CHAPITRE QUATORZIÈME et dernier
REVUE HISTORIQUE ET CRITIQUE DES MOEURS ET COUTUMES SINGU- LIÈRES , DU PATOIS GASCON, DES PRATIQUES ET CROYANCES RIDI- CULES, QUI FURENT AUTREFOIS EN USAGE DANS LE PATS BORDELAIS.
Les bornes de cet ouvrage ne nous ont pas permis de consigner dans ce chapitre toutes les recherches qui lui étaient destinées. Cependant celles que nous allons rapporter nous ont paru suffire pour faire connaître les anciens usages les plus remarquables du pays, de manière qu'en les comparant à ceux d'à présent , on puisse facilement apprécier les progrés que la civilisation y a faits depuis deux siècles.
I. La peine du talion était anciennement en vigueur dans le pays bordelais ; et un homme qui avait privé un autre d'un de ses membres était condamné à en perdre un pareil. Cette peine était établie par l'article SO des anciennes coutumes de Bordeaux , dont la rédaction datait du treizième siècle , et qui furent réformées en 1821 par les nouvelles],coutumes. Voici le texte de cette disposition pénale : (( Costuma es et establiment à Bordeii , que qui tou mem- (( bre à home atau membre diu perde ». Mais si la mort s'ensuivait , le meurtrier était enterré tout vivant (rehost tôt vtu) sous le cadavre du mort.
Les mêmes coutumes donnaient une extension extraordinaire à la puissance paternelle. Elles autorisaient un père à mettre ses enfants en gaije , loi*squ'il était dans un état d'indigence notoire, ou pour se racheter de prison. (( Costuma es en Bordalés que lo payre pot enpinhar (( ses enfans per sa grand nécessitât et praubeyra , 6 per (( preyson de son cors los pot bée balhar en penchs ».