont on a publié des Commentaires morau>s sur V écriture sainte. Il avait été créé cardinal par Clément Y, qui l'avait connu à Bazas d'où était originaire Dufour.
DVPUY, chanoine de Bazas , qui a laissé plusieurs livres dans lesquels il réfute ceux de Dqplessis-lHornajr et d!autrès protestant^ du seizième siècle.
FABRICE, né à Bazas^ savant professeur au eoUége de
490 HISTOUtR tm BORJ>EAtFX.
Guientie, dtmt'&tisin a publié quelques &imeûlêi iatliis dont iiôus parlons page S64^.
GIRAtJD.deBazas, mort en il^k à Bordeaux, où il était maître de ohapelle de la cathédrale. Où a gravé la musique qu'il avait composée pour plusieurs mMets et cmnîates^ et pour le Ballet des hxmimes.
LALANNE-LAFONT» de Gazais, où il est mort en 18â8. Il est auteur d'une comédie en un acte et envers intitirïée : Us Méetmtents , qui a été imprimée et jouée à Bordeaux en 1818.
LAAfONTAGNË, homme de lettres de iiangon, mort en 1835. Les pièces de théâtre, les poésies diverses, et les traductions de Tanglais qu'il a publiées, déposent en faveur de la variété de ses talents.
LARRIÈRE, mort à Aillas en 4802, s'est particulièrement occapé de matières dogmatiques. Ses écrits les plus remarquables] sont une Fie du fameux docteur Arnanck, et le Préservatif contre le schisme. Ce dernier ouvrage fit^ plus de bruit que de bien en France , au milieu des opinions polîtîco-théologiques de 1790. "
MEILHAN , ancien chanoine de Bazas , a publié en 1788 un petit écrit intitulé : Aperçu sur les états généraux. L'auteur demandait que les assemblées nationales dont il était alors question fussent tenues d'une manière aussi in*-^signifiante que les antiques états généraux.
P SAINT- ANDRÉ DE CUBZAC, gros boûfg àâsez bîer bâti, est un chef-lieu de canton du quatrième àrrondissè*ment communal, dit de Bordeaux.' Cette coâimuue pour-* tait passer pour^iné peitîie Vîltei si i'agfeloiïiératSdft 9êf «e»'
GHAHUI^ .T||B«|]!^< 491
mai86ii» ëteii eol^uréa de mui*s. Elle est depuis loogteitips considérable sous le rapport de sa population. Il y a4iA marché très-^lréi|Uètité , dont rétablissement fut autorW en 4S4i par Henri 111, roi d'Axigletet r« , à la demande d'Ithier^ treizième maire de Bordeaux. C'était le siège d'une justice seigneuriale, dont la juridiction s'étendait sur dix-neuf communes qui formaient la* contrée nommée le Gubeagais. Il y avait dans cette commune un ancien prieuré dit de Saint-Andras du nom de Dieu , ainsi qu'un couvent de cordeliers fondé en 1619. L'église paroissiale est curieuse par ses détails d'un bon -styJe gothique.
â^ CUBZAC , (commune du même canton que Ton confond souvent avec son chef-lieu , est un port sur la rive droite delà Dordogne , où passe-la roule de Paris à Bordeaux. A l'entrée de ce port et sur un coteau appelé les .Tours, on voit les ruines d'un château fort qui porte dans les vieux titres le nom de Castet de MofUalban ou dj^s Quatre fils d'Aymon : elles consistent en unegrande porte à plein ceintre flanquée de deux tours. Des pans de vieilles murailles qui s'étehdent à la siuite renferment une vaste ' enceinte en forme de parallélipipède , dont les quaire ahgles sont défendus par autant de tours égaienâtent à moitié abattues. On juge par ces ruines d'une belle architecture , que le château dont elles dessinent les restes dut être considérable : elles ont souvent occupé le crayon des voyageurs qui en ont orné leure portefeuilles. Ce château fut-il la demeure deà anciens preux dont il a conservé le nom , en supposant l'existence de ces preux , ou a-t-il été construit par Charlemagne auquel on l'attribue, pour servir de défense contre l'invasion des barbares qui ravageaient cette contrée? les traditions locales ne permettent d'asseoir à ce sujet que quelques conjectures fabuleuses.
492 HiSiiomç m i(qEppAUZ.
L'bistoirç seulement atteste qu'en 1250 le diàteau de Mobtauban à Gubzac était encore bien fortifié » qu'il fut assiégé par \^ Bordejiaî» , et qu'ils en cbasséi!?Dt Iç comte de Leyce3.^e« gouverneur de, la. i^i^îenne, contre lequel ils s'était rév^lbâs à c^usie.des yei^ation^ q^'il faisait éprouyer à cette province.
W* Qo yiçnt4e,çpï)Stf;igreî8ar la I>o/4o8pe.i?|à,pant suspendu, dont la hardiease^Télégaoce» ^.laTgrande^poiClée, étonnent. Sa longue^ur est de cinq cent quarante-cinq métrés* Il a cinq travées d'égale ouverturç^ que supportent quatre piles et deux exilées bâties en pierres. S^ largeur entre les g^rde-corps est de aix mètres quatre-vingt-dix centimètres, et celle. 4^ 1^ chaussée, de cinq mètres soixante-dix centimètres. Le tablier de ce pont est suspendu à des- colonnes en fonte par douze, câbles formés chacun de deux cent quatre -vingt-dou^ie fils de fer .4e q^f(|r(^ imillii^ètres de diamètre. La distance. depuis ce ta][>l|l^^ jusqu'à l'étic^e étant de vingtrtrois mètres» les navires peuvent passer , en tout temps et â voiles déployées, sous^ce pont. On, y aborde sur rles.djeux rives par u^e chaussée qui s'étend , en pente douqe i sur viugt-huit airceauxde douze mètres de hauteur, liés entre eux par des ▼oùtes en plein oeintre sur les côtés , et en ogive dans l'intérietir. L'extrémité de cette chaussée qui se trouve ia plos rapprochée do sol des rives se termine par un terrassement ^caisse dans un mur^n talus surmonté d'un parapet. Les travaux de cet imposant ouvrage {*) ont durjé guatce an-
(*) te pont le plas imposant d*£arope, apré& celui de Bordeaux, est Jle pont de Dresde, sur l'Elbe, Il n!& q^ue qaatre c^nt quarante et un jnétres de longueur, et se compose de dix^lniil.ar4rhe», dont les piles ont dii métrés d'épaisseur.
CtlAPITRë TREfelËJli^Ë. 493
nées, n ne restait que quelques parties accessoires à achever pour le livrer au public, lorsque LL. AA. RR. le duc et la tluchesse d'Orléans y passèrent le 17 août 1B39, eil se rendant à Bordeaux (^ , et inaugurèrent par leur présence ce beau monument, après avoir voulu Texaminer dans tous ses détails.
4* GAHBON-BLANC , chef-lîéii de canton , est nii gros bonrg de la commune de Bassens. U est atnd appelé d^un hôpital ancietinement établi dan^ ce lieu pour les personnes atteintes de la lèpre , parce que ce^ personnes avatent la peau parsemée de tumeurs dites charbons, dont les sommités étaient blancbesi On voit encore' à rentrée méridiofiale de ce bourg un laTol^ public noïomé riou dos ladres.
Le Carbon-Blanc était le siège delà juridiction de Montferrand , qui comprenait les cinq communes appelées encore marais de Montferrand ou palus d'Ambez. Lé double nom de cette contrée vient du latin. Monlferirahd dé-
f) Le séjour de LL. AA. RR. dans Bordeaux a été de huit jours. Durant eei intenralie, elles ont visité, arec une attèutién toute particulière, Donnseulement les éCabUssementé driastiuciroii publique, de bJenfiilsa«ce, etd'utaité «^nôraloiqne jD^afer^eoetie ville , mais encore les lieux les plus remarf u^bles dea euTiroiis ; tçls que les ç6tes du Médoc jusqu*à Pauillac^ les yiUes de Libourne et de Saint-Émiiion, le bassin d'Arcachon , et les travaux de navigation et de fertilisation de La Teste. A cette époque , ïa partie du présent ouvrage , qui traite spécialement de Thistoire de Bordeaux, se trouvant imprimée r il ne nous a pas été possible d^y consigner des détails sur la réception qui a été faite dans cette ville À LL. AA. RR. et d'essayer de peindre les sentiments qu'ont fait éclater les habitants pouf le prince royal et son auguste compagne. Nous sommes forcé de laisser ce soin à ceux <)ui continueront THistoire de Bordeaux. '■ ^
4fti ntSTÔlEÈ DB BÔKBEAUX.
sigiie un coteau fertile (mbns ferax), et Ambez (ambo rin) indique sa position entre deu& rivières. Les Romains avaient cotnmeneé dans le Nontfërrand un chemin public (via). On en voit des restes dan^ la commune d^%mbar6z sur rétendue d'up kilomètre. Cette voie romaine est appelée camin de César dans les vieux titres, et actuellemeot chemin de la vie. Elle a dix mètres de largeur , et est formée de couches alternatives de moellons, de cailloux •ide sable , liés ensemble par du béton à la profondeur de trois mètres.
Le seigneur de MMLferrand prenait le titre de premier baron de Guienne. î\ avait jmUs 'le droit ou le devoir de codduire par la bride la haquenée île Tarchevêque de Bordeaux à son entrée dans cette ville , et ha monture du prélat était le prix dé la corvée du baron.
5° CRÉON , chet*lieu de canton , gros bourg qui par sa position sur un des points les plus élevés du pays de TEntredeux:«*Mef8, est devenu l'entrepôt de son commerce agri* cole. Quoiqu'il ne renferme aucun monument antique, soa existence ne laisse pas d'être ancienne. Il est évidemment de fondation anglaise, à en juger par ses quatre larges rues tirées au cordeau qui se dirigent sur une grande place carrée, entourée de porches uniformes, et dont le centre est occupé par une halle couverte. Dans une enquête faite à Créon en 1238 , les habitants notables de r£ntre-deux-Mers déclarèrent aux commissaires du roi d'Angleterre que les privilé;^jes de ce pays remontaient à Chariemngne qui l'avait conquis sur les Sarrasins. On trouve dans les Actes deRymer plus^ieurs chartes du quatorzième siècle concernant la Grande prévôté d'Entre-deux- Mers, dont le siège était à Créon. C'était une justice royale dont le ressort s'étendait sur quarante-cinq communes. En
13Sl,.£4oi]^r4 m pern^H à ce ^ourg 4e.se cJU)rf <|p i^urs. Ils furent démolis par ordre du mair^clia^ df| jM^tigoon en iS89 : ou ea voit eijiçore 4e$i vc^tjge^./^if^si qgie ,(jles fossés qui les bordaiex^. .;
U^e tieat ^ Créon uu ^iarcI]\éhçb4oia^daire pour, le blé et le bétail» qui est très-fcéqvexilét. Depiis trois an^ il s'tst formé spontanément dans ce bourg ua CQmice agricole dont les premiers travaux sont d'i^n heureux SiUgwrQ pour l'avenir.
6*^ LA SAUVE, petite commune du canton 4e Cr4Son» fut remarguablp par son abbaye debénédictins^^^Qni'^ppelait en latin Styha ma,jor^ et dans les lU^es dup^)(s./feij^((^e-majour, grand-séougue , à cause d'ujie immensç ior^F au milieu de laquelle ce couvei^t était originai^eïqçi^|L placé. Saint Gérauden fut reconnu fondateur et le premier abbé dans le concile de Bordeaux de .i080. La/rçine Ël^onore éts^t dans cette ville en iiS9 cppfi^mst les^ VP^Â^^^ i^ont jouissait l'abbaye de La Sauve» Cp;mopa^i£re,.p]f|cé dans la jp\^^ agréabliç situatio;n,» était remarquable par ses jf^r^^yos» sa riche bibliothèqiie , son vaste cloître décoré des mausolées de plusieurs de ses premiers abbés , et surtout par sa belle église , monument de.transltipn entre Tarc^itec^ure romane et gothique. Le bâtiment de son ancien réfectoire avait une forme toute particulière. Il était vQÛté.; avec deux collatéraux soutenus par despjlliers comme une églUise, et contenait des tables pour plus de deux ceA(s çoi^verls. Sa grande étendue faisait présumer que Tabbaye de La Sauve avait été dans l'origine une maison.d'institution de l'ordre de saint Benoit. Ce réfectoire avait été construit en i29S aux frais de Barrault de Curton , vingtième abbé de ce moi^açtère. ^
Le clocher, Je chœur^ et quelques p^ns^des mc^r^^^ de
496 HISTOIRB DE BOEDEÀUl.
là nef, sont les seuls restes qui subsistent de cette vaste abbaye , dont les amis des arts admirent encore les ruines. Les routes voisines sont pavées aveci les pierres de cette démolition; et ce qui est d'autant plus étonnant, c*est qu'elle n'a pas été ordonnée par les niveleurs de 4793. NVt-on pas vu des marguilliers de nos jours qui, spus prétexte de restaurer à la moderne certaines églises anciennes , en ont fait disparaître de beaux morceaux de sculpture et de précieuses inscriptions qu'on regrette actuellement t
7^ CADILLAC, chef-lieu de canton, tire son origine d'un ancien château fort que les seigneurs de Grailly de Foîx possédaient sur les bords de la Garonne. Les environs se peuplant insensiblement , cette agglomération de maisons fut close de murs en 1280 , et devint ainsi une ville qui eut ses privilèges. I^s biens de ces seigneurs étant passés dans la famille d'Épernon , le premier duc de ce nom donna de l'importance à Cadillac en y faisant construire en IS65 un ch&teau , qui passait alors pour le plus magnifique de France. Il y fonda ensuite une église collégiale , un couvent de capucins, un collège de doctrinaires , et un hôpital pour les aliénés , tenu par les frères de la charité. Ce dernier établiseement subsiste encore, mais sur une plus grande échelle , et est dirigé par des dames de la congrégation de Nevers. Le château a été converti en maison de détention pour les femmes.
Le premier duc d'Epernon , qui mourut en 1642 , fut un des principaux favoris d'Henri III , et conserva même quelque crédit auprès des deux rois suivants. Son mausolée, qui était dans l'église paroissiale de Cadillac» avait été érigé par son fils aussi duc d'Epernon. Ce monument en marbre de diverses couleurs , chef-d'œuvre du fameux
CHAPITÇB TMIZIÈMB; i*;
-GirardoD , a été détruit pqidant la toi^rmeuta ^éyol^Uan^ naire. On n'en a conservé qu'une sjatue j^^}?^(f^zp xeprà* sentai^t la renommée ^ q;ui p\ana\l sur jQ4aî^8p^éB.,C^^^^ statue , qu'on voyait sur upe colonne jjajjs Iç^krditt de THôtei de Ville actuel, a été trs^nsportée au muséum de Paris. D'Eperoon père fut^uverneur de Guiçpne dep^iis 1622. Son fils lui succéda dans cette charge jjisqu'en 1661. Tous deux ont fait }e plus grand maU cette Rroviqçç.; la seule ville de Cadillac fut comblée de leijps I^ijenjfç^ts.
Cette ville était la capitale de la BénaugÇ;^ l^^|qg|im-. portante des terres titrées du pays I)ordel|(^&^ ,spji}s Jehf apport de son étendue et des droits util€is et, ji^podflq^^^ dont Jouissait §on possesseur.^ ?"î^Ç?siHièBH^;^)wWç» elle formait dans ces derniers temps, i^ J^ I^arq^jM^^^e Cadillac, qui renfermait six Ç9fî^:::^uags- go Je,^^^^^^ comté de Bénauge, dont le seigneur^ résida jt dgip^^g ^tir gnifique château d'Arbîs, et avait xJi^-n^ufcopimWP^s dans sa mouvance; 3^ le' second comté de J^éJ^ajagp^ . aqi comprenait hujt communes avec Targo^ pQj^jP c^e/-^j^^. et4<» la terre de Soulignac qui n'avait q^ie ç^^^^^^^ sous sa dépendance. Chacune de ceç $pigpç,vriç{s ^yâit .^U usages et privilèges particuliers, mais /(Jftpi t,(j^^ft ,4^8 tenanciers étaient serfs questaux de Jçuf .^^^jç^r^, ^*^^^ à-dire qu'indépendamment des redevances 9»;/}$ ét^^i^t tenus de payer à ce dernier,, ils étaient per^pfmçllem^nl attachés à sa terre dont ils ne pouvaient softip^pt f^^ le seigneur héritait de ceux de ses vas^au:^ qvi déiçédiiient sans enfants. On ignore à quelle épaque les .habitant» de la Bénauge furent affranchis de celte servitude. Eyj[^, {subsistait égalemept ^aiis plusieurs ay très çontréep du, pays bordelais. On connaît cependant un tîtçe,du ip mars 1498 par lequel Isabeaif de ^ansac, dame de Saintrgympborie»^,
496 mSTOIRfi -DE BORDEAUX.
affranchit' de tonte questalité Pierre et Jean Bernard , ses vassaux , moyennant cinq sous bordelais de cens annuel et perpétuel pour les terres qu'ils possédaient dans sa seigneurie , plus la somme de cent guiannes d'or une fois payée et un marc d'argent ouvré. 4
8® RIONS , petite ville faisant partie du canton de Cadillac, ne fut d'abord qu'une simple bçistide. En .4550, suivant les Rôles gascons ^ il fut permis à Guillaume Seguin , qui en était seigneur, de la clore de murailles. On en voit encore les* restes /^ainsi que ceux d'un château fort. Rions avaitle titre de baronnie et le siège d'une justice dépendante de la sénéchaussée d'Albret, dont les ducs avaient fondé le couvent de cordeliers qui subsistait dans cette ville. Le coteau sur lequel elle est assise est percé de grottes profondes et curieuses , d'où l'on a extrait autrefois de la pierre à bâtir, et dont plusieurs 901U maintenant habitées. '*
9® LANQOIRÂN, gros bourg du même canton, .dQnt l'église est un monument remarquable de l'architeoture romane. Tout auprès subsistent les ruines dm- vieuxe^ château des seigneurs du lieu. C'était un pplygote iknéguHejr, flanqué d'une grosse tour percée de. quelque^ «roÂsées^ gothiques , dont l'aspect est très-pittoresqve« On, dit^ue ee ch&teau, qui avait été incendié à la suite d'uA^ié^eqii'il avait soutenu , fut irebàti par Clément V, pour la baronne deMontferrand à laquelle il appartenait, laquelle était sœur de ce pape. A la suite de cet antique maneir, et dans un champ qui fut autrefois son jardin , on voit un jeu de la iiature très^rematquable et bien conservé. C'est une sorte de madrépore qui a la forme d'un champignon énorme. Le chapeau a environ un mètre et demi de diamètre et un tiers de inètre d'épaisseur; il repose sur une tige, dont la
GHAPlTRjtt TREiZlBME. 499
hauteur et la circonférence sont d'un mètre. On l'appelle lou sep de pep'ê i^m le pays, où Ton assure que cette concrétion pierreuse a été formée au centre de l'ancien bassin du parterre par les eaux séléniteuses qui en jaillissaient.
i(fi Si^ONTË-CROIX-DU-MOlNT, commune du canton de Cadillac, renferme un phénomène d'histoire naturelle le plus curieux et le moins connu du département. A nK>itié de la hauteur du coteau sur lequel est placée l'église de cette commune , règne , dans l'étendue d'un demi-kilomètre , un banc d'huttres fossiles à coquilles allongées et très-épaisses qui a environ dix mètres de profondeur, et dont on aperçoit des portions dans les crevasses du rocher qui le couvre. Un*ancien propriétaire du château de Lobbens soua lequel passe ce banc l'ayant mis à découvert dans la partie d'une garenne qui fait face à la rivière , a fait creuser uïle petite chapelle en forme de grotte , ayant cinq mètres de profondeur, huit de largeur, et six de hauteur. A côté est la sacristie de cette chapelle , de trois mètres d'étendue en tout sens. Tout ce local ne prétente que des coquilles fossiles ou pétrifiées dans toute sa capacité , unies entre elles par quelque peu de terre argileuse. Il reçoit le jour par une large ouverture pratiquée dans le même banc du c6té du couchant. Ce banc d'huîtres, qui est à plus de cent mètres au-dessus du niveau de la Garonne et à un kilomètre de ses bords , mérite de -fixer l'attention des curieux, soit pai sa position élevée entre deux couches de rocher, soit par la fonne des coquilles dont il se compose, qui n'oifrent point d'analogues parmi les huîtres qu'on pèche sur les côtes de France.
il*" PODËNSAC^ chef-lieu de canton , offre les ruines d'uQ château fort qui rappelle les temps féodaux et ceux
800 HISTOIRE DE BORDËAUl.
de la Fronde. Les troupes du duc d'Ëpernons'y étaient retranchées, lorsque le 44 novembre 4649 elles en furent délogées par un régiment bordelais. Elles se réfugièrent dans réglise de cette commune, où elles se virent obligées de capituler. Cependant les paysans des environs voulaient mettre le feu à cette église pour se délivrer des épemonistes ; et sans la diligence qu'apportèrent les générauj( bordelais pour éteindre le feu , tout le bourg de Podensac eût été réduit en cendres. Le duc d'Epernon se vengea peu après decette défaite, en détruisant le château de Castelmoron dans Arbanats, qui appartenait à un ma* gi&trat de Bordeaux et dont on voit encore les ruines.
42^ GERONS, commune du canton de Podensac « représente Sirione, dont il est parlé dans les deux Itinéraires et la Table Théodosienne , oomme formant la seconde station de la voie romaine , qui se dirigeait de Bordeaux à Agen. Cette opinion est corroborée par le nom de cette commune et par celui de la petite rivière du Ciron qui se jette dans la Garonne devant Gérons. Il existe d'ailleurs en plu» sieurs endroits du canton de Podensae de notables traces de eette voie romaine, qu'on appelle oamm galUan, eamin roumiou, ou harriaou ( ferré )•
45® LABREDË, chef-lieu de canton , ne doit point sa célébrité à plusieurs tuoMilus antiques qu'on rencontre sur son territoire, ni aux restes d'une voie romaine qui le traverse et qui y avait une station désignée dans l'itiné^ raire d'Antonin sous le nom de Stomataè. Les philosophes comme les simples curieux vont visiter Labrède» parce que Montesquieu y naquit, que e'éti^it sa demeure favorite , et qu'il y eomposa la plus grande partie de ses immortels ouvrages. Le diâteau qu'habitait ce grand homme est un polyjfone irrégulier d'environ vingt mètres