Chapitre treizième
nastère a disparu sous les flots de l'Océan , qui envahissent incessamment le territoire de Soulac. Ils ont également couvert dans le siècle dernier l'église paroissiale de cette commune. Les habitants en consentirent îa vente au roi en 1744 et en firent alors bâtir une nouvelle. On a^établi sur l'ancienne une balise, pour servir à diriger la route des na vires qui sont forcés d'entrer dans la Gironde par la passe des graves. Ceux que les vents contraires f etiennent en rivière trouvent un mouillage assez bon dans la rade du Verdon qui fait partie de Soulac.
Depuis celte commune jusqu'à celle de Margaux on découvre dans les terres des cailloux-crystaux blancs, bleus, violets et d'autres couleurs, que les lapidaires mettent en œuvre comme les pierres fines. Les bleus sont les plus estimés par leur belle eau. On trouve encore dans la même lisière du pays des devins qui étaient autrefois en grande réputation, sous le nom d* astrologues du Médoc ; leur crédit est bien tombé , aîusi que celui des cailloux bleus de la même contrée.
BELVEZER. troubadour né à Lesparre dans le treizième siècle. Ses talents l'ayant fait admettre à la cour de Bérenger V, comte de Provence , il s'attacha à une dame de cette cour, et en fit l'objet de ses chants. Celle-ci s'étant faite religieuse , Belvezer lui adressa un poëme intitulé : Las amours de mon ingrata , et mourut bientôt après dû chagrin de l'avoir perdue
DESPAZE, né à Cussac, mort en 1814. Son apologie du directoire, qui parut en 1796 sous ce titre : Les cinq hommes, lui fit autant d'ennemis que son recueil de Satires sur la fin du dix-huitième siècle.
DUPERIER, né à Lesparre ed 1736. C'est principalement dans le geore burlesque que sa muse féconde s'est exercée par des poëmes, des satires, des comédies, des parodies, des chansons , des pièces fugitives , etc.
ROSE, carmélite sous le nom de Marie de sainte Thérèse^ née à Lesparre en 161(0. On a publié après sa mort deux volumes de ses Lettres pieuses , etsonTratï^ de V état passif de l'àme dans la prière.
xm.
De tous les phares d'Europe il n'en est pas d'aussi beau que la tour de Cordouan qui s'élève à l'embouchure de la Gironde sur une lie de rochers , à un kilomètre de Soulac et à deux myriamètres de Royan. Cet édifice est environné à sa base d'un gros mur d'enceinte de dix mètres d'élévation , qui soutient une terrasse circulaire de quatre mètres de largeur. On y monte par un escalier de vingt-six marches en fonte pratiqué dans l'épaisseur de ce mur , et qui conduit sur cette terrasse où sont adossés au mur d'enceinte le logement des quatre gardiens de la tour, une boutique de serrurier, et diverses autres usines. Depuis cette esplanade on peut contempler dans tous ses détails- l'extérieur de la tour de Cordouan. Loin d'offrir la forme simple et massive que semble indiquer son nom , c'est un édifice magnifique et vraiment monumental. L'architecture a déployé ses» ornements dans chacun des ordres superposés qui décorent les trois premiers étages de cette tour. Elle s'élève ensuite en pyramidant , n'étant percée dans les étages supérieurs que d'une fenêtre à chacun des points cardinaux. La hauteur de tout l'édifice, depuis le sol du rez-de-qhaussée jusqu'au dôme de la lanterne , est de soixante-douze mètres et son diamètre de trente-cinq.