CHAPITRE TREIZIEHS. M
de hauteur ear quatre-vingts de diamètre. Il est ceint d'Un large fossé à parapets rempli d'eaux vives , et s'élève de la manière la plus pittoresque au milieu de vastes prairies qui l'entourent de deux c6tés, et d'un grand bosquet symétriquement percé d'allées des deux autres côtés. Au retour de ses voyages , Montesquieu fit faire ces agréments dont il avait pris l'idée en Angleterre. Ce château qui s'élève en masse comme une tle enchantée offre un coup d'œil unique qui n'a rien de formidable, comme les donjons de l'antique féodalité. Il fut construit en 1419. Oq y parvient par trois ponts-levis successifs qui s'appuient sur autant d'ouvrages avancés. L'intérieur, composé de deuxéta^ ges sansles combles, est vaste et simple. .
Xes étrangers admirent avec un respect religieux deux pièces que Montesquieu occupait exclusivement. La première est une vaste salle antique qui a dix-sept mètres de longueur et dix de largeur, que couronne une voûte en lambris demi-circulaire d'environ douze mètres de hauteur. C'était là que le philosophe avait placé sa bibliothèque. Les livres qui en font partie sont renfermés dans une douzaine d'armoires à claires» voies treillîssées. L'autre pièce est la chambre à coucher du philosophe, qui lui servait de cabinet de travail dans l'hiver. On y a conservé tous les meubles qui furent à son usage. Près de son lit, qui est à l'ancienne mode, comme tout le reste de l'ameublement» on voit son portrait eiï un médaillon ovale d'un demi-mètre dans son plus grand diamètre , sculpté d'un fort relief sur bronze de vert antique , portant au dos cette inscription : /. B. Lemoyne, 17S6. Au couchant du château on trouve un vaste jardin à la suite duquel s'étendent des 'promenades , qui consistent en grand nombre d'allées fort longues se coupant en tous sens et foi^mant des berceaux
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majestueux. Elles se réunissent à une salle principale de figure octogone. On j montre un siège de verdure èù le philosophe aimait à se reposer. D'autres allées qui environnent de tous côtés cette helle habitation sont aussi son ouvrage. L'horizon du château est entièrement couronné d'arbres, que ses mains ont plantés ou au milieu desquels il a médité ses sublimes écrits : Jon» omnia plena.
ik^ BELINj, ^chef-lieu de canton , est situé au milieu des landes , contrée agreste , couverte de bruyères et dont le sol stérile n'accorde qu'une faible subsistance au travail le plus opiniàtris d'une chétive population. L'auteur de la Notice de Vancienne Gaule croit que cette commune représente la cité des anciens peuples appelés Belendi. Cette opinion est d'autant plus probable, qu'on trouve à Belin les traces d*unè ancienne voie romaine quî se montre en plusieurs endroits de ce canton , les restes d'un pont antique sur la Leyre , et un grand tumùlus d'une forme particulière. C'est un cône tronqué au sommet duquel s'élèvent les débrii d'une énorme tour qu^envlronnent des tourelles engagées dans sa masse. Si, comme on assure dans le pays, ce sont les] ruinés d'un château qu'Eléonore de Guienne habitait avant de monter sur le trône , on peut dire que cette princesse avait choisi le plus triste séjour qu'il y eût dans ses états.
45^ SALLES , commune du même canton, parait au savant Danville être l'ancien Sa^otnaco que l'Itinéraire d'Antonin place sur la voie romaine qui allait de Dax à Bordeaux. On appelle cette commune k paradis des Landes , parce qu'elle est la moins inculte et la plus commerçante de la contrée.
16^ LA TESTE, chef-lieu de canton, est un gros bourg situé sur le côté méridional du bassin d'Arcachon , et qu'on
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présume avoir été bâti non loin de l'emplacement d'une antique cité appelée Boïos. L'Itinéraire d'Antonin placer cette cité sor une voie romaine allant d'Espagne à Bofir deaux , en longeant les côtes de l'Océan ; et le s^yapt D$kn*T ville convient que cette position s^s^pplique à La^fstei. ^i^nt Paulin, dans une épUre.à Au^o^pe» parle do^Boï^^f^ei^.siiF^, nomme les habitanta.pticea^^ alte^d^Wf^i'^^ J^^y^^I^Pr duit de la résine. Il est pro^able.qpe li^ui! yiHe;apr^^^tè engloutie <}ans l'Océan donlles empi^tPH^ÇRt&^^V^)^ côt^iPÙ elle s'élevait sont incontestables i pfiisqu'<;m.n'y .vo,it plus aucun de ses monuments. M^la dépc^çalf^U^A^.^Q Ppïos s'est conservée dans celle de BûatmmeXd^QapUfpfiçïorum que les auteurs et les titres latins affectent à h^ Tesi^ dans le surnom de Buch qu'on donne encore à cette «commune, et dans le nom de Boxigés que portent ses habitants.
A quelque distance de ce bourg on voit.les. ruines d'un vieux château fort qu'occupaient le& seigneurs du pays , qui furent renommés dans les douzième et treizième siècles, sous le titre singulier de CaptatJtx de Buch, Leur seigneurie appelée Ca^ptalat s'étendait sur les communes qui bordent le bassin d'Arcachon. D'abord simples capitaines des. habitants de la contrée, comme l'indique leur titre, ils les réduisirent, insensiblement i la plus dure servitude , et en firent leurs ser/s^ues^auo?. Les Bougés furent affranchis de la questalité en 1543 par le captai Frédéric de Foyx, moyennant certaines redevances. Les plus onéreuses étaient {• le droit de ca'pie , en vertu duquel les captaux prenaient pour l'usage journalier de leur table le poisson péché soit dans le bassin , soit dans la partie de la mer qui bordait.leur seigneurie, et ce à un prix anciennement fixé par «ux; et 3® le droit de pinasse, consistant en trois sous que venaient leur porter tous les dimanches ceux de leurs
m uisxoiaB: hb Bommàux.
vassaux qui tginimt la péobe dans lebnsin. lloe oi*d6nnaâee du roi» du 2ft jatovienn^â pafira(nchk de oes droits iofqaes les tenanciefs du ca|rtala;t;'€Rdé6la9iRit lapéehè libre dans toute i'étendu« de eetté sèigûenrle.
Le bassin d'Areachtin'esriinefiiaieibrinéd^r fOcéàb entré, les ooomiiines de la Teste ^ de Lége mx caps d« Plia et Fenret, etqilis'étend sur lesbiDnésdeneuf ceiiiBiiiaiè& des caBtèns de La Testq et d*Aûdenge , âat» line circonférence de six myrimnètres. Il affeéle la- forme triangolaire, dont un «oglcr regarde la passé ou entrée des eaux de 1*0céan dans les terres qu -il coutrè cofilïtanfmeut. Let habitants des eôtnéiunes que baignent leê eacix du bassin f pêdient^ aiusi que dàiis l'Océaft qui les aTOtsiBe i .teul It poisèoH de mer qui se consommée Bordeaux; ' . ; f :
Le «(avant Dan^title déméntre que le Proûimtètim^ ^urianum et le êigmanm fiu{>im, que signale sur tés^«^ô(es<de l'Océan la Cosmographie de Ptolémée,' sont, le premier le cap férrët , ^uifoit partie de la comintiïiè de Légei l'entrée du bassin^ et le second la rivière dé Leyre^ qui se jette dans le bassin entre le Teicb et Lamotlbe. . .
En 1769, le got^vernement chargea, l'intendant de Guienrie , assisté d'un membre de l'académie des sciences de Paris.et d'mmç^ii^bre de ceUedeBorde^uiL^4'^xamîner les dupe^.dn golfe de Gascogne et d'indiquer les moyens d'améliorer cescôtes* Dans^le rapport qui fut rédjgé ace sujet,par l'abbé Desbiey, académicien de Bordeaux, te plantation des. dunes en arbres indigènes fut proposée comme le mode le.plus convenable dans l'intérêt de la population et de Tagriculture du pays. Le frère du rédacteur de ee rapport, quid^'à était parvenu à garantir son domaine de Brpque^Einagc à Saint-Julien en Born ( Landes)^ de l'en* vahi$sement de l'Océan , en couvrant de forêts une dane
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qui le bordait, envcya-àrateddiiiie dessoieiiees de Bor^ deaux un mémoireià oe.su|et,*et'Obtiol la prix de 4776* « Les sables de la mootagae dtô La Teste ^loi meDaçaient a ce lieu d'une ruine totale , écrivait l'auteur des Fariété^ « BordeUmeà en 4784 ,^ sont devenues » par l'industrie des (( anciens babitaAts, une sevrée de richesses pour leuvs « descendants, lesprcmiers a jant trouvé ia^moy en de fixer « leur mobilité et de les rendre capables de production « en les ensemençant... M. de Ruât, captai de Buoh, a u fait jeter de la graine de pin sur les dune8:qui sont dans « sa seigneurie « et celte graine a poussé v.
Quoi qu'il en soit de là priorité du projet de fertiiisatioo des dunes, l'ingénieur Brémontier l'a foit, exécuter en grand pour les dunes du département de là Gironde. On lit l'inscription soirante sur un eippe en marbre placé au sommet de la dune la plus rapprochée de La I^ste :
L* AN 1786, sous LBS ADSPICBS DE LODIS XTI, N. BRÉIIOKTIBR ,
1PÏ8PECTEUR GÉNÉRAL DES POIfTS BT CHAUSSÉES, FIXA LBS DUNES
ET LBS GOUTRIT DE FORÊTS. £n MÉMOIRE DU BIENFAIT,
Louis xtiii, continuant les travaux db son frère, élbya ce monumbnt bn 1s18.
A ces grands travaux que le gouvernement a fait exécuter pour l'utilité générale, on doit ajouter l'entreprise organisée par une société de capitalistes , soit pour établir la commùniéatiôn entre les étangs d'Aureilhàn, de Biscarosse , de Casaux, et le bassin d'Arcacboti , soft polir faire fratichir, dans l'intervalle d'une heure, la distance qui se trouve entre Bordeaux et La Teste.
47® PESSAC, chef-lieu de canton, petit bourg renom* mé par les grauds vins que produit le ctn de Haut-Brion. On né voit plus dans cette commune aucunes traces du
50« HISTOIRB M BORDEAUX.
magnifiqae château qu'avait fait construire Glémeat V» le premier des pontifes romains qui n'habita point à Rome, et dont rhabileté fut telle qu'il fit respecter ses états d'Italie par les factions qui y dominaient, et avee'plos de bonheur que ses prédécesseurs qui y résidaient»
18® GRADIGNAN, communedu mèikie canton, où Ton trouve quelques monuments du mayen âge« Les ruines du château d'Omon sont encore impesantes. C'était le siégo du comté de ce nom , qui s'étendait sur neuf communes, et que tes jurats de Bordeaux acquirent d'un archevèque d'Yorck en 1409. Prés du bourg de Gradignan, sur le bord de la route àt Bayonne , on voit les ruines d^une ancienne chapelle percée de quatre arceaux en ogive; et vIs-à-vIs s'élève un grand bâtiment carré, flanqué de tours et dée^r&^de trois arcades gothiques. Ce sont les restes de l'hôpital de Gayac, fondé dans le treizième siècle potiràervip àh^erger les pèlerins quiiallaient à Saint- Jacques de Compôstelle, et qui étaient autrefois trèsnombreux. Cet hôpital , originaireâient régi par des moines, avait été transformé en un prieuré simple sans charges, et dont son titulaire profitait seul des revenus.
19'' BLANQUEFORT, chef-lieu de canton, renferme les ruines d'un vieux château qui fat la résidence d'un des plus puissants seigneurs du Bordelais. Cette commune est traversée par un* ruisseau considérable appelé Jalle. Ce nom^ qui est particulier aux grands ruisseaux du Médoc, vient du grec ràUeev et du latin jacu2ar« , qui signifie lanr cer^ jaillir, parce que les eaux de ces jalles s'élancent avec force des sources où elles sortent dans les sables de ces contrées.
20° MACAU, gros bourg du même canton» qu'on dit avoir été une ville détr jiite par les pirates normands dans
GlUPIT|t& TIUsra£Aie« 507
le neuvième siècle. Oa-yoit dan» cette eommQnelesfe^es d'un ohâteau fort appelé GironçtUe. On donne ce nom , dans le vieux-remaB àeHuon de B^wrdemlxt & une mai* son de plaisance que les ducs d'Aquitaine possédaient du temps de Gharlemagne sor la me gaucbe de la Garonne.
i!l« CASTELNAU, chef-Ueu de canton, dont la dénomination gaseonne signifie nshéèeaU'neuf, paraij i certains représenter Noviemagm, ville dootPtoléoiée signale Texistenoe dans le paysdu Médoc. Il ne subsiste dans.GasIelnau aucun monument antique qui puisse auUxriser cette con* jecture.
ââ^ CUSSAC, commune de ce canton dans laquelle on a construit en i<89 le Fort-Médoc en lace de Blaye. Il forme un carré imparfait de neuf cent vii^t mètres sur le bord de la Gironde , et de einq^ cent quarante du c6té de la terre*. Il se compose de quatre bastions avec une demilune qu'entourent de bons fossés. Les feux du Fort^Médoc se croisent avec ceux du Pàlé de Blaye , dont il est distant d'un kilomètre et qui fut bâti dans le même temps.
S5® MARGAUX , commune du même canton , où est situé le vignoble qui produit le vin fameux sons le nom de Chàteau^MargoMa. La tradition veut qu'Ausone ul possédé dans cette commune une villa que saint Paulin appelle Marojallia; parce que ce nom se rapproche de celui de Margaux « et plus particulièrement d'un de ses villages nommé MaillolU. La manie des origines locales et personnelles a été de tout temps en vogue.
AGNËLLI, juge de Rions» a publié en ifikH un index de la coutume de Bordeaux , et YÀpologie d'une opinion
de Ferron sur le prêt à ioA^èt. Ces deux ouvrages écrits en latin onjt pu être utiles aux jurisconsultes du temps.
BELLËT, médecin, né à Cadillac, mort en 1778 à Paris , où il s'était foit beaucoup d^ réputation par divers écrits relalife à sa profession.
BELLET, chanoine de Cadillac , frère du précédeni , a laissé quelques Dissertatio!/^» sur Thistaire. de Bordeaux , qu'il avait lues à l!aoadémie des sciences de cette ville, dont il fut un des membres fondateurs.
BERNAAD , surnommé de Beychac , du lieu de sa naissance dans le canton de Carbon-Blanc, a publié en iS40 un gros livre , moitié historique et. moitié de controverse, intitulé : Pyrrichiatlieon , stVe stimulus ad Deum adf^rsùs hœreticQB» .
BOISM£LON » natif de Quinsac O, mort, en 170i.étaot professeur d'humanités au collège de Guiennéi Oa.a de lui un recueil d'Odes latines à la louange de l'aro^^véque de Be3;ons. Les jurats firent imprimer cet ouvrage aux lirais de la ville, parce^u'il contrait des, parlticularitéa relatives à l'histoire de Bordeaux.
COUB^S^. habile architecte « néi à Pcder''«>x3, mort à Bordeaux en 1819. 11 a dirigé d'import'^nts travaux publics dans cette ville , et a publié sur sa profession quelques Mémoires utiles et bien écrits. .
DELEYRË., né à Portets, mort en 1797 étant membre
n le port de cette commune est au village d*Escaûnac. Ou dit dans le pays que ce yillage représente la première capitale de FAquîtaine avant Bordeaux, du temps des Celtes. Cela pourrait être; car des archéologues appeUent Tancienne AqaiiSLln^ Esmtaldunae, Ce nom a beaucoup de réwemblaace avec celui d'EséaUaac ; et U y a maîntei étymologies q«i sont aussi singulières.